L'oeuvre du chevalier Andrea de Nerciat (1/2)

Part 5

Chapter 53,484 wordsPublic domain

_Le Diable au corps_, etc., _Mézières chez Frémont imprimeur-libraire_ 1813-1876. (Bruxelles, Vital-Puissant). 4 vol. plus 1 vol. contenant la bibliographie des ouvrages de Nerciat (c'est la _Bibliographie anecdotique et raisonnée_ qui a été décrite plus haut, en note). En tout 5 vol. petit in-8º contenant 34 grav. sur chine, fac-simile des 20 gravures de l'édition originale, 12 gravures d'après les dessins de Monnet et double épreuve (1 rouge, 1 noire) du portrait de Nerciat (c'est celui qui est en tête des _contes nouveaux_, éd. Poulet-Malassis et que Vital-Puissant avait reproduit en tête de la _Bibliographie anecdotique et raisonnée_. Voir les articles concernant ces deux ouvrages.)

_Le Diable au corps_, etc., Cazonné (_Andrea de Nerciat_), membre, etc., orné de gravures, Genève 1786.--(Bruxelles, 1890). Le titre est imprimé en rouge et noir. 4 tomes in-8º en 4 vol. indiqués _tome premier_, etc., VIII, 152, 148, 177 et 248 pp. orné de 36 fig. plus 4 frontispices lithographiés.

_Le Doctorat impromptu_, 1788.--In-32, 120 pages avec 2 jolies gravures libres. Livre rare. Lemonnyer dit que c'est «un Cazin du meilleur temps».

_Le Doctorat impromptu_, Londres 1788-1866.--(Bruxelles, Poulet-Malassis) in-12 IV, 98 pages avec 2 gravures d'après celles de l'édition originale. Papier vergé.

_Le Doctorat impromptu..._--(Vers 1870) avec les deux gravures. Papier vélin.

_Le Doctorat impromptu..._--(Bruxelles, Kistemaeckers, 1880), in-16, 2 fig. libres grav. sur acier, texte encadré, tiré à 64 exemplaires.

_Contes saugrenus, Bassora_ [Il y en aurait deux éditions] 1787 [et] 1789.--Lemonnyer doit les confondre ou peut-être en a-t-il vu une, in-8º de 176 pages avec une fig. libre. L'édition dont il parle ne doit pas contenir des contes de Nerciat, mais a sans doute paru sous le même titre que l'ouvrage du chevalier. Peut-être ce recueil est-il de Sylvain Maréchal à qui on l'a attribué. D'après Lemonnyer, il contient «neuf contes en prose, assez spirituels, indévots et licencieux», que Viollet-Leduc trouvait peu piquants: Voici le titre de ces contes: _L'araignée, ou la boîte en diamant_.--_Le Déluge ou le niveau Nisach_.--_Rhodope_.--_Le mouvement perpétuel_.--_Druyda, ou la Vertu des femmes_.--_La Résurrection_.--_Lison et Annette_.--_La Pyramide_, conte égyptien.--_Rocoschen et Loulou_. Le nombre de ces contes et leurs titres ne répondent en rien à ceux d'une réimpression qui contient bien des contes de Nerciat destinés à animer et expliquer les gravures libres qu'ils accompagnaient. Sans doute Lemonnyer qui dit que «l'attribution de ces contes à Nerciat est de pure fantaisie» a-t-il eu entre les mains l'édition de 1787. Ouvrages rares, surtout celui qui contient les contes de Nerciat.

_Contes polissons_ (contes saugrenus) par Andrea de Nerciat. Ouvrage orné de 6 jolies illustrations. Paris 1890.--Grand in-8º carré, 88 pages, couverture imprimée. Réimpression conforme comme texte et gravures à l'édition originale de 1789 (Voir l'article précédent). Ces contes paraissent bien être de Nerciat, ils ont été écrits d'après les figures qu'ils accompagnent et ces figures sont fines. On reconnaît l'auteur de _Félicia_ à de certaines grâces de style qui lui sont particulières et à d'heureux néologismes. Voici les titres de ces contes: _Le mouvement de curiosité_.--_Le témoin ridicule_.--_La petite académicienne_.--_Les amours modernes_.--_Les Violateurs_.--_Les folies amoureuses_. Cette édition aurait été tirée à 300 exemplaires. Elle a été imprimée à Paris, rue de Seine, pour le compte d'un libraire, nommé Dur...e. Elle est bien exécutée. Elle a été publiée, je crois, à 25 francs, mais comme elle ne se vendait pas facilement, ce prix fut porté dans le catalogue publié par l'éditeur en 1900 à 9 francs. Il ajoute que «cet ouvrage presqu'inconnu des amateurs, donne une idée bien exacte des débordements de la haute société du siècle dernier». Ce livre doit maintenant être devenu rare, cependant les exemplaires sans les gravures ne se payent pas plus de 6 francs. Les exemplaires avec les gravures ne se rencontrent pas souvent: 25 francs dans le catalogue Lemallier (avril 1904) qui indique: «La 1re édition de cet ouvrage est introuvable et même inconnue des bibliographes».

_Contes nouveaux_ [avec l'épigraphe].

_Sine me, liber, ibis in urbem, ovidius_.

_A Liège MDCCLXXXII_.--in-8º ce recueil contient: _Epître dédicatoire au prince de Ligne_.--_La veillée des Procureurs_.--_Le feu d'hymen_.--_La rancune posthume_.--_Les amours modernes_.--_Le Superflu du régime_.--_La Duchesse_.--_Les preuves sans réplique_.--_L'âme en peine_.--_L'incertitude et la Barbe_.--_L'oracle imaginaire_.--_Le manchot_.--_Les Bas_.--_Céphise_.--_Le souhait_.--_La femme accomplie_, etc.

_Contes nouveaux par Andrea de Nerciat précédés d'une notice bio-bibliographique ornés d'un portrait inédit de l'auteur_.--_Liège MDCCLXXVII.--MDCCCLXVII_.--(Bruxelles, Poulet-Malassis 1867) in-12 de VI, 118 pages. La notice est signée: _B.-X_, ce qui signifie Beuchot et X. Cet X est Poulet-Malassis qui a reproduit la vie de Nerciat par Beuchot dans la biographie Michaud et y a ajouté quelques renseignements surtout bibliographiques. Le portrait de Nerciat est _d'après la sanguine à M. Br. de Paris_. Ce portrait est de pure fantaisie, il a été exécuté par M. Bracquemond.

_Les conteurs libertins du XVIIIe siècle, recueil publié avec une préface et des notices bio-bibliographiques par Ad. Van Bever_ (_Deuxième série_). _E. Sansot_ et Cie. _MCMV_.--On a reproduit dans ce recueil un conte extrait des _Contes nouveaux_: _Le Manchot_, et Van Bever indique qu'«on trouve deux autres versions fort plaisantes de ce conte dans les _Anecdotes européennes_, 1785, t. II, p. 46: _Sire Albonnet_ et p. 276 à _La Comparaison naïve_».

_Dorimon, ou le marquis de Clairville, Comédie, jouée pour la première fois à Versailles, le 18 décembre 1775, et terminée d'après l'effet de cette représentation_ [Avec l'épigraphe].

_Forsan miseros meliora sequuntur... Virg._

A Strasbourg de l'imprimerie de Levrault, imprimeur de l'Intendance. Et se vend chez Gay, Libraire sous les grandes Arcades. M. DCC. LXXVIII. Avec permission.--in-8º de 96 pages. La dédicace est signée par le chevalier de Nerciat.

_Les rendez-vous nocturnes_, ou l'aventure comique, comédie-proverbe, par le chevalier de N...t, Prague, Jean-Ferdinand Le Noble de Schönfeld 1787.--in-8º.

_Les amants singuliers_, ou le mariage par stratagème, comédie-proverbe, par le chevalier de N...t, Prague, Jean-Ferdinand Le Noble de Schönfeld 1787. in-8º.

_Constance ou l'Heureuse témérité, comédie en trois actes mêlée d'ariettes, scène et musique de M. le chevalier de Nerciat_. _Cassel, P. O. Hampe_ 1780.--pet. in-4º de 87 pages.

_Partition de Constance ou l'Heureuse Témérité, Comédie mêlée d'Ariettes_. _Sujet, Dialogue et Musique de la composition de M. le Chevalier de Nerciat, édition de 1781. Exemplaire offert à son Altesse Sérénissime, Monseigneur le duc de Wurtemberg par son très respectueux serviteur l'auteur_. Manuscrit de 183 pages; il se trouve à la _Königliche Landesbibliothek_ de Stuttgart (_Cod._ mus. _fol._ 6. 2. R.). Il n'est pas absolument certain que le manuscrit ait été écrit par Nerciat lui-même. Il se peut qu'il soit de la main d'un copiste. Les manuscrits de Nerciat sont très rares, et comme on n'a pas trace des correspondances signalées par Poulet-Malassis, il serait peut-être intéressant de comparer l'écriture du manuscrit de Stuttgart avec celle du manuscrit du _Diable au corps_ datée de 1798 (?) et ayant appartenu au duc d'Aumale, si toutefois, ce manuscrit existe encore. Si l'écriture des deux manuscrits était la même, il serait à peu près certain qu'ils fussent de la main de Nerciat.

M. Jean-Jacques Olivier à la fin de son ouvrage:--_Les comédiens français dans les cours d'Allemagne au XVIIIe siècle, quatrième série.--La cour du Landgrave Frédéric II de Hesse-Cassel,... Paris..., MCMV_ a donné (paroles et musique) d'après le manuscrit de Stuttgart, des _Fragments de Constance ou l'heureuse témérité, comédie mêlée d'Ariettes, sujet, dialogue et musique de la composition de M. le chevalier de Nerciat_. Ce sont l'ouverture, les deux ariettes et le quatuor.

_La surprise de l'amour_, ariette avec accompagnement de deux violons, alto et basse.--Il ne faudrait pas confondre cette ariette de Nerciat avec la comédie de Marivaux, qui porte le même titre.

_Les Invalides de l'Amour_, ariette.--Le grand dictionnaire Larousse en cite ces vers:

Amis, il neige sur nos têtes; À notre âge, plus de conquêtes Renonçons aux tendres désirs; Abandonnés d'un dieu volage, Quittons Cythère avec courage Et cherchons ailleurs des plaisirs.

Choisissons un bonheur durable; Jamais ingrat, toujours affable, Bacchus nous invite à sa cour. Enrôlons-nous dans sa milice, Ce dieu reçoit à son service Les invalides de l'amour.

_Choix de musique dédié S. A. S. Monseigneur le duc des Deux-Ponts_.--in-4º. La publication de ce recueil a commencé le 15 juillet 1783. Cette année se compose de 10 fascicules numérotés de I à X comprenant 34 morceaux de musique numérotés de 1 à 34. L'année 1784 comprend les fascicules XI à XXIV comprenant 41 morceaux numérotés de 35 à 75. On y trouve des morceaux de: Adam, Andreozzi, F.-H. Barthelmont, Beaumesnil, Bianci, Blin de la Codre (2 morceaux), Clémenti, Couperin, Fr. Devienne, Dezaides (Dezède), J. Fr. Edelman (2 morceaux), Mlle Edelmann, Adélaïde Eichner, Ch. Gabr. Foignet, Fontaine de Fontenet, Fr. G. Gossec, Grétry (2 morceaux), A. J. Gros, Jos. Hemerlein, M. George Karr, Aut. Lachnith l'aîné (2 morceaux), Le noble, Martini, Christ. Mayer, L. Mayer, Mengozzi, de Nerciat, Nittel, G. Paisiello, M. Piccini (4 morceaux), Mlle Pouillard, Pouteau, H. J. Rigel (3 morceaux), L'abbé Rose, Mlle Roy, le baron Sigmund von Rumling (2 morceaux), Sacchini (2 morceaux), Pompéo, Sales, Sivol, J. Fr. Tapray (2 morceaux), Toeschi, Vogler (3 morceaux), William (2 morceaux) et 6 morceaux anonymes. _La Romance_ de Nerciat _pour chant et Basse_ se trouve dans le fascicule _nº XVIII_ (année 1784) elle forme le nº 63 du recueil et comprend 4 pages en 2 feuillets. Au bas de la quatrième page se trouve l'indication: _Par M. de Nerciat_. Cette _Romance_ est placée à la fin du fascicule où l'on trouve aussi un _Andante pour clavecin par M. Edelmann, une Romance chant et Clavecin par M. Blin de la Codre, un minuetto pour violon et clavecin par M. Tapray_[37].

[37] Il existe aussi plusieurs quatuors pour instruments à cordes, composés par Andrea de Nerciat.

* * * * *

On a attribué et l'on attribue parfois encore au chevalier de Nerciat les ouvrages suivants.

_La matinée libertine ou les moments bien employés_, Cythère 1787.--in-18 de 144 pages. Il y a des exemplaires avec 3 gravures en couleurs et des exemplaires avec 5 figures (un frontispice et les gravures libres aux pages 37, 42, 94 et 132). Ces dialogues érotiques sont certainement de Nerciat, cependant comme ils se trouvent sous leur forme définitive au tome 1er des _OEuvres de la marquise de Palmarèze_, on les attribue généralement à Mérard de Saint-Just qui a changé les noms et le titre. Il est aujourd'hui démontré que Mérard de Saint-Just était un plagiaire. _La matinée libertine_ allongée et devenue _La petite maison_ se trouve aussi au tome II du _Théâtre Gaillard_ (éd. de 1865).

_La matinée libertine_, etc.--(Bruxelles, 1867) in-16 de 114 pages avec trois figures libres. Vital-Puissant dit de cette édition dont le titre reproduit le texte de celui de l'originale: «La réimpression de la _matinée_ est l'oeuvre de feu Jean-Pierre Blanche (ex-contremaître de la fabrique de M. Collas de Paris), réfugié français qui avait établi à Bruxelles une petite librairie d'occasion. L'imprimeur est le sieur J. Briard».

_La matinée libertine_, etc. [s. d.] _Paris, chez les marchands de nouveautés_.--(Bruxelles, Brancard, 1883). In-12 de 96 pages. Cette édition porte en tête: _OEuvres érotiques d'Andrea de Nerciat, La matinée libertine_, etc.--(Bruxelles, Kistemaeckers), in-32 de 78 pages, 2 fig. libres, édition minuscule tirée à 64 exemplaires, faisant partie de la collection des: _Documents pour servir à l'histoire de nos moeurs_.

_L'Odalisque_, ou Histoire des amours de l'Eunuque Zulphicara, ouvrage traduit du turc par Voltaire. Constantinople, chez Ibrahim Bectas, impr. du Grand Vizir, 1779, petit in-8º de 85 pages.

Ce petit ouvrage peu intéressant a été attribué à Andrea de Nerciat, sans doute à cause du titre de la 2e édition (voir plus loin), mais peut-être en avait-on d'autres preuves, car les biographes n'avaient point signalé cette édition, ce qu'ils n'eussent point manqué de faire s'ils l'avaient connue. On sait que Du Croisy (cité par Barbier) attribue ce roman à Pigeon de Sainte-Paterne, bibliothécaire de l'abbaye de Saint-Victor. Pour ce qui est du nom de Voltaire mis en tête de cette production, on n'a pas besoin de montrer qu'il n'y est que par supercherie. A cet égard, l'_Avis de l'éditeur_ est assez amusant:

«Voltaire a composé cet ouvrage à quatre-vingt-deux ans. Le manuscrit nous a été remis par son secrétaire intime, ce qui nous autorise à assurer l'authenticité de ce que nous annonçons. On verra qu'il nous aurait été facile de faire disparaître quelques expressions énergiques, mais une froide périphrase n'aurait pas aussi bien rendu l'expression du personnage. Au surplus nous pensons qu'il nous faut respecter un grand homme jusque dans les écarts de son imagination».

La spéculation sur le nom de Voltaire paraît avoir réussi, puisque cette faible élucubration a été plusieurs fois réimprimée. Par bonheur il n'y a pas d'apparence que quelqu'un s'y soit laissé tromper. «Il est impossible, dit Monselet dans _Les Galanteries du XVIIIe siècle_, de se laisser prendre à ce piège vulgaire: l'_Odalisque_ est un récit absolument dépourvu d'intérêt. Zéni est une petite fille que l'on élève pour la couche du Sultan; un eunuque nommé Zulphicara, devient amoureux d'elle; de là, des descriptions de sérail, des scènes de jalousie. Ce n'est pas autre chose que cela».

Sur la page du titre, au milieu d'un cadre de fleurs et d'oiseaux, un J, un F et M majuscules sont entrelacés. Ce chiffre nous fait supposer que l'éditeur de l'_Odalisque_ pourrait bien être Jean-François Mayeur «assez coutumier de ces indignes supercheries».

Goy n'était pas de cet avis: «Quant à l'opinion de M. Charles Monselet, écrivait-il dans la 2e édition de sa _Bibliographie_, qui attribue cet ouvrage à Mayeur de Saint-Paul, elle est peu admissible; car Mayeur en 1779, n'avait que vingt et un ans, et il était bien jeune pour commettre une telle supercherie». Goy s'est trompé; en 1779 Mayeur écrivait déjà et collaborait depuis longtemps aux _Mémoires secrets_.

Il n'est pas donc impossible qu'il ait écrit l'_Odalisque_. Au reste, on sait que les supercheries ne lui déplaisaient point. D'autre part, Monselet avance seulement que Mayeur pourrait bien être l'éditeur de l'_Odalisque_.

_L'Odalisque_, ouvrage érotique, lubrique et comique, traduit du turc, par un membre extraordinaire de la joyeuse faculté phallo-coïro-pygo-glottonomique à Stamboul, 1787.--In-12. C'est la deuxième édition, elle parut, paraît-il, en Allemagne. Faisant allusion à ce titre modifié et copié en partie sur le titre du _Diable au corps_, Vital-Puissant avance sans élégance: «Nerciat aurait presque levé le voile qui cachait sa paternité». On pourrait expliquer cela différemment. Cette seconde édition a sans doute été publiée par les mêmes imprimeurs qui avaient publié en 1785 la 1re partie du _Diable au corps_, dérobée à Nerciat. Ils l'avaient intitulée: _Les écarts du tempérament ou le catéchisme de Figaro_: quoi d'étonnant que continuant leur contrebande littéraire, ils aient modifié le titre de l'_Odalisque_, l'amalgamant avec celui du _Diable au corps_ dont ils ne s'étaient pas servis!

_L'Odalisque, ouvrage traduit du turc par Voltaire, à Constantinople chez Ibrahim Bectas, imprimeur du grand Vizir, auprès de la Mosquée de Sainte-Sophie avec privilège de sa Hautesse et du Muphti_, 1796, in-8º de 75 pages, avec 4 gravures libres aux pages 46, 57, 67 et 74. Sur le verso du faux-titre on lit: «On trouve des exemplaires de cet ouvrage, à Paris chez le libraire cour Mandar, nº 9.» Je n'ai pas vu l'édition de 1779 de l'_Odalisque_, mais j'ai un exemplaire de celle-ci entre les mains. On y remarque sur le titre la vignette avec les J. F. M. entrelacées qui ont compromis, et peut-être avec raison, Mayeur dans cette affaire. Mais peut-être ces initiales ne se trouvent-elles pas sur la première édition, mais seulement sur celle-ci.

_L'Odalisque..._ Constantinople, 1796.--In-32 de 75 pages avec 4 gravures libres.

_L'Odalisque..._ Paris, 1797--In-18 de 108 pages, avec 2 gravures libres grossièrement exécutées.

La même année, une partie du même ouvrage reparut sous le titre suivant.

_Zulphicara, histoire turque..._ Paris, 1797.--In-18 de 32 pages, avec des figures libres.

_L'Odalisque_, etc.--(Allemagne vers 1850), cette réimpression reproduit le titre de la deuxième édition et porte la même date: 1787.

_L'Odalisque..._ (Bruxelles, Poulet-Malassis, 1863), in-18 de 92 pages avec 4 figures libres gravées sur acier.

_L'Odalisque..._ Constantinople, 1797.--(Bruxelles, vers 1865), in-18 de 80 pages.

_L'Odalisque_ ou Histoire des amours de l'eunuque Zulphicara; ouvrage traduit du turc par Voltaire, Constantinople, chez Ibrahim Bectas, imprimeur du grand Vizir, 1796 (Bruxelles 1868), in-18 de 94 pages avec 4 figures libres. Vital-Puissant dit: «Cette édition bien imprimée, sur papier vergé, a, sur toutes celles qui l'ont précédée, l'avantage d'être ornée de 4 gravures inédites, qui sont d'un drôlatique plein d'humour. Elle fut imprimée par le sieur G. Briard à Bruxelles, pour le compte d'un certain J. F. Deblaesere que l'on a vu exercer quantité de métiers; il fut, en effet, successivement, soldat, agent de police, bouquiniste, voyageur de commerce, courtier pour guanos, marchand de tableaux, directeur de rentes, marchand de légumes, agent d'émigration pour le Kansas (Amérique), racoleur d'hommes pour les Indes Néerlandaises, et enfin agent d'affaires quelconques, métier qu'il exerçait encore en l'an de grâce 1876».

_L'Odalisque_, ou les Mémoires de l'eunuque Zulphicara. Pièce libre attribuée à Voltaire (Bruxelles). Brochure in-12, avec 4 gravures libres.

_Le Vademecum des f...eurs_, par le Docteur Cazonné, membre de l'Académie Lampsaque, au temple de Priape, 1775, in-12 ou in-8º de 36 pages avec un frontispice libre. Ce petit ouvrage en vers est attribué à Nerciat par Vital-Puissant qui mentionne aussi une autre édition in-32 ou in-64 qu'on lui avait signalée, mais qu'il n'a point vue.

_Le Vademecum_, etc.--(Bruxelles, Vital-Puissant, 1871), in-18 avec un frontispice d'après celui de la 1re édition, tiré à 150 exemplaires.

_L'urne de Zoroastre ou la clef de la science des mages..._--in-8º. Cet ouvrage qui n'est pas mentionné par les bibliographies est attribué à Nerciat par la _Biographie Didot_. On le trouve une fois, mentionné dans un catalogue belge, mais il n'est accompagné d'aucune description. En somme, c'est un livre inconnu. Vital-Puissant dit dans son jargon: «Est-ce une pièce de théâtre? Est-ce un roman? Aucune bibliographie ne l'indique. Ce livre presqu'inconnu doit être très rare. Peut-être est-il une satire sur Mesmer ou Cagliostro, très célèbres à l'époque de Nerciat, par leur charlatanisme et leurs découvertes prétendûment scientifiques».

* * * * *

On a en outre attribué à Nerciat des ouvrages dont manifestement il n'est point l'auteur.

_L'Etourdi_, roman. Lampsaque 1784. Réimprimé depuis et qui a été attribué, faussement aussi d'ailleurs, au marquis de Sade. Peut-être est-il du chevalier de Neufville-Montador qui, alors, serait aussi l'auteur de:

_L'Almanach de nuit_, à l'instar de celui de la marquise D. N. N. C. contenant des anecdotes nocturnes... Aux Etoiles, chez Vesper, rue du Croissant, à la Lune.--Nerciat n'est certainement pas l'auteur, et celui de l'_Etourdi_ dit dans ce roman avoir publié un petit livre qu'on ne trouve nulle part: _L'Almanach de nuit_, année 1776.

LE DOCTORAT IMPROMPTU

N.-B.--_Toutes les notes qui se trouvent dans l'oeuvre du chevalier Andrea de Nerciat sont suivies d'un (N.) lorsqu'elles sont de Nerciat lui-même._

AVIS DES ÉDITEURS[38]

[38] Cet _Avis_ se trouve déjà dans la 1re édition du _Doctorat_, en 1788.

Un valet d'auberge, chargé de jeter dans la boîte la première de ces lettres, et supposant, d'après le volume, qu'elle pouvait contenir quelque chose de mystérieux, la porta chez un jeune homme attaché, en sous ordre, à l'un des bureaux ministériels, et qui logeait dans l'hôtel. Ce commis, abusant de la circonstance, ouvrit le parquet; mais au lieu de secrets d'Etat il n'y trouva que des folies, qu'il transcrivit pour son amusement. Cette copie, qui a circulé, nous est parvenue, et c'est d'après elle que nous avons imprimé.

Le lecteur nous pardonnera la liberté que nous avons prise de jeter par-ci par-là quelques notes. Celles qui tendent à l'instruire étaient du moins nécessaires, et ce n'est pas sans quelque peine que nous nous en sommes procuré les sujets. Quant à nos réflexions, si elles préviennent celles du public, c'est que, premiers lecteurs, nous avons dû avoir avant lui les idées qui lui viendront, sans doute, en lisant cette étrange anecdote.

Il nous reste à rendre compte de ce qu'a d'équivoque la première planche, qui montre un abbé dont il n'est nullement fait mention dans la peinture du moment auquel cette estampe est appliquée. Mais qu'on lise tout: on saura que des amants qui se croyaient seuls au monde à l'instant de leur bonheur étaient vus.

LETTRE D'ÉROSIE A JULIETTE[39]

[39] Juliette était une jeune dame qui vivait au couvent, en attendant l'issue d'un procès qu'on lui avait fait intenter à son mari pour cause d'impuissance. (N.)

«Quand nous nous sommes séparées, ma chère Juliette, je t'ai promis, et de bien bonne foi, de ne te cacher ni mes faiblesses, ni la moindre de leurs circonstances, si par malheur, je venais à me _pervertir_. C'est ainsi que je nommais très sérieusement le parti d'abjurer peut-être certain système _anti-masculin_ que tu m'as connu, dont j'étais orgueilleuse et dont tu ne cessais de me railler. La haine active que j'avais conçue contre un sexe... selon moi si perfide, puisque trois de ses individus m'avaient offensée, cette haine, que je croyais immortelle dans mon coeur, contrastant avec les délices dont me faisaient jouir nos tendresses féminines, je me persuadais que jamais _animal au menton barbu_ ne viendrait à bout de m'arracher la moindre faveur... Que j'étais folle! Trompe-t-on ainsi la nature!

Hélas Juliette, j'ai violé mon serment. J'ai cessé de brûler de cette flamme que je nommais pure, parce qu'aucun _homme_ ne l'alimentait. J'ai cessé d'être, comme nous disions, une _vestale mitigée_[40]; et non seulement _l'homme_, enfin, a profané mes _vierges appas_, mais du même saut dont je franchissais la barrière qu'il m'avait plu d'opposer à mes mâles désirs, j'ai fait une culbute effrayante dans le gouffre du plus blâmable dérèglement...

[40] Plaisantes vestales que des femmes qui, pour se passer d'hommes, ne laissent pas de donner le plus vif essor à leurs feux libertins! Mais il faut excuser de jeunes folles qui se sont exaltées dans un système faux, et qui autant qu'elles peuvent, décrient le travers par lequel elles croient se rendre heureuses. (N.)

«Je crois te voir sourire avec malice et de mon cas fâcheux et du ton d'élégie sur lequel je t'en parle? Ris, mon enfant, tu fais bien: moi-même, quand j'y pense, je suis tentée de rire aussi de ma déconvenue; du moins, je ne saurais m'en affliger.