L'Instruction Théorique du Soldat par lui-même (1914)
Part 9
De nuit: le point par une émission lumineuse (demi-seconde); le trait, par une émission lumineuse longue (deux secondes).
Intervalles entre chacun des signaux d'une même lettre: environ une demi-seconde.
Intervalle entre deux lettres d'un mot, entre deux chiffres, avant ou après un signe de ponctuation: environ quatre secondes.
ALPHABET
A - ---- I - - S - - - B ---- - - - J - ---- ---- ---- T ---- C ---- - ---- - K ---- - ---- U - - ---- CH ---- ---- ---- ---- L - ---- - - V - - - ---- D ---- - - M ---- ---- W - ---- ---- E - N ---- - X ---- - - ---- F - - ---- - P - ---- ---- - Y ---- - ---- ---- G ---- ---- - Q ---- ---- - ---- Z ---- ---- - - H - - - - R - ---- -
CHIFFRES
1 - ---- ---- ---- ---- 5 - - - - - 8 ---- ---- ---- - - 2 - - ---- ---- ---- 6 ---- - - - - 9 ---- ---- ---- ---- - 3 - - - ---- ---- 7 ---- ---- - - - 0 ---- ---- ---- ---- ---- 4 - - - - ----
PONCTUATION
POINT - - - - - - VIRGULE - ---- - ---- - ---- - ----
B) _Signaux de service_
Station ouverte: _de jour_ (_faire apparaître le bras ou un objet maintenu immobile_); _de nuit_ (_feu fixe_).
Appels: _série de traits et de points alternés. Continuer jusqu'à ce que le correspondant réponde: «Invitation à transmettre»._
Invitation à transmettre: B R (---- - - - - ---- -)
Erreur: _Faire une série de points_ (_7 au moins_).
Attente: _A S_ (- ---- - - -)
Compris: _I R_ (- - - ---- -)
Fin d'un mot[31]: _Donner le point._
[Note 31: Après chaque mot, le transmetteur s'arrête jusqu'à ce que le récepteur lui donne «le point»; celui-ci reconnaît la fin d'un mot à l'arrêt du transmetteur.]
Fin de transmission: _A R_ (- ---- - ---- -) Changer la face du fanion: Employer le fanion: _Élever un fanion et tourner plusieurs fois la main en changeant la face du fanion._
Couper la transmission: _Trait prolongé._
Mauvais feu en vue: _Couper la transmission, puis faire une série de points qui indiquent au correspondant de régler la direction de son feu, de vérifier si la lanterne est en bon état, si sa lampe brûle régulièrement. À mesure que la communication se rétablit, envoyer des séries de points de plus en plus précipités si le feu devient mauvais, de plus en plus lents dans le cas contraire jusqu'au moment où la communication peut reprendre. Envoyer alors le signal «Invitation à transmettre»._
C) _Signaux conventionnels_
(Connus du plus grand nombre d'hommes possible)
Munitions lettre M ---- ---- répétée plusieurs fois. Ennemi -- E - -- Infanterie -- I - - -- Cavalerie -- C ---- - ---- - -- Allonger tir artillerie -- T ---- --
IX--TRAVAUX DE CAMPAGNE ET OUTILS.
=73. Qu'est-ce que la fortification du champ de bataille?=
La fortification n'est qu'un _moyen_, ordonné par le chef, pour garantir momentanément sa troupe des coups de l'ennemi. Le _but_ est toujours de rejoindre au plus tôt l'adversaire pour le chasser de la position qu'il occupe.
Les travaux, les abatis et les organisations défensives sont faits avec les outils ci-après[32]:
[Note 32: Ces outils forment deux lots: l'un, dont le nombre varie, est destiné aux soldats du temps de paix; l'autre, qui est le reste, est au magasin de la compagnie; il est destiné aux réservistes à la mobilisation.]
1º Outils portatifs d'une compagnie (pelle-pioche Seurre), au nombre de 185:
Pelles-bêches (5 par escouade) 80 } Pelles-pioches Seurre (5 par escouade) 80 } Haches à main (2 par section) 8 } 185 Serpes } (1 outil par escouade) { 12 } Cisailles } { 4 } Scie articulée 1 }
Outils portatifs pour compagnie de chasseurs alpins:
4 haches portatives; 4 pics à tête portatifs; 8 serpes; 4 scies articulées; 4 bêches portatives; 4 pioches portatives.
et en supplément:
76 bêches portatives; 80 pelles-pioches; 8 haches portatives; 4 serpes; 4 cisailles.
_Poids des outils emmanchés, avec étui:_
Pelle-bêche 0 kg 830 Pelle-pioche 1 015 Hache à main 1 570 Serpe 1 » Cisailles 0 850 Scie articulée 0 600
2º Chaque régiment d'infanterie est doté de deux voitures légères d'outils (1 par bataillon de chasseurs à pied) contenant chacune:
195 outils de { 130 pelles rondes emmanchées; terrassiers { 65 pioches emmanchées (modèle du génie).
19 outils de { 15 haches ordinaires emmanchées; destruction { 2 scies passe-partout montées; { 2 pinces.
1 caisse d'outils d'ouvriers d'art chargée; 30 manches de pelle (de rechange); 20 manches de pioche-pic ou hache (de rechange).
Les bataillons alpins reçoivent une dotation spéciale en outils portatifs et en outils de grand modèle; ces derniers sont chargés sur des mulets de bât.
Dans un régiment d'infanterie, l'une des voitures d'outils porte 108 pétards modèle 1886, l'autre 46 détonateurs.
=74. Le soldat peut-il agir de sa propre initiative pour se couvrir?=
Oui, le soldat doit faire preuve d'initiative individuelle, lorsque l'ordre est donné de se couvrir sur place. Les quelques figures suivantes (qu'il faut étudier) serviront de guides et suffiront à montrer au soldat ce qu'il peut faire avec son outil soit seul, soit à deux avec son camarade de combat.
Il ne faut jamais hésiter, soit à renoncer à la protection que procure la fortification, soit à l'abandon des installations déjà créées pour en recommencer de nouvelles ailleurs lorsque les conditions du combat l'exigent.
=75. Exemples d'aménagements individuels établis derrière des arbres, arbustes ou branchages=
1º Tronc, fagot ou branchages ne dépassant pas 30 centimètres au-dessus du sol.
2º Tronc, fagot ou branchages dépassant 30 centimètres au-dessus du sol.
=76. Exemples d'aménagements individuels derrière des pierres=
1º Amas de pierres ne dépassant pas 30 centimètres au-dessus du sol.
2º Pierres isolées, bornes ou tas de pierres ayant plus de 30 centimètres de hauteur.
Observation générale à toute manoeuvre.
Dans toute manoeuvre et dans toute opération, un des premiers devoirs des gradés et de tout soldat isolé ou à une aile est de rester en communication constante avec le chef en arrière, puis de se mettre en relation, par un contact réel, avec les fractions placées à droite et à gauche.
Les soldats doivent toujours songer à mettre en pratique ces prescriptions lorsqu'il y a lieu, et être rompus à la communication et à la transmission des ordres.
Malgré leur dispersion, les hommes et les troupes, coopérant à une même manoeuvre, doivent faire un tout absolument articulé. Les transmissions et les contacts doivent se faire avec rapidité et exactement.
=77. Exemple d'exécution d'une tranchée par deux camarades de combat=
{ _s_ Sacs. { _f_ Fusil du camarade de combat prêt à tirer. _Légende._ { A B Emplacement d'un des camarades de combat. { C D _Idem._ { F F' F'' Fouilles.
Conduite du travail
=78. Modèles de tranchées faites par un groupe de soldats=
* * * * *
=Observation pour le tirailleur.=--Les camarades de combat doivent toujours rester l'un près de l'autre.
Au combat, il faut toujours viser, employer la hausse convenable et ne pas gaspiller ses cartouches.
La poudre sans fumée, qui permet d'atteindre l'ennemi sans se laisser voir, assure au tirailleur qui sait utiliser le terrain des effets de démoralisation très puissants sur son adversaire.
_Défenses accessoires._--Elles ont pour but: 1º de barrer certains passages à l'ennemi; 2º de retarder sa marche, pendant qu'il est sous le feu, par des obstacles, tels que réseaux de fil de fer, abatis d'arbres et de branches reliées entre elles, barricades, inondations, rupture de ponts, etc.
X--SERVICES DIVERS.
Convois.
=79. À quoi servent les convois en campagne?=
Ils ont pour objet le transport des cartouches, des outils, de l'argent, des subsistances, des effets d'habillement et d'armement, des malades, des prisonniers, etc.
=80. Quelles sont les voitures employées à ces transports?=
Un régiment d'infanterie de campagne, c'est-à-dire de trois bataillons, a: 14 voitures à vivres et à bagages; 12 voitures à munitions; 13 voitures-cuisines roulantes[1]; 1 voiture-forge; 3 voitures à viande; 3 médicales; 2 voitures légères d'outils; 13 fourgons à vivres.
L'ensemble des voitures d'un corps de troupe d'infanterie se subdivise en train de combat et train régimentaire.
Le train de combat suit immédiatement le corps et comprend les:
Voitures à munitions;
Voitures à vivres et bagages;
Cuisines roulantes[33] (avec voitures à viande);
[Note 33: Les voitures-cuisines roulantes ne sont pas encore absolument admises.]
Voitures médicales;
Caissons à munitions des sections de mitrailleuses (type mixte);
Mulets porteurs de munitions des sections de mitrailleuses (type alpin);
Voitures légères d'outils.
* * * * *
NOTA.--Les autres voitures forment le train régimentaire qui marche plus en arrière (13 fourgons à vivres et 1 forge).
=81. Quels sont les chargements des voitures à vivres et à bagages et des voitures de munitions?=
1º _Voiture à vivres et à bagages._--On y place: les vestes ou vareuses contenues dans 16 enveloppes, 1 jour de vivres de réserve pour officiers et troupe, 1 jour d'avoine de réserve et l'avoine du jour, 1 jour d'eau-de-vie, les caisses à bagages (ou ballots) d'officiers et adjudants, 1 cantine à vivres pour officiers, 16 baguettes en laiton, trousses pour tailleurs et cordonniers, boîtes à livrets et comptabilité, musette de pansage et ferrures de réserve, l'arme et le sac du conducteur, les sacs de l'infirmier, du cycliste, téléphoniste.
2º _Voitures à munitions._--Elle porte 32 cartouches par homme de la compagnie, plus 16.384 cartouches et 200 musettes à bretelles pour le transport des cartouches sur la ligne de feu.
Service de santé.
=82. Comment est assuré le service de santé en campagne et sur le champ de bataille?=
Il est assuré d'abord par les médecins des corps, assistés des infirmiers (1 par compagnie) et des brancardiers (4 par compagnie): ils établissent des postes de secours sur le champ de bataille[34]. Viennent ensuite les ambulances, les hôpitaux de campagne et les transports d'évacuation. Les aumôniers des cultes marchent avec les ambulances.
[Note 34: Voir le paquet individuel de pansement, page 57.]
Convention de Genève.
=83.= Les établissements où sont soignés les militaires, les voitures d'ambulance et le personnel du service de santé sont neutralisés. Le personnel a le brassard blanc à croix rouge, les voitures et établissements un drapeau blanc à croix rouge et le drapeau national.
Services divers.
=84.= La trésorerie, les postes et les télégraphes fonctionnent aux armées par les soins des agents ordinaires de ces services qui sont mobilisés et organisés en sections.
La direction générale des chemins de fer est sous l'autorité de l'État-major général de l'armée.
CHAPITRE X
TRANSPORT DES TROUPES PAR LES VOIES FERRÉES
=85. Quelle est l'importance pour les troupes des exercices d'embarquement en chemin de fer?=
En cas de mobilisation, presque toutes les troupes auront à faire usage des chemins de fer pour être transportées sur les points de concentration des armées; il faudra à ce moment beaucoup d'ordre et de rapidité, c'est pourquoi l'instruction donnée à ce sujet est importante.
=86. Comment voyagent les troupes en temps de guerre ou de manoeuvre?=
Les troupes voyagent ordinairement dans des trains spéciaux comprenant un effectif variable de 1.000 à 1.200 hommes environ, avec les chevaux et les voitures du détachement.
=87. Quelles sont les voitures dans lesquelles sont embarqués les hommes et quelles sont les contenances déterminées?=
On emploie pour le transport des hommes soit des voitures à voyageurs, soit des wagons à marchandises aménagés avec des bancs mobiles spécialement préparés pour cet usage.
Dans les voitures à voyageurs, on place 8 hommes par compartiment au lieu de 10, les deux places restantes étant destinées au rangement des armes, des sacs et des effets.
Les wagons aménagés comprennent 32, 36 ou 40 hommes suivant la longueur du wagon.
En cas de nécessité, on peut faire usage de tous les wagons disponibles, de quelque nature qu'ils soient, aménagés ou non.
=88. Comment fractionne-t-on la troupe?=
Avant d'arriver sur l'emplacement du train, on fractionne la troupe par wagon, selon la contenance de chaque voiture. Tout le monde rentre dans le rang et on conserve les places des hommes de l'escouade qui rejoindront (tambours, clairons, ordonnances, équipe d'embarquement, etc.).
La troupe est ensuite conduite par quatre devant les wagons, où le sous-officier chef de wagon fait le fractionnement par compartiment et désigne les chefs de compartiments.
=89. Comment se fait l'embarquement dans les voitures à voyageurs?=
Le fractionnement se fait par 8 hommes par compartiment (2 files de 4 hommes); le chef de compartiment et l'autre chef de file montent sans sac et sans fusil; ils reçoivent d'abord les huit fusils, qui sont placés dans les filets s'il en existe; sinon, contre la paroi opposée à l'entrée; on les maintient avec une courroie de sac liée à deux pitons qu'on visse dans la paroi contre les deux fusils extrêmes et à 5 centimètres au-dessous de l'embouchoir.
Les sacs sont ensuite passés un par un et placés 3 sur la banquette en face des fusils, 1 contre les crosses des 8 fusils et 4 sous les bancs.
Les hommes entrent alors, sur l'ordre du chef de compartiment.
=90. Comment se fait l'embarquement dans les wagons aménagés?=
Ces wagons peuvent être considérés d'après le dispositif des bancs comme ayant quatre compartiments; le fractionnement par groupe ou par compartiment se fait ainsi:
8 hommes pour les wagons de 32 hommes (2 files de 4 hommes);
9 hommes pour les wagons de 36 hommes (1 file de 4 et 1 de 5 hommes);
10 hommes pour les wagons de 40 hommes (2 files de 5 hommes).
On opère comme ci-dessus pour le passage des sacs et des fusils; ceux-ci sont fixés avec une courroie et avec des pitons contre la paroi du fond (petits côtés du wagon), les crosses étant sur le plancher.
Les sacs sont empilés contre la même paroi à côté et contre les fusils.
=91. Quand commence l'embarquement des hommes?=
Au signal donné par la sonnerie «En avant».
=92. Quelles sont les mesures de police et de sécurité qu'il faut observer?=
Il est interdit:
1º De passer la tête ou les bras hors des portes, portières ou volets d'aération;
2º De procéder pendant la marche à l'ouverture des portes, portières et volets d'aération ou à la fermeture desdits volets;
3º De passer d'une voiture dans une autre;
4º De pousser des cris, de chanter et de siffler;
5º De descendre des voitures aux stations avant les sonneries qui doivent en donner le signal;
6º De fumer dans les wagons à chevaux;
7º De jeter hors des wagons des objets quelconques et notamment des bouteilles pouvant blesser les agents service sur la voie.
Les chef de wagon responsables sont tenus de faire respecter ces prescriptions.
=93. Comment sont faites les haltes?=
Les haltes de dix à quinze minutes sont annoncées par la sonnerie «Halte-là». Les hommes peuvent descendre et ils doivent remonter dès la sonnerie «En avant» faite trois minutes avant la marche du train.
Les sentinelles de la garde de police indiquent les endroits où il ne faut pas aller.
=94. Quelles prescriptions doivent observer tous les hommes pour reconnaître leur wagon et pour éviter toute erreur?=
Il importe que chaque homme connaisse le numéro de son wagon et de son compartiment. D'ailleurs, les numéros des compagnies sont inscrits à la craie sur les voitures.
=95. Comment les hommes sont-ils nourris pendant les transports en chemin de fer?=
Pendant les transports de concentration, les hommes reçoivent:
1º De l'administration militaire, avant le départ et pour toute la durée du trajet: 375 grammes de pain, 100 grammes de conserves de viande assaisonnée par période de douze heures ou inférieure à douze heures (les boîtes sont de 300 grammes);
2º De l'ordinaire, un repas toutes les vingt-quatre heures composé de viande froide, de charcuterie, de fromage ou d'autres denrées[35];
[Note 35: Les repas froids sont placés dans la gamelle; le pain, les conserves de viande et le sel dans l'étui-musette.]
3º Un quart de café chaud, distribué dans les stations-haltes-repas par période de douze heures.
En outre, dans ces stations-haltes-repas, les hommes peuvent remplir leurs bidons d'une boisson préparée en mélangeant 25 centilitres d'eau-de-vie dans 10 litres d'eau.
=96. Comment les distributions sont-elles faites dans les stations-haltes-repas?=
On sonne «la soupe», les fourriers descendent avec deux hommes par wagon et ils reçoivent de l'officier d'administration le café, la boisson préparée et, s'il y a lieu, les vivres destinés à la compagnie; la répartition aux hommes est faite dans les wagons; les hommes ne peuvent descendre qu'après cette répartition.
=97. Quels sont en outre les vivres qui accompagnent les hommes?=
1º Les petits vivres du sac, auxquels il ne faut pas toucher pendant le trajet;
2º Deux jours de pain de débarquement pour l'arrivée. Ce pain est placé dans un fourgon du train.
=98. Comment se fait l'embarquement des chevaux et des voitures?=
Chaque détachement embarque avec lui dans des wagons ou sur des trucs ses chevaux et ses voitures. Ce travail est fait par les équipes d'embarquement des compagnies (1 caporal et 16 hommes par compagnie, une compagnie par bataillon fournit 1 sergent), qui sont dressées à ce service.
=99. Comment se fait le débarquement d'un train militaire?=
À la dernière halte avant l'arrivée, les hommes sont prévenus de se tenir prêts à descendre; ils rectifient leur tenue. Les gardes d'écurie brident les chevaux.
À la station d'arrivée, on sonne «la marche du régiment», et le débarquement se fait par les moyens inverses à l'embarquement, mais sans bruit et avec le plus de rapidité possible.
=100. Quelles attentions doit-on avoir au moment de descendre?=
Il faut:
1º Abaisser les glaces des portières;
2º En descendant, tenir à la main son fourreau de sabre;
3º Éviter d'appuyer son arme contre les voitures du train, qui peuvent à tout moment être ébranlées par un mouvement de la locomotive.
CHAPITRE XI
LA MOBILISATION
=101. Qu'est-ce que la mobilisation?=
La mobilisation est le passage du pied de paix au pied de guerre.
=102. Qu'entend-on par troupes de couverture?=
Ce sont celles qui, pendant le temps nécessaire à la mobilisation et à la concentration de nos armées, sont prêtes dès la première heure, couvrent notre mobilisation, luttent avec ardeur et énergie, résistent à l'ennemi et s'opposent à toute incursion sur le territoire national. C'est une des plus nobles missions.
=103. Que fait le soldat à l'annonce de la mobilisation?=
Dès qu'elle est ordonnée, le soldat reçoit du magasin de la compagnie des effets de la collection de guerre, préparés d'avance et étiquetés à son nom. Il prend la tenue de campagne et prépare son chargement qui a été réduit au strict nécessaire pour diminuer le poids.
Puis il fait avec ordre et ponctualité les nombreuses corvées qui se présentent à ce moment.
=104. Que deviennent les effets non emportés en campagne?=
Tous les effets non emportés en campagne par la compagnie sont versés au magasin du corps pour servir à différentes formations et au dépôt du régiment. Chaque homme fait un petit ballot de ses effets personnels qui ne doivent pas être emportés.
=105. Comment se forma la compagnie sur le pied de guerre?=
L'effectif d'une compagnie est porté à 250 hommes.
Les escouades se dédoublent: la 1re forme les 1re et 2e escouades, la 3e forme les 3e et 4e, etc., soit seize escouades (quatre par section).
La compagnie et les escouades sont complétées en cadre et en hommes par les réservistes affectés à la compagnie, qui rejoignent suivant les ordres du fascicule de leurs livrets. Dès leur arrivée, ils sont habillés et équipés: leurs effets et leurs armes sont préparés dans les magasins.
Le régiment de campagne est formé de 3 bataillons (12 compagnies).
4º DEVOIRS DU SOLDAT
DANS SES FOYERS
APRÈS SA
LIBÉRATION DU SERVICE ACTIF
CHAPITRE XII
La loi du service militaire est du 21 mars 1905 modifiée le 7 août 1913. Elle prescrit ce qui suit pour les soldats dans leurs foyers, après le service actif:
Affectation.
=1.= Dans ses foyers, le militaire est affecté à un corps ou à un service. Cela lui est indiqué en détail sur le fascicule de mobilisation qui est placé à son livret individuel.
=2.= Les militaires dans leurs foyers sont sous l'autorité du commandant du bureau du recrutement de la subdivision de leur domicile, c'est à lui qu'ils adressent leurs demandes, par l'intermédiaire de la gendarmerie, qui transmet.
Les principales demandes qu'un militaire dans ses foyers peut avoir à faire sont au sujet des périodes d'instruction, de prolongation, de sursis, de devancement d'appel, de dispense de période d'instruction, des changements de domicile ou de résidence, de maladies qui nécessitent la réforme.
=3.= L'homme, en quittant le régiment, se retire en principe dans sa subdivision d'origine: où il a passé le conseil de révision.
L'autorité militaire doit toujours connaître le lieu où se trouve le militaire dans ses foyers.
Changements de résidence et de domicile.
=4.= On change de résidence lorsque l'on quitte _momentanément_ le lieu que l'on habite pour aller occuper, pendant quelque temps, un autre lieu.
On change de domicile lorsque l'on quitte, _sans l'idée de retour_, le lieu que l'on habite pour aller définitivement ailleurs.