L Isthme De Panama Examen Historique Et Geographique Des Differ

Chapter 12

Chapter 122,352 wordsPublic domain

Sa grande longueur.--Sur cette longueur, cinq localités où l'on peut rechercher un passage: 1º isthme de Tehuantepec; 2º à l'est de la baie de Honduras; 3º lac de Nicaragua; 4º isthme de Panama proprement dit: minimum d'épaisseur de l'isthme à la baie de Mandinga; ligne de la Boca del Toro à l'embouchure du Chiriqui; 5º isthme de Darien.--Obstacle qu'oppose dans toute l'Amérique au passage d'un océan à l'autre la chaîne les Andes; immense étendue de cette chaîne.--L'isthme est montagneux; mais la chaîne s'y abaisse précisément aux cinq endroits ci-dessus. 1

CHAPITRE II.

Recherche d'un passage entre l'Océan Atlantique et l'Océan Pacifique, depuis la découverte du Nouveau-Monde.

Objet du voyage de Colomb.--Découverte de l'Océan Pacifique par Vasco Nuñez de Balboa, le 25 septembre 1513--Héroïsme de Balboa; sa persécution par Pedrarias Davila.--Caractère de Fonseca.--Tentatives successives pour passer d'un océan à l'autre.--Emulation entre l'Espagne et le Portugal.--Vasco de Gama.--Le _Secret du Détroit_.--Expédition partie de San Lucar en 1508, sous Vicente Yañez Pinzon et Juan Diaz de Solis.--Second voyage de Juan Dias de Solis.--Expéditions des frères Cortereal pour le compte du Portugal.--Voyage de Magellan en 1520.--Découverte du cap Horn par les Hollandais Lemaire et Schouten en 1616.--Efforts de Fernand Cortez pour découvrir le _Secret du Détroit_; ses questions à Montezuma.--Navigateurs anglais à la fin du XVIe et au commencement du XVIIe siècle: Davis, Hudson, Baffin.--Au XVIIIe siècle, le Suédois Behring voyage pour le compte de la Russie.--Troisième voyage de Cook.--Projet de M. de Chateaubriand. Navigateurs anglais au XIXe siècle.--Grandeur de l'Espagne au XVIe siècle.--Canaux projetés d'après Gamara en 1551 à Tehuantepec, au lac de Nicaragua et à l'isthme de Panama, proprement dit; Philippe II arrête l'essor de l'Espagne.--Efforts de Cortez; communication grossière qu'il établit dans l'isthme de Tehuantepec; on l'améliore un peu à la fin du XVIIIe siècle; prix exorbitant du transport.--Communication par Panama, fort imparfaite.--Tort que se faisait l'Espagne en négligeant ainsi des voies de transport aussi importantes; elle justifiait d'avance sa dépossession future. 11

CHAPITRE III.

Nature et proportions de la communication à établir.

Objet de la communication à ouvrir.--Services à attendre du percement de l'isthme pour l'Europe.--Les voyages qu'on abrégerait sont ceux qui ont lieu par le cap Horn; énumération des contrées où l'on se rend d'Europe par cette voie.--Pour la Chine et le Japon, eu égard à la régularité des vents, aux courants et à la beauté de la mer, il y aurait, malgré un plus long trajet, économie de temps et accroissement de sécurité à l'aller, mais non au retour.--Avantages de l'Océan _Pacifique_.--Le percement de l'isthme profiterait plus encore aux États-Unis.--Bons effets à en espérer pour le versant occidental de l'Amérique, plus retardé que celui qui regarde l'Europe.--La communication devrait s'effectuer au moyen d'un canal; ce canal devrait être praticable pour les grands bâtiments du commerce et pour les navires à vapeur de l'ordre des paquebots transatlantiques.--Un canal sur une échelle moindre serait d'utilité locale et ne profiterait à l'Europe qu'indirectement.--Des dimensions à donner au canal.--Exemples du canal Calédonien et du canal hollandais du Nord, qui sont des canaux maritimes.--Dimensions des canaux ordinaires en France, en Angleterre, aux États-Unis.--Ce qu'ont coûté les canaux Calédonien et du Nord, et les canaux ordinaires français, anglais et américains.--Prix d'une grande écluse à Brest.--Nécessité pour un canal maritime de déboucher au mouillage même des navires; à Panama cette condition ne se remplirait pas très aisément.--Conditions de salubrité; on y satisferait par le creusement même du canal. 35

CHAPITRE IV.

Des difficultés que les ingénieurs sont accoutumés à franchir en creusant des canaux.

Différences entre un canal et une rivière: un canal consomme beaucoup moins d'eau; le canal du Midi comparé à la Seine.--Ce qu'on nomme un _bief_.--En quoi consiste une _écluse_, ou appareil en maçonnerie pour passer d'un bief à l'autre.--Ce qu'on appelle la _pente rachetée_ par un canal, ou la _chute rachetée_ par une écluse; _contre-pente_.--La difficulté d'un canal dépend principalement de la longueur du canal et de la somme des pentes et contre-pentes.--Exemples des longueurs ainsi que des pentes et contre-pentes de canaux français, américains ou anglais;--Conversion de ces canaux, qui sont à dimensions ordinaires, en canaux pareils au canal Calédonien ou au canal hollandais du Nord.--De l'approvisionnement d'eau des canaux.--Les régions des tropiques, surtout dans l'isthme, semblent devoir offrir sous ce rapport plus de facilités que nos pays tempérés de l'Europe. 51

CHAPITRE V.

Première localité indiquée pour le percement de l'isthme.--Isthme de Tehuantepec et du Guasacoalco.

Dépression qu'y éprouve le plateau mexicain.--Port qu'offre l'embouchure du Guasacoalco.--Essais de Cortez.--Projets de canal après lui.--La découverte, au château de Saint-Jean d'Ulua, de canons venus de Manille, réveille ces projets en 1771.--Exploration du terrain par deux ingénieurs, et leurs conclusions favorables.--Plan du vice-roi Revillagigedo. Le canal de l'isthme de Tehuantepec est voté par les cortès espagnoles en 1814.--Études du général Orbegoso en 1825; ses conclusions sont moins favorables; difficulté d'alimenter un canal sur le versant de l'Océan Pacifique.--Mauvais port à Tehuantepec.--Le général Orbegoso se réduit à une route entre l'Océan Pacifique et le Guasacoalco.--Sol fertile qu'on traverserait; projet de colonisation qu'on pourrait reprendre avec avantage.--Concession récente à don José Garay.--Projet de ce concessionnaire. 59

CHAPITRE VI.

Second passage.--Isthme de Honduras.

Hautes montagnes qui bordent la baie de Honduras; plateau élevé en arrière des montagnes; délicieuse situation de la ville de Guatimala; dangers que lui font courir les volcans.--Les montagnes s'abaissent sur le bord méridional de la baie.--Trouée que fait le Golfe Dolce; cette trouée se prolonge par le fleuve Polochic; mais les montagnes viennent ensuite.--Plus au sud-est, vallée de Comayagua, où coulent le Jagua et le Sirano; il n'y a pas d'espoir non plus de pratiquer par là un canal maritime.--Vallée du Motagua; le cours du fleuve franchit la plus grande partie de la distance des deux océans, mais il serait impossible de descendre dans l'Océan Pacifique; élévation du sol sur les bords du haut Motagua.--Terre _froide_; sens qu'il faut attacher à ce mot.--Partage des eaux à Chimaltenango.--Il n'y a rien à espérer pour un canal maritime de l'isthme de Honduras. 69

CHAPITRE VII.

Troisième passage.--Le pays de Nicaragua.

Grande déchirure occupée par le lac de Nicaragua et le fleuve San-Juan de Nicaragua.--Golfe de Papagayo et golfe de Nicoya.--Lac de Leon ou de Managua, et fleuve Tipitapa, qui prolongent le lac et le fleuve précédents.--Dimensions de ces lacs; développement des fleuves.--Tracés possibles au nombre de cinq: 1º du lac de Nicaragua au golfe de Papagayo; 2º du même lac au golfe de Nicoya; 3º et 4º de la pointe nord-ouest du lac de Leon à Tamarindo et à Realejo; 5º du lac de Leon à la rivière Tosta; 6º du même lac ou golfe de la Conchagua.--Régime du fleuve San-Juan; rapides et récifs.--Bon port de San-Juan à l'embouchure du fleuve.--Amélioration du fleuve San-Juan; ce qui prouve qu'elle serait peu difficile, c'est qu'avant 1685 les trois mâts le remontaient; en 1685, on l'obstrua pour barrer le passage aux flibustiers; le Colorado s'ouvrit alors.--D'une amélioration qui permette de recevoir les plus grands trois-mâts du commerce et les paquebots transatlantiques.--De la navigation du Tipitapa; sa pente; beau site de la ville de Tipitapa.--La traversée du lac de Nicaragua n'offre pas de péril sérieux.

Des canaux à ouvrir entre l'Océan pacifique et le lac de Leon ou le lac de Nicaragua.--Sol peu élevé malgré la présence de volcans très hauts.--Tous les voyageurs s'accordent à dire que du lac de Leon à Realejo ou à Tamarindo le pays est plat.--Illusion possible.--On n'a fait de nivellements qu'entre la ville de Nicaragua et le port de San-Juan du Sud.--Nivellement de don Manuel Galisteo avant la révolution française.--Nivellement de M. Bailey depuis l'indépendance.--Il faudrait un souterrain par ce dernier tracé; de quelle longueur; comparaison avec la longueur d'autres souterrains.--Impossibilité d'admettre des souterrains sur un canal destiné à des bâtiments de mer.--De quelles dimensions devraient être des souterrains pour de grands trois-mâts démâtés.--Pour les autres lignes, les renseignements manquent.--Donnée relatée dans l'ouvrage intitulé: _Mexico and Guatimala_.

Des ports qu'on trouverait aux deux extrémités du canal.--San-Juan du Sud; le port est petit, mais sûr; les ports de la baie de Nicoya et Tamarindo sont bons aussi; Realejo est magnifique.--Absence de la fièvre jaune là où le canal serait à creuser; population nombreuse qui fournirait des travailleurs.

Au-delà du lac de Nicaragua, les montagnes se redressent entre les deux océans jusqu'à ce qu'on soit aux environs de Panama.--Études qu'il y aurait lieu de faire à la baie de Mandinga, et entre la Boca del Toro et la rivière Chiriqui. 75

CHAPITRE VIII.

Quatrième passage.--Isthme de Panama proprement dit.

Absence d'observations dans cet isthme jusqu'à ces derniers temps.--Aspect général du pays qui entoure Panama.--Collines isolées ou en petits groupes se dressant sur une surface plane; cours d'eau multipliés; le Chagres et le Trinidad navigables.--Les voyageurs et les marchandises vont de Chagres à Gorgona ou à Cruces par le Rio Chagres, et de là se rendent à Panama à dos de mulet.--Cours d'eau sur le versant de l'Océan Pacifique: le Caïmito, le Rio Grande; leurs affluents: la Quebra Grande, le Farfan, le Bernardino.--Ce passage ait fréquenté depuis longtemps; c'est par là que passa François Pizarre, quand il alla conquérir le Pérou.--Route pavée qui a existé de Cruces à Panama.--Négligence malhabile du gouvernement espagnol.--Bolivar fait étudier l'isthme par MM. Lloyd et Falmarc; opérations de ces ingénieurs; elles se réduisent à mesurer la hauteur d'un point de partage déterminé et la différence de niveau entre les deux océans.--Il résulte de ces opérations que cette localité n'est pas plus défavorable que d'autres où l'on a fait passer un canal.--Études nouvelles par M. Morel au nom de la compagnie franco-grenadine; il indique un point de partage extrêmement déprimé; si bien qu'on pourrait ménager un véritable détroit artificiel.--Trajet de 75 kilomètres seulement entre Panama et Chagres.--Ces résultats surprenants, inouïs, sont démentis; néanmoins la localité demeure très favorable.--Reproches encourus par le gouvernement espagnol.--Le tracé proposé aujourd'hui l'avait été en 1528.--Réflexion au sujet des découvertes qui se perdent et se retrouvent.

Des débouchés du canal en mer.--Le port de Chagres est déjà passable.--Par une coupure qui communiquerait avec la baie de Limon on aurait un port excellent.--Du côté de Panama ce serait plus difficile; le port de la ville de Panama est à une certaine distance au large contre un groupe de trois îles.--Il faudrait creuser en mer et garantir par des jetées un chenal entre ce mouillage et la terre ferme.--Diverses manières de déboucher en mer.

Rareté des travailleurs indigènes; on aurait besoin d'emmener des ouvriers d'Europe.--Précautions à prendre alors pour l'hygiène.--Emploi d'hommes disciplinés et dociles tels que les soldats du génie.--De la baie de Mandinga et d'un passage possible derrière la Boca del Toro.--Mines de charbon. 105

CHAPITRE IX.

Cinquième passage.--Isthme de Darien.

Dépression qu'offre la vallée de l'Atrato.--Communication projetée à la fin du siècle dernier entre la vallée de l'Atrato et le port de Cupica par le Naipipi.--Elle est impossible.--Communication entre la vallée de l'Atrato et celle du San-Juan, par le vallon de la Raspadura; on n'en ferait jamais un canal des deux océans. 137

CHAPITRE X.

Conclusion des cinq chapitrés précédents--Études à faire.

Deux tracés se recommandent: l'un par Chagres et les environs de Panama, l'autre par le pays de Nicaragua.--Dépense à laquelle il faut s'attendre avec l'un et avec l'autre; elle serait considérable, mais non au-dessus des forces des gouvernements des trois premières puissances maritimes réunies.--Plan d'une étude générale à Panama, au lac de Nicaragua, à la baie de Mandinga, à la Boca del Toro.--Il faudrait un personnel nombreux d'ingénieurs et un plus nombreux d'agents subalternes.--Soldats du génie et matelots à la suite des ingénieurs.--Études médicales à joindre à celles des ingénieurs, afin d'être prêt, au cas où des ouvriers européens ou du nord de l'Amérique devraient être envoyés dans l'isthme.--Il conviendrait que la France se chargeât de ces études; le gouvernement en retirerait beaucoup d'honneur et ce serait conforme à sa politique. 141

CHAPITRE XI.

Du percement de l'isthme de Suez.

L'isthme est nivelé; bassin des Lacs Amers qui est au-dessous de la mer Rouge; l'épaisseur de l'isthme est rigoureusement de 115 kilomètres.--Inégalité de niveau des deux mers.--Difficulté d'avoir un port sur la Méditerranée.--Le canal de l'isthme de Suez a existé.--_Canal des Rois_ de Suez au Nil, du temps de l'antique Égypte.--Restauration du temps des Ptolémées et sous l'empereur Adrien.--Travaux des mahométans.--Projets du général en chef Bonaparte.--Études que fit alors M. le Père.--Une fois dans le Nil, il faudrait atteindre la Méditerranée; le seul port de ces parages est Alexandrie; coup d'oeil d'Alexandre-le-Grand.--Il serait bien difficile de rejoindre Alexandrie depuis le débouché du canal de Suez au Nil.--Convenance d'un canal direct de Suez à la Méditerranée; autrement ce ne sera jamais une communication maritime; mais les sables que dépose la mer, en rendant difficile l'existence d'un port sur la Méditerranée à Péluse, y font obstacle.--Ce qu'était la traversée d'Europe aux Indes autrefois et ce qu'elle est aujourd'hui.--Abréviation que procurerait aux navires à voiles la coupure de l'isthme de Suez. 147

CHAPITRE XII.

Comment pourrait être exécuté le canal de l'isthme de Panama.

Bonnes dispositions du gouvernement de la Nouvelle-Grenade.--Immunités à attendre de lui.--Excellents sentiments manifestés à l'origine par le gouvernement fédéral de l'Amérique Centrale.--Triste situation de ce pays aujourd'hui; cependant les États de Nicaragua et de Costa-Rica que traverserait le canal de Nicaragua sont tranquilles et offrent des garanties.--Une compagnie ne pourrait exécuter le canal, quel que soit celui des deux tracés qu'on adopte.--Bénéfices à attendre d'un péage; nombre de navires qui se rendent dans le Grand Océan par le cap Horn ou par le cap de Bonne-Espérance.--Il n'y aurait que les gouvernements de la France et de l'Angleterre qui pussent le creuser; il conviendrait qu'ils s'associassent dans ce but avec celui des États-Unis. 163

ERRATA.

Page 91, ligne 2: _après_ très dure, _mettre_ ou des sables coulants.

-- 121 -- 19: _après_ dures à l'excès, _mettre_ ou des sables mouvants, ce qui serait pire encore.