L'Illustration, No. 3728, 8 Août 1914
Chapter 3
L'état-major allemand avait d'ailleurs tout préparé pour attaquer dans ces conditions. Il avait raccordé étroitement le réseau ferré de l'Allemagne à celui de l'Etat belge; tout près de la frontière, à Malmédy, il avait créé le camp retranché d'Elsenborn, dont l'approche était gardée avec une sévérité extraordinaire.
Ce plan, de conception assez simple, eût été facilement réalisable avec la complicité passive de la Belgique, dont la superbe allemande paraît n'avoir pas douté; l'attitude vaillante du petit peuple qui s'est exposé, sans une minute d'hésitation, à recevoir le premier choc de la horde barbare, en a rendu l'exécution singulièrement difficile. Le passage de la Meuse est défendu par deux forteresses de premier ordre, Liége et Namur, capables--Liége vient de le démontrer les 4, 5 et 6 août--de retarder sérieusement la marche d'une armée; plus au Nord, le camp retranché d'Anvers, protégé à l'embouchure de l'Escaut par la flotte anglaise, est un centre offensif et défensif d'une rare puissance.
Tout permet, dès lors, d'espérer qu'avec l'appui prochain de forces anglaises et françaises l'armée belge, notre alliée désormais, pourra repousser l'armée allemande bien nombreuse pour elle, pas assez cependant pour n'avoir pas été mise un instant en échec par sa vaillance.