L'Illustration, No. 3675, 2 Août 1913

Part 4

Chapter 43,462 wordsPublic domain

Le terrain se prête merveilleusement à une action défensive, un véritable glacis en pente douce montant vers les tranchées serbes. Parvenus à 500 ou 600 mètres, les fantassins bulgares furent accueillis par un feu violent d'infanterie. C'est à ce moment que le commandant de la batterie, qui nous raconte tout ceci, fit pousser à bras ses pièces sur la crête où elles sont encore et fit ouvrir le feu en fauchant (1) sur la ligne de tirailleurs ennemis. L'effet fut décisif: les Bulgares s'arrêtèrent, puis refluèrent à quelque 300 ou 400 mètres plus en arrière, sur une crête intermédiaire où nous apercevons maintenant leurs tranchées.

[Note 1: On appelle tir de fauchage sur une hausse déterminée, un tir où chaque pièce de la batterie tire trois coups en coulissant à chacun de deux tours de manivelle sur son essieu. Cela permet de battre ainsi une plus grande largeur de front et est par suite d'un excellent effet contre une longue ligne d'infanterie comme est la chaîne de tirailleurs.]

De temps à autre, partant de là-bas, quelques coups de feu à notre adresse auxquels, d'un peu plus loin, à 100 mètres en avant de nous, répondent les Serbes. Nous désirons vivement aller voir les fantassins dans leurs tranchées. Nous nous y rendons, en profitant d'un moment d'accalmie. D'ailleurs, à peine dans la tranchée, quelques froufroutements caractéristiques qui claquent dans la terre comme des coups de fouet, marquent que notre arrivée n'a point passé inaperçue.

Dans l'abri merveilleux que la savante ingéniosité des Serbes a construit, c'est l'absolue sécurité. Un épais remblai, adroitement dissimulé par des mottes de gazon, des pare-balles transversaux pour protéger la tête des tireurs, assurent non seulement le maximum de tranquillité mais même un bien-être relatif à l'infanterie qui s'y trouve abritée non seulement des balles, mais encore de la pluie et du froid. Rassemblant mes faibles connaissances de la langue serbe, je parle avec les hommes qui causent et fument, parfaitement insouciants. Quand quelques claquements de fouet annoncent l'arrivée des balles bulgares, ils rient et plaisantent. Lorsqu'un peu plus tard je retourne en arrière, tous souhaitent au Français qui s'en va un cordial au revoir: «Sbogom! (Avec Dieu!)», me disent-ils... et je m'éloigne en répétant: «Avec Dieu! Sbogom!», tandis que des balles bulgares s'enfoncent dans la terre de la tranchée que je viens de quitter et s'enfuient en jurant dans l'air calme après avoir ricoché derrière nous.

L'attaque sur la droite, venant de Deve-Bajir, n'a pas eu plus de succès. Malgré une certaine supériorité numérique, les Bulgares ne réussirent pas dans leur tentative, arrêtés par le feu d'infanterie et aussi par le feu d'écharpe que les deux pièces de droite de la batterie de Zedilovo purent exécuter contre eux en opérant un changement d'objectif de ce côté.

Les pertes, serbes furent légères: la batterie eut un pointeur tué et un servant blessé. Vers la droite, elle furent un peu plus sensibles: environ une quarantaine d'hommes ont été mis hors de combat, parmi ceux-ci un lieutenant dont la tête fut arrachée par un obus. Mais, pour intéressant qu'il fût, ce petit combat ne présente en somme qu'une importance médiocre. L'attaque bulgare fut à tout prendre assez peu énergique, et je me demande quelle pouvait bien être ici l'intention de l'ennemi.

Nous vivons dans le noir le plus absolu que seuls un commencement de négociations ou une manoeuvre assez osée des Bulgares peuvent expliquer. L'inactivité générale qui règne autour de nous permet toutes les suppositions.

En même temps que les troupes de la 12e division bulgare attaquaient ainsi Zedilovo, d'autres tentatives avaient lieu un peu partout à gauche de la première armée vers Golemi-Vrh, à droite vers Tsar-Vrh. D'après le communiqué de ce soir, la tentative de Golemi-Vrh n'aurait pas eu d'importance. Il n'en serait pas de même de ce qui a dû se passer plus au sud. Les Monténégrins ne paraissent pas avoir très bien tenu leur ligne, et ils auraient dû reculer sur Pobyem. Mais, secourus par un régiment serbe descendu de Tsar-Vrh et qui aurait pris l'attaque bulgare en flanc, les régiments monténégrins auraient repoussé l'ennemi et se seraient même avancés jusqu'à Siva-Kobila.

Quoi qu'il en soit, ces pointes de l'ennemi, ou ces reconnaissances, comme on voudra les appeler, prouvent à mon avis qu'il n'est pas aussi affaibli moralement qu'on l'avait d'abord pensé et qu'il est encore susceptible d'une certaine activité.

Ce que l'on pourrait regretter ici, c'est la trop grande somme de temps jusqu'alors dépensée par les Serbes dans leur concentration et leur préparation à la bataille. Je sais, il est vrai, que voici la première fois au monde que l'on exécute de la guerre de masses, de la guerre d'armées, dans un pays de montagnes où les, sommets dépassant 2.000 mètres ne sont pas l'exception, que les voies de communications y sont précaires, que mille raisons portent à ne rien hasarder... Mais c'est précisément ce que j'aurais voulu voir: hasarder quelque chose, sacrifier à l'audace et ne point laisser à l'adversaire un temps précieux dont il ne peut que profiter.

A cette légère critique près, tout ici semble en excellente condition, approvisionnements, munitions, moral... Le moral surtout est admirable. Depuis le capitaine, qui, posément, nous expliquait le combat du matin, où sa batterie venait de tirer près de 200 coups par pièce, jusqu'aux soldats que je voyais plaisanter entre deux coups de feu dans la tranchée tout à l'heure, tous manifestent non seulement la meilleure bonne volonté, mais même le courage le plus ardent, l'enthousiasme le plus pur. Pendant que nous revenons vers Egri-Palanka, nous dépassons les blessés, qui reviennent du front: pas un cri, pas 'un geste, pas un murmure. Ce gens-là sont de vrais soldats, ils savent souffrir et mourir.

ALAIN DE PENENNRUN.

LES «ÉCLAIREURS DE FRANCE» EN DAUPHINÉ

Sous les auspices de la section grenobloise des Eclaireurs de France et de notre excellent confrère le _Matin_, attentif, toujours, à toutes les manifestations où le sentiment patriotique est intéressé, se tient, en ce moment, une première fête internationale des «Eclaireurs», dans l'une des régions les plus parfaitement pittoresques, les plus variées, les plus attirantes qui soient en France: en Dauphiné.

Par le _Matin_, nous sommes tenus, au jour le jour, au courant des faits et gestes de ces enfants alertes et débrouillards, accueillis avec une touchante sollicitude qui est allée jusqu'à prévoir le service religieux «pour les différents cultes». Ç'a été d'abord, après la réception officielle à Grenoble, l'installation du camp, à Saint-Pierre-de-Chartreuse, en face de l'Alpe dominatrice, et la joie divine d'édifier de ses mains son toit de toile; puis, dimanche, «une fête du camp», avec les tentes parées de guirlandes et de festons, et une visite à la Grande-Chartreuse, des excursions en montagne, et des jeux, et des sports,--enfin, huit jours de vie d'initiative, d'émulation, de fraternelle solidarité, de vie saine et bienfaisante sous la tente ou «au foin!», tour à tour dans les nobles futaies, du côté de la Chartreuse, et dans l'Oisans et l'Alpe d'Huez plus sévères.

LES GRANDS TRAGÉDIENS DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE INTERPRÉTANT «SOPHONISBE», DE M. ALFRED POIZAT.

_Sophonisbe_, tragédie en quatre actes, de M. Alfred Poizat, que _La Petite Illustration_ publie d'autre part, a été remarquablement mise à la scène par la Comédie-Française qui vient de l'inscrire à son répertoire. Mais, avant d'offrir ce spectacle à ses abonnés, elle en aura donné la première représentation devant le Mur d'Orange. Les trois scènes que nous en reproduisons ont été prises au cours des répétitions sur le «plateau» de l'Opéra-Comique où la Comédie-Française a transporté momentanément ses pénates. C'est pendant la seconde guerre punique, à Cirta, Sophonisbe, qui, pour des raisons politiques, dut épouser, naguère, le vieux roi Syphax, n'a pas cessé d'aimer Massinissa, le guerrier numide qui, par dépit, a contracté alliance avec Scipion, le chef de l'armée romaine. Il vient d'entrer victorieux dans la ville comme on annonce à la reine que Syphax, son époux, a succombé sur le rempart. Retrouvant Sophonisbe, il lui exprime son amour et lui fait jurer de l'épouser. Mais Scipion s'oppose, au nom de Rome, à ce mariage et, comme Sophonisbe lui résiste, il commande qu'on amène Syphax qui n'est pas mort mais seulement prisonnier des Romains. Alors, ne pouvant se résoudre à sacrifier un de ses époux à l'autre, Sophonisbe ne voit de solution que dans la mort. Elle boit la ciguë et expire devant Massinissa et Scipion.

UNE MUTINERIE AU VATICAN

_Notre correspondant de Rome nous écrit:_

Rome, 26 juillet.

Un beau soleil de juillet inonde la cour de Sainte-Anne, quartier de la garde suisse pontificale. Près des portes, dans leur pittoresque costume noir, jaune et rouge dessiné par Raphaël, les soldats veillent. Le calme règne sur toute chose et l'on hésiterait à penser que l'on sort à peine d'un _pronunciamiento._

En effet, pendant sept jours la rébellion a sévi dans la troupe que commande le colonel Repond, et dont _L'Illustration_ l'an dernier (numéro du 8 juin 1912), à l'occasion de l'assermentation des recrues, disait la belle tenue martiale.

Le mardi. 17 juillet, au moment de prendre la garde, 21 soldats déclarèrent refuser de marcher tant que leur instructeur, le capitaine Glasson, neveu du colonel Repond, ne serait pas licencié. Sur l'ordre de leur major, ils obéirent néanmoins, après avoir reçu l'assurance que le cardinal Merry del Val, chef suprême de l'armée pontificale, serait informé de l'incident.

Deux heures après, le capitaine Glasson quittait le Vatican en congé illimité.

On eût pu croire que tout était terminé, mais les mutins, conduits par quelques jeunes recrues turbulentes, voulurent davantage. Ils firent remettre au Saint-Père un mémoire demandant, en particulier, la réduction des exercices--pour lesquels ils revêtent une tenue moins somptueuse que leur uniforme de parade--la nomination des officiers parmi les sous-officiers du corps, et enfin l'autorisation de fréquenter les _osterie_ du Borgo, dont l'accès leur avait été interdit par le colonel Repond.

Dimanche matin, au rapport, le colonel ayant annoncé que les rebelles seraient punis, des scènes regrettables se produisirent, et l'on jugea prudent de retirer aux mutins fusils et munitions.

L'anxiété fut grande au Vatican en attendant la décision papale. En ville, les quotidiens romains, enchantés de trouver matière à articles sensationnels, faisaient des prodiges d'imagination: on découvrait des complots anti-italiens, les journaux ministériels annonçaient la disparition de la garde, tandis que ceux de l'opposition prévoyaient la création d'un corps de zouaves pontificaux. Enfin, d'un commun accord, tous annonçaient que le colonel Repond, marié depuis six mois, était en voyage de noce, et que la révolte interrompait une lune de miel...

C'était beaucoup de bruit pour peu de chose. En réalité, la discipline imposée par le colonel suisse, qui commande depuis trois ans la garde pontificale, a été respectée, puisque la révolte s'est passée sans que jamais le service du pape en souffrît. Les sous-officiers et les vieux soldats, de même que les jeunes mutins, avaient promis à leur chapelain, Mgr Corragioni d'Orelli, que tout se passerait sans scandale. Ils ont tenu parole: dimanche après-midi, quelques heures après que la scène la plus tumultueuse de la révolte se fut déroulée dans la cour de la caserne, la garde, _in corpore_, faisait le service d'honneur pendant une audience que Pie X donnait aux pèlerins américains.

Il a suffi, mercredi matin, d'une lettre de Pie X, exprimant sa douleur de voir la vieille garde, qui s'est tant de fois couverte de gloire au cours des siècles, suivre quelques meneurs et commettre des actes graves d'indiscipline, pour que les soldats se soumissent et acceptassent tranquillement les sentences prononcées par leurs supérieurs.

Le capitaine Glasson, qui a traité sa troupe avec beaucoup trop de dédain et de morgue, a été invité à donner sa démission, et trois des chefs de la mutinerie ont été expulsés.

ROBERT VAUCHER.

_Photographies Felici._

CE QU'IL FAUT VOIR

PETIT GUIDE DE L'ÉTRANGER

Les vacances entraînent Paris hors de chez lui. Mais elles ramènent chez lui, par milliers, les étrangers en vacances, et de ce chassé-croisé, il résulte que l'époque de l'année où nos boulevards sont le plus encombrés est justement celle où--théoriquement--«il n'y a plus personne à Paris».

Ces visiteurs trouveront, durant ces deux mois d'août et de septembre, la ville un peu différente de ce qu'elle était à la fin de la _saison_, avant que s'ouvrît la période des grands «déplacements»; différente aussi de ce qu'elle recommencera d'être à l'automne, quand y sera revenue l'armée indigène... c'est-à-dire ce que les courriéristes mondains appellent «Tout Paris».

Ils n'y connaîtront ni la fièvre des premières représentations, ni les fortes émotions sportives de l'été, ni le tapage des «grandes ventes», ni l'amusement des vernissages à la mode, ni le plaisir de risquer la syncope dans les cohues des grands magasins... Mais ils jouiront d'un _autre_ Paris; et de cette ville désertée par l'élite de ses résidants ordinaires, ils auront une vision qui a son charme. Car Paris sans Parisiens est aussi une chose à voir.

C'est même une chose ravissante. Avez-vous vu Nice l'été, après y avoir subi les bousculades élégantes de l'hiver? C'est une surprise et un enchantement. La ville est comme enveloppée de torpeur. En même temps que la chaleur de l'été, le silence est tombé sur elle. Les hôtels se sont vidés; les musiques se sont tues, et la gaieté des choses n'a plus rien d'international. C'est une gaieté simple ment niçoise.

Les rues sont presque désertes; et sur les chaussées où les verdures des platanes répandent une ombre douce, des enfants jouent; et ce sont, ô miracle, des enfants de Nice, qui ne parlent ni anglais, ni allemand, ni russe, ni même parisien. Au long des boutiques, sur les trottoirs, des chaises sont posées, et sur ces chaises somnolent ou bavardent des familles de marchands qu'aucune clientèle n'importune. On regarde tout cela... et l'on s'aperçoit que cette ville est pleine de belles filles, d'enfants admirables qu'on ignorait, et dont la grâce et la gaieté s'harmonisent si joliment avec celles du décor charmant qui les encadre. Dépouillée de ses attraits d'hiver, qui la chargeaient comme une parure de bijoux faux, Nice se révèle délicieusement, dans la nudité de son charme véritable.

Et c'est ainsi que va s'offrir aux foules étrangères, pendant deux mois, notre paisible Paris d'été. Des théâtres où l'on ne s'écrase pas; des carrefours où se croisent, à tour de roues, des auto-taxis débonnaires; des restaurants où l'on est assuré de trouver libre la place qu'on voulait prendre; des jardins publics, un bois de Boulogne où l'on ne rencontre que des oiseaux, des cantonniers qui arrosent, et des amoureux qui n'ont pas le moyen de quitter Paris; enfin, des musées pleins de fraîcheur, où l'on a tout le loisir de rêver, sans être dérangé par personne, devant le tableau qu'on aime. Ah! les flâneries d'été, dans nos musées!

* * *

Il faut voir celui du Petit Palais; non seulement parce qu'il est un des plus adorable ment situés de Paris, et parce qu'il possède d'exquises richesses (il n'est pas un musée, je crois, où Carpeaux, Dalou, Ziem, Henner Carriès, soient plus splendidement représentés) mais parce qu'une attraction nouvelle s'y offre à nous depuis quelques jours.

On sait qu'il existe chez nous un prodigieux musée secret: c'est le Garde-Meuble national. Cet établissement, où ne sont admis que les fonctionnaires chargés de l'administrer et le personnel préposé à la surveillance et à l'entretien des objets qui y sont déposés, contient des trésors véritables dont le public ne soupçonnerait pas l'existence si, de temps en temps permission n'était donnée de tirer ces trésor, de leur prison et de nous en laisser voir quelque chose.

Cette fois, c'est à l'intervention de l'actif et ingénieux conservateur du Petit Palais, M. Henry Lapauze, que nous devons ce plaisir. M. Lapauze a obtenu de M. le sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts que lui fussent prêtées, pour être placées sous les yeux des visiteurs du Petit Palais, quelques-unes des plus belles tapisseries que possède le Garde-Meuble. Il s'agit de la série dite de la _Galerie de Saint-Cloud_, et qui est la reproduction, exécutée en 1685 par les Gobelins, de tableaux composés une dizaine d'années auparavant par Mignard pour le château de Saint-Cloud.

Le château de Saint-Cloud venait d'être acheté, à cette époque, au contrôleur d'Hervard pour servir de maison de campagne au duc d'Orléans, frère du roi. Et six tableaux avaient été commandés à Pierre Mignard, pour le plafond de la galerie principale du château: les Saisons, et deux scènes mythologiques: _Latone_ et le _Parnasse_. Ces tableaux sont aujourd'hui détruits. Soyons donc reconnaissants au ministre Louvois de la bonne idée qu'il eut d'en ordonner aux Gobelins la reproduction; car ces «copies» sont des chefs-d'oeuvre.

On les a placées dans la grande salle des Médaillons, qu'elles emplissent de leur lumière somptueuse. Elles resteront là jusqu'à la fin de la saison: mais c'est maintenant qu'il faut aller les admirer,--avant que s'achève cette paix délicieuse des vacances qui, dans les musées comme dans les promenades, ajoute une poésie à la beauté des choses.

* * *

Et puis, ce qu'il faudra voir encore, dans le courant de ce mois, ce sera le Grand Palais,--après le Petit. Cher Grand Palais! On se demande ce que deviendraient, s'il n'existait pas, les organisateurs d'Expositions. Il n'a même pas un mois pour se reposer! A peine la Nationale et les Artistes Français l'avaient-ils évacué qu'une armée toute fraîche de charpentiers et de menuisiers s'est précipitée sur sa carcasse vide, pour y aménager une exposition nouvelle qui s'ouvre ces jours-ci, et qui sera, paraît-il, fort amusante: l'exposition de l'_Emballage_; une exposition internationale, qui remplira la moitié de l'énorme édifice.

Et l'autre moitié?

Eh! mon Dieu, c'est encore uns exposition qui l'occupera, et que nous verrons s'y installer quelques semaines plus tard: l'exposition annuelle des petits fabricants parisiens, dite «concours Lépine», et à laquelle sera conservé le nom de son fondateur. La caserne qui naguère lui servait d'abri n'est plus libre, et voilà le concours Lépine obligé de déménager. Alors, il fait comme fout le monde: il s'en va vers l'ouest! Nous le suivrons avec plaisir dans cette direction.

UN PARISIEN.

AGENDA (2 au 9 août 1913).

CONGRÈS.--Le sixième congrès international d'aéronautique se tiendra à Gand du _4 au 8 août._

EXPOSITIONS ARTISTIQUES.--_Paris_: Galerie Georges Petit: l'exposition des petits maîtres de 1830 est prolongée pendant tout l'été.--_Province_: expositions des Beaux-Arts à Vichy, Langres, Douai, Brest.--_Étranger_: à Malines, exposition internationale des Trésors des Gildes, du _10 au 24 août_.--Gand, exposition internationale; expositions à Ostende, Spa, Munich.

SPORTS.--_Courses de chevaux_: le _3 août_, Vichy (Grand Prix), Caen, le Havre; les _4, 5 et 6_, Caen; le _6_, Deauville, (prix du Cinquantenaire); le 7, Boulogne-sur-Mer; le 8, Deauville, Boulogne-sur-Mer; le 9, Bernay, Boulogne-sur-Mer.--_Automobile_: les _4 et 5 août_, meeting de la Sarthe; le 4, coupe internationale des motocyclettes et motocycles; le 5, Grand Prix de France, coupe de la Sarthe; les _9 et 10 août_, meeting du Mont-Ventoux.--_Athlétisme_: du _9 au 24 août_, circuit pédestre de l'Ouest (300 kil. à pied), prix Dubonnet; le _11 août_ et jours suivants, tournoi du Havre, organisé par le Havre-Athlétic-Club.--_Cyclisme_: à la piste municipale (Vincennes), le _3 août_: grand prix Peugeot, course de primes; le _10 août_, championnat des transports, challenge du Bol d'air; championnat de la Seine (amateurs)--_Lawn-tennis_: tournois du mois d'août: le _2 août_, Pornic; le 3, Ostende, Etretat; le 4, Caux, Trouville, Lion-sur-Mer; le 10, Pornichet; le 11, Houlgate, le Havre, Saint-Moritz, Zermatt.--_Yachting_: le _3 août_, régates de la baie de la Somme, à Saint-Valéry-sur-Somme.--_Aviron_; le _10 août_, à Juvisy, championnats de Paris.--_Natation_: le _3 août_, dans le bassin d'Asnières, championnats interclubs.--_Tir aux pigeons_; à Aix-les-Bains, les _3 et 4 août_: prix de la Villa des Fleurs.

DOCUMENTS et INFORMATIONS

LE FUMIER ET LA FIÈVRE APHTEUSE.

La désinfection systématique des fumiers est une des précautions officiellement recommandées aux éleveurs dont les troupeaux sont atteints de fièvre aphteuse; mais c'est là une opération assez difficile à effectuer, et dont les résultats pratiques sont incertains. Aussi le conseil a-t-il été souvent formulé de ne jamais épandre ces fumiers dangereux, mais de les brûler à la ferme, pour éviter qu'ils puissent propager au loin les germes dont ils sont infestés.

Cependant un vétérinaire de Berlin. M. P. Loeffler, vient d'instituer à ce propos toute une série d'expériences dont les conclusions sont vraiment inattendues. Il a établi de façon certaine que l'agent pathogène de la fièvre aphteuse ne résistant pas à une température de 50 degrés, et, d'autre part, le fumier mis en tas et abandonné à la fermentation atteignant très vite une température de 70 degrés, il suffit d'amasser les litières des bêtes aphteuses, de les presser, de les recouvrir d'une couche de terre de 10 centimètres d'épaisseur, puis de les laisser en repos pendant cinq ou six jours pour leur conférer une véritable stérilisation. Nul doute que cette pratique ne se généralise bientôt dans les régions où sévit la redoutable épizootie.

LA LÉGION ÉTRANGÈRE ET LE DROIT INTERNATIONAL.

Un intéressant travail sur la _Légion étrangère et le droit international_ nous est présenté par M. Charles Poimiro sous la forme d'une thèse de doctorat (Berger-Levrault, 5 fr.). Cette substantielle étude qui passe au crible les critiques et les sophismes allemands doit être signalée à notre publie qui y trouvera un utile complément juridique à l'article que nous avons consacré à l'organisation de la légion dans notre avant-dernier numéro.

Le thème favori des attaques allemandes est que le fait de l'existence de notre légion étrangère constitue une inconvenante et permanente provocation à l'égard des autres nations. M. Poimiro réfute, avec un calme et clair bon sens, ces critiques.