L'Illustration, No. 3655, 15 Mars 1913

Part 5

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Un ingénieur allemand, M. Levy, a pu ainsi faire pénétrer les ondes hertziennes à une profondeur de 1.300 mètres, et déterminer par leur réflexion la position de la couche humide voisine.

Il y a lieu de remarquer, toutefois, que, les sols humides se comportant vis-à-vis des ondes hertziennes anime les couches de minerai, les indications fournies par cette curieuse méthode ont besoin d'être contrôlées par un autre procédé.

LES «ÉCLAIREURS DE FRANCE».

La sortie générale des équipes parisiennes des «Eclaireurs de France», dont nous avons rendu compte dans notre dernier numéro, a provoqué, dans le grand public, un mouvement de vive sympathie--auquel les préoccupations militaires du moment ne sont point étrangères--en faveur de cette excellente association. Beaucoup de nos lecteurs nous sollicitent de donner, à ce sujet, des renseignements précis; c'est un devoir que de les porter à la connaissance de tous ceux qui veulent préparer à notre pays de bons et d'intelligents soldats.

La société des Eclaireurs de France, dont le siège est à Paris, 146, rue Montmartre, groupe, sous l'autorité d'un comité directeur et de comités locaux, des jeunes gens de toutes les classes, âgés de onze ans au moins, auxquels on ne demande qu'une cotisation annuelle de 1 franc. Toute nouvelle recrue--munie de l'autorisation écrite de ses parents--doit, pour servir comme novice, apprendre les douze articles du «code de l'Éclaireur», qui consacre la pratique de ces belles vertus: la discipline, la loyauté, la générosité, le respect de soi-même, l'honneur, et prêter le serment dont nous avons déjà reproduit les termes. Après une période d'un mois, le novice passe un examen et devient Éclaireur de 2e classe; un autre examen peut, plus tard, l'élever au rang d'Éclaireur de IIe classe. Enfin des brevets et des signes distinctifs spéciaux, correspondant aux aptitudes de tireur, d'ambulancier, de cycliste, de cavalier, d'interprète, de mécanicien, voire d'aide-aviateur, sont décernés à ceux des éclaireurs qui font preuve de capacités particulières.

Tous ces jeunes gens sont groupés en «patrouilles», qui comptent de quatre à huit éclaireurs, commandées par un «moniteur»; plusieurs patrouilles se réunissent en «partis», dirigés par un «guide»; et trois ou six partis composent une «troupe», sous les ordres d'un capitaine.

Telle est, en son principe, cette organisation, destinée à former, comme le dit excellemment un article du règlement intérieur, «des hommes d'élite, provenant de toutes les catégories sociales, qui, par la force et la noblesse de leur caractère, autant que par leur jugement, leur décision et leur sens pratique, seront les guides, les vigies de la France, les vrais pionniers de sa civilisation et de son action commerciale, industrielle, maritime, militaire et coloniale». Les enseignements très variés qu'on leur donne, au cours de cette éducation morale et sportive, ont été présentés par un officier, le capitaine Royet, en un petit manuel précis et bien ordonné, _le Livre de l'Éclaireur_ (Librairie illustrée, 75, rue Dareau, et au siège de la société, 2 fr. 50). Le «scoutisme» y apparaît parfaitement adapté au tempérament français, et conforme au génie de notre race. On ne pourrait souhaiter, pour nos jeunes gens, meilleure école de solidarité, d'énergie et de patriotisme.

Ces navires, qui ont extérieurement l'aspect paisible d'un chalutier, cachent dans leurs flancs une infernale cargaison: 120 mines flottantes placées sur des voies, avec garages et aiguilles sont poussées à bras d'homme jusqu'à l'arrière, où par un sabord, elles sont jetées à la mer, à intervalles réguliers, sur la ligne de défense préalablement déterminée,--Ces navires peuvent être obligés de relever les mines qu'ils ont mouillées ou celles de l'ennemi; à cet effet, ils sont munis des tourets et des treuils nécessaires à cette opération.--Tous les logements d'officiers sont à l'avant.

Au cours de la guerre russo-japonaise, la mine sous-marine, qu'on appelle aussi torpille de blocus, a joué un rôle des plus importants. C'est un de ces engins semé par un torpilleur japonais qui amena la destruction complète et instantanée, à quelques milles de Port-Arthur, du grand cuirassé russe _Pétropawlosk_. A son bord se trouvait l'amiral Makharof, espoir de la marine russe, qui périt dans cette catastrophe. Un autre navire russe, l'_Ienisseï_, un cuirassé et deux croiseurs cuirassés japonais, _Fuji, Yoshino et Nishio_, sombrèrent également, crevés par l'explosion d'une mine sous-marine.

Les leçons de toute nature qu'a fournies cette guerre ont été soigneusement mises à profit par toutes les nations, mais on s'est préoccupé, plus spécialement peut-être, de préparer l'emploi intensif dans lès guerres navales futures, de ces engins. En fait, la torpille de blocus se compose actuellement de:

1° Un récipient contenant à la fois la charge d'explosif destinée à crever la coque du navire qui le heurtera, et le système d'inflammation de cette charge. Celui-ci, variable suivant les modèles adoptés, consiste le plus souvent en une lourde boule métallique placée dans une coupelle. Lorsque le navire vient heurter la torpille, le choc fait tomber la boule, celle-ci déclanche un percuteur qui détermine l'explosion de la charge.

2° Un système d'ancrage assez compliqué qui maintient la torpille entre deux eaux, à une profondeur exactement déterminée, tout en la fixant au fond de façon définitive par l'intermédiaire d'un cordage. On conçoit que ces engins mouillés en ligne, à des intervalles assez rapprochés, à l'entrée des rades, ou en travers des passes qui y conduisent, en interdiront l'accès aux forces navales qui essaieraient d'y pénétrer, à moins que ces forces ne soient précédées de navires de petites dimensions et munis d'un matériel qui leur permettra de déblayer le chemin en draguant les mines et en les faisant exploser.

Pour effectuer ces opérations de mouillage, et aussi de dragage, des mines sous-marines, on a été conduit dans toutes les marines à construire des bâtiments spécialement étudiés, et outillés.

La marine française ne possédait jusqu'à présent pour ce genre de service, que des contre-torpilleurs et deux petits croiseurs installés à faux frais et ne convenant par conséquent qu'à moitié au métier qu'on leur demandait. En réalité, nous manquions de ce matériel reconnu nécessaire. Cette lacune va être comblée. Le _Cerbère_, actuellement en achèvement à Cherbourg, et le _Pluton_, construit aux Chantiers Normand du Havre et mis à l'eau le 10 mars, sont deux navires de 600 tonnes dont les plans sont dus à l'ingénieur en chef des constructions navales Ferrand. On leur a donné des formes de chalutiers afin de tromper par leur apparence la surveillance de l'ennemi. Ils marcheront 20 noeuds et porteront chacun un approvisionnement de 120 torpilles, placées sur des rails longitudinaux, comme le montre notre dessin.

Si ce type de mouilleurs de mines donne satisfaction, il sera reproduit au nombre d'exemplaires nécessaire pour assurer dans nos escadres du Nord et du Midi ce service si important.

UN AVIATEUR A 6.000 MÈTRES

Le record de l'altitude, porté à 5.600 mètres par Garros, au mois de décembre dernier, vient d'être battu par l'aviateur Edmond Perreyon qui, parti de l'aérodrome de Buc, s'est élevé, en moins d'une heure, à 6.000 mètres.

Assez peu connu du grand public, l'auteur de cette prouesse est considéré, dans les milieux sportifs, comme un de nos plus brillants pilotes aériens. Chef pilote de l'école Blériot, chargé d'essayer les appareils et d'en diriger la mise au point, il montre, presque chaque jour, autant d'audace et de maîtrise que les plus réputés parmi les aviateurs.

UN ATTELAGE DE POLICEMEN

L'ouverture solennelle du Parlement britannique a été marquée par un incident que la presse londonienne commente avec un humour qui trouvera son écho à Berlin.

Le corps diplomatique se rendait à Westminster en carrosses de gala, quand une batterie du Royal Horse Artillery, postée dans le parc de Saint-James, tira le premier coup de la salve réglementaire.

Les attelages des divers ambassadeurs dressèrent bien l'oreille, mais ne bronchèrent pas. Il n'en fut pas ainsi des chevaux de l'ambassadeur d'Allemagne. Affolés par le fracas de la détonation, ils se sabrèrent, et, malgré tous les efforts du cocher et des valets, rompirent leurs harnais et brisèrent les brancards.

On put les maîtriser à temps, au moment où ils devenaient un danger pour la foule massée sur les trottoirs, et des policemen furent requis de traîner le carrosse jusqu'à la Chambre des lords.

Esclaves de la discipline, ils consentirent volontiers à traîner l'ambassadeur; mais les valets en pompeux uniforme durent suivre à pied.

LA MÉNAGERIE DE LA DANSE, par Henriot.

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