L'occasion perdue recouverte

Part 1

Chapter 13,212 wordsPublic domain

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L’OCCASION PERDUE RECOUVERTE

TIRÉ A 320 EXEMPLAIRES, TOUS NUMÉROTÉS, ET SUR PAPIER VERGÉ:

250 FORMAT PETIT IN-12, ET 70 FORMAT IN-8º.

_Nº 28_

PARIS.--IMP. SIMON RAÇON ET COMP., RUE D’ERFURTH, 1.

L’OCCASION PERDUE

RECOUVERTE

PAR PIERRE CORNEILLE

NOUVELLE ÉDITION

ACCOMPAGNÉE DE NOTES ET DE COMMENTAIRES AVEC LES SOURCES ET LES IMITATIONS QUI ONT ÉTÉ FAITES DE CE POEME CÉLÈBRE NON RECUEILLI DANS LES ŒUVRES DE L’AUTEUR.

PARIS

CHEZ JULES GAY, ÉDITEUR QUAI DES AUGUSTINS, 41

1862

L’OCCASION PERDUE RECOUVERTE

STANCES[1]

[1] Ce texte, que nous regardons comme l’original de Pierre Corneille, est tiré du _Nouveau Cabinet des Muses, ou l’Eslite des plus belles poésies de ce temps_ (Paris, veuve Edme Pepingué, 1658, in-12). La pièce se trouve dans un cahier imprimé à part vers 1660, et placé à la suite du recueil; ce cahier de 50 pages manque dans la plupart des exemplaires.

I

Un jour, le malheureux Lisandre, Poussé d’un amour indiscret, Attaquoit Cloris en secret, Qui ne pouvoit plus se défendre. Tout favorisoit son amour: L’astre qui nous donne le jour Alloit porter ses feux dans l’onde, Et cet ennemy de Cypris Ne laissoit de lumière au monde Que dans les beaux yeux de Cloris.

II

Avec un amoureux silence, Dans un secret appartement, Elle supporte doucement Son amour et sa violence; Ses bras qu’elle veut avancer Ne servent à le repousser, Que pour l’attirer davantage; Elle le souffre à ses genoux, Et n’a pas presque le courage De luy dire: «Que faites-vous?»

III

Avec un œil doux et sévère Elle envisage son amant, Et luy montre confusément De l’amour et de la colère. «Lysandre, dit-elle tout bas, Je crieray, car ne pensez pas Que je contente vostre envie; Cessez d’attaquer mon honneur, Ou commencez d’avoir ma vie, Comme vous avez eu mon cœur!»

IV

Mais Lisandre, aussi peu timide Qu’il estoit beaucoup amoureux, Imprime l’ardeur de ses feux Sur les bords de sa bouche humide, Et glisse sa brûlante main Sur la neige de son blanc sein, Dont il prétend fondre la glace, Et, la tenant entre ses bras, Il ose élever son audace Sur un lieu plus saint et plus bas.

V

Là, sans respect et sans relâche, Il cherche l’objet de ses vœux, Et trouve ce lieu bien-heureux Sous le cotillon qui le cache; De ses doigts tremblans et hardis Il prend le sombre paradis Qui donne l’enfer à nos âmes, Ce throsne vivant de l’amour, Où, parmy les feux et les flammes, L’on n’a jamais trouvé le jour.

VI

Attachez bouche contre bouche, L’un et l’autre estroitement pris, Il esbranla si bien Cloris, Qu’il la jetta sur une couche, Lorsqu’avecque des yeux roulans, Demy-vifs et demy-mourans. Elle feignit d’estre pasmée, Et, dans un si prompt changement, Ne parut plus estre animée Que par des soûpirs seulement.

VII

A voir sa gorge toute nuë, Son corps tout du long estendu, L’on sçait bien qu’elle avoit perdu Sa pudeur et sa retenuë; Que sa constance estoit à bout, Que son Lisandre pouvoit tout, Qu’elle se fust laissé tout faire; Mais, par un accident fascheux, Que je dis et qui se doit taire, Il ne se passa rien entr’eux.

VIII

Près de gouster mille délices, Ce triste et mal-heureux amant Vid changer son contentement En de très-rigoureux supplices: Il estoit couché sur Cloris, Lorsqu’il demeura tout surpris D’une infortune sans seconde, Et, pour comble de son ennuy, Ce qui donne la vie au monde Demeura mort et froid en luy.

IX

Ce directeur de la nature, Ce principe du mouvement, Immobile et sans sentiment, Perd sa vigueur et sa figure; Lisandre a beau se tourmenter, Il a beau le solliciter Et luy préparer des amorces, Ce lasche qu’il excite en vain, Au lieu de reprendre ses forces, Pleure mollement sur sa main.

X

Dans cette cruelle adventure, Triste, désespéré, confus, Le pauvre amant ne songe plus Qu’à renoncer à sa nature. Dans sa furie et ses transports, Craignant que, malgré ses efforts, On ne l’accuse d’impuissance, Appelle d’un air languissant Des témoins de son innocence Sur le crime auquel il consent.

XI

Cependant Cloris, revenuë De ce feint assoupissement, Porte les deux mains promptement Dessus sa cuisse toute nuë. Là, par dessein ou par hazard, Elle empoigna ce dieu camard, Second Priape de la Fable; Mais, le sentant froid et rampant, Elle pense que c’est un diable Sous la figure d’un serpent.

XII

Jamais une jeune bergère Ne retira si promptement Sa main qui trouve innocemment Un aspic dessous la fougère. Que fit Cloris sa belle main De dessus ce membre trop vain Qu’elle toucha dessous sa robe, Lorsqu’avec un juste dépit Elle se lève et se dérobe Des bras de Lisandre et du lit.

XIII

Dans la colère qui l’emporte Elle pousse ce pauvre amant. Et sans l’écouter seulement, Se dispose à gagner la porte, Lorsque Lisandre, à ses genoux, Luy dit: «Cloris, que faites-vous? Tout du moins escoutez mes plaintes. Et regardez dans mon malheur Toutes les plus vives atteintes De l’amour et de la douleur.

XIV

«Ma chère Cloris, je vous aime Plus que les délices des cieux, Plus que les hommes et les dieux, Et mille fois plus que moy-mesme; Je brusle d’une vive ardeur, Et cette nouvelle froideur Ne vous doit pas sembler estrange: Je sçay bien comme il faut aimer; Mais, pour m’oster des bras d’un ange, Un diable est venu me charmer.

XV

«Quelque ennemy de la Nature Trouble mes sens et ma raison, Et de son funeste poison Souille une flamme toute pure; Peut-estre sont-ce aussi les dieux Qui, se voyans moins glorieux, M’ont voulu rendre misérable: Mais, que dis-je? ils sont innocens; Cloris, elle seule, est coupable. Elle seule a charmé mes sens.

XVI

«C’est sa beauté qui, dans mon âme, A joint le respect à l’amour; C’est son œil plus beau que le jour Qui fait croistre et mourir ma flamme; Heureux dans ma captivité, Je n’osois avec liberté Jouir d’une grâce imprévuë. Et de tous mes sens transportez Je n’ay réservé que la veuë Pour admirer tant de beautez.

XVII

«Quoy qu’il en soit, mon adorable, Avant que vous quittiez ces lieux Souffrez que je perce à vos yeux Un cœur fidèle et misérable, Afin que j’expie en mourant Un crime si noir et si grand, Qu’il choque la Nature mesme, Et que, pour venger vos appas, Ma mort vous tesmoigne que j’aime, Puisque ma vie ne le fait pas.»

XVIII

Il alloit parler davantage Pour exprimer son désespoir, Et peut-estre qu’il eût fait voir Des sanglans effets de sa rage, Lorsque, l’arrestant par le bras, Cloris luy dit: «Ne parlez pas! J’entends quelqu’un qui se promène, Et je vois avecque grand bruit Resplendir la chambre prochaine De la lumière de la nuit!»

XIX

Soudain une voix entenduë Redoubla son estonnement, Et luy fit dire promptement: «Cher Lisandre, je suis perduë! Ha! cessez de me retenir; C’est mon mary qui va venir! Je l’entends, il est à la porte; Il faut toujours craindre un jaloux. Et, vous, dont la vigueur est morte, Comment luy résisterez-vous?»

XX

Lors cette belle, transportée D’amour, de crainte et de soucy, Mena nostre amoureux transi Près d’une fenestre escartée, Et, sans beaucoup de compliment, Il se glissa légèrement Et descendit dedans la ruë, Où, pressé d’un mortel ennuy, Il fit longtemps le pied de gruë, Et puis se retira chez luy.

XXI

Frappé de la funeste envie Qui fait la honte et le remords. Il souffrit mille fois la mort Du dernier malheur de sa vie. Quoy qu’alors les jours fussent grands, Cette nuit luy dura mille ans; Il ne pust fermer la paupière; Sur le poinct du jour seulement, Honteux de revoir la lumière, Il les ferma pour un moment.

XXII

Le Soleil, qui chasse les ombres Et l’espouvantement des nuits, Loin de dissiper ses ennuis, Les rendit plus noirs et plus sombres; Quand il vit ce père du jour, Il crut, par un excez d’amour, Voir de Cloris la vive image; Mais il connut dans un moment, Comme Ixion dans un nuage, Que son amour n’estoit que vent.

XXIII

Après mille secrettes gesnes, Cet amant, par un digne effort, Résolut de chercher la mort Ou bien le remède à ses peines. «Ha! je ne crains plus mon malheur! Je mourray, dit-il, de douleur, Ou je répareray ma gloire; Et, quoy qu’il en soit, dans ce jour, Je remporteray la victoire De la mort ou bien de l’amour.»

XXIV

Le bouillant désir qui le presse Fait que d’abord après disner Il sort et se va promener Près le logis de sa maistresse; A peine y fut-il un moment, Qu’il en vit sortir Dorimant, Le vieil mary de cette belle. Et, se glissant dans la maison, Il alla chercher auprès d’elle Ou sa mort ou sa guérison.

XXV

Par une secrette avenuë, Il fut dans son appartement, Et la trouva nonchalamment Dormant sur son lit estenduë: Mais, dieux! que devint-il alors? En approchant de ce beau corps, Il eut des mouvemens estranges. Lorsqu’une cuisse à descouvert Luy fit voir le bon-heur des Anges Et le ciel de l’Amour ouvert.

XXVI

Dans cette agréable surprise Où Cloris n’avoit pas songé, Elle avoit assez mal rangé Son cotillon et sa chemise; Lisandre aussi, trop curieux, Vid lors les délices des dieux, La peine et le plaisir des hommes, Nostre tombe et nostre berceau. Ce qui nous fait ce que nous sommes Et ce qui nous brusle dans l’eau.

XXVII

Petit thrésor de la Nature, Estroite et charmante prison, Doux tyran de nostre raison, Fixe et mouvante sépulture, Autel que l’on sert à genoux. Dont l’offrande est le sang de tous. Sangsuë avide et libérale, Roy de la honte et de l’honneur, Permettez que ma plume estale Ce que Lisandre eut de bon-heur.

XXVIII

Beau composé, belle partie, Je sçay bien que, lorsqu’il vous vit, Il n’observa dessus ce lit Ny l’honneur ny la modestie; Mais d’amour et de charité Il couvrit vostre nudité, Pour faire évaporer sa flamme. Et savoura tous les plaisirs Que le corps fait sentir à l’âme Dans le transport de nos désirs.

XXIX

Ce beau dédale qu’il contemple Avec des yeux estincelans Fait naistre et couler dans ses sens Une ardeur qui n’a point d’exemple. Le feu dont il se sent brusler Le consomme, et, pour se montrer, Gagne son cœur et son visage, Et ce lasche de l’autre jour, Se roidissant d’un fier courage, Escume le feu de l’amour.

XXX

Plein d’ardeur, d’audace et de joye De remporter un si beau prix, Le galand sauta sur Cloris, Comme un faucon dessus sa proye, Quand cette belle, ouvrant les yeux, Vid Lisandre, victorieux, Forçant ses défences secrettes, Et, la tenant par les deux bras, Entrer, bouffi de ses conquestes, En un lieu qu’on ne nomme pas.

XXXI

Tandis que Cloris se tourmente Par de doux et puissans efforts, Et qu’elle agite tout son corps, Pour sauver sa vertu mourante; Son heureux Lisandre aux abois Roule les yeux et perd la voix; L’amour fait escouler son âme. Elle est toute preste à partir; Il s’estend, il dort, il se pasme, Et ne sent rien, pour trop sentir.

XXXII

D’abord que son âme ravie De l’excez d’un plaisir si grand Eut par un soupir tout brûlant Donné des signes de sa vie, Cloris avec sa belle main Osta la bouche de son sein Où son amant l’avoit collée, Et se deschargeant peu à peu, Honteuse de se voir moüillée, Essuya l’eau qui vient du feu.

XXXIII

Après une colère feinte, De tout ce qui s’estoit passé, Un reste d’honneur offensé Fit ouvrir la bouche à la plainte: «Ha! dit-elle, c’est fait de moy; J’ay faussé l’honneur et la foy; Vous me perdez, cruel Lisandre! Faut-il que, malgré mon devoir, J’aye en un moment laissé prendre Ce qu’on ne peut jamais r’avoir!

XXXIV

«Mais, si pour une faute extrême On peut trouver quelque couleur, Je puis dire dans mon malheur Que j’ay failly parce que j’aime. Amour, ce maistre impérieux Force les hommes et les dieux, Et brusle les poissons dans l’onde; Nul ne peut éviter ses coups, Et, puisque tout aime en ce monde, Je peux brusler d’amour pour vous.

XXXV

«C’est avec raison que mon âme Reçoit l’amour d’un favory; Ces noms de vieux et de mary Font l’horreur d’une jeune femme; Les maris, ces lasches tyrans, Ne se sont faits nos conquérans Que contre le droit de Nature, Et c’est en pratiquer la loy D’aller chercher la nourriture Que l’on ne trouve pas chez soy.

XXXVI

«Mais ces hommes sont infidèles; Leur plus beau feu s’esteint en peu, Et de tout l’amour qu’ils ont eu Ils n’en réservent que les ailes; Esclaves de la liberté, Ils font voir leur légèreté Dans leur geste ou dans leur langage, Et, pour un plaisir indiscret, Ces oiseaux, sortans de la cage, Vont conter tout ce qu’ils ont fait.

XXXVII

«Trop juste et trop aimé Lisandre, S’il en estoit ainsi de vous, Je percerois de mille coups Ce cœur qui s’est laissé surprendre; J’ay tout perdu pour vous gagner: Voudriez-vous, pour me ruiner, Éventer mes secrettes flammes, Et tireriez-vous vanité De la foiblesse d’une femme Et de vostre légèreté?»

XXXVIII

«Ha! que plustost la mort m’advienne!» Cria Lisandre à ce discours, Dont, pour interrompre le cours, Il mit sa bouche sur la sienne; L’eslevant de terre il la prit Et la coucha dessus le lit, Où je ne sçay pas ce qu’ils firent; Je crois bien qu’ils firent cela, Puisque les Amours qui les virent M’ont dit que le lit en bransla.

XXXIX

Ce fut alors qu’ils se pasmèrent De l’excez des contentemens; Que cinq ou six fois ces amans Moururent et ressuscitèrent; Que bouche à bouche et corps à corps, Tantost vivans et tantost morts, Leurs belles âmes se baisèrent, Et que, par d’agréables coups, Entr’eux ils se communiquèrent Tout ce que l’amour a de doux.

XL

Muse, n’eschauffez plus ma veine; De grâce, arrestez-vous un peu, Ou m’inspirez un autre feu Que celuy de vostre fontaine. Je ne sçay quoy dedans mon cœur Se glisse avec tant de douceur, Que je suis forcé de me rendre: Ha! Cloris, quand je m’en souviens, Je m’imagine estre Lisandre, Et me semble que je vous tiens.

VARIANTES D’APRÈS LES _POÉSIES NOUVELLES ET AUTRES ŒUVRES GALANTES DU SIEUR DE C..._ (PARIS, THÉODORE GIRARD, 1662, IN-12).

Strophe III.

Je va crier! Ne pensez pas...

Strophe V.

Dessous la jupe qui le cache... Il prend ce sombre paradis... L’on n’a jamais trouvé de jour.

Strophe VII.

Et qu’elle l’eût laissé tout faire.

Strophe VIII.

Et que pour le combler d’ennui.

Strophe IX.

Pleure mollement dans sa main.

La strophe X manque.

Strophe XI.

Ce chaud Priape de la Fable; Mais, le trouvant froid et rampant, Elle crut que c’étoit un diable...

Strophe XII.

De sur ce membre lâche et vain Qu’elle sentit dessous sa robe...

Strophe XIII.

Elle repousse son amant.

Strophe XIV.

Parmi tant d’amour et d’ardeur, Cette apparence de froideur...

Strophe XV.

Cloris toute seule est coupable.

Strophe XVII.

Si ma vie ne le fait pas.

Strophe XVIII.

Et quelle vit avec grand bruit Porter dans la chambre prochaine Les sombres flambeaux de la nuit.

Strophe XIX.

Comment lui résisteriez-vous?

Strophe XX.

Il se guinda légèrement Et se laissa choir dans la rue, D’où, pressé d’un mortel ennui Et de la honte qui le tue, Enfin il s’en alla chez lui.

Strophe XXI.

Poussé de la funeste envie Que fait la honte et le remords, Il souffrit plus de mille morts... Il la ferma languissamment.

Strophe XXII.

Comme Ixion sur le nuage.

Strophe XXIII.

De la mort ou bien de l’amour.

Strophe XXIV.

Le brûlant désir qui le presse Fait qu’après un léger repas Il sort, il adresse ses pas Vers le logis de sa maîtresse... Et se glissant dans sa maison...

Strophe XXV.

Qu’en approchant de ce beau corps Il eut de mouvemens étranges!

Strophe XXVI.

Et ses jupes et sa chemise.

Les deux strophes suivantes ne se trouvent pas dans le texte que nous avons choisi comme l’original.

Aimant de la Nature humaine, Bijou chatouilleux et cuisant, Précipice affreux et plaisant, Cruel repos, aimable peine. Remède et poison de l’amour, Bûcher ardent, humide four Où les hommes se doivent cuire, Jardin d’épines et de fleurs, Sombre fanal qui fait reluire Nos fortunes et nos malheurs;

Nid branlant qui nous sers de mue, Asile où l’on est en danger, Raccoursi qui fais allonger La chose la moins étendue. Fort qui se donne et qui se prend. Œil couvert qui ris en pleurant, Bel or, beau corail, belle ivoire. Doux canal de vie et de mort Où, pour acquérir de la gloire. L’on fait naufrage dans le port.

Strophe XXVII.

Vivifiante sépulture.

Strophe XXVIII.

Mû d’amour et de charité.

Strophe XXIX.

Ce feu qui consume son cœur Porte partout sa vive ardeur, Éclate enfin sur son visage.

Strophe XXX.

Forcer les défenses secrètes... Entrer, tout fier de ses conquêtes...

La strophe XXXII manque tout entière.

Strophe XXXIII.

Porta Cloris à cette plainte.

Strophe XXXIV.

Brûle jusqu’aux poissons dans l’onde... Je ne veux rien aimer que vous.

Strophe XXXVI.

Mais les hommes sont infidèles, Ils n’aiment jamais plus d’un jour, Et souvent de tout leur amour Ils ne retiennent que les ailes...

Strophe XXXVIII.

Mais secrètement l’on m’a dit Que tous les Amours qui les virent Sourioient de ce qui s’y fit.

Strophe XXXIX.

Et que plusieurs fois ces amants... Leurs beaux corps se communiquèrent...

DOCUMENTS ET DISSERTATIONS SUR _L’OCCASION PERDUE RECOUVERTE_

EXTRAIT

Du _Carpenteriana, ou Recueil des pensées historiques, critiques, morales, et de bons mots de M. Charpentier, de l’Académie françoise_ (publié par Boscheron). Paris, J. Fr. Morisset, 1724, in-8, p. 284.

M. Corneille l’aîné est auteur de la pièce intitulée: _L’Occasion perdue et recouvrée_. Cette pièce étant parvenue jusqu’à M. le chancelier Séguier, il envoya chercher M. Corneille et lui dit que cette pièce ayant porté scandale dans le public et lui ayant acquis la réputation d’un homme débauché, il falloit qu’il lui fît connoître que cela n’étoit pas, en venant à confesse avec lui; il l’avertit du jour. M. Corneille ne pouvant refuser cette satisfaction au chancelier, il fut à confesse avec lui, au P. Paulin, petit père de Nazareth, en faveur duquel M. Séguier s’est rendu fondateur du couvent de Nazareth. M. Corneille s’étant confessé au révérend père d’avoir fait des vers lubriques, il lui ordonna, par forme de pénitence, de traduire en vers le premier livre de l’_Imitation de J. C._; ce qu’il fit. Ce premier livre fut trouvé si beau, que M. Corneille m’a dit qu’il avoit été réimprimé jusqu’à trente-deux fois. La reine, après l’avoir lu, pria M. Corneille de lui traduire le second; et nous devons à une grosse maladie dont il fut attaqué, la traduction du troisième livre, qu’il fit après s’en être heureusement tiré.

EXTRAIT

Des _Mémoires pour l’histoire des sciences et des beaux-arts_. Trévoux, décemb. 1724, p. in-12, p. 2272-76.

Le _Carpenteriana_, en attaquant la mémoire du grand Corneille, a réveillé le zèle et l’équité de plusieurs personnes qui ne peuvent, sans horreur, voir déchirer la réputation des morts, par des faits dont il n’a été fait nulle mention pendant leur vie. Voici un Mémoire qui vengera M. Corneille et satisfera les gens équitables; il vient d’un homme de lettres fort estimé d’un grand prince.