L'Instruction Théorique du Soldat par lui-même (1914)
Part 3
Jamais, ni en garnison ni en permission, le port d'aucun effet de fantaisie n'est autorisé. Le soldat qui en ferait usage serait toujours punissable.
Le chef de corps n'accorde qu'exceptionnellement le droit aux militaires de se mettre en civil pendant leur permission. Dans ce cas, l'autorisation est inscrite sur la permission.
=22. Quelle doit être la principale attention du soldat à la fin de sa permission?=
C'est de rentrer au régiment exactement à l'heure. On ne doit jamais dépasser une permission, même d'une minute, sinon on est puni et privé de permissions pour l'avenir.
Il ne faut pas faire mentir l'expression proverbiale: «Exactitude militaire».
=23. Quand finit une permission d'un ou plusieurs jours?=
Le soldat doit rentrer à sa caserne le dernier jour de sa permission avant minuit.
Les militaires qui rentrent à la caserne après l'appel du soir sont tenus de se présenter au chef du poste de police.
=24. Comment demande-t-on une prolongation de permission pour affaires personnelles?=
On ne doit demander une prolongation que dans un cas de _nécessité urgente_.
Dans ce cas, on s'adresse à son chef de corps pour obtenir la prolongation dont on a besoin.
Toute prolongation de permission portant au delà de 30 jours la durée de l'absence n'est demandée ou accordée que sous forme de congé.
=25. Que se passe-t-il pour une prolongation à cause de maladie?=
Si on demande une prolongation pour une maladie, le colonel fait prendre à ce sujet tous les renseignements nécessaires.
=26. Et le convalescent, qu'a-t-il à faire pendant son congé?=
Le convalescent en congé se conforme exactement à ce qui est prescrit pour le permissionnaire.
S'il a besoin d'une prolongation, la gendarmerie le fait visiter par un médecin.
Devoirs en voyage--Dans les gares.
=27. Le militaire voyageant doit-il être porteur de papiers?=
Il doit être porteur de son livret et être muni soit d'une permission, soit d'une feuille de déplacement; cette dernière est délivrée au militaire qui se déplace pour le service ou par ordre; dans ce cas, les frais de route sont à la charge de l'État.
Le militaire muni d'un titre régulier paie quart de tarif sur les chemins de fer.
Les employés des chemins de fer, les gradés de service dans les gares et l'autorité militaire peuvent toujours se faire présenter le titre régulier de l'absence.
Il est expressément recommandé aux militaires, et notamment quand ils voyagent à l'étranger, de ne communiquer leur livret qu'aux autorités de leur pays ayant qualité pour le consulter.
=28. Dans quelles voitures les militaires voyagent-ils?=
Les militaires ne peuvent pas voyager en 1re classe, à moins d'une autorisation spéciale du chef de corps. Les compagnies de chemins de fer, lors des gros départs, peuvent faire usage pour les militaires de voitures à marchandises aménagées.
=29. Quelles attentions doit avoir le militaire en voyage?=
Dans les gares et partout en voyage le militaire doit se surveiller dans sa tenue, dans ses propos et dans son attitude; pratiquer rigoureusement les marques de respect, être poli avec chacun et faire honneur à son uniforme et à son régiment.
Quoique isolé, il importe qu'il n'oublie pas l'esprit de discipline, qui fait de son régiment une force imposante et réelle.
En toutes circonstances il donne l'exemple de la parfaite correction.
Punitions--Maintien au corps par mesure de discipline.
=30. Pourquoi les punitions disciplinaires existent-elles dans les armées?=
L'exécution rigoureuse du devoir militaire et la nécessité de la discipline dans l'armée entraînent l'obligation de la punition.
Les soldats sont punis pour les fautes et les actes ci-après, suivant leur gravité:
Actes contraires au respect que tout militaire doit en toute circonstance aux règlements de police, aux lois, au gouvernement de la République et aux autorités qui le représentent; les infractions aux règlements militaires; la violation des règles relatives à l'exécution des punitions; les indiscrétions, la paresse, la mauvaise volonté et la négligence dans le service; l'oubli de la dignité professionnelle; la négligence dans sa tenue, dans sa propreté personnelle et dans l'entretien parfait des effets et des armes; les dettes résultant de l'inconduite; la tentative de dissimuler son identité en cas de faute ou de se soustraire à la responsabilité de ses actes; les querelles entre militaires ou avec des citoyens; les brimades; l'ivresse dans tous les cas, même lorsqu'elle ne trouble pas l'ordre; la manifestation publique, sous quelque forme que ce soit, d'opinions, ou la publication d'écrits nuisibles à la discipline ou aux intérêts généraux du pays.
Enfin, tout murmure, tout écart de langage, tout défaut d'obéissance, les manquements aux appels, à l'instruction et aux différents services.
=31. Peut-on éviter les punitions?=
Oui, très facilement; la punition n'existe, en somme, que pour les hommes sans énergie, sans bonne volonté et pour les incorrigibles. Il importe d'éviter les punitions même les plus légères; leurs conséquences sont désastreuses.
=32. Quelles sont les punitions qui peuvent être infligées aux soldats?=
Les punitions des soldats sont variables selon la nature des négligences ou des fautes. Elles sont:
_La consigne au quartier;_ _La salle de police;_ _La prison;_ _La cellule;_ _Le renvoi de la 1re classe à la 2e;_ _Le renvoi ou la cassation d'un emploi spécial;_ _L'envoi aux sections spéciales._
=33. Comment se font les punitions?=
Le soldat _puni de consigne au quartier_ ne peut, en dehors du service, sortir de la caserne sous aucun prétexte. Il doit répondre aux appels des hommes punis.
Le soldat _puni de salle de police_ ne peut pas sortir de la caserne, en dehors des exercices; le soir, à l'heure fixée, il est enfermé dans un local spécial.
Le soldat _puni de prison_ fait ses exercices avec la compagnie et, en tout temps, il est enfermé isolément. Le chef de corps décide s'il doit paraître ou non devant la troupe.
Le soldat _puni de cellule_ reste enfermé isolément pendant toute la durée de sa punition, sauf une sortie journalière surveillée d'une heure environ.
=34. Qui doit réprimer et faire cesser toute faute?=
_Tout supérieur, quel que soit son grade, depuis le caporal, et à quelque corps ou service qu'il appartienne, a le devoir strict de contribuer au maintien de la discipline générale en relevant toute faute de ses inférieurs et en s'efforçant d'y mettre fin lorsque cette faute se poursuit._
_Les simples soldats remplissant les fonctions de caporal ont les droits du caporal; ils peuvent punir._
=35. Quand commence une punition et quand finit-elle?=
Le chef qui a prononcé une punition la notifie ou la fait notifier sans retard à l'intéressé; la punition commence dès qu'elle est notifiée.
Les punitions se décomptent par jour.
=36. Qu'est-ce que le sursis des punitions?=
On peut accorder le bénéfice du sursis pour un délai déterminé lorsque la faute est commise par négligence légère et inconscience ou par défaut d'instruction, et que le militaire fautif se recommande par sa bonne conduite habituelle.
Si le militaire ne commet pas de faute de même nature pendant le délai fixé, la punition est annulée.
=37. Quelles sont, en outre de la peine elle-même de la punition, les conséquences des punitions?=
Le soldat reste au corps, après le jour fixé pour la libération, un nombre de jours égal à celui qu'il aura passé en _prison_ ou en _cellule_, déduction faite des punitions n'excédant pas huit jours.
Demandes--Recommandations--Réclamations.
=38. Comment un soldat adresse-t-il une demande, est-il nécessaire de se faire recommander à ses chefs?=
Toute demande, à moins d'urgence, est adressée au capitaine par l'intermédiaire du sergent-major.
On ne doit pas se faire recommander par des personnes étrangères à l'armée et on doit empêcher de laisser adresser à ses chefs des lettres de qui que ce soit pour des demandes ou des recommandations.
Tout le monde est soldat: on doit se recommander soi-même par sa bonne conduite, par son travail et par son application aux exercices.
_Il importe que l'on sache bien que le capitaine place dans ses plus essentiels devoirs: de s'intéresser à ses soldats, de se renseigner sur leurs besoins et de les traiter avec un esprit de justice et de bienveillance._
Que le soldat transmette donc lui-même à son capitaine ses désirs et ses besoins.
=39. Un soldat a-t-il le droit de réclamer?=
Le droit de réclamation est admis pour permettre aux militaires d'exercer, le cas échéant, un recours contre les mesures ou punitions imméritées ou irrégulières.
Les réclamations individuelles sont seules autorisées, elles sont adressées au supérieur qui a pris la mesure ou prononcé la punition.
Le supérieur écoute avec calme et bienveillance, puis, s'il y a lieu, il fait droit à la réclamation. S'il n'y fait pas droit, le militaire peut adresser à nouveau sa réclamation à une autorité supérieure; si cette dernière n'y fait pas droit, il y a alors punition.
Travaux divers.
=40. Quel travail peut-on demander à un militaire?=
En dehors de son service normal, tout militaire est tenu d'accomplir, pour le service de l'armée ou pour celui de l'État, les travaux qui lui sont demandés, y compris ceux de la profession qu'il exerçait avant son incorporation.
Il ne lui est dû aucune rétribution, excepté celles prescrites par le ministère.
=41. Que font les soldats ordonnances?=
Les officiers sont autorisés à employer chacun un soldat pour leur service personnel et pour le pansage de leur cheval. Ils portent toujours la tenue militaire. Un salaire leur est payé mensuellement par l'officier: 4 francs par cheval et 5 francs pour le service personnel de l'officier.
* * * * *
Devoirs du soldat à la caserne.
Devoirs dans la chambrée.
=42. Quel est le chef de chambrée?=
C'est le plus ancien caporal de la chambre. Le soldat doit obéir au chef de chambrée, agir avec lui en bon camarade et lui faciliter sa tâche, car il est responsable des hommes et de l'exécution de toutes les consignes relatives à la tenue des chambres.
À défaut de caporal, les fonctions de ce grade sont remplies par un soldat de 1re classe ou pourvu d'un emploi lui conférant autorité.
=43. Quels sont les devoirs du soldat au réveil?=
Le soldat doit se lever dès le réveil, s'habiller bien et rapidement, en n'omettant aucun de ses vêtements (ceinture de flanelle, caleçon, bretelles, cravate, etc.), découvrir son lit, qui doit rester découvert au moins pendant une heure, ranger ses effets sur la planche à bagages et aux crochets, puis balayer aux abords de son lit[4].
[Note 4: Voir, pour les soins de propreté, le chapitre _Hygiène_, page 53.]
=44. Quelles sont les prescriptions relatives à l'entretien des effets?=
Le soldat répare et entretient lui-même ses effets d'habillement et son linge; il est tenu de nettoyer, de brosser et de ranger chacun de ses effets lorsqu'il les quitte dans la journée; en tout cas, il doit toujours le faire le soir.
Son paquetage doit toujours être fait réglementairement.
Il est interdit de prêter aucun effet à un camarade.
=45. Où le soldat peut-il mettre ses menus objets?=
À défaut d'armoires fournies par le casernement, le capitaine autorise les caporaux et soldats à se pourvoir de boîtes fermant à clef.
=46. Comment se font les divers travaux, le nettoyage et l'entretien des locaux communs et des chambrées?=
Des consignes générales sont données pour assurer la propreté et l'entretien des locaux communs et des chambrées, pour l'observation des règles de l'hygiène et pour les distributions.
Les hommes reçoivent à ce sujet des ordres dont ils doivent assurer aussitôt la ponctuelle exécution.
La troupe doit pourvoir elle-même à tous ses besoins d'intérieur et à tous les petits travaux de nettoyage, d'installation et de mise en état du matériel, des divers locaux et des cours; elle doit également apporter à la caserne les denrées, les matières et objets qui lui sont nécessaires et s'occuper aussi de la préparation des aliments. De là la nécessité des corvées.
Les soldats sont commandés à tour de rôle pour ces corvées. Ils doivent apporter à leur exécution de la bonne volonté, de l'initiative, de la rapidité et de l'intelligence pratique, puis agir comme ils agiraient chez eux pour leurs affaires personnelles.
Ils trouveront un stimulant dans la pensée que leur travail et leurs efforts sont utiles à tous et qu'ils contribuent à leur tour au bien-être général.
=47. Quels sont les services de la caserne?=
Dans chaque caserne il y a un poste de police pour assurer l'ordre et la police générale selon la consigne permanente.
Dans chaque caserne on commande, en général, une compagnie de piquet (service de la place, incendies, services extraordinaires, etc...). Tous les militaires de la compagnie de piquet sont tenus de rester au quartier, prêts à prendre les armes.
L'appel du soir.
L'appel du soir a lieu en principe à 9 heures du soir (21 heures). Les rengagés et les décorés de la Légion d'honneur ou de la médaille militaire en sont dispensés. Ils doivent rentrer à 11 heures (23 heures).
Tous les rentrants après l'appel du soir sont tenus de se présenter au chef du poste de police.
Visites d'officiers.
=48. Que doit-on faire quand un officier entre une chambre?=
Le soldat ou le gradé qui le premier voit un officier entrer dans la chambre commande: «Fixe!» À ce commandement, les soldats se lèvent, se découvrent et gardent l'immobilité et le silence jusqu'à ce que l'officier soit sorti ou qu'il ait commandé: «Repos!»
Si c'est un officier supérieur ou général, on commande d'abord: «À vos rangs!» Les soldats se placent au pied du lit, s'alignent, puis au commandement de «Fixe» qui suit immédiatement, on exécute ce qui est prescrit ci-dessus.
Si on est en armes, on ne se découvre pas et on reste immobile reposé sur l'arme.
Soldats malades.
=49. Que doit faire le soldat qui se sent malade?=
Le soldat malade, indisposé ou ayant une affection quelconque à un organe, doit le déclarer de suite à son chef de chambrée: c'est une obligation.
Un gradé porteur du cahier de visite le conduit à la visite journalière du médecin. Le malade qui ne peut pas se lever est transporté à l'infirmerie.
=50. Que se passe-t-il si à la visite un soldat est formellement déclaré non malade?=
On le punit, mais, en principe, la punition est ajournée pendant 15 jours.
=51. Où sont soignés les malades?=
Suivant le degré de gravité ou de contagion, ils sont soignés soit à la chambre, soit à l'infirmerie, soit à l'hôpital.
=52. Est-il admissible qu'un soldat non malade aille à la visite pour chercher à obtenir du docteur une exemption de service?=
Non, c'est un abus de confiance que d'aller tromper le médecin et de surprendre sa bonne foi; c'est une paresse indigne d'un homme. Cette déplorable pratique est cause de la méfiance des docteurs, méfiance qui peut leur faire commettre des erreurs.
_Cette malhonnête habitude a pris naissance chez les soldats des armées mercenaires; les soldats paresseux la conservent. Aujourd'hui, cependant, elle ne saurait subsister dans l'armée nationale; la déraciner est le devoir de tout soldat de coeur! On ne doit pas la tolérer chez les camarades de la compagnie._
Le soldat trompeur mérite pour une simulation une punition sévère. Il faut avoir un peu de courage et d'énergie pour réagir contre la paresse.
=53. Si un soldat, sans être malade, se sent fatigué, que doit-il faire?=
Il en fait part à l'adjudant, ou à son officier, ou au capitaine; il peut être certain qu'on lui donnera, s'il y a lieu, une permission d'exercice ou un adoucissement dans le service.
En outre, aux jours et heures fixés, les soldats sont autorisés à demander des conseils aux médecins militaires, sans se faire inscrire sur le cahier de visite de la compagnie.
=54. Quelles sont les visites médicales auxquelles tout militaire est soumis?=
Chaque mois les soldats passent une visite médicale pour vérifier s'ils ne sont pas atteints d'une maladie contagieuse, et chaque mois ils sont soumis à une pesée constatant la variation de leur poids.
Chaque trimestre ils sont examinés au point de vue de l'état de leur dentition.
Avant un départ en permission, ils sont présentés au médecin-major; il en est de même à la rentrée d'une absence quelconque.
Service postal.
=55. Quel est le sous-officier chargé du service postal?=
C'est le vaguemestre; il remet aux soldats les lettres ordinaires, par l'intermédiaire du gradé de liaison.
Il remet directement les chargements et les lettres recommandées.
Une boîte aux lettres est placée à côté du poste de police. Le vaguemestre en a la clef. Les heures de levée sont inscrites sur la boîte.
=56. Comment le soldat touche-t-il un mandat?=
Le soldat remet son mandat au gradé de liaison qui le donne au vaguemestre; celui-ci le paie le jour même, en présence du gradé de liaison, au soldat porteur de son livret et de l'enveloppe de la lettre; le soldat signe sur le registre du vaguemestre.
=57. Comment le soldat peut-il profiter des deux timbres de 10 centimes qui lui sont accordés gratuitement chaque mois?=
Le soldat dépose sa lettre fermée au bureau de la Compagnie, en signant sur un registre: c'est le vaguemestre qui place lui-même le timbre-poste. Il peut utiliser ces 2 timbres simultanément ou l'un après l'autre.
CHAPITRE III
DIVERS
Livrets.
=58. Quels sont les livrets du soldat?=
Le soldat a deux livrets: le livret individuel et le livret matricule; ils contiennent tous deux l'état civil du soldat, les renseignements sur ses services, sur sa situation militaire, sur son instruction générale et militaire, puis les mesures de l'homme.
=59. Quelles sont, en outre, les inscriptions spéciales du livret individuel?=
On y inscrit le classement et les récompenses de tir, y compris les prix et les mentions honorifiques obtenus par tout militaire dans les concours non militaires.
Les effets distribués, puis les armes et les effets de campement s'inscrivent sur un fascicule spécial qui se place dans le livret individuel.
Il contient ensuite le Code de justice militaire, les obligations des soldats dans leurs foyers, des cases pour le visa de la gendarmerie lors des changements de domicile ou de résidence, un billet d'hôpital (à utiliser en campagne); à la libération, on le complète par un _fascicule de mobilisation_ renseignant sur la position et la destination du soldat dans ses foyers.
=60. Quels renseignements particuliers trouve-t-on sur le livret matricule?=
Le livret matricule porte l'inscription des punitions et en plus un état de notes qui est rempli à la libération.
Le livret matricule reste entre les mains du capitaine.
=61. Qu'est-ce que le livret individuel pour le militaire dans ses foyers?=
Le livret individuel est pour le militaire une pièce authentique et officielle qu'il doit pouvoir présenter à toute réquisition de l'autorité civile, militaire ou judiciaire.
On est tenu de conserver son livret jusqu'à la libération définitive du service militaire, c'est-à-dire pendant vingt-huit années, et de le présenter à toute réquisition de l'autorité militaire.
Il faut éviter de lui faire subir aucune détérioration.
_L'homme qui perd son livret, étant dans ses foyers, doit en faire immédiatement la déclaration à la gendarmerie qui la transmet._
Le commandant de recrutement lui fait établir un nouveau livret (duplicata) et un nouveau fascicule qui sont délivrés gratuitement.
Il importe que l'homme n'apporte _aucun retard dans cette déclaration de perte_, qui d'ailleurs serait toujours reconnue.
Code de justice militaire.
=62.= Il importe de lire avec attention, _dans le livret individuel_, le Code de justice militaire: il instruira l'homme sur tout ce qui est crime ou délit militaire. Cela le mettra en garde contre toute défaillance et contre toute tentation d'oublier son devoir.
Correspondance militaire.
=63.= On doit se conformer au modèle ci-après pour la correspondance militaire, supprimer tout préambule, employer des termes convenables et respectueux envers les supérieurs et terminer sa lettre par la signature, sans formules de politesse.
* CORPS D'ARMÉE _À_..... _le_..... 19.
* DIVISION D'INFANTERIE Le[5]..... de la
..e BRIGADE ..e compagnie du .....e régiment d'infanterie au..... [6].....
..e RÉGIMENT D'INFANTERIE ........... .....à.....
Objet: J'ai l'honneur de[8].....
Au sujet de[7]..... .... ..... (Signature et adresse.)
[Note 5: Indiquer le grade et le nom de celui qui écrit.]
[Note 6: Indiquer le grade et l'emploi de celui à qui on écrit.]
[Note 7: Indiquer sommairement le but de la lettre.]
[Note 8: Exposer simplement l'objet de la demande ou la réponse. On emploie ordinairement du papier du format écolier 20/30.]
Les hommes de troupe _en activité de service_ qui ont des demandes à faire par écrit les adressent à leur capitaine ou, s'il y a lieu, au chef de corps par la voie hiérarchique.
Accidents dans le service.
=64.= Les militaires victimes d'un accident sont soignés par les médecins militaires. Si l'accident a eu lieu dans le service et à l'occasion du service, il leur est délivré un _Certificat d'origine de blessure ou de maladie_, qui peut, selon le cas, leur ouvrir des droits à la réforme avec gratification.
Sociétés de secours mutuels.
=65.= Des sociétés de secours mutuels sont constituées par régiment ou par bataillon faisant corps, entre les militaires appelés ou engagés.
Ces sociétés sont purement facultatives, l'entrée a lieu à la suite d'une simple demande adressée au capitaine.
Dans ces sociétés, moyennant une cotisation extrêmement minime, les militaires de passage sous les drapeaux pourront constituer un fonds de prévoyance destiné à leur permettre de rentrer ou d'entrer, après leur libération, dans les sociétés de secours mutuels civiles. Les sociétés de secours mutuels régimentaires auront, en outre, pour objet de procurer aux soldats un livret individuel sur la Caisse nationale des retraites, ou de continuer les versements déjà opérés sur les livrets individuels dont ils étaient titulaires avant leur incorporation. Elles accorderont des secours immédiats aux membres participants, à leurs veuves, orphelins ou ascendants; enfin, elles créeront un office de placement gratuit, afin de permettre aux soldats, à leur sortie du régiment, de trouver plus facilement du travail.
CHAPITRE IV
ORDINAIRE--SOLDE--PRESTATIONS--DIVERS
Ordinaire et prestations.
=66. Qu'est-ce que l'ordinaire?=
L'ordinaire est le régime adopté pour la nourriture du soldat.
On peut dire que c'est l'organisation de la compagnie en une _société coopérative_ pour nourrir économiquement les soldats et les caporaux.
L'ordinaire est dirigé par le capitaine; il a pour le seconder le lieutenant en premier, le sergent-major et le caporal d'ordinaire.
L'ordinaire cherche, par l'utilisation judicieuse de son outillage et de ses denrées, à obtenir une nourriture substantielle et hygiénique et à faire des préparations variées, saines, appétissantes et réconfortantes.
=67. Quel est le service du cuisinier?=
Le cuisinier est chargé de préparer les repas d'après les menus établis par le capitaine. Il est en outre responsable de l'entretien et de la propreté des ustensiles, du matériel et du linge mis à sa disposition.
Le cuisinier doit être d'une probité scrupuleuse, d'une propreté absolue et avoir beaucoup d'ordre et de méthode.
Le capitaine peut récompenser son zèle par une indemnité variable, mais qui ne dépasse pas 50 centimes par jour, payable sur les fonds de l'ordinaire.
=68. À quoi servent les fonds de l'ordinaire, qui en est détenteur et comment sont-ils constitués?=