L'Instruction Théorique du Soldat par lui-même (1914)
Part 4
Les fonds de l'ordinaire ont pour but unique d'assurer, concurremment avec les denrées fournies par l'État, la subsistance de la troupe.
Le capitaine dépose chez le trésorier du corps les fonds d'économie du boni, il ne garde par devers lui qu'une somme dont le chef de corps fixe le maximum, il paie les dépenses au jour le jour par l'intermédiaire du sergent-major et du caporal d'ordinaire; les acquits figurent sur le cahier d'ordinaire.
Les fonds de l'ordinaire sont alimentés par des prestations d'alimentation normales et éventuelles et par diverses recettes.
Les recettes de l'ordinaire sont:
1º Une prime fixe journalière d'alimentation de 0f 225 par homme en France, 0f 265 en Algérie et Tunisie[9];
[Note 9: Pour le génie, la prime est majorée de 0f 01 (à cause de la taille).]
2º Une prime journalière de viande (correspondant au prix de 320 grammes de viande, variable suivant le cours de la boucherie) [en ce moment ... centimes][10];
[Note 10: Mettre au crayon le chiffre fixé; le sergent-major l'indiquera.]
3º Un versement fait par les militaires qui ne vivent pas à l'ordinaire et qui y prennent le café;
4º Le produit de la vente des os, eaux grasses et débris de réfectoires; la valeur de la moitié des rations de pain économisées dans l'année;
5º La solde des caporaux et soldats punis de prison et de ceux irrégulièrement absents le dernier jour du prêt ou au moment de son paiement;
6º Les prestations éventuelles lorsqu'elles sont allouées.
=69. Quelles sont les prestations éventuelles?=
Elles sont allouées dans des circonstances spéciales, savoir:
Prime nº 1 (boissons hygiéniques et liquides) 0f 05 Prime nº 2 0 10 Prime nº 3 (marches et manoeuvres) 0 15 Prime nº 4 (marches et manoeuvres alpines) 0 20 Indemnité du 14 juillet (fête nationale) 0 30
=70. Quelles sont les dépenses de l'ordinaire?=
L'ordinaire paie toutes les denrées qui servent à la nourriture des soldats (le pain de table excepté) et toutes les boissons qui leur sont fournies.
=71. Quel est le taux, par homme et par jour, des principales denrées achetées par l'ordinaire?=
Viande de boucherie 320 gr. par jour au moins. Poisson 180 à 200 gr. par repas. Lapin, oie, chevreau, etc. 140 à 150 gr. par repas en moyenne. Pain de soupe 50 à 60 gr. par soupe. Légumes Quantité variable suivant le menu (en moyenne 1 kilo par jour).
=72. Les soldats sont-ils libres de manger où ils veulent, à la cantine, par exemple?=
Non. Les soldats sont tenus de manger à l'ordinaire, à la table commune, avec leur escouade.
Lorsqu'on sait que l'on s'absentera de l'ordinaire, voir et prévenir le sergent-major (pour ne pas acheter de denrées en excédent).
=73. Qu'est-ce que le boni?=
Le _boni_ de l'ordinaire est la différence entre les recettes et les dépenses. Il est fait pour parer aux besoins spéciaux, aux variations de l'effectif ou de la valeur des denrées et pour améliorer les repas les jours de fête ou de fatigue. Le boni est déposé dans la caisse du corps.
Allocations gratuites.
=74. Quelles sont les allocations gratuites distribuées en nature?=
Les allocations distribuées gratuitement sont:
Pain (ration journalière) 675 grammes. _ou_ Pain biscuité de repas 700 -- _ou_ Pain de guerre 600 --
{ à certains jours indiqués, Conserves de viande 200 gr. { la prime de viande n'est Porc salé 240 gr. { alors pas perçue ces { jours-là.
Distributions.
=75. Quel est le rôle des gradés et des hommes de corvée aux distributions?=
Ils ne sont pas seulement chargés d'assurer le transport des denrées distribuées, mais ils doivent surveiller les pesées et le mesurage de ces denrées, puis en examiner la qualité; s'ils ont des observations à faire à ce sujet, ils les adressent à l'officier chargé du service.
Hygiène de la viande et des légumes.
=76=. La viande fraîche doit toujours être vérifiée, avant la distribution, par un vétérinaire ou par un médecin et par l'officier de distribution. Il importe ensuite que les hommes de corvée et les cuisiniers donnent à la viande des soins particuliers: la placer dans des paniers propres, ne pas la déposer sur le sol ou sur des tables non nettoyées, la couvrir, puis, en attendant la cuisson, la suspendre à l'air, à l'ombre dans un local frais et sombre où les mouches ne puissent pas pénétrer.
De même, il faut éviter que les légumes, et, en particulier, les pommes de terre épluchées, soient souillés.
Salles de récréation ou cercles pour les caporaux et soldats.
=77.= Le service intérieur prescrit de créer dans les casernes des salles de récréation ou cercles pour les caporaux et soldats, qui ont pour but de leur procurer, à certaines heures, un local pour écrire, lire, travailler, s'amuser ou jouer, et dans lequel on peut leur servir des boissons hygiéniques.
Ces installations sont organisées en groupements coopératifs; on peut les considérer comme un prolongement de l'ordinaire.
Il y a tout intérêt, au point de vue de l'hygiène et de la bonne camaraderie, à fréquenter ces locaux partout où on a pu les organiser.
La gaieté, l'ordre et la plus parfaite mutualité doivent y régner.
Solde.
=78. Qu'est-ce que le prêt?=
Le prêt est la solde du soldat, qui lui est payée tous les dix jours, par le caporal; il permet au soldat d'acheter les menus objets dont il a besoin et de payer son tabac.
La solde journalière est {pour le soldat .... 0f 05 {pour le caporal ....0 22
Tabac.
=79. Le soldat a-t-il droit au tabac?=
Oui, s'il fume, il a droit à un paquet de 100 grammes de tabac, dit tabac de cantine, moyennant le paiement de 0 fr. 15, tous les dix jours, les 10, 20 et 30 du mois.
Chauffage et éclairage.
=80.= Tout ce qui se rapporte au chauffage et à l'éclairage des divers locaux, cuisines, corridors, cours, est payé par les fonds de la masse de chauffage du corps.
Les allocations de cette masse sont déterminées suivant les régions, les saisons, les locaux et le nombre d'hommes.
Couchage et casernement.
=81.= La masse de couchage et d'ameublement du corps pourvoit aux dépenses de l'entretien du couchage hommes et du mobilier (y compris les ustensiles des chambres, tels que balais, paillassons, fauberts, planches pour listes d'appel et états de casernement, planches à astiquer, crachoirs).
Celle du casernement pourvoit à l'entretien et aux réparations des locaux du casernement.
CHAPITRE V
HYGIÈNE MILITAIRE
Soins de propreté corporelle.
=82. Qu'est-ce que l'hygiène en général?=
L'hygiène est la science du savoir-vivre en tout ce qui concerne la conservation de la santé et le développement normal et esthétique du corps humain.
=83. En quoi sont bons et utiles les soins corporels?=
Une exquise propreté corporelle est la première condition pour bien se porter.
La peau de l'homme a diverses fonctions[11]: elle absorbe des gaz de l'air environnant et produit un certain dégagement d'acide carbonique; par la sueur elle élimine de l'eau, des sels minéraux, de l'urée, des produits excrémentiels, puis elle sécrète une matière grasse qui lui donne son onctuosité.
[Note 11: La peau exerce des fonctions similaires ou mieux complémentaires de celles du poumon, et elle joue encore, dans ses sécrétions, un rôle analogue à celui des reins.]
Pour bien remplir ces fonctions, la peau du corps entier doit être constamment propre.
Un des premiers bienfaits de cette propreté, c'est la préservation des maladies de la peau: démangeaisons, boutons ou éruptions, pelade, gale, insectes parasites, etc...
En outre, on a partout un sentiment de répulsion à l'égard des gens malpropres.
Les soins corporels comprennent:
_1º Le lavage chaque jour, et même plusieurs fois par jour, du visage, du cou et des mains;_
_2º Le maintien constant en état de propreté des pieds et des parties génitales;_
_3º Un grand bain ou une douche tous les huit ou quinze jours, si possible;_
_4º L'entretien constant des ongles, du cuir chevelu et des cheveux;_
_5º Le rinçage journalier de la bouche et le brossage des dents matin et soir._
=84. Quelles recommandations importe-t-il de faire au sujet des ustensiles de toilette et du linge?=
Ces ustensiles, tels que peignes, brosses, éponges, serviettes, doivent être entretenus dans le plus grand état de propreté; ils sont absolument personnels, il ne faut jamais les prêter.
Le linge de corps doit être changé au moins une fois par semaine, c'est une nécessité absolue.
Tenue des chambres.
=85. Quelles sont les mesures générales à observer dans l'intérêt de l'hygiène de la chambrée?=
Il faut décrotter ses chaussures à l'extérieur, nettoyer et battre ses vêtements en dehors de la chambrée, ne pas mettre de linge entre la paillasse et le matelas, ne pas fumer la nuit (ni lorsque les fenêtres sont fermées); il est défendu de se coucher sur les lits avec de la chaussure, de manger sur les lits, de cracher et de jeter les bouts de cigarettes ou les fonds de pipe ailleurs que dans les crachoirs.
Les chambres sont nettoyées avec un faubert humide; l'interdiction du balayage à sec sur les surfaces imperméables est absolue.
Le système d'aération prescrit pour les chambres doit être constamment maintenu en hiver comme en été.
Tous les samedis, il faut nettoyer à fond les planchers et les vitres, puis battre à l'air les couvertures et les matelas[12].
[Note 12: Les deux principaux buts hygiéniques recherchés dans la tenue des chambres sont:
1º D'éviter d'amener des poussières et de les soulever dans l'atmosphère intérieure, car elles sont le véhicule habituel du microbe de la tuberculose.
2º De débarrasser les chambres de leur air vicié et confiné pour avoir toujours un air pur, respirable et revivifiant.]
_Plus est considérable une agglomération humaine, plus rigoureuse doit être l'observation des principes d'hygiène et de propreté; sans cela, les maladies y éclosent facilement et s'y propagent dans de grandes et déplorables proportions._
Boissons.
=86. Quelles sont les recommandations au sujet des boissons du soldat?=
Les soldats sont absolument obligés de ne boire que de _l'eau déclarée potable_. Toute infraction à cette prescription peut être la cause d'épidémies ayant les conséquences les plus funestes.
Les eaux malsaines ou peu sûres ont de grandes chances de contenir le microbe de la fièvre typhoïde, l'eau est son véhicule ordinaire.
On ne boira donc que des _eaux potables_ provenant de sources vérifiées, ou des eaux filtrées, stérilisées, ou bouillies.
Au point de vue du goût, il est bon de les couper avec du café, du thé, du vin ou de l'eau-de-vie.
Lorsque les soldats ont des occasions de boire du vin, de la bière, du cidre ou d'autres liquides, qu'ils sachent être sobres, c'est de l'hygiène et c'est une qualité précieuse.
=87. De quoi doit-on se servir pour boire?=
Le soldat ne doit jamais boire à la cruche (prescription formelle), chacun se sert de son quart.
Recommandations pour les marches, manoeuvres et la vie au bivouac.
=88. Quels soins particuliers doit avoir le marcheur, le fantassin?=
Il faut qu'il veille à sa chaussure, qui doit être souple et en bon état à l'intérieur et à l'extérieur, puis il importe absolument qu'il soigne ses pieds avant le départ et dès l'arrivée.
Il faut se maintenir les pieds propres, sans cependant les laver à grande eau; les essuyer et les graisser; pour cela, on emploie la graisse que le capitaine fait donner ou simplement du suif. Traverser les ampoules avec un fil de soie propre et les passer avec une bande de toile suiffée. Il faut se faire couper les ongles et les cors avec soin.
=89. Peut-on boire et manger en route?=
Le soldat boit ce qu'il a dans son bidon, mais il ne s'arrête nulle part pour prendre de l'eau sans autorisation, ou si l'ordre n'en a pas été donné; en principe, il faut boire le moins possible, se gargariser si la soif est trop vive.
L'ingurgitation rapide de grandes quantités d'eau pendant les marches est souvent suivie d'accidents graves et même de mort.
À la grand'halte et à l'arrivée, il est prudent de manger un peu avant de boire. Quand on est en transpiration, on doit boire lentement et à petites gorgées.
On doit s'abstenir de boissons alcooliques.
Autant que possible on ne part pas à jeun. Le soldat peut en marchant manger un casse-croûte, mais il ne doit consommer les aliments destinés à la grand'halte ou aux repas que lorsque l'ordre en est donné.
=90. Quelles sont encore les précautions générales à prendre?=
Se conformer, en été et en hiver, aux ordres donnés pour le port des vêtements, et pour la façon de les ouvrir ou de les fermer selon la température,--se préserver du soleil par le couvre-nuque,--ne pas se coucher sur la terre humide pendant les haltes.
En rentrant d'une marche, il faut fermer les fenêtres pour éviter les courants d'air; il ne faut pas se dévêtir, à moins qu'on ne veuille changer de linge; dans ce cas, le faire rapidement.
Après une grande fatigue suivie de transpiration, un repos complet et immédiat est pernicieux; le mouvement fait éviter les refroidissements.
Au bivouac, il faut pratiquer toutes les mesures ordinaires d'hygiène et surveiller surtout la propreté, la qualité de l'eau et les refroidissements.
Maladies contagieuses et diverses.
=91. Que doit-on faire à l'égard des maladies contagieuses?=
Dans les casernes, les hommes atteints de maladies contagieuses doivent être isolés au plus tôt; les hommes de la chambre du malade évitent de pénétrer dans les chambres voisines, car ils peuvent être propagateurs de la maladie. S'il y a lieu, on désinfecte la chambre et les vêtements du malade.
Les maladies dont on peut éviter la propagation sont: la tuberculose (_aération, soleil, éviter les poussières, ne pas cracher à terre_); la fièvre typhoïde (_ne boire que de l'eau potable_); les maladies vénériennes, parmi lesquelles la syphilis qui a des conséquences déplorables; non seulement elle s'attaque à l'individu qu'elle frappe d'une empreinte terrible, mais elle rejaillit encore sur sa descendance et affaiblit la race (_fuir les femmes suspectes, se méfier de tout contact avec un malade, voir de suite un médecin si on est atteint_).
L'hygiène veut la tempérance qui évite l'alcoolisme, véritable maladie, dont les conséquences sont funestes pour la santé de l'homme et pour sa vie (_ne pas boire d'alcool, pas d'apéritif à alcool, et modérément le vin, la bière, le cidre, etc._).
=92. Comment soigne-t-on une plaie?=
Toute plaie, si petite soit-elle, doit être nettoyée de toute souillure avec de l'eau phéniquée, ou avec une solution de sublimé, d'acide boriqué ou simplement avec de l'eau bouillie. Mettre ensuite la plaie à l'abri de l'air, au moyen d'un pansement propre et de préférence aseptique.
Paquet individuel de pansement en campagne.
=93.= En campagne, chaque homme possède un paquet individuel de pansement destiné à procurer au blessé un premier pansement en attendant les soins du médecin; il se compose de: un plumasseau d'étoupe enveloppée de gaze, une compresse en gaze, une bande de coton, deux épingles de sûreté (le tout dans une double enveloppe). Il se place dans la poche intérieure gauche de la capote cousue à gros points. Interdiction est faite de l'ouvrir avant le moment précis de l'utiliser.
CHAPITRE VI
SERVICE DES PLACES
Principes généraux.
=94. Comment le soldat doit-il considérer le service des places?=
Comme un service très important. On doit s'y préparer et se présenter à l'inspection de la garde étant propre et brillant, avec un sac chargé réglementairement[13].
[Note 13: Chargement d'exercice, capote roulée en plus, si on ne l'a pas mise, comme tenue.]
Dans le service des places, on doit être attentif, ponctuel et leste. Le soldat de garde est souvent une autorité; on compte sur lui pour la garde de personnes et d'établissements importants; il a parfois le droit de vie et de mort sur quiconque n'obéit pas aux ordres de la consigne.
Aussi aucune négligence ne doit être tolérée.
=95. Quels sont les principaux devoirs dans les postes?=
On ne quitte _jamais_ son poste, on ne se déshabille pas, on n'enlève ni son équipement, ni son épée-baïonnette et on ne joue pas.
Chaque homme du poste a un numéro; les sacs et les fusils sont placés par numéro.
Il faut bien écouter et retenir les consignes données, puis lire celles affichées dans le poste et dans la guérite.
L'homme de garde doit ponctuellement obéir au chef de poste, car c'est lui qui est responsable.
=96. Qu'est-ce que le mot?=
C'est un moyen de reconnaissance. Il comprend deux noms: 1º le mot _d'ordre_, qui est le nom d'un grand homme, d'un général célèbre ou d'un brave mort au champ d'honneur; 2º le _mot de ralliement_, qui est le nom d'une ville, d'une bataille, d'une vertu civile ou guerrière.
Exemple: _Napoléon_, _Nancy_. Le mot varie tous les jours.
=97. Quels sont les droits des commandants d'arme d'une place?=
Lorsque les circonstances l'exigent, le commandant peut consigner dans l'intérieur de la place tout ou partie des troupes de la garnison.
Dans les circonstances graves, le commandant d'armes peut consigner dans les casernes la totalité ou une partie des troupes de la garnison.
Les chefs de corps et de détachements ont ce même droit pour leurs troupes.
Hors le cas d'urgente nécessité, elles ne peuvent, sans l'autorisation du commandant territorial, être prolongées au delà de vingt-quatre heures.
=98. Comment une troupe se rend-elle aussitôt à la caserne?=
L'alarme est annoncée par la générale; tous les militaires sont tenus de se réunir sur-le-champ au corps dont ils font partie.
=99. Comment opère un chef de détachement appelé à mettre de l'ordre en ville dans un local où des soldats seraient impliqués?=
Si le local est public, le militaire envoyé opère directement avec énergie; si le lieu est clos, il ne peut y entrer sans la réquisition de l'occupant, ou sans l'assistance d'un commissaire de police ou sans les cris: _Au feu! à l'assassin! au secours! au voleur!_
Sentinelles--Troupes--Rondes--Patrouilles.
=100. Quels sont les devoirs généraux des sentinelles?=
Les sentinelles ont toujours la baïonnette au canon; elles ne portent pas le sac; elles peuvent avoir l'arme au pied ou sur l'épaule; elles ne la quittent jamais, même dans la guérite; lorsqu'elles sont dans le cas de se mettre en défense, elles croisent la baïonnette.
Elles doivent toujours garder une attitude militaire, ne parler à qui que ce soit sans nécessité et ne s'écarter de leur guérite à plus de 30 pas.
=101. Quels sont encore les devoirs précis des sentinelles?=
Les sentinelles ne se laissent relever que par un gradé du poste ou le militaire qui en fait fonction; elles ne répètent leur consigne ou n'en reçoivent de nouvelle qu'en présence du chef ou d'un gradé du poste.
Elles doivent protection, sans toutefois s'éloigner de leur poste, à tout individu dont la sûreté est menacée et qui se réfugie auprès d'elles.
La durée de la faction est de deux heures, sauf quand la rigueur de la saison ou des circonstances particulières conduisent le commandant d'armes à la réduire.
=102. Quels cris une sentinelle peut-elle avoir à faire?=
Si une sentinelle a besoin de se faire relever, elle crie: _Chef de poste, venez relever!_
Si elle aperçoit un incendie, elle crie: _Au feu!_
Si elle entend du bruit ou est témoin d'un désordre, elle crie: _À la garde!_
Si, devant les armes, elle entend la générale ou aperçoit la personne ou le corps constitué à qui on rend les honneurs, elle crie: _Aux armes!_
=103. Que fait une sentinelle qui, la nuit, aperçoit une troupe, une ronde ou une patrouille?=
La nuit, à partir de l'heure fixée par le commandant d'armes, la sentinelle qui aperçoit une troupe, une ronde ou une patrouille, crie: _Halte-là!_ Si la troupe, la ronde ou la patrouille s'arrêtent, la sentinelle crie: _Qui vive?_ Sur la réponse: _France, ronde ou patrouille!_ la sentinelle crie: _Avance au ralliement!_ Le chef s'avance et donne le mot de ralliement à la sentinelle.
Si la troupe, la ronde ou la patrouille ne s'arrêtent pas, la sentinelle répète: _Halte-là!_ Si on continue à avancer sans répondre, la sentinelle croise la baïonnette et empêche de passer.
S'il s'agit d'une sentinelle devant les armes, dès qu'elle a reçu le mot de ralliement, elle appelle le chef de poste qui vient reconnaître.
=104. Que font les sentinelles qui, la nuit, par suite de consignes particulières, ne doivent pas se laisser approcher?=
Elles crient d'une voix forte à toute personne qui passe à proximité: _Halte-là!_ et, après ce cri répété une deuxième fois: _Au large!_
Si on ne s'était pas arrêté, elles auraient croisé la baïonnette et empêché de passer.
=105. Que doit faire, la nuit, une sentinelle qui ne doit pas se laisser approcher et qui a son arme chargée?=
En cas d'alarme, de troubles ou d'attaque, la sentinelle crie à celui qui vient à elle: _Halte-là!_ on ne s'arrête pas, elle répète une seconde fois: _Halte-là!_ et, s'il y a lieu, elle crie: _Halte-là ou je fais feu!_
Si alors on continue à s'avancer, elle fait feu et appelle la garde.
=106. Quelle est la consigne spéciale pour les sentinelles des postes placés aux prisons?=
ART. 35.--Dans les postes placés aux prisons, la consigne générale est complétée, en ce qui concerne les devoirs des factionnaires, par les dispositions ci-après:
1º Les factionnaires veillent à la sûreté de l'établissement et avisent le chef de poste de tout fait de nature à la compromettre;
2º Lorsqu'ils n'ont point, en vertu des instructions reçues, leurs armes chargées, ils disposent de deux cartouches libres qu'ils placent dans la cartouchière qui est le plus à portée de la main;
3º Si un factionnaire voit, pendant le jour, un détenu sur les toits ou escaladant les murs, il lui fait immédiatement la sommation de s'arrêter, et donne sur-le-champ l'alarme en criant: _Aux armes!_ cri qui est répété par les autres factionnaires;
4º Si le factionnaire constate pendant la nuit une tentative d'évasion, il charge son fusil, en criant: _Halte-là, ou je fais feu!_ Si, malgré cet avertissement, le détenu ne s'arrête pas, la sentinelle fait feu et appelle la garde;
5º Si un détenu paraît la nuit à une fenêtre non garnie de barreaux, le factionnaire le somme de se retirer et renouvelle deux fois sa sommation. Il ne fait feu qu'après la dernière sommation;
6º En dehors des cas visés tant à la consigne générale qu'aux numéros 4º et 5º ci-dessus, les sentinelles ne doivent faire usage de leurs armes qu'en cas de légitime défense.
Honneurs.
=107. Comment se rendent les honneurs?=
Pour rendre les honneurs, les militaires armés du fusil _présentent l'arme_ en exécutant le premier mouvement de l'arme sur l'épaule droite, si les troupes sont l'arme au pied. Si elles étaient dans la position de l'arme sur l'épaule, pour «présenter les armes», exécuter le premier mouvement de _Reposer arme_.
Les troupes en marche et les isolés autres que les factionnaires rendent les honneurs sans mettre baïonnette au canon.
=108. À qui les sentinelles doivent-elles rendre les honneurs?=
_Les sentinelles présentent les armes:_
Aux drapeaux et étendards;
Aux officiers des armées de terre et de mer;
Aux troupes en armes;
Aux membres de la Légion d'honneur, porteurs des insignes de leur décoration;
Aux convois funèbres;
Aux officiers des armées étrangères.
_Elles gardent l'immobilité, la main dans le rang et l'arme au pied pour:_
Les adjudants-chefs;
Les adjudants et assimilés;
Les décorés de la médaille militaire porteurs de leur médaille.
Garde de police de la caserne.
=109. Quelle garde commande-t-on à la caserne?=
On commande à la porte de la caserne un poste réduit au strict nécessaire.
=110. Quelle est la consigne de ce poste?=