L'Illustration, No. 3676, 9 Août 1913

Part 5

Chapter 53,428 wordsPublic domain

Le déjeuner sur l'herbe!... Imaginez qu'à nous autres, bourgeois douillets et un peu grincheux, ceci soit proposé: «Tu te lèveras de très bonne heure pour gagner hors Paris, assis sur une banquette de bois, encombré de nourriture et de famille, un tapis de gazon qu'entourera cette famille et au centre duquel cette nourriture sera posée. Des journaux remplaceront la nappe; et, pour manger, tu t'assoiras par terre, à l'orientale, les pieds dans les bouteilles. Ton menu ne sera composé que de mets froids et facilement transportables. On ne changera pas les assiettes, et il n'y aura pas de verres pour tout le monde. On boira _tiède_, attendu que, si les longs voyages bonifient le vin, les petits voyages ne le rafraîchissent pas. Et puis, il y aura les mouches, et çà et là, dans l'herbe, mille rencontres fâcheuses...» A cette invitation, je sais bien ce que le plus indulgent d'entre nous répondrait. Il répondrait qu'il aime mieux jeûner, que de déjeuner ainsi; et que c'est un supplice absurde qu'on lui propose. Observez cependant cette foule répandue sous les arbres, autour de ses «dînettes»; écoutez ses rires, ses cris, ses bavardages d'enfants; et puis quand les bouteilles sont vides, et que s'éparpillent les chiffons de papier gras qui servaient d'enveloppe aux victuailles, regardez de quel bon sommeil les plus vieux se sont endormis sous les arbres cependant que les femmes, les jeunes filles, les enfants s'en vont courir, sous le soleil, à la recherche des petites fleurs qu'on ne trouve pas à Paris, et qui mettront au bord des fenêtres, cette semaine, un peu de gaieté et le souvenir d'une «balade» dont on parlera pendant six jours.

... Et l'on revient comme on était parti. Il faut marcher encore, s'écraser aux gares; les filets à provisions sont vides, mais on sent peser sur soi dix heures de canicule; et le gosse qu'il faut porter dans la cohue semble plus lourd aussi. Et puis il y a les bouquets; et pour ceux qui, toute la journée ont, sous le soleil, intrépidement, «trempé du fil dans l'eau», il y a la friture qu'on rapporte. On n'en peut plus; on est, à la fin de cette journée de repos, bien plus éreinté qu'à la fin d'une journée de travail. Mais quoi? On a vu «du pays», on s'est senti libre, on a cueilli des fleurs; on est content. Le peuple de Paris est un peuple de poètes.

UN PARISIEN.

AGENDA (9-16 août 1913).

EXPOSITIONS ARTISTIQUES.--Galerie Georges Petit (8, rue de Sèze): exposition des petits maîtres de 1830.--A Bagatelle, le _15 août_, ouverture de l'exposition de la Société des Artistes de Neuilly, avec section rétrospective de l'oeuvre de Detaille.

LE CONCOURS LÉPINE.--Au Grand Palais, le _12 août_, ouverture du 13e concours Lépine (Association des petits fabricants et inventeurs français).

INAUGURATION DE MONUMENT.--De grandes fêtes auront lieu à Belfort, les _15, 16 et 17 août_, à l'occasion de l'inauguration du monument des trois sièges (1813, 1815, 1870-1871).

SPORTS.--_Courses de chevaux_: le _9 août_, Bernay, Boulogne-sur-Mer; le _10_, Deauville (prix Florian de Kergorlay), Boulogne, Bernay. Vichy, Ostende; le 11, Cabourg, Ostende; le _12_, Deauville; le _13_, Cabourg; le _14_, Pont-l'Évêque, Ostende; le _15_, Deauville, Dieppe. --_Automobile_: un concours d'endurance et de régularité aura lieu le _15 août_ sur le parcours Paris-Royan.--_Aviation_: des épreuves pour le prix de 50.000 fr. de l'aérocible Michelin auront lieu du _10 au 17 août_.--_Lutte_: au casino municipal de Deauville, le critérium international de lutte de combat (coupe de Trouville), commencé le _8 août_, se continuera les jours suivants.--_Cyclisme_: le _15 août_, au Parc des Princes, courses sans entraîneurs, dite Petit Tour de France--_Athlétisme_: du 9 au 24 août, circuit pédestre de l'Ouest (prix Dubonnet).--_Yachting_: le _9 août_, troisième journée des régates internationales de Trouville-Deauville; croisière Trouville-Fécamp.--_Tir aux pigeons_: à Deauville, le _9 août_, prix du Cercle de Deauville.--_Polo_: le _11 août_, grand handicap de Deauville.

LES THÉÂTRES

Les trois représentations que la Comédie-Française vient de donner les 2, 3 et 4 août sur le théâtre Antique d'Orange ont singulièrement animé la petite cité vauclusienne, favorable aux tragiques, et dont les habitants ne jurent plus que par Zeus. _Polyphème_, le drame antique d'Albert Samain, composait, avec l'_Andromaque_ de Racine, le spectacle du premier jour; le second, on a joué Rome vaincue, drame d'Alexandre Parodi; enfin, le troisième jour a été consacré à la _Sophonisbe_ de M. Alfred Poizat que précédait _Le Passant_ de F. Coppée. Oeuvres et interprètes ont provoqué les longues acclamations d'une assistance considérable, prédisposée à l'enthousiasme par le renom des auteurs et des artistes du premier théâtre français, aussi bien que par la splendeur émouvante du décor et la douceur de la nuit scintillante d'étoiles.

En cette saison de vacances, tragédiens et comédiens abandonnent volontiers Paris et c'est la province qui nous envoie des nouvelles théâtrales. A Miramont, dans le Lot-et-Garonne, M. et Mme Silvain, à la tête d'une troupe d'artistes choisis ont représenté le _Cid_, tandis qu'à Deauville M. Lenglé, écrivain ingénieux et spirituel, précédemment applaudi au Théâtre-Michel, donnait au Casino la primeur d'un acte alerte, original. La R. P., excellemment enlevé par Mlle Lucienne Guêt et MM. Juvenet et Paul Villé.

Le Théâtre des Variétés vient de reprendre l'_Enfant prodigue_, la délicieuse pantomime de M. Michel Carré qui fournit au compositeur André Wormser l'occasion d'écrire une partition tout à fait charmante. Cette oeuvre a retrouvé le succès qui l'accueillit, voici quelque dix ans, lors de sa création à la Renaissance. Elle est accompagnée sur l'affiche par _Son premier voyage_, amusante comédie en deux actes de MM. Xanrof et Guérin.

DOCUMENTS et INFORMATIONS

LES OISEAUX FAMILIERS.

L'an dernier, à pareille époque exactement (numéro du 10 août), nous reproduisions la photographie d'un nid d'hirondelles bizarrement établi sur la plate-forme d'une suspension de salle à manger, chez M. Edmond Bey, à Marnay (Haute-Saône).

Une chose plus curieuse encore vient de se produire dans la même commune; des hirondelles--ne serait-ce point les petits des fantaisistes oiseaux de l'an dernier?--ont établi leur nid, cette fois, chez une vigneronne de Marnay, Mme Marcot, sur un paquet de grappes de maïs suspendues au plafond, en avant de la vieille horloge familiale, dont on aperçoit, sur la photographie reproduite ici, le cadran. Ce nid est si fragilement installé que chaque fois que le père ou la mère viennent apporter la becquée à leur progéniture, il se balance au mouvement que font les petits pour recueillir leur nourriture. Ces bestioles sont d'ailleurs si peu farouches qu'elles se laissent caresser par leurs hôtes.

LE TUNGSTÈNE, RIVAL DU PLATINE, EN ÉLECTRICITÉ.

Le platine possède de nombreuses qualités qui ont rendu son usage très répandu en matière d'électricité. Son inaltérabilité est supérieure à celle de l'or, il est très ductile et très malléable en même temps que très tenace; et son infusibilité est grande. Enfin, sa résistivité, plus élevée que celle du cuivre, fait qu'il se prête admirablement à la construction des résistances, soit résistances de réglage, soit résistances de chauffage. D'autres qualités de ce métal, telles que son très faible coefficient de dilatation et son pouvoir émissif sélectif, le font rechercher pour l'éclairage à incandescence.

Malheureusement, le prix du platine subit une hausse ininterrompue depuis quelque temps, et est monté jusqu'à 6.700 francs environ le kilogramme. Aussi a-t-on dû lui chercher un remplaçant.

Dans une étude donnée récemment dans les _Archives d'électricité médicale_, M. le docteur Nogier, de Lyon, vient de montrer que le tungstène peut, en électricité, rivaliser avec le platine et même être substitué à celui-ci avec grand avantage.

Longtemps inutilisé depuis sa découverte par Scheele, en 1781, parce qu'on ne savait pas réaliser des températures assez élevées pour le fondre, le tungstène est inaltérable à l'air, insoluble dans les acides et les lessives de soude et de potasse; il n'est pas attaqué par le mercure. C'est le plus infusible des métaux, en même temps très ductile et très tenace.

Le coefficient de dilatation du tungstène est trois fois plus faible que celui du platine. Sa résistivité est, il est vrai, un peu inférieure à celle du platine à la température ordinaire; mais elle décuple à 2.000 degrés.

Le tungstène paraît donc capable de suppléer le platine pour tous les usages électriques: et il offre sur ce métal le grand avantage d'être cent fois meilleur marché que celui-ci. Le prix du kilogramme de tungstène pur est en effet d'environ 60 fr.

De plus, ce métal peut être obtenu à un état tel qu'il raye le verre, tout en restant ductile: alors que le platine, comme on le sait, soumis à des chocs répétés, s'écrase et s'use rapidement.

LA FORÊT ET LA NEIGE.

Nous signalions récemment les observations faites dans la Nevada pour préciser l'influence de la forêt sur la neige. A ce propos, M. Paul Mougin, conservateur des eaux et forêts, nous signale les observations organisées sur son initiative dans les deux départements de Savoie et qui ont porté sur 28 stations.

Il n'existe pas en cette région de futaies feuillues, on n'y trouve que des taillis à réserves plus ou moins abondantes. On ne peut donc guère comparer les résultats obtenus avec ceux de M. Church en Amérique; mais on arrive à des conclusions générales de même ordre.

C'est pendant l'hiver très neigeux 1906-1907 qu'on observa pour la première fois l'action de la forêt sur la neige. Dans des conditions similaires d'altitude et d'exposition, on releva les faits suivants:

A Saint-Pierre-d'Albigny, un taillis conserva son enneigement 111 jours alors que la neige avait disparu hors bois après 98 jours.

A Sallanches, avec une hauteur de neige de 1 m. 56, l'enneigement persista sous une futaie résineuse (sapin, épicéa) 57 jours plus tard que hors bois.

A Thônes, sous une futaie résineuse, exposée au sud, à l'altitude de 700 mètres, la neige a disparu hors bois 20 jours plus tôt que sous le couvert des arbres.

Enfin, à Tennignon, dans un peuplement toujours assez clair de pins de montagne et mélèzes, à 1.600 mètres d'altitude, la neige avait atteint une hauteur totale pour l'hiver de 2 m. 37. Sur un versant nord-ouest elle a disparu sous bois 40 jours plus tard que hors bois, alors que sur un versant sud la différence fut seulement de 21 jours.

ALGER, DEUXIÈME PORT DE FRANCE.

Le port d'Alger a pris, en ces dernières années, un essor tel que, comparé aux ports de la métropole, il occupe aujourd'hui le second rang. Il vient immédiatement après Marseille et dépasse le Havre.

Voici, en effet, le mouvement du grand port algérien à dix ans d'intervalle:

1902 1912

Navires entrés et sortis....... 8.558 13.000

Tonnage de jauge 7.384.000 18.000.000

Or, en 1911, le mouvement du port de Marseille atteignait 20 millions de tonnes de jauge; celui du Havre se chiffrait par 10 millions, supérieur seulement de 2 millions à celui d'Oran qui se classe le quatrième port français.

Cette prospérité est due au développement économique de l'Algérie, dont les vins et les minerais constituent un fret important, et aussi à la situation géographique d'Alger devenu port d'escale et de ravitaillement pour la plupart des grandes lignes de navigation.

L'ÉCOLE NAVALE D'HIER ET CELLE D'AUJOURD'HUI, DANS LE PORT DE BREST.--_Photographies H. Freund._

LA FIN DU «BORDA»

Le navire qui, depuis 1890, abritait l'École navale, et qui s'était appelé l'_Intrépide_ avant d'être, selon une tradition remontant à Louis-Philippe, baptisé _Borda_, a, comme disent les marins, «gagné ses invalides». Et à moins qu'il ne soit adjugé au plus fort enchérisseur et démoli, il va devenir, dans quelque coin de port, un ponton tout rasé. Mais ce qui est plus digne encore d'être noté, c'est que son remplaçant ne va point porter le même nom illustre et populaire: l'_Officiel_, en effet, a enregistré la nomination du capitaine de vaisseau Merveilleux du Vignaux «au commandement du _Duguay-Trouin_ et de l'École navale. Plus de Borda!--et donc plus de _bordaches_!--Quel néologisme cette révolution va-t-elle introduire dans l'argot pittoresque de nos futurs officiers de marine?

Le premier _Borda_ avait été d'abord le _Commerce de Paris_, aménagé, en 1840, en École navale, et auquel, en l'appelant à cette nouvelle destinée, on avait donné le nom d'un officier de marine aussi savant que brave. En 1863, le premier _Borda_ fatigué, le _Valmy_ le remplaça et reprit le même nom, comme allait faire, en 1890, le dernier _Borda_.

Le _Duguay-Trouin_, qui accueillera, à la rentrée, les _fistots_, a préludé à ses nouvelles fonctions en promenant autour du monde, depuis plusieurs années, les jeunes aspirants émoulus de l'École navale. Il avait, en effet, remplacé l'_Iphigénie_ comme navire-école annexe du _Borda_.

_Un monument français en Allemagne._

Au cours de la guerre de 1870-71, de nombreux soldats français--plusieurs milliers--faits prisonniers sur les champs de bataille, furent envoyés à Magdebourg, en Saxe prussienne, qui avait déjà vu mourir Lazare Carnot, le grand ancêtre. Près de 1.000--3 officiers, 890 soldats--y succombèrent, les uns aux suites de leurs blessures, les autres de maladies diverses. Ils furent inhumés dans le cimetière militaire, où leurs restes retrouvèrent ceux d'autres vaincus des précédentes campagnes, des Danois, des Autrichiens.

Or, un chemin de fer va traverser le champ paisible où ils reposaient. Aux termes de la loi allemande, on pouvait les laisser là, établir la voie sur leurs tombes. Mais l'autorité, mue par un sentiment délicat, décida leur transfert au nouveau cimetière. On y a transporté aussi, avec leurs cendres, après l'avoir remis à neuf, le monument élevé à leur mémoire, assez curieux d'aspect, massif cénotaphe ouvert sur l'un de ses grands côtés et laissant voir, dans la niche ainsi formée, la figure d'un soldat mourant qui serre de ses mains défaillantes un drapeau surmonté--par un complaisant anachronisme!--d'un fer de lance.

A l'occasion de cette nouvelle inhumation des cendres de tant de braves a eu lieu, le dimanche 20 juillet, une cérémonie émouvante, à laquelle assistaient le général en chef du 4e corps d'armée allemand, tous les officiers et des délégations de tous les régiments de la garnison de Magdebourg, le lieutenant-colonel Serret, attaché militaire à l'ambassade de France à Berlin et son collègue l'attaché militaire autrichien, etc. Des couronnes jonchaient les tombes. Les soldats de Magdebourg avaient, avec sollicitude, décoré le cimetière.

Les honneurs militaires furent rendus. Des aumôniers, catholiques, protestants, prononcèrent d'éloquentes oraisons funèbres et des chants religieux, les accents martiaux d'une musique régimentaire terminèrent la pieuse cérémonie.

COQUELUCHE ET CHANGEMENT D'AIR.

Depuis longtemps, on le sait, le changement d'air est un des remèdes les plus en faveur en ce qui concerne la coqueluche. Ce changement, au reste, n'est utile que s'il assure au malade un air plus pur, plus sain: le simple changement d'un air médiocre à un autre air médiocre est sans vertu. D'un autre côté, s'il est utile au malade, il ne peut être que nuisible à la localité où l'on transporte celui-ci. Dans ces conditions il n'est pas surprenant que le conseil supérieur d'hygiène, en Autriche, vienne d'émettre un avis tout à fait défavorable au transport des coquelucheux, et ont engagé les communes à prendre toutes les mesures utiles pour empêcher l'introduction de ceux-ci. «Le déplacement des coquelucheux pendant la période infectieuse, vers d'autres localités, et spécialement vers les stations balnéaires et lieux de villégiature, est absolument inadmissible, dit-il, et doit être empêché par tous les moyens possibles.» Comme le code pénal autrichien punit d'une amende de deux mille couronnes, ou de six mois de prison, quiconque a, par sa négligence, provoqué la propagation d'une maladie contagieuse, on est assez bien armé, en Autriche, contre le déplacement des coquelucheux, et ses conséquences pour le tiers et le quart.

LES MÉTAUX EXISTANT DANS LES EAUX MINÉRALES.

Jusqu'ici l'étude des eaux minérales ne comportait guère que des analyses chimiques révélant la présence d'un petit nombre de métaux ou de métalloïdes en teneur relativement élevée. En ces derniers temps, on recherchait en outre les éléments radioactifs.

Le docteur Jacques Bardet, professeur à l'Institut d'hydrologie, a pensé que l'analyse spectrale, beaucoup plus sensible que l'analyse chimique, permettrait de trouver dans les eaux des traces, même minimes, de quantité de métaux ayant échappé aux chimistes. Il a donc examiné au spectroscope les résidus secs de 54 sources choisies dans 34 stations thermales réparties sur tous les points de la France. Il a constaté que ces eaux renferment toujours du plomb, presque toujours de l'argent et de l'étain, souvent du molybdène et du cuivre. Il a encore trouvé du bismuth, du zinc, du glucinium, et deux métaux actuellement considérés comme rarissimes: le germanium et le gallium.

On rencontre aussi, mais moins fréquemment, de l'antimoine, du cobalt, du chrome, du mercure, du nickel, de l'or, du thallium, du titane, du vanadium, du tungstène.

Ces constatations sont assez curieuses, et elles peuvent être appelées à jouer un rôle important dans la thérapeutique thermale. D'autre part, elles prouvent que certains métaux _rares_ sont plus répandus dans la nature qu'on le suppose.

LE PANSEMENT À LA PROPOLIS.

En distillant à l'état brut la propolis, cette substance visqueuse que sécrètent les abeilles et qui est bien connue de tous les apiculteurs, on obtient un liquide brunâtre et de consistance onctueuse, la propolisine. En l'appliquant au pinceau, pur ou après mélange avec 25 à 30% de vasogène, à la surface d'une plaie soigneusement nettoyée, on recouvre celle-ci d'une sorte de vernis isolant à l'abri duquel la cicatrisation se fait dans les meilleures conditions possibles. La première application suffit à amener un soulagement immédiat.

MM. Parvel et Meyer qui viennent d'étudier la propolisine vasogénée affirment que son emploi rend les plus grands services en chirurgie d'urgence et sur les champs de bataille, prévient, dans la majorité des cas, les complications infectieuses et les septicémies.

LE PHOSPHATE TRICALCIQUE ET LES POULES PONDEUSES.

Depuis longtemps, il a été reconnu par les aviculteurs que les poules ont besoin de calcaire pour édifier la coquille de leurs oeufs: on le leur donne d'habitude sous forme de plâtras, de mortiers usés, ou d'écailles d'huîtres concassées. Les éleveurs s'accordent, en outre, pour estimer que l'alimentation azotée et surtout carnée «pousse à la ponte». Voici maintenant que des expériences curieuses viennent de démontrer l'heureuse influence exercée par les aliments riches en phosphore sur la fécondation des oeufs.

En ajoutant à la provende des poules 10 gr. 2 par kilo de phosphate tricalcique, on accroît dans la proportion de 27 à 31 pour 1.000 le nombre moyen des éclosions. Comme le phosphate tricalcique--à la condition qu'on l'achète chez les droguistes--a une valeur marchande relativement faible, le prix de revient de ce traitement n'apporte aucun obstacle à son adoption.

Le terrible «problème de la circulation» à la solution duquel s'applique avec un heureux zèle, depuis son arrivée à la Préfecture de Police, M. Hennion, préoccupe plus que nous encore, s'il est possible, les Américains. La multiplication dans les villes comme New-York, par exemple, des gratte-ciel, des immeubles gigantesques dont certains abritent jusqu'à 10.000 personnes, a accru dans d'effrayantes proportions l'encombrement des rues. Il est temps de remédier à une situation dont souffrent presque également et ceux qui roulent en automobile, et les honnêtes gens qui vont encore à pied; ceux-ci exposés à des dangers croissants, ceux-là empêchés de jouir, comme il leur conviendrait, du temps que pourrait leur faire gagner la rapidité des véhicules dont ils disposent.

Le _Scientific American_, qui publie dans son dernier numéro la gravure reproduite ici, suggérant ainsi une audacieuse solution du problème, fait très justement observer à quel point il est déraisonnable, absurde, de continuer à faire circuler, sur un même plan, des mobiles, pour parler comme les mathématiciens, de vitesses et d'espèce même si différentes. Est-ce que, demande-t-il fort justement, l'ingénieur, qui doit établir des conduites pour des fluides de natures diverses, fait circuler dans les mêmes tuyaux le gaz d'éclairage, la vapeur du chauffage central et l'eau de la cuisine ou de la salle de bain? Et croit-on que les chemins de fer auraient atteint le degré de perfection où ils sont arrivés si, au lieu de créer des voies spéciales à leur usage, entre de bonnes barrières, on les eût laissés vaguer parmi les camions des villes et les chars à boeufs des campagnes? Donc divisons, classifions la circulation pour la rendre plus facile. La rue proprement dite aux transports rapides, aux tramways, aux automobiles et aux quelques voitures à chevaux qui demeurent encore,--en attendant que les «moteurs animaux» soient tout de bon relégués aux champs. Pour les piétons, des trottoirs spéciaux, en l'air. Les gros transports s'effectueront au sous-sol, au-dessous même des «métros» et des «tubes». Et vraiment cette image compliquée est bien amusante à étudier dans ses détails.

On se complaira aussi à imaginer ce que pourrait donner à Paris un tel système, avec un ou deux étages de trottoirs aériens sur les boulevards, rue de la Paix, rue Royale, et donc un ou deux étages de grands magasins--et quelle vie différente en résulterait, et aussi quel accroissement de valeur pour les immeubles ainsi desservis.

Il est à prévoir que, dans un avenir plus ou moins éloigné, on sera amené, par la force des choses, à l'adopter. Il semblerait, à lire l'article très curieux du _Scientific American_, qui envisage dès maintenant les conditions dans lesquelles les quartiers centraux de New-York pourraient être ainsi transformés, que les temps soient assez proches,... aux États-Unis.

COMMISSAIRE AUX ARMÉES, par Henriot.

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