L'Instruction Théorique du Soldat par lui-même (1914)

Part 5

Chapter 53,479 wordsPublic domain

Elle varie par caserne, c'est le chef de corps qui la donne suivant les circonstances.

=111. Quels sont les devoirs de la sentinelle à la porte du quartier?=

La sentinelle remplit les devoirs généraux des sentinelles et crie: _Aux armes!_ lorsque le chef de corps vient à la caserne. Elle prévient le chef de poste de tout ce qu'il y a d'irrégulier autour de la caserne ou dedans.

=112. Qu'a-t-elle à faire relativement aux entrées et aux sorties de la caserne?=

En principe, sans l'autorisation du chef de poste:

1º Elle ne laisse sortir du quartier aucun étranger avec un paquet ou une arme, ni un caporal ou soldat avec un paquet, un fusil ou un revolver;

2º Elle n'y laisse entrer aucun étranger ou homme de troupe d'un autre corps.

Après l'appel du soir, elle fait entrer au corps de garde les militaires de tous grades qui entrent ou sortent; elle signale au sergent les lumières non éteintes après la sonnerie de l'extinction des feux.

Elle ne laisse entrer aucun chien à la caserne.

Service de planton--Service en cas de troubles--Main-forte due à l'autorité.

=113. En quoi consiste le service de planton?=

Un militaire de planton est un agent qui a une certaine importance, dans l'exécution du travail journalier des divers services d'un régiment et des états-majors.

=114. Quelle doit être la qualité du soldat planton?=

Le planton doit être _actif et consciencieux_, car il est chargé soit de transmettre des ordres et des papiers importants, soit de garder des archives et des pièces confidentielles, soit encore d'exercer une surveillance déterminée ou de faire observer une consigne particulière. Ce service ne doit souffrir aucune négligence; il faut que tout soldat en soit bien pénétré.

=115. Que font les troupes lorsque la force militaire est réquisitionnée?=

Pour maintenir l'ordre public, ou pour assurer l'exécution des lois, l'autorité militaire n'agit qu'en vertu de la réquisition écrite de l'autorité civile.

Dans ce cas, les troupes ne font usage de leurs armes par le feu que si des violences ou voies de fait sont exercées contre elles, ou que si elles ne peuvent défendre autrement le terrain qu'elles occupent ou les postes dont elles sont chargées.

Elles agissent également par leurs armes quand elles se trouvent dans le cas prévu par l'article 3 de la loi du 7 juin 1848, qui dit:

«Lorsqu'un attroupement armé ou non armé se sera formé sur la voie publique, le maire ou l'un de ses adjoints, à leur défaut le commissaire de police ou tout autre agent ou dépositaire de la force publique et du pouvoir exécutif, portant l'écharpe tricolore, se rendra sur les lieux de l'attroupement.

«Un roulement de tambour annoncera l'arrivée du magistrat.

«Si l'attroupement est armé, le magistrat lui fera sommation de se dissoudre et de se retirer.

«Cette première sommation restant sans effet, une seconde sommation, précédée d'un roulement de tambour, sera faite par le magistrat.

«En cas de résistance, l'attroupement sera dispersé par la force.

«Si l'attroupement est sans armes, le magistrat, après le premier roulement de tambour, exhortera les citoyens à se disperser. S'ils ne se retirent pas, trois sommations seront successivement faites.

«En cas de résistance, l'attroupement sera dispersé par la force.»

NOTA.--Pour le _service en cas de troubles_ et pour la _main-forte due à l'autorité_, voir le paragraphe 55 «Conduite en ville et en cas de troubles», page 23, chapitre I.

CHAPITRE VII

ARMEMENT--TIR--MUNITIONS

I--ARMEMENT.

Fusil modèle 1886, M. 93.

=116.= Le fantassin est armé du fusil modèle 1886 M. 93, mais les soldats du service auxiliaire ont, comme arme, le sabre série Z.

Sont armés du revolver modèle 1892, les télémétreurs, les conducteurs de caissons de munitions, de chevaux haut le pied et à la main, les pourvoyeurs de munitions, les soldats ordonnances des médecins, des officiers supérieurs et généraux.

=117.= Le fusil modèle 1886, M. 93, tire la balle D, dont la portée maxima théorique est de 4.800 mètres, la vitesse initiale de la balle est de 710 mètres. La cartouche pèse environ 27gr 5.

Le fusil pèse 4kg 240 et avec la baïonnette sans le fourreau, 4kg 700.

Son magasin contient huit cartouches.

On peut l'approvisionner à dix cartouches, en mettant en plus une cartouche dans le canon et une dans la boîte de culasse.

Nomenclature sommaire.

=118. En combien de parties principales se divise le fusil?=

Le fusil se divise en six parties principales:

1º Le canon et sa boîte de culasse; 2º La culasse mobile; 3º Le mécanisme à répétition; 4º La monture en deux pièces; 5º Les garnitures; 6º L'épée-baïonnette.

=119.= On remarque sur le canon: le guidon, le petit tenon, le grand tenon, la hausse qui comprend huit pièces (le pied de hausse à griffes avec ses gradins, ressort de hausse, planche avec ses crans de mire, le curseur, le ressort du curseur, la vis-arrêtoir du curseur et la goupille).

La boîte de culasse est vissée sur le canon.

L'âme cylindrique du Canon est du calibre de 8 millimètres et a quatre rayures en hélice, tournant de droite à gauche au pas de 24 centimètres; la profondeur de la rayure est de 15 centièmes de millimètre.

Démontage et remontage.

=120. Dans quel ordre s'opère le démontage du fusil?=

Le démontage se fait dans l'ordre suivant:

1º L'épée-baïonnette (lame, poignée, croisière, quillon, douille, poussoir et fourreau); 2º La bretelle; 3º La culasse mobile (vis d'assemblage du cylindre, tête mobile, extracteur, manchon, chien, percuteur, ressort à boudin, cylindre, tampon-masque); 4º La vis postérieure de pontet; 5º La vis de mécanisme; 6º Le mécanisme de répétition (le corps de mécanisme, vis de mécanisme, auget, butoir d'auget, levier de manoeuvre et son ressort, arrêt de cartouches et mécanisme de détente); 7º L'embouchoir; 8º La grenadière; 9º Le fût--il contient le magasin qui renferme le ressort et le piston (incliner le fût pour dégager le tenon d'attache); 10º Le canon.

Le remontage se fait dans l'ordre inverse.

=121. Quelles sont les pièces du fusil que le soldat ne doit jamais démonter?=

Le soldat ne démonte jamais l'extracteur, le tampon-masque, la vis de culasse ni la crosse; le mécanisme de répétition n'est démonté que par ordre et en présence d'un sous-officier.

Entretien de l'arme.

=122. Quelles sont les observations générales relatives à l'entretien de l'arme?=

L'entretien de l'arme est le principal devoir du soldat. En effet, le fantassin qui n'aurait pas un fusil fonctionnant parfaitement ne serait plus un soldat utile dans le combat, et il serait lui-même sans défense.

Le fusil ne doit jamais être lavé à l'eau; on n'emploie ni émeri, ni brique sèche, ni grès.

On huile toutes les pièces qui éprouvent un frottement.

=123. Quels sont les objets employés pour l'entretien du fusil?=

En garnison, on se sert: du nécessaire d'escouade comprenant: 1º une baguette à écouvillon, 2º une baguette à chiffon, 3º deux tournevis-chassoirs; d'une fiole d'huile au râtelier, d'une boîte de graisse, d'une pièce grasse, d'une brosse d'armes, de curettes en bois tendre, de brique pilée et délayée dans la graisse, et de quelques chiffons de linge et de drap.

Trois petites baguettes vissées bout à bout forment une grande baguette qui sert à détacher les étuis de la chambre en cas de difficultés d'extraction.

En campagne, la voiture à vivres et à bagages emporte 16 baguettes de laiton par compagnie.

=124. Comment se fait le nettoyage des pièces en acier non bronzées?=

On les frotte légèrement avec un morceau de drap sec et propre.

S'il y a de la rouille, on l'imbibe d'huile, ensuite on l'enlève avec un linge huilé. En cas de nécessité, employer de la brique pilée délayée dans la graisse, mais jamais pour l'intérieur du canon.

Graisser ensuite légèrement les pièces et mettre une goutte d'huile sur les filets des vis.

=125. Comment se fait le nettoyage des pièces en acier et des pièces bronzées?=

On les nettoie avec la brosse et des chiffons gras, mais on n'emploie que du linge ou du drap exempt de poussière; on peut au besoin mouiller légèrement le chiffon, bien essuyer et graisser.

La rouille se combat avec un morceau de drap légèrement gras.

=126. Comment entretient-on le bois?=

L'essuyer avec un linge sec, puis après la pluie avec un chiffon huilé.

=127. Comment nettoie-t-on son fusil après les exercices et le tir?=

Ouvrir le tonnerre, retirer la culasse mobile en arrière jusqu'à l'arrêt, passer la baguette de nettoyage dans le canon pour bien essuyer l'intérieur, puis graisser avec l'écouvillon ou un chiffon gras.

Essuyer et graisser sur place les parties extérieures de l'arme, y compris la culasse mobile.

=128. Comment se fait le nettoyage si l'arme a été mouillée (ou exposée à une forte poussière)?=

Dans ce cas, on enlève la culasse et le mécanisme de répétition et on procède au démontage et au nettoyage des pièces pour lesquelles cela est nécessaire.

=129. Quelles sont les pièces qui doivent être huilées?=

Mettre une goutte d'huile à toutes les pièces qui éprouvent un frottement ou un mouvement de rotation et aux vis:

_Boîte de culasse._--La tranche postérieure de l'échancrure et la rampe de dégagement.

_Hausse._--La charnière.

_Culasse mobile._--Son canal, la pointe du percuteur, la griffe de l'extracteur, les rampes du cylindre et du chien, les crans du chien et les logements du tampon-masque.

_Mécanisme._--Les axes, le bec et le talon d'auget, son butoir, la griffe d'arrêt de cartouches, la tête de gâchette, les bossettes de la détente et le piston de magasin.

II--TIR.

Instruction du tireur.

=130. Qu'est-ce que la trajectoire?=

C'est la courbe que décrit la balle pendant son trajet dans l'air.

=131. Qu'est-ce que la ligne de tir?=

C'est l'axe du canon indéfiniment prolongé dans la position du pointage.

=132. Qu'est-ce que la ligne de mire?=

La ligne de mire est celle qui est déterminée par le milieu de la ligne qui joint les bords supérieurs du cran de mire et par le sommet du guidon.

=133. Qu'est-ce que la portée?=

La portée est la distance du point de départ de la balle à son point de chute.

La portée maxima du fusil est actuellement de 3.200 mètres.

=134. Qu'est-ce que tirer un coup de fusil sur un point déterminé?=

C'est réunir en une seule opération les trois opérations ci-après: _Pointer l'arme._--_La maintenir en direction._--_Agir sur la détente._

=135. Qu'est-ce que pointer?=

C'est diriger la ligne de mire sur le but à atteindre.

=136. Comment maintient-on bien l'arme en direction?=

En prenant régulièrement et avec calme la position du tireur et de joue, en conservant l'oeil toujours lié à la ligne de mire et en diminuant l'amplitude des oscillations de l'arme, de manière à maintenir la ligne de mire sur le point à viser.

=137. Comment doit-on agir sur la détente?=

Étant en joue, serrer l'arme à la poignée, agir sur la détente avec l'extrémité antérieure de la deuxième phalange du doigt pour amener la seconde bossette de la détente contre le dessous de la boîte de culasse, marquer un temps d'arrêt, retenir sa respiration, et à l'instant où la ligne de mire passe par le point visé, laisser partir le coup, en fermant _lentement_ le doigt d'un mouvement continu et _sans saccade_.

=138. À quoi sert la hausse?=

Elle sert à donner au fusil l'inclinaison voulue pour atteindre le but visé.

L'inclinaison est d'autant plus grande que la distance est plus éloignée.

=139. Comment manie-t-on le curseur?=

On couche la planche en avant ou en arrière pour manier le curseur entre le pouce et l'index.

=140. Qu'est-ce que la vitesse du tir?=

C'est le nombre de balles qu'un homme tire dans une minute.

=141. Qu'est-ce que l'effet utile?=

C'est le nombre de balles qu'un tireur met dans le but en une minute.

=142. Quelles sont les règles d'emploi de la hausse?=

Il y a trois règles d'emploi de la hausse qui sont:

1º De 0 à 250 mètres, viser par le cran de mire du pied de la planche (planche rabattue en avant);

2º De 250 à 800 mètres, viser par le cran de mire de l'arrière de la planche (rabattre la planche sur son pied, placer le curseur sur le gradin correspondant à la distance indiquée);

3º De 800 à 2.400 mètres, viser par le cran de mire du curseur, le bord supérieur du curseur à hauteur du trait marquant la distance.

Des traits et des chiffres gravés sur les côtés de la planche indiquent les distances de 100 en 100 mètres (sur le côté droit les centaines impaires, sur le côté gauche les centaines paires); des petits traits intermédiaires donnent les distances de 50 en 50 mètres.

Prendre la hausse correspondant à la distance indiquée.

Dans le cas d'une distance comprise entre deux graduations consécutives, prendre la hausse supérieure.

Aux distances de combat rapproché, prendre la hausse de 400 mètres, qui répond, dans presque tous les cas, aux nécessités du moment.

=143. Le soldat isolé doit-il tirer?=

Il doit tirer le moins possible. En principe, quand il en a reçu l'ordre, quand il doit pourvoir à sa propre défense, ou quand d'urgence il doit signaler la présence de l'ennemi.

Il a son fusil toujours approvisionné et chargé au moment de tirer.

=144. Comment doit se placer et que doit faire le soldat isolé appelé à tirer?=

Il cherche avant tout à voir, puis à se couvrir ou à s'abriter, enfin à trouver un appui pour son arme. Avec calme il apprécie la distance et juge s'il doit tirer; il estime simplement si le but est plus presque 250 mètres, entre 250 et 400, entre 400 et 500 mètres ou à 600 mètres.

=145. Quelles sont les plus grandes distances auxquelles l'isolé peut tirer?=

Le soldat isolé ne doit pas tirer à plus de:

400 mètres sur un isolé (fantassin ou cavalier);

600 mètres sur un groupe d'au moins 4 hommes.

Ne pas tirer à des distances supérieures; il est avantageux d'attendre que le but soit plus rapproché.

=146. Quelles règles de tir doit observer le soldat isolé?=

1º Prendre la hausse de la distance évaluée;

2º Le point à viser est le bord inférieur de la partie visible du but.

Si le but se déplace transversalement, on vise le bord du côté de la marche.

Par un vent soufflant de côté, on vise le bord d'où vient le vent;

3º Tirer lentement coup par coup;

4º Observer l'effet de son tir;

5º Faire usage de la répétition dans les circonstances pressantes.

Tirs exécutés à l'instruction.

=147. Quels sont les tirs exécutés à l'instruction?=

1º Des tirs réels à distance réduite (ou des tirs réduits si les tirs réels ne peuvent avoir lieu);

2º Des tirs d'instruction jusqu'à 400 mètres;

3º Des tirs d'application se rapprochant du tir de guerre;

4º Des tirs individuels de combat, à distance inconnue.

Le soldat choisit lui-même la hausse et la position à prendre;

5º Des tirs de groupe de 400 à 1.200 mètres (avec cartouches à blanc et d'autres avec cartouches à balle);

6º Des manoeuvres avec tir réel.

=148. Tir.--Comment se pose le tireur faisant partie d'une troupe dirigée par un chef, dans le tir du groupe?=

Il doit trouver sa place dans l'espace dont il peut disposer sans gêner ses voisins et sans être gêné par eux; il prend la position prescrite, ou, si elle n'est pas fixée, celle qui lui permet le mieux d'utiliser le tir.

=149. Quels sont les principes du tir du groupe?=

Dans le tir du groupe, le feu est ouvert, arrêté et repris au commandement du chef.

Les tirailleurs prennent la hausse indiquée et la vérifient souvent; ils ont les yeux fixés sur l'objectif, écoutent les commandements et les transmettent au besoin. Chaque tireur tire comme s'il était isolé.

La vitesse du tir ne doit pas dépasser 8 à 9 coups par minute (ou 11 à 12 à répétition). (Simple indication.)

=150. Quels sont les deux principes de la discipline du feu par groupe?=

1º S'appliquer à distinguer l'objectif et le viser consciencieusement avec la hausse prescrite;

2º Ne pas tirer une seule cartouche, ni faire usage de la répétition sans l'ordre du chef.

=151. Quelle attention le soldat doit-il apporter dans les tirs?=

Le soldat doit donner toute son attention aux tirs, car il importe absolument que le fantassin soit un bon tireur.

Le fusil et la balle sont des objets sans vie, ils ne produiront aucun effet si le tireur est un incapable.

Classement des tireurs dans la compagnie--Récompenses et concours.

=152. Comment se fait le classement des tireurs dans la compagnie?=

Lorsque la saison des tirs est terminée, le capitaine établit dans sa compagnie le classement des tireurs, en se basant sur les résultats obtenus dans toutes les parties de l'instruction technique et tactique du tireur.

Le capitaine nomme tireurs de 1re classe tous les bons tireurs.

Il donne le cor de chasse en drap aux très bons tireurs (le nombre de cors de chasse ne peut dépasser le cinquième du nombre des caporaux et soldats).

Les soldats qui n'ont pas été admis aux tirs d'application ne sont pas classés.

Les soldats sont classés dans les catégories suivantes: tireurs de 1re classe ayant le cor de chasse;--tireurs de 1re classe;--assez bons tireurs;--tireurs médiocres;--mauvais tireurs.

=153. Comment se fait le concours du corps entre les caporaux et soldats?=

Le concours se fait entre les caporaux et soldats du régiment qui ont obtenu les meilleurs résultats dans les tirs de l'année.

_Prix._--Un nombre d'insignes de tir en argent et de cors de chasse brodés, calculé à raison d'un insigne de tir et de trois cors de chasse par compagnie. La présence de la section hors rang dans le concours augmente d'un le nombre des cors de chasse.

Un des insignes de tir est doré (1er prix).

Ces prix sont décernés aux tireurs concurrents qui ont obtenu les meilleurs résultats, quelles que soient leurs compagnies.

Les tireurs qui reçoivent un insigne ont en outre droit à l'un des cors de chasse brodés.

=154. Comment se portent l'insigne de tir et le cor de chasse brodé?=

L'insigne de tir et le cor de chasse brodé sont la propriété du tireur; il les porte pendant toute la durée du service actif, ainsi que pendant les périodes de rappel à l'activité.

Les sous-officiers, caporaux et soldats qui ont obtenu deux années de suite le cor de chasse brodé reçoivent, en échange, un cor de chasse brodé surmonté d'une grenade de même métal.

Le port de l'insigne de tir est obligatoire en grande tenue, en tenue de sortie et en tenue de campagne.

Il est fixé à droite, du côté opposé aux décorations, à hauteur du deuxième bouton, l'épingle passée dans deux atoles cousues sur le vêtement.

III--MUNITIONS.

Cartouches de tir.

=155. Quelles sont les cartouches allouées pour les tirs de l'armée?=

On alloue à chaque militaire 190 cartouches par an. L'ensemble des cartouches d'une compagnie est à la disposition du capitaine, pour les employer au mieux de l'instruction.

On alloue en outre 50 cartouches par homme participant aux manoeuvres avec tir réel.

On accorde 200 cartouches à blanc modèle 1897 pour les exercices et les manoeuvres.

=156. _Munitions en campagne._--Quelles sont, en temps de guerre, les cartouches à la disposition de chaque soldat?=

Chaque homme porte dans ses cartouchières 88 cartouches } } La voiture de munitions lui en } 120 cartouches. transporte 32 ---- }

La voiture de munitions en porte en outre 16.384, soit par homme 72 ----

Le parc du corps d'armée en porte:

Au 1er échelon et au 2e échelon, une quantité approximative de 110 par homme 110 ---- ---- Total 302 cartouches.

Portent 120 cartouches avec eux:

1º Les caporaux et les chasseurs _de tous les bataillons de chasseurs à pieds_;

2º Les caporaux et les soldats de tous les corps d'infanterie des _6e, 7e et 20e corps d'armée_.

=157. Lorsque, sur la ligne de feu, le tirailleur n'a plus ou presque plus de cartouches, comment se fait le ravitaillement?=

Des hommes pris dans les compagnies de réserve, qui sont en arrière, sont commandés pour ce service. Ils reçoivent des cartouches des voitures de munitions et des sections de munitions, puis, munis de bissacs, ils les portent aux tirailleurs sur la ligne. (Ils conservent leur équipement et leur fusil et demeurent sur la ligne de feu.)

CHAPITRE VIII

HABILLEMENT--PAQUETAGE--TENUE

Habillement et entretien.

=158. Quels sont les effets d'habillement qui sont confiés aux soldat?=

Le soldat est pourvu:

1º D'effets de toile: 2 bourgerons et 2 pantalons de treillis (pour l'intérieur, les corvées et certains exercices);

2º D'une collection nº 3 (d'instruction ou d'exercice), comprenant: 1 képi, 1 veste, 1 capote, 1 pantalon, 1 bonnet de police et une paire d'épaulettes (les corps qui n'ont pas la collection de guerre ont deux collections nº 3);

3º D'une collection nº 2 (d'extérieur, revues et dimanches), comprenant: 1 képi, 1 veste, 1 capote, 1 pantalon, 1 tunique et 1 paire d'épaulettes;

4º D'une collection de guerre ou collection nº 1, comprenant: 1 képi, 1 capote et 1 pantalon. Cette dernière collection, qui comprend en outre une paire de brodequins, reste déposée au magasin de la compagnie[14].

[Note 14: Certains corps désignés par le ministre n'ont pas la collection de guerre, les magasins des compagnies de ces corps n'ont qu'un approvisionnement de précaution en effets neufs.

Ces corps se constituent une seconde collection nº 3, l'une pour la tenue de ville ordinaire, l'autre pour les exercices et corvées. Leur collection nº 2 est ainsi ménagée pour pouvoir être prise pour faire campagne.]