L'Illustration, No. 3671, 5 Juillet 1913
Part 5
Tout d'abord, le Grand Prix, qui se disputait vers la mi-juin, a été reculé au dernier dimanche du mois: et la «saison» s'est trouvée prolongée d'autant. Puis, après le Grand Prix, on a créé d'autres grands prix. Ainsi Juillet, autrefois délaissé, abandonné des grâces et de la fortune, amène désormais, chaque année, le retour de brillantes épreuves, largement dotées, d'une grande importance au point de vue hippique, et auxquelles les chefs-d'oeuvre de goût et de luxe réunis, suivant la coutume, dans les pesages, apportent un attrait toujours nouveau,--depuis le Prix du Président, d'une valeur de 100.000 francs, qui doit se courir dimanche sur le délicieux hippodrome de la Société sportive, à Maisons-Laffitte, jusqu'au prix Eugène Adam (80.000 francs) et à l'Omnium de Deux Ans (50.000 francs), réservés au dernier dimanche de juillet. Auteuil, Saint-Ouen, Saint-Cloud, Chantilly, le Tremblay, connaîtront également des après-midi dorés. Et c'est, au total--les chiffres méritent d'être cités--une somme de 955.700 francs, près d'un million, que distribueront, dans ce seul mois, aux heureux vainqueurs, les Sociétés de courses parisiennes.
Il faudra voir, cette semaine et dans les semaines qui vont suivre, comment se gagnera cette fortune.
UN PARISIEN.
AGENDA (5-12 juillet 1913)
EXAMENS ET CONCOURS.--Un concours s'ouvrira le _7 juillet_ à l'École nationale d'agriculture de Grignon, pour la nomination d'un répétiteur de la chaire de technologie de cette école.--Un concours pour l'attribution de bourses entretenues par l'État dans les écoles pratiques de commerce et d'industrie aura lieu le _7 juillet_, au chef-lieu de chacun des départements où existent des écoles de cette catégorie.
LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE.--Suite: le _7 juillet_, violon; le 8, piano (hommes); le 9, opéra; le 12, distribution des prix.
EXPOSITIONS ARTISTIQUES.--Galerie Lévesque (109, faubourg Saint-Honoré): oeuvres de Thomas Couture (peintures, aquarelles, dessins).--Exposition de l'art du jardin en France: au pavillon de Marsan (Louvre), exposition rétrospective (peintures, dessins, gravures, tapisseries); à la Bibliothèque Le Peletier de Saint-Fargeau (29, rue de Sévigné), promenades et jardins de Paris (conférences le vendredi à 4 heures); à Bagatelle, jusqu'au _15 juillet_, l'Art du jardin.--Galerie Manzi-Joyant (15, rue de la Ville-l'Évêque), oeuvres d'artistes modernes.
A LA SOCIÉTÉ DES GENS DE LETTRES.--Le _5 juillet_, à 2 h. 1/2 à la Sorbonne, la Société des Gens de lettres fêtera le 75e anniversaire de sa fondation; le soir, au Grand-Hôtel, banquet suivi de concert.
SPORTS.--_Courses de chevaux: le 6 juillet_, Maisons-Laffitte; le 7, Rouen, Amiens; le 8, Rambouillet; le 9, le Tremblay; le 10, Compiègne; le 11, Maisons-Laffitte; le 12, Saint-Ouen.--_Cyclisme:_ au vélodrome municipal, à Vincennes, le _6 juillet_: finales du grand prix cycliste de la Ville de Paris; course de 50 kilomètres derrière tandems.--_Automobile: les 12 et 13 juillet_, grands prix de l'A C. F. motocyclettes et cyclecars, circuit de Picardie.--_Aviron:_ dans le bassin de l'île des Cygnes, les _13, 14 et 15 juillet_, grand prix de Paris des joutes lyonnaises.
UNE CHASSE AU FAUCON.--Le _6 juillet_, à Port-Aviation, à Juvisy, aura lieu un essai de résurrection de la chasse au faucon.
LES LIVRES & LES ÉCRIVAINS
LES NOCES DE DIAMANT DE LA SOCIÉTÉ DES GENS DE LETTRES
Samedi, alors que ce numéro aura déjà paru, la Société des Gens de lettres, en une série de solennités, célébrera le soixante-quinzième anniversaire de sa fondation. Dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, autour du président de la République, de ses deux prédécesseurs, des présidents des Chambres et du président de la Société des Gens de lettres, M. Georges Lecomte, seront réunis, en une séance solennelle, les représentants de tous les corps constitués de l'État, le corps diplomatique, l'Institut de France, toutes les compagnies et sociétés littéraires. Et de grandes voix, au cours de cette cérémonie, diront l'histoire de ce groupement exceptionnel qui, fondé en 1838 par Louis Desnoyer, Alexandre Dumas, Nisard, François Arago, Victor Hugo, Honoré de Balzac et Lamennais, sous la présidence de Villemain, fête aujourd'hui dans le plein épanouissement de sa puissante vitalité ses noces de diamant.
Et l'on verra, parmi les gens de lettres réunis à la Sorbonne, un très vieil et très digne écrivain qui sera, l'an prochain, centenaire. M. François Fertiault, le doyen de la Société, poète, romancier, linguiste, bibliophile, est né à Verdun en 1814. Il a rimé ses premiers sonnets de collège sous Charles X. Il était déjà un homme d'expérience lors de la Révolution de 1848, et ses cheveux commençaient de blanchir en 1870. Il a écrit des romans, dont les titres jolis évoquent la littérature d'une autre époque: _le Berger du Béage, le Garçon à Sylvain_. On lui doit aussi des contes, des rimes bourguignonnes, des satires sur le dix-neuvième siècle et un certain nombre de traductions et d'ouvrages de bibliophilie. Et l'on dit que M. François Fertiault se propose de nous faire la surprise d'un livre à l'occasion de son centenaire, d'un livre qui ne sera peut-être pas encore son dernier livre.
LE COMTE RODOLPHE
Certainement, lorsqu'il commença d'écrire ses _Mystères de Paris_, Eugène Sue avait déjà connu le noble et séduisant personnage qui lui inspira son prince Rodolphe. Il aurait pu, en tout cas, le rencontrer aisément entre 1830 et 1840, dans les salons où fréquentaient la jeunesse dorée et la société étrangère. De toutes façons, il en avait énormément entendu parler. Le prince Rodolphe s'appelait alors, dans la vie réelle, le comte Rodolphe, le comte Rodolphe Apponyi. Il était attaché, en qualité de secrétaire, à l'ambassadeur d'Autriche à Paris, le comte Antoine Apponyi, son cousin. On le nommait, lui, à la cour et à la ville où il était également choyé, le comte Rodolphe tout court. C'était, vers 1830, un fin jeune homme de grande allure, avec une figure mince, un peu allongée qu'éclairaient de grands yeux très ouverts. Aux tempes, et selon la mode, les cheveux châtain blond étaient ondulés au fer. Une imperceptible moustache claire ombrageait les lèvres spirituelles. Et lorsque, dans son costume somptueux de magnat hongrois, en velours, soie et fourrures, marquetés d'or, ce grand seigneur de vingt-sept ans paraissait dans une soirée diplomatique ou faisait une entrée magnifique dans les salons royaux, tous les regards, émerveillés et soumis, des femmes, allaient à lui.
Le comte Rodolphe eut certainement nombre de bonnes fortunes. Mais il ne paraît avoir connu que deux grandes affections féminines très profondes, très constantes, très attendries: l'une pour sa cousine l'ambassadrice, la délicieuse comtesse Antoine Apponyi, la «divine Thérèse», qui lui vint fermer les yeux lorsqu'il mourut prématurément à Vienne à l'âge de cinquante ans, après avoir vécu à Paris juste la moitié de sa vie. Son autre amour, reconnaissant et toujours ému, était pour la seconde femme de son père, une autre Thérèse, la comtesse de Serbelloni, qui éleva le jeune Rodolphe et qui demeura toujours pour lui sa «chère maman». Et c'est pour sa mère d'adoption qu'il rédigea chaque soir, de 1826 à 1851, les notes de sa journée parisienne et composa ainsi le volumineux manuscrit, le prodigieux trésor de documents vécus dont la révélation au public par M. Ernest Daudet[1] peut être considérée, dans le domaine des exhumations historiques, comme l'un des plus considérables événements de ces dernières années. Il vous faut, en effet, songer que, pendant sa longue jeunesse, le comte Rodolphe est, à Paris, l'arbitre des plaisirs et des élégances. Pour ses débuts, il organise les fêtes de l'ambassade avec tant de succès que bientôt les plus grandes dames recourent à lui pour présider aux bals qu'elles donnent. Tout le monde l'aime. Son inépuisable bonne grâce lui vaut la confiance et les confidences des belles ensorceleuses du temps. On le voit dans les salons des Montmorency, des Caraman, des Gontaut, des Narbonne, des Maillé, des d'Escars. Mais le comte Rodolphe ne s'occupe point que de frivolités. Il assiste en spectateur passionné aux spectacles de l'histoire, et, le soir venu, dans son journal, il note tout ce qui, grand ou mesquin, noble ou ridicule, l'a frappé pendant la journée qui vient de s'écouler; et, parfois, lorsqu'il s'agit de tracer un portrait décisif, avec un pittoresque personnel, ce grand seigneur hongrois retrouve la plume de notre Saint-Simon. Caustique et railleur, exprimant ses sympathies avec autant de vivacité que ses antipathies, il nous a dit avec une émotion irritée la chute de Charles X sans rien nous celer des faiblesses de cette fin de règne. Et cela donne la matière des premiers chapitres de ce journal, publiés il y a peu de mois.
[Note 1: _Journal du comte Rodolphe Apponyi_, publié par Ernest Daudet, tome I (1826-1830), tome II (1830-1834). Plon, éditeur, ch. vol. 7 fr. 50.]
Le second volume, paru d'hier, et qui nous parle des difficiles débuts de la monarchie de juillet, est encore plus riche en observations inédites. Le tableau tourmenté de cette cour incertaine, menacée par l'émeute et dédaignée par la haute société fidèle aux exilés d'Holyrood, est d'une émouvante vérité. «Jamais, écrit le comte Rodolphe, une plus méprisable et périlleuse anarchie n'a pesé sur la France.» Les ambassades s'attendent, chaque jour, à être pillées. Le nouveau roi se soutient à peine. Il est, à tout instant, guetté par des assassins. On danse cependant beaucoup et partout, pour s'étourdir, mais on sait bien que l'on danse sur un volcan. Le 1er février 1832, dans un grand bal de la cour, on découvre une conspiration à dix heures du soir. Quelques minutes encore et il n'était plus temps. Huit conjurés se trouvaient là, mêlés aux invités du roi. Douze personnes devaient être simultanément poignardées: le souverain, le prince royal, Casimir Périer et ses ministres. La police est avertie par un transfuge. Les conjurés, à leur tour prévenus, disparaissent. Mais une atmosphère de terreur enveloppe le bal où la chose est sue. Le duc d'Orléans, nerveux, ne danse plus. Il revient constamment vers la reine et il avoue au comte Rodolphe qu'il se sent trop fatigué pour pouvoir attendre la fin du bal. Le comte Rodolphe, qui est demeuré très attaché aux souverains proscrits, n'aime point le duc d'Orléans qu'il égratigne à chaque page. «Un prince royal républicain, dit-il, est une chose fort plaisante à voir.» Ce qui ne l'empêche pas de demeurer l'un des assidus des Tuileries, à moins qu'avec d'autres jeunes gens des ambassades il ne préfère, le soir, «courir l'émeute». Après quoi, on s'en va souper chez Tortoni.
Le choléra de 1832, qui tombe soudainement comme une malédiction sur la capitale de Louis-Philippe et qui met en deuil tous les salons de Paris, est également le sujet de notes très curieuses et très impressionnées, malgré leur écriture légère. Les médecins, impuissants, ordonnent, à tout hasard, des sangsues, de la glace, du charbon pilé.
L'un d'eux dit au comte Rodolphe:
--Mangez, buvez tout ce que vous voudrez. Vivez comme à l'ordinaire, et vous n'aurez point le choléra si vous n'avez pas la disposition; mais, si la disposition est dans votre corps, il n'y a rien au monde qui vous préservera, et vous êtes perdu sans retour si le choléra asiatique vous prend, car jamais personne n'en est revenu.
--A la bonne heure, répond le comte, voilà qui est parler en honnête homme!
Paris se tend de draperies mortuaires. La nuit, «on voit arriver de loin, dans les rues désertes, des hommes vêtus de noir, des torches à la main, avancer doucement à la triste lueur vacillante; on voit jusqu'à cinq cercueils entassés sur un corbillard fait pour n'en recevoir qu'un seul. Un réverbère rouge frappe vos yeux; il désigne le bureau de secours contre le choléra».
Puis l'épidémie se dissipe. Mais l'agitation sociale continue, et c'est sur la chute du ministère Soult-Thiers-Guizot que se ferme le second volume de ce journal, abondant, espiègle, parfois injuste dans ses hautaines antipathies, mais où l'on ne trouve cependant point les férocités de plume de la comtesse de Boigne, ni les spirituelles cruautés de la duchesse de Dino.
ALBÉRIC CAHUET.
LES THÉÂTRES
M. Léo Marchés a tiré une comédie du roman célèbre d'Alphonse Daudet: _Tartarin de Tarascon_. Cette adaptation, très fidèle, présente des qualités de pittoresque et de bonhomie; elle est des plus amusantes. Le publie y a pris grand intérêt et un plaisir non déguisé. Il faut dire que Tartarin c'est Vilbert, dont on ne saurait trop louer le talent comique, si aisé et si naturel, et qui a composé à souhait le héros de Tarascon. M. Lorrain, lui aussi, a campé un Bonnard tout à fait divertissant. Tous les rôles sont d'ailleurs excellemment interprétés par Mme Devimeur, Lorsy, Dancourt, Gravil et MM. Chabert, Basseuil, etc. La Porte-Saint-Martin a superbement mis Tartarin à la scène, dans de beaux décors de Jusseaume.
DOCUMENTS et INFORMATIONS
UNE MONNAIE ALLEMANDE COMMÉMORE 1813.
De toutes manières l'Allemagne tient à célébrer avec éclat le centenaire du _risorgimento_ national. Ce ne sont que fêtes et solennités dans tous les États de l'empire et la pièce qui avait été demandée à Gerhardt Hauptmann, 1813, n'est qu'une manifestation de cette joie orgueilleuse et bruyante.
Par ordre de l'empereur des pièces de monnaie de 1, 2 et 3 marks ont été frappées à cette occasion. Nous reproduisons ici, très agrandie, celle de 2 marks, qui vaut d'être décrite. Sur l'avers, elle porte la formule impériale «Deutsches Reich» et la date 1913. Le sujet, délicate attention, représente un aigle aux ailes éployées, symbole de l'Allemagne, qui étouffe dans ses serres puissantes un serpent tentant de l'atteindre une fois encore. Il n'y a aucune illusion à conserver en l'espèce: le reptile représente la France ou tout au moins Napoléon.
La légende du revers explique la scène qui s'y trouve représentée: _Der Kônig rief und alle, alle kamen_--le roi appela et tous, tous accoururent. Légende qui semble bien n'être à tous égards qu'une légende, même historique, puisque Gerhardt Hauptmann, dans sa pièce précisément, a une fois de plus montré que c'était le peuple, «_alle, alle_» qui appela Frédéric Guillaume III, en 1813, fidèle allié encore de Napoléon Ier.
On peut se demander s'il était particulièrement utile que l'Allemagne célébrât le centenaire de son indépendance en comparant la France--même impériale--à un serpent. Quels cris n'eussent pas manqué de pousser les pangermanistes si, à l'occasion du centenaire d'Iéna, nous eussions employé pareil symbole!
Nous ne parlons pas de la valeur artistique de la pièce. Il suffira pour l'apprécier de considérer une seconde l'agrandissement que nous en donnons.
LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL SOUS LE DÔME DE FLORENCE.
Le père Alfani, directeur de l'Observatoire de Florence, a voulu voir comment fonctionnerait une station de télégraphie sans fil complètement enfermée dans un monument, c'est-à-dire, en quelque sorte, mise sous cloche.
Il a installé dans la cathédrale de Florence une antenne formée par trois fils suspendus à la coupole et allant s'accrocher, à 4 mètres du sol, à un pilier d'où part le fil unique reliant l'antenne aux appareils récepteurs. La prise de terre elle-même se trouve à l'intérieur du monument, car elle est branchée sur un conducteur de paratonnerre qui aboutit à un puits logé dans un mur.
Cette installation originale permit d'entendre très nettement les télégrammes de la tour Eiffel, de Nordeich et de Toulon.
Cette expérience montre sous une forme amusante la puissance de pénétration des ondes hertziennes à travers les murailles; elle semble d'autant plus probante que les nombreux paratonnerres plantés sur la coupole interceptent pour la conduire dans la terre une partie de l'énergie électrique.
LE MOUVEMENT DE LA POPULATION FRANÇAISE EN 1912.
La question de la population est passée au premier rang des préoccupations nationales; aussi doit-on enregistrer avec une certaine satisfaction les résultats de l'année qui vient de s'écouler.
Pendant l'année 1912, en effet, la balance des naissances et des décès s'est soldée par un excédent de 57.911 naissances, tandis que l'année 1911 avait fourni un excédent de 34.869 décès.
Mais il faut noter que c'est à la diminution du nombre des décès que l'on doit, en grande partie, de constater cet excédent de naissances.
En effet, le nombre des décès en 1912 a été inférieur de 84.243 unités au nombre de 1911. En réalité, le nombre des naissances n'a augmenté que de 8.587. L'écart total est donc de 92.780 unités.
Pendant la période 1907-1911, l'excédent annuel moyen des naissances sur les décès a été de 16.025, nombre bien faible.
L'accroissement relatif de la population pour 10.000 habitants a été de 15 en 1912, tandis qu'il avait été de 18 en moyenne pendant la période 1901-1905, et de 7 seulement pendant la période 1906-1910.
Il avait fait place, en 1911, à une diminution de 9 pour 10.000 habitants.
En 1912, on a enregistré des excédents de naissances dans 56 départements, au lieu de 23 seulement en 1911.
_L'électrocution des animaux en Amérique._
La ligue protectrice des animaux de Boston a fort à faire; en 1911, elle a dû recueillir 23.000 chats, 5.500 chiens, 175 chevaux, plus un grand nombre de lapins, d'écureuils et d'oiseaux.
Devant les frais que nécessiterait l'entretien de tous ces abandonnés, la ligue s'est donné pour mission de les faire mourir aussi doucement que possible. Elle a installé à cet effet un matériel d'électrocution qui permet à un seul homme de tuer 200 chats ou chiens en une heure. Il faut faire passer le courant pendant une minute pour électrocuter un chat; une demi-minute suffit pour un chien.
On détruit ainsi une moyenne de 2.500 animaux par mois.
LA PRODUCTION DU DIAMANT DANS L'AFRIQUE AUSTRALE.
Il y a quelques mois (avril 1913) nous donnions, d'après M. de Launay, l'évaluation de la production totale des diamants depuis l'origine de l'extraction, production dont la valeur se chiffrait par près de 5 milliards de francs. Examinons maintenant la valeur de la production actuelle des grandes mines de l'Afrique australe.
Les trois principales compagnies exploitantes sont: la de Beers, la Compagnie Premier et la Jagersfontein. Voici le montant de la production au cours des dernières années:
De Beers.
1906........... 2.214.000 carats. 1907........... 2.619.870 1908........... 1.859.130 1909........... 1.308.830 1910........... 2.255.830
Compagnie Premier.
1906........... 899.745 1907........... 1.889.987 1908........... 2.078.835 1909........... 1.872.136 1910........... 2.145.832
Jagersfontein.
1906........... 219.271 1907........... 265.330 1908........... 224.204 1909........... 338.580
A la mine Premier, où l'on travaille à ciel ouvert, le carat brut revient à 8 ou 9 francs; à la de Beers où l'exploitation se fait au moyen de galeries profondes, le prix dépasse 30 francs.
Les prix moyens de vente actuels sont, par carat brut:
Mine Premier........ 20 à 22 fr. De Beers............ 50 à 55 Kimberley.......... 48 à 52 Jagersfontein....... 70 à 76
La Jagersfontein ne produit que des diamants de choix; la mine Premier produit du bord et du diamant de très belle qualité, ce qui donne un prix moyen très faible.
Le diamant perd à la taille environ moitié de son poids, mais sa valeur marchande devient quatre à six fois supérieure. On estime que le public achète, chaque année, pour 140 millions de francs de diamants bruts représentant pour plus de 600 millions de diamants taillés.
L'industrie diamantifère dans les mines du Cap occupe 5.000 blancs et 30.000 noirs; les salaires de ces derniers varient entre 40 et 80 francs par mois. Chaque tête de travailleur représente une production annuelle d'environ 30 grammes ou 150 carats de diamant, qui tiennent dans le creux de la main.
LAMPE À INCANDESCENCE PARLANTE.
Faire parler une lampe à incandescence, c'est-à-dire l'employer comme récepteur téléphonique, est une expérience assez curieuse et facile à réaliser.
Si on envoie dans le filament de la lampe un courant microphonique, les variations d'intensité du courant provoquent des variations de température du filament qui, dès lors, entre en vibrations. Ces vibrations se communiquent à l'ampoule qui peut ainsi produire des sons. L'expérience réussit d'autant mieux que le filament est plus gros et que l'ampoule est plus mince, car les variations de température sont alors plus grandes et l'ampoule vibre plus facilement.
On n'obtient pas de résultats avec des lampes de 16 ou 32 bougies; mais on réussit l'expérience avec une lampe Osram de 100 bougies, et mieux encore avec des lampes de 500 à 1.000 bougies, ou autres lampes ayant des ampoules très minces.
On «connexe» la lampe parlante et le microphone selon la technique ordinaire, en intercalant une bobine d'induction pour empêcher le courant du microphone de pénétrer dans le circuit d'alimentation de la lampe.
UNE FRANÇAISE DE METZ
Il y a quelques mois, nous annoncions la disparition, à Metz, d'une Lorraine de grand coeur, Mme Bezanson de Viville, qui avait été l'une des premières à honorer la mémoire des soldats tués sur les champs de bataille de 1870. Un nouveau deuil vient d'affliger ceux qui ont gardé, dans nos provinces perdues, le culte du souvenir: Mlle Clotilde Aubertin à qui, pour son amour de l'ancienne patrie, on avait donné, là-bas, ce beau surnom d' «Aubertin-la-France», est morte à un âge très avancé.
Née à Toulouse, où son père, un Messin, était inspecteur général des fonderies de l'artillerie, Mlle Aubertin vivait depuis très longtemps à Metz. Déjà, pendant le siège, elle s'était distinguée par son dévouement en se consacrant, comme infirmière, aux soins des blessés recueillis dans l'ambulance des Dames du Sacré-Coeur. Après la guerre, elle prit une part active à l'oeuvre des tombes militaires françaises qui remplissent le cimetière Chambière et le cimetière de l'Est: chaque année, avec un groupe de Messines, elle se rendait, en pèlerinage patriotique, au monument élevé à nos soldats, pour y déposer une couronne cravatée d'un ruban tricolore.
La Société française de l'Encouragement au bien lui avait, il y a une dizaine d'années, décerné sa grande médaille de vermeil.
LES PENDAISONS DE CONSTANTINOPLE
Nous avons, dans notre dernier numéro, publié les portraits des condamnés à mort, auteurs ou complices du meurtre du grand vizir Mahmoud Chefket pacha, qui ont été exécutés à l'aube du 24 juin. La photographie que nous reproduisons aujourd'hui donne la vision des potences après ces pendaisons exceptionnelles par le rang social de plusieurs des suppliciés.
Les uns et les autres avaient été revêtus des longues chemises blanches, l'espèce de suaire dont on les enveloppe quand ils vont mourir.
Le public ne se montra qu'après l'exécution, et l'affluence augmenta progressivement autour des pendus qui restèrent exposés jusqu'au soir.
LE PÉRIPLE AÉRIEN DE BRINDEJONC DES MOULINAIS
L'aviateur Brindejonc des Moulinais, que nous avons laissé à Stockholm, vient d'achever son merveilleux voyage.