L'Illustration, No. 3645, 4 Janvier 1913

Part 4

Chapter 4381 wordsPublic domain

Le monument qu'il a conçu, et dont nous reproduisons ici la maquette, se recommande par une originalité assez hardie qui ne sera point pour déplaire aux amateurs de la statuaire ultra-moderne. L'interprète de Marie Stuart et de Médée est représentée, comme il convenait, dans une véhémente attitude: son effigie en bronze, haute de 3 mètres, se dressera sur un vaste piédestal de granit, encadrée par deux colonnes, sans autre ornement que deux masques à leur sommet, et qui ne mesureront pas moins de 7 mètres. L'ensemble apparaîtra colossal: on ne pouvait sans doute rendre à la Ristori un plus considérable hommage.

LA VENGEANCE DE LA GAZELLE

De tous les spectacles que permet de fixer la photographie, il n'en est point peut-être le plus curieux, de plus étrange parfois, que celui des moeurs animales, si diverses, si abondantes en aspects pittoresques et imprévus. On aura sans doute remarqué que la vie des bêtes nous fournit, en ce journal, de nombreuses gravures: à feuilleter, depuis quelque dix ans, les numéros de _L'Illustration_, on trouverait toute une histoire naturelle, fidèlement commentée par l'image. Le document reproduit ci-dessous devait y avoir sa place. Il y a trois mois, dans notre numéro du 28 septembre dernier, nous publiions un cliché représentant, sur la rive d'un fleuve africain, une gazelle capturée par un boa, qui, avant de la dévorer, l'enroulait de ses anneaux étouffants. La photographie que nous donnons aujourd'hui montre la revanche de l'innocent animal.

C'est dans le Sud africain, aux environs de Bulawayo, qu'elle a été prise récemment. Un python, long de 5 mètres, avait avalé, tout entière, une jeune gazelle, après l'avoir écrasée dans ses replis. On connaît l'extraordinaire faculté que possède ce reptile d'absorber les proies les plus grosses: saisissant sa victime par le bout du museau, il en introduit la tête entre ses mâchoires, qui s'écartent peu à peu, s'élargissent de manière à y faire pénétrer, tout d'une pièce, le corps de l'animal. Notre python avait réussi, non sans de laborieux efforts, à loger la gazelle dans son estomac, où il s'apprêtait à la digérer patiemment, lorsque les cornes acérées de la pauvre bête vinrent à percer le dos écaillé du monstre.

C'est dans cet état qu'on le trouva, mort, étendu sur le sol de toute sa longueur, le ventre dilaté, deux petites pointes trouant sa peau: la gazelle s'était vengée.