L'Illustration, No. 3277, 16 Décembre 1905

Part 1

Chapter 12,715 wordsPublic domain

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L'Illustration, No. 3277, 16 Décembre 1905

Avec ce Numéro Une Gravure hors texte LA CRUCHE CASSÉE, par GREUZE

LA REVUE COMIQUE, par Henriot.

Ce numéro contient: une double page en couleurs sur le 8e Salon de l'automobile; Et en suppléments:

1º _Une gravure hors texte_: LA CRUCHE CASSÉE, d'après J.-B. Greuze; 2º Le 4e fascicule du roman de J.-H. Rosny: LA TOISON D'OR.

L'ILLUSTRATION _Prix du Numéro: 75 Centimes._ SAMEDI 16 DÉCEMBRE 1905 _63e Année--N° 3277_

COURRIER DE PARIS

JOURNAL D'UNE ÉTRANGÈRE

Je ne connais pas M. le député Ribot. Mais je voudrais le connaître pour lui dire à quel point je suis contente de lui et combien j'admire son courage. Un journal raconte, en effet, qu'élu naguère membre de l'Académie des sciences morales et politiques, M. Ribot a volontairement négligé de commander à son tailleur l'uniforme fameux dont l'image liante les rêves ingénus de tant de vieillards. L'habit à palmes vertes ne tente point la coquetterie de M. Ribot; M. Ribot n'éprouve le besoin ni de suspendre à sa ceinture--pour prouver qu'il est un orateur de talent--une lame pointue, ni de poser sur sa tête ce chapeau bicorne dont une mode singulière veut qu'en France, à l'exemple des généraux, les garçons de recette et les académiciens soient coiffés. Et il ose avouer à ses amis la répugnance que cette tradition «de se déguiser» lui inspire! On élira bientôt M. Ribot membre de l'Académie française; cette fois, il lui faudra, bon gré mal gré, se déguiser; car l'Académie française ne plaisante point en ces matières et, chez elle, l'uniforme est resté de rigueur. Et M. Ribot ne dissimule point que cette coiffure emplumée, cette épée, ces feuillages brodés au plastron de l'habit et à la couture du pantalon lui gâtent par avance une partie de sa joie.

M. Ribot se consolera en pensant que les plus prestigieuses modes n'ont qu'un temps et que celle des déguisements académiques passera, comme les autres. On m'assure même que l'âme française s'est, à cet égard, depuis quelques années, démocratisée un peu. Il paraît que plusieurs académiciens ont pris l'habitude de porter, sous le gilet officiel à boutons d'or, le simple pantalon noir, et qu'à la Sorbonne il existe un vestiaire commun où les mêmes robes et les mêmes épitoges servent à plusieurs maîtres qui, suivant les besoins du service, se les repassent... Les professeurs ont, dans les lycées, renoncé depuis longtemps au port de la toque noire et de la toge; on a cessé d'orner, comme autrefois, les manches de tunique des bons élèves de galons de laine et d'or; au Palais même les règles de l'ancienne étiquette s'abolissent petit à petit: on a vu M. le bâtonnier Chenu, l'été dernier, s'y promener en bottines fauves et «canotier» de paille, et des gilets de fantaisie égayer de leur coloriage l'uniforme des juges. C'est une révolution, cela! Elle s'accomplit tout doucement, sans doute; mais M. Ribot n'est pas très vieux. Il a encore le temps de voir tomber en désuétude bien des modes niaises et, peut-être, qui sait? disparaître des bancs de l'Institut cet habit vert et ce chapeau à plumes sous lesquels on a vu tant d'hommes vénérables apparaître un peu comiques...

* * *

Délire et cohue aux Champs-Elysées. Le Salon de l'automobile a, pour la huitième fois, ouvert ses portes aux Parisiens. Et ce n'est pas seulement Paris qui envahit, depuis huit jours, le Grand Palais et les serres du Cours-la-Reine; c'est l'univers. Les trains d'Allemagne et d'Italie, les bateaux d'Amérique et d'Angleterre arrivent bondés. Paris s'est créé là une suprématie que tous avouent. Il en est fier, il a raison; et il me semble qu'il était juste que le sort désignât Paris pour le triomphe de cette industrie-ci. Nulle part elle n'eût réussi à s'épanouir avec tant d'éclat; car, en aucun pays, les femmes n'eussent composé autour de ses victoires un si délicieux et éblouissant cortège.

Les Parisiennes ne goûtent plus guère la peinture que les jours de vernissage, et, pour qu'elles s'intéressent aux chevaux, il leur faut l'exceptionnel régal d'un «grand prix» à Auteuil, à Chantilly ou à Longchamp. Au Salon de l'automobile, elles n'ont pas de ces coquetteries. C'est Alphonse Daudet, je crois, qui disait de la musique: «Je l'aime sans discuter, sans vouloir chercher les raisons de mon plaisir; je l'aime comme une bête.» C'est un peu, dirait-on, de cette façon-là que les Parisiennes aiment, à cette heure, l'automobilisme. Elles en sont allées inaugurer l'exposition; et on les a vues y revenir dès le lendemain, afin de renouveler en elles l'enthousiasme qu'elles y avaient ressenti la veille; et elles y sont retournées cette semaine; et la semaine prochaine, et jusqu'au 24 décembre--inclusivement--on les y rencontrera.

Diverses raisons amènent la Parisienne au Salon de l'automobile. Elle y vient pour prendre le thé, parce qu'il est convenu que, pendant trois semaines, c'est uniquement là qu'elle retrouvera ses amies. Elle y vient inaugurer quelques toilettes, parce qu'elle sait que c'est là qu'elle rencontrera les jeunes gens que son élégance ravit et les jeunes femmes que ses succès font enrager. Elle y vient peut-être aussi pour acheter une automobile; et elle y vient encore et surtout pour regarder l'automobile qu'elle n'achètera pas, et pour marchander avec conviction celle qu'elle achèterait si ses moyens lui permettaient d'en acheter une, ou enfin pour se mêler à l'élite de celles qui ont le moyen d'en acheter.

Illusion délicieuse, où sa vanité se complaît et s'attarde! Elle essaye des voitures; elle compare; elle discute. Avec cette promptitude d'assimilation où triomphe la Française, elle s'est fait une sorte de compétence; elle sait le jargon qu'il faut parler ici; connaît les noms des fabricants, se récrie sur la valeur d'une marque; elle n'ignore ou ne semble ignorer rien de ce qu'il faut savoir touchant la qualité des châssis de celui-ci et des cylindres de celui-là. Elle m'émerveille!

Et voilà peut-être de quoi expliquer, en partie, le frénétique essor de cette industrie neuve. Ce n'est pas _la cause_, assurément; c'est une des causes. L'automobile a les Parisiennes pour elle. Elle a les Parisiennes pour elle à cause des facilités de vie qu'elle procure et des vertiges qu'elle donne; parce qu'elle est un meuble très commode et un jouet très affolant; parce qu'elle est le véhicule le plus chic, étant le plus coûteux de tous. Sa cherté même en fait un symbole d'élégance; elle est l'un des signes à quoi une certaine élite se reconnaît...

* * *

En attendant les volumes d'étrennes qu'on va donner aux enfants sages, les académies font pleuvoir les couronnes et les billets bleus sur les grandes personnes qui font des livres. L'Institut proclame ses lauréats de l'année; aux frais d'un journal, un aréopage féminin prime le dernier ouvrage d'un jeune romancier, M. Romain Rolland; aux frais de deux écrivains morts, l'Académie Goncourt gratifie d'un don de 5.000 francs le roman d'un autre jeune,--un enseigne de vaisseau dont le pseudonyme est Claude Farrère. Et, de son côté, la Société des gens de lettres distribuera, ces jours-ci, quelques sommes... Que tout cela est peu de chose! Le dernier recensement quinquennal de la population m'apprend ceci, qui me confond: il y a, en France, 44.000 «artistes et littérateurs». N'est-ce pas de quoi décourager la libéralité des académies? Jamais, quoi qu'elles fassent, leurs ressources ne suffiront à panser les blessures, à consoler les misères engendrées dans 44.000 âmes par l'ambition d'écrire, de sculpter, de peindre ou de composer des partitions. Il y a bien quelques puissants dans cette foule-là; et quelques heureux et beaucoup de «demi-arrivés» pour qui la vie est possible, si leur soif d'honneurs et de richesses n'est pas grande. Mais les autres!

Les autres sont des jeunes gens, des hommes mûrs, des vieillards. Mais c'est aux jeunes que vont de préférence les prix qu'on distribue. Pourquoi? On trouve intéressant d'encourager la jeunesse, d'aider le débutant à «faire son trou». Il serait plus humain, ce me semble, d'aider les vieux à payer leur terme; et j'aimerais que les prix académiques allassent d'abord aux cheveux gris.

Ce qui est douloureux en art, ce n'est pas d'avoir vingt ans et de rêver la gloire; c'est, à soixante, de penser qu'on ne l'atteindra plus. Voilà les vraies tristesses,--celles qui auraient besoin d'être consolées les premières... Les jeunes gens sont, dans la pire détresse, armés des deux plus grandes forces qu'il y ait au monde: ils ont l'espérance et ils ont l'amour. L'avenir est devant eux; les femmes les aiment... Je ne les trouve pas intéressants du tout.

SONIA.

NOTRE GRAVURE HORS TEXTE

«LA CRUCHE CASSÉE», DE GREUZE

_La Cruche cassée_, le chef-d'oeuvre de Greuze, est l'un des tableaux les plus fameux de notre musée du Louvre. La grâce de la figure de la jeune fille, le charme piquant de son expression, la perfection de sa facture, justifient les enthousiasmés qu'a soulevés cette belle peinture. Diderot fut l'un de ses premiers fervents et lorsqu'elle parut, en 1765, il lui consacra l'une de ses pages les plus vibrantes et les plus jolies. C'est le type parfait de ce qu'on a appelé en badinant «les tendrons de Greuze». De toutes les ouvres du peintre, il n'en est pas qui caractérisent mieux son génie, qui, selon le mot de Charles Blanc, «consistait à arranger toujours les choses de manière que ni la volupté ni la morale n'y perdissent rien».

Au moment où quelques toiles, sensiblement contemporaines de celle-ci, ont atteint de si gros prix, il semble intéressant de rappeler qu'à la vente du marquis de Verri, en 1785, vingt ans après son apparition, _la Cruche cassée_ fut payée 3.001 francs. De combien de billets de banque ne la couvrirait-on pas aujourd'hui si elle pouvait courir de nouveau les hasards d'une vente!

La reproduction de _la Cruche cassée_, que nous offrons à nos lecteurs avec ce numéro, peut soutenir la comparaison avec les plus belles gravures tirées à petit nombre et cotées très cher chez les marchands d'estampes. Nous faisons actuellement reproduire par le même procédé _la Laitière_, également de Greuze: nos abonnés recevront ce pendant de _la Cruche cassée_ au mois de février prochain.

L'échéance du 31 décembre étant la plus importante de l'année, nous prions ceux de nos lecteurs dont l'abonnement expire à cette date de vouloir bien le renouveler le plus tôt possible, afin d'éviter tout retard dans la réception des premiers numéros de 1906».

NOTES ET IMPRESSIONS

La campagne veut des âmes tout à elle, des âmes fraîches, parce qu'elle est fraîche, des âmes jeunes, parce qu'elle est l'éternelle jeunesse. RENÉ BAZIN.

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Tout est dans nous et le monde extérieur se transforme, se colore aux mille nuances de nos passions. ALPHONSE DAUDET.

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La douleur est individuelle comme la maladie: chacun la traite suivant son tempérament. SAMUEL ROCHEBLAVE.

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Lorsqu'une éclaircie se fait dans la vie sombre, il faut en jouir avec toutes ses puissances de gaieté. MME JULIETTE ADAM.

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L'impérialisme de nos modernes monarchies ou républiques: une dernière, crise de mégalomanie sous la menace des douches que nous prépare le monde de demain.

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Entre vrais amis, les services ne se demandent pas, ils se rendent. G.-M. VALTOUR.

L'ESCADRE INTERNATIONALE EN RADE DE MITYLÈNE

De gauche à droite: le Szigetvar (crois. autr.); le Lancaster (crois. cuir. angl.); le Sankl Georg (crois. cuir. autr.--Vaisseau amiral); le Dard (torp. franc.); le Charlemagne (cuir. franc.); le Garibaldi (crois. cuir. italien); le Koubanetz (torp. russe).

L'INCIDENT TURC

La question du contrôle financier en Macédoine, qui avait amené l'occupation, par l'escadre internationale, de Mitylène et de Lemnos, est en voie d'arrangement. On a transigé: les puissances ont fait quelques concessions; moyennant quoi le sultan a accepté qu'une commission composée de conseillers financiers nommés et payés par les puissances exerce son contrôle sur le budget macédonien. Reste à savoir quel résultat effectif donnera dans l'application le fonctionnement de cette commission. En tout cas, l'incident est virtuellement clos, ou sur le point de l'être. Les navires des puissances n'ont sans doute plus longtemps à demeurer mouillés en rade de Mitylène, devant la petite ville aux toits de tuile que menaçaient leurs canons. Dans quelques jours, sans doute, on ne verra plus les allées et venues des vedettes amenant à la douane les marins des diverses nationalités, ou les remmenant à leurs bords à l'heure où l'on relève la garde. Ce joug qui pesait sur la gracieuse île ensoleillée était d'ailleurs des plus légers, et elle semblait le supporter sans impatience. Même le mouvement de curiosité que provoquaient, les premiers jours, les allées et venues des matelots s'était calmé vite. La garnison turque, cantonnée dans un bout de l'île, était séparée des troupes internationales par une zone neutre, et chacun vivait, bien tranquille, dans l'espace qui lui était attribué.

LES ÉVÉNEMENTS DE RUSSIE

L'ASSASSINAT DU GÉNÉRAL SAKHAROF

Le général Sakharof, qui avait été, de longues années, le chef d'état-major du général Kouropatkine au ministère de la Guerre russe, et qui l'avait remplacé, en 1904, à la tête du département, quand celui-ci fut nommé commandant en chef de l'armée de Mandchourie, vient de périr dans des circonstances tragiques. Démissionnaire du ministère de la Guerre depuis le mois de juillet dernier, il avait été récemment envoyé à Saratof, pour réprimer les troubles agraires. Le 5 décembre, le général travaillait dans le cabinet du gouverneur quand on lui annonça une visiteuse. Il la fit introduire auprès de lui. C'était une femme d'une trentaine d'années, élégamment vêtue. Elle se présenta comme propriétaire foncière, sollicitant un secours, et tendit une supplique au général. Soudain, tandis qu'il lisait l'écrit, il reçut à bout portant quatre balles de revolver. Blessé grièvement, le général Sakharof s'enfuit dans la pièce voisine où il s'évanouit. Il succomba rapidement. Il avait été atteint au coeur, au poumon, au bras, dans le dos. Il avait seulement cinquante-sept ans.

LA MUTINERIE DE SÉBASTOPOL

La sédition qui a éclaté le 25 novembre dernier à Sébastopol, et sur laquelle, en raison de l'irrégularité des services postaux, nous recevons seulement les premiers documents photographiques qui soient parvenus en France, a rappelé, mais avec un autre caractère de gravité, l'affaire fameuse du _Potemkine._

Les mutins (marins casernes à terre et soldats du régiment de Brest-Litovsky) s'étaient rendus maîtres du transport _Otchakof_ et en avaient expulsé les officiers et les marins fidèles au devoir.

Le 27 au soir, les rebelles délivraient un officier, le lieutenant Schmidt, qui allait être jugé pour avoir tenu un discours révolutionnaire, et le mettaient à leur tête. Il prit le commandement de l'_Otchakof_, sur lequel il arbora le drapeau rouge, et parvint à capturer les torpilleurs le _Sviryopi_ et trois autres qui avaient tenté de torpiller son navire.

Le lendemain, il enlevait, par un hardi coup de main, les officiers du _Panteleimon_ (ancien _Potemkine_) et les emmenait à son bord comme otages. On dut recourir à la force pour dompter les insurgés, et un duel d'artillerie s'ouvrit, dans l'après-midi du 28, entre leur escadrille, d'une part, et l'escadre, qu'appuyait de terre de l'artillerie de campagne. L'_Otchakof_ put tirer seulement six coups, et, un incendie s'étant déclaré à son bord, il se rendit. Le lieutenant Schmidt était blessé grièvement.

Le matin du 29, l'amiral Tchoukhine était maître de la situation.

Depuis quelque temps déjà, on voyait circuler parfois à travers les rues de Paris un omnibus automobile, effectuant une marche d'essai et chargé de voyageurs fictifs, c'est-à-dire de sacs de sable. L'ouverture du Salon de l'automobile fournissait tout naturellement l'occasion de rendre ces épreuves plus intéressantes, en substituant aux sacs inertes de vrais voyageurs, capables d'apprécier les avantages ou de constater les défauts des véhicules perfectionnés. La Compagnie des Omnibus vient donc de mettre provisoirement à la disposition du public neuf voitures nouveau modèle, actionnées par des moteurs de marques différentes, qui accomplissent le trajet de la place de la Bourse au Cours-la-Reine par la rue Vivienne, les boulevards, la place de la Concorde et les Champs-Elysées.

L'ACCIDENT DE LA GARE DE CHARING-CROSS, A LONDRES

Un très grave accident s'est produit à Londres, dans l'après-midi du 5 décembre: la toiture de la gare de Charing-Cross s'est brusquement effondrée avec un fracas épouvantable, entraînant dans sa chute des équipes d'ouvriers occupés à des travaux de réfection, écrasant plusieurs wagons des trains formés le long des quais, en même temps que s'écroulait un mur mitoyen de soutènement, qui sépare ce vaste hall de la salle de l'Avenue-Theatre.

Le premier moment de stupeur passé, lés pompiers et les agents de police accourus en toute hâte entreprirent, au milieu d'un épais nuage de poussière, de fumée et de suie, le laborieux déblaiement des décombres, inextricable amas de fers disloqués, de verres brisés, de gravats, sous lequel gisaient les victimes.

Le nombre n'en était pas aussi considérable qu'on l'avait craint d'abord; mais il s'élevait cependant à une trentaine, dont sept morts.