L'Illustration, No. 3266, 30 Septembre 1905
Part 4
Fille du ténor Marié, de l'Opéra, Mme Galli-Marié, après de brillants débuts au théâtre des Arts de Rouen, était entrée en 1862 à l'Opéra-Comique, où elle obtint un vif succès dans la _Servante maîtresse_, de Pergolèse. Devenue bientôt une des étoiles de la salle Favart, elle devait, durant une longue carrière, conserver la faveur du public, comme principale interprète de divers ouvrages comiques ou dramatiques: _Lara, le Capitaine Henriot, Fior d'Aliza, Fantasio, Don César de Bazan, Piccolino_, etc. Mais c'est surtout à _Mignon_, d'Ambroise Thomas, et à _Carmen_, de Bizet, que son nom demeure associé, et l'on s'accorde à reconnaître qu'en ces deux rôles, personne n'a surpassé leur triomphante créatrice, qui les avait marqués de son empreinte personnelle.
Mme GALLI-MARIÉ DANS SES DEUX PRINCIPAUX ROLES.--_Phot. Nadar._
Mme Galli-Marié ne se montrait pas seulement habile à tirer parti d'une voix chaude et vibrante de mezzo-soprano; à la virtuosité de la cantatrice elle joignait le jeu expressif, le talent plein de souplesse et d'originalité d'une excellente comédienne.
LE COLONEL MARCHAND EN ESPAGNE
Le colonel Marchand visite en ce moment l'Espagne en touriste. Accompagné de quelques amis, il accomplit son tour en automobile, ne se contentant pas des haltes dans les sites classiques, dans les villes fameuses, et traversant souvent des bourgades perdues dont le charme pittoresque demeurera à jamais inconnu des pèlerins du «voyage circulaire à prix réduit».
L'autre jour, en allant voir les ruines antiques de Merrida--l'_Emerita Augusta_ des Romains--il dut passer à Castuera, dans l'Estramadure. C'était la première fois qu'y paraissait une automobile. Et l'on imagine sans peine quel succès de curiosité obtinrent, auprès des populations massées en rangs pressés sur leur route, le colonel et ses compagnons, et surtout leur machine.
NOTRE GRAVURE DE PREMIÈRE PAGE
DEUX DIPLOMATES EN TÊTE A TÊTE
Les négociations franco-allemandes engagées au sujet de la question marocaine auront singulièrement traîné en longueur. Toutes les difficultés semblaient aplanies, lorsque de nouvelles objections ont surgi du côté de Berlin; il a fallu entamer des pourparlers complémentaires afin de régler divers points restés douteux, de déterminer certaines précisions jusqu'aux plus menus détails.
Deux notables diplomates ont été chargés de cette tâche délicate: pour la France, M. Revoil, directeur du cabinet du ministre des Affaires étrangères; pour l'Allemagne, le docteur Rosen, récemment nommé représentant de cette puissance à Tanger. Celui-ci, qui doit aller remplacer le comte Tattenbach après l'accomplissement de sa mission spéciale à Paris, a fait, jeune encore, une brillante carrière à la chancellerie impériale. Quant à M. Revoil, il était d'autant mieux qualifié en la circonstance qu'avant de devenir gouverneur général de l'Algérie en 1901, il occupait le poste de ministre de France au Maroc.
Ces messieurs se sont abouchés le 8 septembre, au quai d'Orsay, et, depuis cette date, il ne s'est guère passé de jours sans qu'on lût dans les journaux une information concise constatant ou annonçant une entrevue de M. Revoil et du docteur Rosen. Voilà donc trois semaines que dure leur conversation. Que se sont-ils dit au juste? Mystère et secret professionnel! Mais il y a lieu de présumer qu'ils échangèrent des propos intéressants et que les subtilités de la «forme» leur fournirent une rare occasion d'exercer leur patience; car en style diplomatique, on le sait, les moindres mots, une virgule même, prennent parfois une importance capitale. On souhaite que leur commun effort aboutisse enfin à un résultat satisfaisant.
_NOUVELLES INVENTIONS_
_(Tous les articles compris sous cette rubrique sont entièrement gratuits.)_
L'AÉRIFÈRE GOULAS
Cet ustensile consiste en un système à crémaillère s'adaptant à toutes les fenêtres, ainsi qu'aux portes de balcons à ferrure crémone, et permettant de les maintenir entr'ouvertes à volonté pour aérer les appartements, sans crainte qu'un malencontreux coup de vent vienne les ouvrir ou les fermer brusquement, en provoquant, par cela même, un désastre quelconque: carreaux cassés, rideaux déchirés, potiches renversées.
Tout le monde sait qu'un certain nombre de maladies s'entretiennent ou prennent naissance dans l'air vicié, chargé de vapeurs méphitiques qui s'agglomèrent dans des proportions considérables à l'intérieur des habitations tant par la respiration que par tout foyer de combustion, éclairage ou chauffage, etc.
Il convient donc de remédier à ce grave inconvénient en renouvelant l'air pur qui est l'agent principal de la santé. De nos jours l'importance accordée à l'air fréquemment renouvelé est tellement considérable qu'on n'hésite pas à lui attribuer la guérison des tuberculeux à qui les médecins recommandent de conserver leurs fenêtres ouvertes jour et nuit.
On obtient ce résultat par un moyen simple et d'une façon constante en toute saison à l'aide d'un appareil approprié à cet usage et nommé Aérifère, tel que le représente le dessin ci-contre (fig. 1).
Cet appareil, avons-nous dit, est à crémaillère; c'est-à-dire muni de crans permettant de régler l'ouverture suivant les besoins. Ainsi, lorsqu'il est posé seulement au premier cran dans la gâche, la fenêtre est à peine entr'ouverte, mais laisse le passage de l'air en haut et en bas, ce qui constitue une sorte de ventilateur; l'air pur entrant par le bas chasse l'air vicié par le haut. En posant l'Aérifère aux crans plus éloignés, on obtient forcément une plus grande ventilation.
Par son utilité, la sécurité qu'il offre et la modicité de son prix, la place de l'Aérifère est marquée partout, aussi bien dans les appartements privés que dans les salons, salles de réception, etc. Il est surtout indispensable dans les chambres à coucher en toute saison, mais principalement pour les nuits d'été. Cet appareil s'adapte très facilement au moyen de trois vis et se place à une vingtaine de centimètres au-dessus de la poignée de crémone ou quelques centimètres au-dessous. On commence par placer la crémaillère sur le battant du ventail gauche de la fenêtre que l'on tient fermée, on la pose avec la vis à environ un centimètre et demi, du bord (voir la fig. 2), sans oublier de placer la petite rondelle de fer entre le bois de la fenêtre et la crémaillère, afin que le roulement ait lieu fer sur fer, sans détériorer le bois. Après cette première pose, on entr'ouvre la fenêtre, on relève la crémaillère horizontalement et l'un présente la gâche à cheval sur la ferrure de la crémone pour tracer la place des vis qui doivent la maintenir après avoir posé la crémaillère pour s'assurer du niveau.
Le prix de l'Aérifère est de 2 francs chez _M. A. Genty, à Pocé (Indre-et-Loire)._