L'Instruction Théorique du Soldat par lui-même (1914)

Part 2

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3 ans dans l'armée active, 11 ans dans la réserve de l'armée active, 7 ans dans l'armée territoriale et 7 ans dans la réserve de l'armée territoriale.

=34. À partir de quelle date compte le service militaire?=

Le service militaire compte du 1er octobre de l'année du conseil de révision.

Pour les engagés volontaires, du jour de leur engagement.

La loi sur le recrutement est du 21 mars 1905 modifiée le 7 août 1913.

_Les militaires des classes 1911 et 1912 ne feront que 2 années de service actif; mais leur service total aura une durée de 28 années, dont 7 ans dans la territoriale et 7 ans dans la réserve de la territoriale_ (Loi du 7 août 1913).

_La loi de 3 ans de service ne s'applique qu'à partir de la classe 1913._

=35. Quels sont les principes sur lesquels repose l'armée.=

Les principes sur lesquels repose l'armée nationale sont:

1º Le patriotisme et le dévouement; 2º La discipline, la subordination et le devoir; 3º L'obéissance et le respect; 4º L'instruction militaire.

=36. Qu'est-ce que l'on apprend au régiment?=

1º Au régiment, on acquiert l'instruction militaire qui doit faire du jeune homme un soldat instruit, brave, robuste, sachant combattre avec intelligence et avec ardeur;

2º On y exalte les idées de fidélité, de dévouement et de sacrifice pour le pays, on y apprend l'honneur, l'amour du devoir et la haine de celui qui chercherait à porter atteinte à notre sol, à nos moeurs, à notre liberté nationale;

3º On se prépare par la discipline et par les nobles sentiments de l'armée à devenir de bons citoyens ayant le respect de l'autorité et la conscience de leurs devoirs.

=37. Comment le soldat doit-il considérer ses supérieurs?=

Le soldat doit considérer ses supérieurs comme des chefs et des amis; il doit leur obéir et se dévouer pour eux, car eux aussi se dévoueront pour lui. Les officiers et les soldats sont solidairement liés dans l'accomplissement d'une mission unique et de devoirs envers le pays, aussi collaborent-ils en commun, selon les degrés de la hiérarchie, à un même devoir national.

_Soldat! tes supérieurs cherchent à bien te connaître pour te guider, te soutenir et pour obtenir de toi tout ce que tu peux donner pour le bien du service et pour la défense de la Patrie._

_Tes officiers se sont voués à la Patrie, à l'éducation militaire de toute la jeunesse française pour la mettre à même de remplir son devoir civique de guerre; ils sont toujours prêts au sacrifice de leur vie pour la cause commune. Ce sont eux qui te conduiront à l'ennemi le jour où notre sol sera menacé._

_Tels sont les titres qui leur donnent droit à l'obéissance, au respect et au dévouement des soldats._

_L'autorité de l'officier est incontestable, elle est une des plus légitimes. C'est lui qui crée l'armée, qui l'organise et c'est sa valeur intellectuelle et morale qui fait la force de cette armée._

_Mérite l'estime de ton chef, aie confiance en lui, regarde-le bien en face, avec ce regard qui exprime la force, l'énergie et la loyale amitié._

=38. Quelles doivent être les relations du soldat avec ses officiers?=

Le soldat doit agir franchement avec ses officiers, se laisser guider par eux, leur accorder toute sa confiance et les respecter, puisqu'ils sont les foyers de vie de l'armée, qui est faite pour la défense de l'honneur et de l'intégrité de la France.

=39. Qui s'occupe des intérêts personnels et matériels du soldat, au régiment?=

Le chef de corps et les officiers de compagnie, secondés par les sous-officiers, sont spécialement chargés de veiller aux intérêts particuliers du soldat; ce sont eux qui lui procurent, grâce aux allocations de l'État, tout ce qui est nécessaire à sa vie, à son bien-être et à son entretien pendant le temps qu'il passe sous les drapeaux.

=40. À qui le soldat doit-il s'adresser en diverses circonstances?=

Si le soldat a quelque chose qui le préoccupe, qui l'ennuie ou s'il a un désir soit dans le service, soit dans sa vie privée ou au sujet de sa famille, il fera toujours bien de le dire à son officier, à son capitaine, gui saura lui donner ce bon conseil qui enlève l'ennui et procure le calme.

=41. Comment le soldat doit-il considérer le régiment?=

Le soldat doit aimer son régiment et le considérer comme une nouvelle famille.

=42. À qui encore, en dehors de ses chefs directs, le soldat français doit-il le respect?=

Le soldat doit respecter le gouvernement de la République française, le Président chef de l'État et les ministres chargés de l'exécution des lois et détenteurs du pouvoir.

VI--Devoirs envers les camarades.

=43. Quels sont les devoirs du soldat envers ses camarades?=

Le soldat doit respecter son camarade, agir envers lui avec fraternité, ne jamais le brimer et se souvenir qu'il lui doit aide, secours et conseils, surtout s'il est jeune soldat ou réserviste.

Les effets et les menus objets du camarade sont sacrés. À la caserne, la principale serrure qui empêche d'y toucher, c'est la conscience.

Écoutons-la toujours et n'étouffons point sa voix.

=44. Comment doit-on considérer la camaraderie du régiment?=

La camaraderie du régiment est nécessaire; c'est un lien qui unit des hommes travaillant ensemble pour la même cause, courant les mêmes dangers, et appelés, en vertu de l'égalité, pour payer à la Patrie l'impôt du sang.

=45. Paie-t-on certains services au régiment?=

Non, tous les services sont gratuits au régiment; les hommes qui sont chargés d'emplois spéciaux ne les exercent vis-à-vis des autres qu'au point de vue de la camaraderie, et vis-à-vis de la compagnie qu'en vertu de l'exécution de la mission qui leur a été confiée, d'après leurs aptitudes, pour les nécessités du service.

VII--Devoirs du soldat envers sa famille et envers lui-même.

=46. Quels sont les devoirs du soldat envers sa famille?=

Le soldat doit écrire régulièrement à sa famille, mais il doit lui dire la vérité et ne pas se plaindre inutilement.

Sa dignité personnelle lui impose de ne pas réclamer de l'argent à tout propos; souvent, les besoins de la famille sont plus urgents que ceux du soldat.

Un bon soldat est aussi un bon fils.

=47. Que fait l'État pour faciliter au soldat de correspondre avec sa famille?=

Il lui accorde gratuitement deux timbres-poste par mois.

=48. Quels sont les devoirs du soldat envers lui-même?=

Le soldat doit se respecter dans ses paroles et dans ses actes.

Il doit se conduire partout avec dignité; éviter les mauvaises fréquentations, les cabarets borgnes et les habitudes d'ivrognerie qui dégradent l'homme et ruinent sa santé.

Son devoir d'homme et de soldat l'oblige à ne pas tenir des propos contraires à la discipline, au respect de l'armée et de l'autorité.

=49. Quelle doit être la règle de la conduite générale du soldat en dehors du service?=

L'armée n'est pas une caste à part dans la nation; le soldat doit vivre en bonne intelligence avec la population, conserver toutes les bonnes habitudes et le langage convenable de sa famille, faire son devoir d'honnête homme et être toujours prêt à se dévouer pour protéger le faible et pour sauver toute personne en danger[2].

[Note 2: Le soldat doit avoir une réelle confiance en sa famille et aux chefs des établissements divers de travaux, aux patrons et à la société, on l'aidera volontiers, à son retour dans la vie civile, à y trouver une situation convenable selon ses capacités.

Il doit éviter toute relation avec des civils antimilitaristes et avec des sociétés d'anarchistes qui chercheraient à le mettre dans une mauvaise voie.

La famille, le travail sage et la bonne conduite, voilà le seul vrai chemin dans la vie. Suivons-le et ayons confiance!]

=50. Quels sont les principaux défauts que le soldat doit absolument éviter?=

Les militaires qui sont paresseux, menteurs ou ivrognes accomplissent leur devoir civique de soldat dans des conditions inacceptables. Ils doivent être punis.

Le militaire paresseux dans l'accomplissement de ses devoirs néglige le travail régulier et l'entraînement qui doivent assouplir ses membres, habituer son corps à la fatigue et faire de lui un soldat fort, adroit, énergique et audacieux.

Le mensonge avilit le caractère du soldat, lui fait perdre sa dignité et lui fait suivre un chemin contraire à celui de l'honneur.

Quant à l'ivrognerie, elle est un vice honteux qui dégrade le soldat et qui l'entraîne dans toutes les fautes, même dans le crime. Elle ruine petit à petit la santé et le tempérament de l'homme, qui procréera par la suite une postérité d'êtres misérables, inférieurs au point de vue moral et au point de vue physique.

L'ivrogne sert mal son pays, c'est un homme sur lequel on ne peut pas compter pour les missions délicates en campagne. C'est un mauvais soldat qui peut même devenir nuisible à la défense.

VIII--Conduite en ville et en cas de troubles.

=51. Quelle doit être la conduite du soldat en ville?=

Il faut avoir en ville une bonne tenue, une bonne attitude et marcher d'un pas dégagé; il est interdit aux militaires de fumer la pipe dans les rues, de mettre les mains dans les poches ou de lire en circulant en ville.

Le soldat doit faire le bien, avoir de bonnes fréquentations, éviter de s'arrêter et de se compromettre avec des femmes de mauvaise vie; partout on doit le trouver poli, serviable et protecteur.

Il doit toujours respecter l'heure des services; d'ailleurs, _heure militaire_ et _exactitude_ sont synonymes.

=52. Est-il bon d'observer certaines précautions à propos des cafés et restaurants?=

Oui, le soldat ne doit pas entrer dans des cabarets de mauvaise réputation, ni dans les maisons consignées. Sa place est au grand jour.

Il doit toujours se souvenir que l'ivresse est le pire des défauts et qu'elle n'est pas une circonstance atténuante.

=53. Est-ce que les militaires peuvent contracter des dettes?=

Le règlement s'y oppose, et il prescrit des punitions sévères contre ceux qui en contracteraient.

=54. Que doit faire le soldat en ville lorsqu'il entend sonner «au feu»?=

Il ne doit pas se rendre isolément au feu, mais rentrer rapidement à la caserne où il attendra des ordres.

Si, _exceptionnellement_, il se trouvait en face du sinistre, il n'hésiterait pas à se rendre immédiatement utile.

=55. Le soldat est-il chargé d'assurer la police?=

Non, mais tout militaire en uniforme doit prêter spontanément main-forte, même au péril de sa vie, à la gendarmerie, ainsi qu'aux autres agents de l'autorité, lorsque ceux-ci sont en uniforme ou munis de leurs insignes.

=56. Quand le soldat isolé est-il autorisé à se servir de ses armes?=

Le port de l'épée est un honneur qui oblige le soldat à la noblesse et à la grandeur des sentiments.

L'épée ou le sabre ne doivent sortir du fourreau que dans des cas de légitime défense. Ces cas doivent être bien établis, ils sont d'ailleurs très rares.

=57. Quelles sont les précautions que doit observer le soldat au point de vue du public en général?=

Le soldat doit:

1º Éviter de se mêler aux rassemblements bruyants; il ne doit jamais manifester ni prendre part aux démonstrations politiques ou religieuses.

L'armée respecte le gouvernement de la République, mais elle ne fait pas de politique;

2º Ne pas se laisser questionner sur la mobilisation ni sur ce qui touche à la défense du pays;

3º Ne pas faire de communication à la presse;

4º Porter toujours haut, dans ses conversations, le culte de l'armée, du drapeau et de la Patrie;

5º Rendre toujours compte, même directement à son capitaine, de tout fait grave et de toute observation concernant le régiment ou l'armée dont il aurait été témoin.

=58. Quelle doit être la conduite du militaire chargé du maintien ou du rétablissement de l'ordre?=

À l'occasion d'émeutes, de grèves, de troubles ou de violation de la loi dans l'intérieur du pays, l'armée peut être légalement requise pour le rétablissement de l'ordre et pour imposer le respect de la loi. Dans ce cas, la troupe requise doit obéir et marcher avec tous ses chefs et tous ses soldats, pour obtenir le respect de l'ordre et l'obéissance aux lois.

La responsabilité personnelle du militaire n'est pas engagée et ses scrupules doivent toujours s'effacer devant le devoir, sinon il est fautif et justiciable des tribunaux.

Dans ce service, le soldat doit être prudent, patient et n'agir que par ordre, mais il est de la plus grande nécessité qu'il fasse absolument respecter sa consigne avec énergie et qu'il ait le dernier mot: Force doit rester à la loi et à l'autorité que représente l'armée.

S'il fait un service de garde ou de protection en ville ou s'il cantonne, il doit ne se compromettre avec personne, observer, au milieu des partis et des agitations, une justice absolue et la plus grande impartialité, enfin il ne doit jamais rien accepter du public sans l'autorisation supérieure de ses chefs responsables.

IX--Instruction primaire.

L'instruction primaire est une nécessité aujourd'hui pour le progrès et la civilisation du pays.

Dans l'armée il faut compléter celle qui serait trop faible chez certains soldats ou qui, par hasard, manquerait absolument chez quelques hommes.

«La loi du 29 juillet 1912 a prescrit que chaque année les jeunes soldats non pourvus de diplômes ou certificats d'études (Instruction primaire ou secondaire) doivent, dès leur arrivée au corps, subir un examen pour constater leur instruction.

«Ceux dont l'instruction aura été jugée insuffisante suivront des cours.»

2º ÉDUCATION GÉNÉRALE DU SOLDAT POUR LE TEMPS DE PAIX

CHAPITRE II

SERVICE INTÉRIEUR

Marques extérieures de respect.

=1. Quand se doivent les marques extérieures de respect et quelles sont-elles?=

Tout militaire doit, en toutes circonstances, de jour et de nuit, en dehors du service comme dans le service, des marques de respect à ses supérieurs.

Ces marques consistent principalement dans le _Salut_.

Un militaire marque du respect envers son supérieur par ses prévenances à son égard, par sa tenue et son attitude correctes en sa présence.

L'inférieur s'adresse à son supérieur avec politesse et déférence, sans crainte et sans se montrer timide ni obséquieux.

On répond toujours à haute voix, avec calme, dans des termes convenables et en regardant dans les yeux, avec sincérité et confiance.

=2. Comment se fait le salut et quelles précautions doit-on observer dans les diverses circonstances?=

Le salut est exécuté de la manière suivante:

Porter la main droite ouverte au côté droit de la coiffure, la main dans le prolongement de l'avant-bras, les doigts étendus et joints, le pouce réuni aux autres doigts, la paume de la main en avant, le bras sensiblement horizontal et dans l'alignement des épaules.

L'attitude du salut doit être prise d'un geste vif et décidé; tout militaire exécutant le salut de pied ferme ou en marche rectifie son attitude, lève la tête et tend les jarrets; il regarde la personne qu'il salue; le salut terminé, il replace vivement la main droite sur le côté.

Tout militaire croisant un supérieur le salue quand il en est à six pas et continue à marcher en conservant l'attitude du salut jusqu'à ce qu'il l'ait dépassé.

S'il dépasse un supérieur, il le salue en arrivant à sa hauteur et conserve l'attitude du salut jusqu'à ce qu'il l'ait dépassé de deux pas.

S'il fume, il prend son cigare ou sa cigarette de la main gauche et salue de la main droite.

S'il porte un pli ou un paquet, il salue de même en prenant le pli ou le paquet dans la main gauche.

S'il conduit un cheval en main ou est empêché de la main droite pour toute autre cause, il rectifie sa démarche et regarde son supérieur jusqu'à ce qu'il l'ait dépassé.

S'il croise un supérieur dans un escalier, il lui cède la rampe et se range pour le saluer.

S'il le croise à l'embrasure d'une porte, il le laisse passer le premier; dans la rue, il lui cède le haut du trottoir.

S'il le croise étant à cheval, il passe au pas avant de le saluer.

S'il est en voiture, il salue de la main droite comme s'il était à pied; il se lève si la voiture est à l'arrêt.

S'il est à bicyclette, il ralentit l'allure et salue de la main droite sans cesser de surveiller sa machine.

S'il entre dans un café, un restaurant ou tout autre établissement public où se trouve un supérieur, il salue avant d'aller s'asseoir. Il se lève et salue lorsque, étant assis à la terrasse d'un café ou d'un établissement public, il voit passer un supérieur sur la chaussée.

Le salut ne se renouvelle pas dans une promenade ou autre lieu public.

=3. À qui le salut est-il dû?=

Le salut est dû à tous les supérieurs des armées de terre et de mer, depuis le caporal ou brigadier inclus.

Il est dû aux décorés de la Légion d'honneur ou de la médaille militaire s'ils sont en tenue militaire; aux officiers et sous-officiers de pompiers; aux officiers de douane et de chasseurs forestiers.

=4. Qui salue-t-on encore?=

Le militaire isolé salue un drapeau ou un étendard.

On salue le préfet, le sous-préfet, le secrétaire général en uniforme, ainsi que les officiers des armées étrangères.

Le sous-préfet et le secrétaire général saluent les généraux et assimilés.

=5. Doit-on saluer les supérieurs en civil?=

Oui, certainement, il faut saluer ceux des officiers et sous-officiers en tenue civile, qui sont autorisés à s'y mettre, _que l'on connaît bien_, puisque le respect est dû _en toutes circonstances_ aux supérieurs.

Appellations.

=6. Comment appelle-t-on un officier ou un adjudant?=

On appelle un officier ou un adjudant: «Mon...» suivi du grade. Ex.: Mon lieutenant (pour le lieutenant et le sous-lieutenant), mon capitaine, mon commandant, mon colonel, mon adjudant.

Cette règle s'applique à tous les officiers combattants.

=7. Comment appelle-t-on un sous-officier et un caporal?=

On les appelle par leur grade. Ex.: caporal, sergent, fourrier, aspirant.

=8. Comment s'adresse-t-on à un médecin, à un sous-intendant, à un intendant, à un officier d'administration, au ministre de la guerre, etc.?=

On dit: «Monsieur le médecin-major,--Monsieur le sous-intendant,--Monsieur l'intendant,--Monsieur l'officier d'administration,--Monsieur le vétérinaire,--Monsieur le ministre.»

Présentation à un supérieur.

=9. Comment un soldat s'adresse-t-il à un supérieur pour une communication verbale ou pour lui remettre un pli?=

Il s'arrête carrément en face de lui, il salue, prend la position du «garde à vous», et fait sa communication verbale ou remet le pli de la main gauche.

Lorsque sa mission est terminée, il salue, fait demi-tour et se retire.

=10. Comment procède-t-il s'il porte le fusil ou s'il a l'arme à la main?=

Il se conforme à ce qui vient d'être dit, mais repose l'arme au lieu de saluer.

=11. Que doit faire un militaire interpellé par un supérieur?=

Il prend une allure vive pour se porter à sa rencontre; en toute circonstance, il doit fournir avec empressement à son supérieur le concours dont ce dernier peut avoir besoin.

=12. Comment se présentent les hommes de troupe chez leurs supérieurs?=

Ils n'entrent qu'après avoir frappé ou sonné à la porte, ils saluent et ne se découvrent que si le supérieur les y autorise.

RÉCOMPENSES

Nomination à la 1re classe--Certificat de bonne conduite.

=13. Comment récompense-t-on les soldats de leur esprit de discipline, de leur bonne conduite et de l'ensemble de leurs services?=

On les récompense par:

1º Les félicitations verbales ou écrites; 2º Les félicitations à l'ordre du régiment; 3º La nomination à la 1re classe et aux différents grades auxquels nomme le colonel; 4º Le certificat de bonne conduite à la libération; 5º Les dispenses de certains travaux, des permissions et des faveurs autorisées et compatibles avec le bien du service; 6º Des décorations (médailles d'honneur, commémorative, militaire, coloniale, universitaire, du mérite agricole, etc.).

=14. Qui nomme-t-on soldats de 1re classe?=

On peut nommer deux soldats de 1re classe par escouade.

Ils sont choisis parmi les soldats ayant plus de quatre mois de service, qui, par leur instruction, leurs aptitudes, leur conduite et leur tenue, paraissent susceptibles de servir de moniteurs et de prendre, en l'absence des gradés, le commandement de leurs camarades.

Pour un acte de courage ou de dévouement, on peut nommer avant quatre mois de service.

=15. Quelle est la récompense morale du soldat qui fait bien son service, avec zèle et dévouement?=

Le bon soldat est heureux de posséder la confiance et l'estime de ses chefs et de ses camarades; puis il a le bonheur d'avoir la satisfaction du devoir accompli.

=16. Que faut-il pour être nommé caporal?=

Il faut suivre le peloton d'instruction, avoir une bonne instruction, une bonne conduite et une aptitude spéciale au commandement.

Il faut avoir six mois de service, ou quatre mois avec le brevet d'aptitude militaire.

Permissions--Prolongations--Congés.

=17. Qu'est-ce qu'une permission et comment la demande-t-on?=

_La permission est une récompense et non un droit._ La demande en est faite au capitaine par l'intermédiaire du sergent-major.

On peut obtenir, le dimanche et les jours fériés, des permissions de vingt-quatre heures pour quitter la garnison.

Certains soirs, on peut obtenir des permissions pour la soirée.

=18. Dans quelle limite accorde-t-on des permissions faisant mutations, aux classes 1911 et 1912?=

Les militaires accomplissant la durée légale du service ne peuvent, en dehors des dimanches et jours fériés, obtenir de permissions que jusqu'à concurrence d'un total de _trente jours_ au maximum pendant leur présence sous les drapeaux (deux années).

Des délais de route ne comptant pas dans la durée des permissions, sont concédés aux militaires en garnison loin de leur famille, soit:

1º Vingt-quatre heures pour un trajet de plus de 400 kilomètres (aller et retour);

2º Quarante-huit heures pour un trajet de plus de 800 kilomètres (aller et retour).

En cas de force majeure dûment justifiée, le chef de corps pourra accorder une permission supplémentaire, sous réserve d'en rendre compte au général de brigade (_Décret du 19 février 1913_).

Le colonel peut accorder aux engagés volontaires, quelle que soit la durée de leur engagement, pendant les trois premières années de service, des permissions jusqu'à 30 jours.

=19. Quels sont les devoirs du soldat permissionnaire?=

Le permissionnaire doit se comporter avec dignité, éviter de compromettre son uniforme et le numéro de son régiment, soigner toujours sa tenue et pratiquer ponctuellement les marques de respect.

Pour une permission dépassant huit jours, le permissionnaire fait viser sa permission, dès son arrivée, par le commandant de la gendarmerie ou par le commandant d'armes dans une ville de garnison; il donne son adresse[3].

[Note 3: À Paris, le permissionnaire se présente aux bureaux du général commandant la place (_en tenue très régulière_).]

_La permission doit être un temps de repos et une période réconfortante. Pour beaucoup elle est, au contraire, une fatigue et une occasion permanente de boire, de veiller, de faire des noces et des festins. Au moment du retour, étant mal disposé, on se refroidit dans les gares, et à la rentrée à la caserne on fait une maladie dont les suites sont souvent fâcheuses et parfois déplorables._

_L'homme sage et prévoyant doit réagir contre les entraînements qui le guettent à tous les pas; pendant sa permission, il doit se reposer et conserver sa santé pour lui, pour sa famille et pour la Patrie._

=20. Le militaire indigent peut-il obtenir des facilités pour pouvoir profiter d'une permission dont il aurait besoin?=

Oui, des frais de route peuvent être alloués par le ministre aux hommes de troupe indigents allant en permission ou en congé dans leur famille. (Seulement dans la limite des crédits budgétaires.)

Le soldat nécessiteux qui désire obtenir cette faveur en adresse la demande à son capitaine.

=21. Le port d'effets dits de fantaisie est-il permis?=