L'Illustration, No. 3648, 25 Janvier 1913

Part 4

Chapter 4986 wordsPublic domain

Des Hollandais, croyant cette opinion peu justifiée, ont fait un essai dans le comté de Norfolk; une première récolte de 3.000 tonnes de betteraves a été envoyée dans les sucreries du continent où elle a fourni un pourcentage de sucre très satisfaisant. En présence des résultats obtenus, une société a construit une usine à Cautley et elle a mis en culture la surface nécessaire pour produire environ 40.000 tonnes de betteraves à la récolte prochaine.

LA DURETÉ DE L'EAU ET LA DENTITION.

L'eau _dure_, c'est-à-dire tenant en dissolution beaucoup de sels et en particulier des sels de chaux, est, en général, considérée comme plutôt mauvaise pour la santé.

Or, d'après les observations d'un spécialiste allemand, le docteur Rose, la beauté de la dentition serait en raison directe de la dureté de l'eau de boisson. Voici, en effet, le pourcentage de dentitions entièrement saines observé chez des milliers d'enfants habitant des localités différentes où l'eau présentait des degrés hydrotimétriques de dureté fort variés:

Proportion. Dureté de l'eau de dentitions saines.

Moins de 2° ............... 1,3 %

5 à 10°.......... 4,3 %

15 à 20°.......... 6,4 %

25 à 30°........... 14,5 %

Plus de 38°................ 20,2 %

Les meilleures dentitions se trouveraient dans les localités où, en plus de la chaux, les eaux renferment de la magnésie qui durcit l'émail.

D'autre part, la chaux et la magnésie, en combattant l'acidité du sang, empêcheraient le rachitisme des enfants.

En fait, le nombre des jeunes gens aptes au service militaire augmente dans les régions où les eaux sont plus dures. Dans le département de Hohnstein, où les eaux ont 10 degrés hydrotimétriques, le nombre des recrues est environ moitié moindre que dans les régions où les eaux atteignent 30 degrés.

Aussi, le professeur Hempel, de Dresde, blâme les personnes qui recherchent des eaux de boisson très pures. Il recommande «l'eau tendre pour la baignoire et la chaudière, l'eau dure pour la carafe».

La course cycliste des six jours au Vélodrome d'Hiver.

UNE GRANDE ÉPREUVE CYCLISTE A PARIS

Si l'on excepte les épreuves mémorable; d'aviation, jamais peut-être, à Paris, une manifestation sportive n'attira la même foule, ne suscita le même enthousiasme que la course cycliste des six jours, organisée au Vélodrome d'hiver. Imaginée en 1896 par un Américain, cette épreuve comportait à l'origine une course individuelle de six jours, soit cent quarante-quatre heures; trois fois, elle fut disputée à New-York dans ces conditions d'une sévérité outrancière. Depuis plusieurs années la course a lieu par équipes de deux hommes ayant le droit de se relayer à leur guise.

Seize équipes, la plupart françaises, quelques-unes belges, américaines, ou mixtes, prirent le départ lundi 13 janvier, à 6 heures du soir. Ce nombre était peu à peu réduit à six équipes qui, fait extraordinaire mais s'étant déjà produit, terminèrent le parcours _ex-aequo_, après avoir couvert exactement 4.467 kil. 580, ce qui représente 17.870 fois le tour de la piste de 250 mètres. Pour stimuler l'ardeur des coureurs, plusieurs spectateurs avaient eu l'idée d'offrir des primes de 100, 200, 500 francs--notre confrère l'_Auto_ alla jusqu'à 1.000 francs--au coureur terminant en tête tel ou tel tour de piste. Les primes succédaient aux primes et, à la lueur de milliers de lampes électriques, l'épreuve s'acheva dans un enthousiasme indescriptible. Mais le résultat était nul. Une nouvelle course de vitesse, sur dix tours de piste, qui donna lieu à une lutte passionnante entre les deux champions qui tenaient la tête, le Français Dupré et l'Australien Goullet, fit attribuer la victoire à ce dernier.

La foule qui, au cours des six jours, a apporté aux guichets du vélodrome près de 250.000 francs, acclama le vainqueur et sembla oublier que, dans l'épreuve réelle des cent quarante-quatre heures, il y a six ou plutôt douze vainqueurs qui firent preuve d'uni; endurance mathématiquement égale. Ne sommes-nous pas habitués, en effet, à voir les grandes victoires sportives reposer sur des fractions de seconde?

LA CROIX DE Mme PAQUIN

Dans la promotion dite du 1er janvier, le ministre du Commerce vient de décorer Mme Paquin: en sa personne, la couture française, la rue de la Paix tout entière a été justement honorée.

Vice-présidente de la Chambre syndicale de sa profession, directrice, avec son frère, d'une maison fameuse Mme Paquin, dont le nom évoque à l'esprit des merveilles de luxe et de goût, méritait à coup sûr d'être choisie comme représentant d'une industrie qui a pris, depuis quelques années, une extension considérable. A toutes les expositions organisées à l'étranger depuis 1900, à celle de Turin, notamment, les pavillons de la toilette féminine française ont constitué l'une des attractions les plus courues.

Avec ses émules, plus qu'aucun autre peut-on dire, Mme Paquin a contribué à cet éclatant succès. Et elle a ainsi accru, au dehors, le prestige de la mode française.

M. GUSTAVE HABERT

Un des plus parisiens et des plus distingués parmi les grands chefs de la Compagnie P.-L.-M., dont il était aussi un vétéran, M. Gustave Habert, vient de mourir à l'âge de soixante-dix ans.

Entré tout jeune à la Compagnie, en 1862, M. Habert s'était fait remarquer de bonne heure par une intelligence pleine de tact s'alliant à une rare élévation de caractère. Après avoir franchi les divers échelons de la hiérarchie, il avait été appelé au poste envié de secrétaire général de la Compagnie; dans ces fonctions parfois difficiles, qui exigent autant de doigté que de fermeté, il sut, par sa bonne grâce et la sûreté de ses relations, se concilier toutes les sympathies.

Travailleur acharné, ayant conservé une verdeur que beaucoup envieraient à un âge moins avancé, M. Habert s'était décidé à prendre sa retraite, il y a seulement quelques mois. Nommé secrétaire général honoraire, il avait résigné ces fonctions, à la fin de 1911. Il avait été remplacé par M. Georges Goy, secrétaire général actuel, qui continue, avec d'aussi précieuses qualités, les traditions en honneur dans le haut commandement du P.-L.-M.

_Huit pages non brochées, dont quatre en couleurs, sur UN MOIS A PÉKIN complètent ce numéro._

[Note du transcripteur: Les suppléments mentionnés en titre ne nous ont pas été fournis.]