L'Illustration, No. 3265, 23 Septembre 1905

Part 3

Chapter 33,542 wordsPublic domain

Deux observateurs anglais ont recherché quelle action le radium pourrait bien exercer sur des fibres végétales et animales: sur du fil de soie et du fil de coton en particulier. Ils ont exposé un certain nombre de ces fils à l'action du radium, à petite distance, pendant un temps qui a été de quelques jours; et chaque jour, ils ont retiré quelques fils pour en éprouver la résistance à la rupture. Cette expérience a montré que la force du fil va en diminuant de façon évidente et régulière. Pour la soie, la force initiale, avant l'expérience, était de 78 grammes; le fil ne brisait que sous un poids de 78 grammes. Mais, sous l'influence du radium, la résistance diminue chaque jour de 4 grammes environ. La résistance du coton diminue aussi, mais plus vite durant les premiers jours. La résistance initiale étant de 370 grammes, la diminution est d'abord très forte: de 60 grammes par jour. Après quelques jours, elle continue bien à diminuer, mais d'un chiffre moindre. Si, au lieu de faire agir le radium sur des fibres sèches, on le fait agir sur des fibres mouillées, on observe, au contraire, une augmentation de résistance. Mais cette action est temporaire: il ne faut pas compter qu'on pourra, par le radium, renforcer les fils ou les tissus.

L'ÉLEVAGE DES HIRONDELLES EN CAPTIVITÉ.

Une correspondante de la Société d'acclimatation, Mlle L. Reyen, a donné à cette Société quelques renseignements intéressants sur l'élevage en captivité des hirondelles et d'autres oiseaux sauvages de notre région. Mlle Reyen, qui a, à ce sujet, une expérience déjà longue--elle a gardé sept ans une hirondelle de cheminée et dix-sept ans un rossignol--conseille, pour élever les jeunes, une pâtée faite de viande, de biscuits, de graines, bien mélangée et parfaitement séchée. Elle y ajoute des insectes: mouches, cousins, papillons, petits coléoptères, vers de farine, et surtout des araignées.

Les araignées semblent être indispensables aux oiseaux insectivores à qui elles servent de nourriture et de médicament à la fois. L'araignée semble être purgative et dépurative, et il convient d'en donner deux ou trois, au printemps, à l'oiseau captif, pour l'entretenir en bonne santé. Très recommandée encore, la carotte fraîchement râpée. Tous les quinze jours, il convient aussi de faire boire à l'hirondelle de l'eau où macère de la graine de lin. Cette eau convient au rossignol; la fauvette se trouve mieux d'eau miellée. Les hirondelles supportent bien la captivité, à condition qu'on les tienne au chaud en hiver. Elles muent au milieu de la mauvaise saison, mais la crise n'a rien de grave si l'on a soin de les bien nourrir. Mlle Reyen possède depuis treize ans une fauvette à tête noire qui chante fort bien, mais la pauvre petite bête a chaque année une crise de goutte. Or sa protectrice est là qui veille; dès que vient le mal, elle lui administre une liqueur de sa composition qui, très rapidement, dissipe l'accès. Très probablement la goutte est une des conséquences de la captivité: l'oiseau captif a rarement assez d'espace dans sa volière pour pouvoir prendre tout l'exercice dont il a besoin.

L'INSENSIBILISATION PAR LES RAYONS BLEUS.

Un professeur de la Faculté de médecine de Genève, M. G. Redard, vient de faire connaître un procédé nouveau pour la production de l'anesthésie générale, donnant des résultats aussi complets, et beaucoup moins dangereux, que l'emploi du chloroforme ou de l'éther. Ce procédé est basé sur l'effet des rayons bleus.

On connaissait depuis longtemps l'influence psychique des couleurs fondamentales, et l'on savait que le rouge est excitant, que le jaune porte à la tristesse et que le bleu est d'un effet franchement calmant, avec production d'un sentiment de bien-être.

Or, M. Redard a trouvé qu'en employant les rayons bleus avec une certaine intensité, non seulement on obtient un effet sédatif, mais encore on produit une insensibilisation permettant les opérations chirurgicales de courte durée.

Pour obtenir ce résultat, il suffit d'une lampe électrique de seize bougies, munie d'une ampoule de verre bleu, avec un réflecteur nickelé. Le malade regarde fixement la lampe, à une distance de 15 centimètres, la tête et la lampe étant recouvertes d'un voile bleu pour écarter la lumière diffuse du jour.

Au bout de deux à trois minutes, l'anesthésie est obtenue; ce dont on est averti par une dilatation de la pupille.

La théorie du phénomène n'est pas très claire. En tout cas, il ne s'agit pas d'un effet hypnotique analogue à celui qu'on obtient par la fixation du regard sur un objet brillant, car, avec les rayons jaunes ou rouges, les résultats sont nettement négatifs.

LE TISSAGE ET LA COUTURE CHEZ LES ANIMAUX.

Bien des opérations, qui paraissaient être propres à l'homme, ont été observées chez les animaux; et l'on en connaît qui sont bâtisseurs, fileurs et même agronomes.

Telles certaines fourmis, qui ont été si bien étudiées par M. Forel en Colombie.

Mais l'industrie la plus curieuse qui ait été observée chez les animaux est bien celle qui consiste à coudre et à tisser, comme M. Ridley vient de le signaler chez une fourmi de l'Inde.

Cet insecte prend ses larves dans sa bouche et, comme ces larves sécrètent du fil pour se tisser leur cocon, en les passant dans une série de trous, il arrive à coudre ensemble des feuilles pour se former un nid d'un tissu résistant. La production du fil des larves s'est d'ailleurs exagérée, probablement sous l'influence de cette utilisation indirecte.

Cette observation n'est pas unique. Elle a été renouvelée par M. Goeldi sur une fourmi brésilienne. M. Goeldi rapporte avoir vu des fourmis piquer des feuilles avec leurs larves tenues dans la bouche, et coudre en zigzag pour juxtaposer ensemble des feuilles dont se constitue leur nid.

LES THÉÂTRES

Les Nouveautés viennent de faire une très heureuse entrée en campagne avec une pièce de M. G. Duval: _Dix minutes d'arrêt_, il n'en faut pas davantage pour décider au mariage une jeune veuve qu'une première union avec un membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres avait laissée désenchantée. Ce revirement, obtenu par des moyens un peu libres, mais fort gais, est excellemment exposé par Mlle Lender, MM. Noblet, Germain et Colombey.

Les bonnes pièces font, dit-on, les bons acteurs. _La Belle Madame Héber_, comédie en quatre actes de M. Abel Hermant, que vient de nous donner le Vaudeville, a été inégalement interprétée, ce qui suffirait à indiquer qu'elle est elle-même inégale. La valeur littéraire de M. A. Hermant, hautement affirmée dans deux ou trois scènes, qui sont fort belles en soi, se dépense, le reste du temps, en caquetages mondains du caractère le plus déplaisant. L'immoralité de la plupart des personnages qui forment l'entourage de Mme Riverol, entremetteuse inconsciente, a quelque chose d'artificiel, de voulu, qui lasse le bon vouloir des spectateurs.

Au théâtre de la Gaîté, nous avons eu une bonne reprise du _Roman d'un jeune homme pauvre_, d'Octave Feuillet. Le talent chaleureux de Mme Suzanne Munte et de M. Marquet parvient à faire applaudir des sentiments et un langage quelque peu démodés, et met en relief les intentions de la pièce, qui sont grandes et généreuses.

UNE ACADÉMIE PROVINCIALE

L'Académie de Mâcon vient de célébrer solennellement son centenaire. L'événement n'est pas négligeable; sous son apparence de fait exclusivement local, il se rattache, en effet, à des intérêts d'ordre général. Il y a en France nombre de ces sociétés de province, véritables conservatoires des arts, des sciences et des lettres, qui sont comme les ramifications naturelles de notre Institut national et constituent une des meilleures formes de la décentralisation: réunissant l'élite d'une région ou d'un département, apportant au fonds commun l'utile contribution de leurs travaux, elles narguent, par des preuves constantes de leur vitalité, les dédains préconçus, les épigrammes faciles des gens enclins à s'imaginer que toute l'activité intellectuelle de notre pays se borne à l'enceinte de Paris.

Or, parmi les plus florissantes de ces compagnies provinciales, l'Académie de Mâcon se distingue au premier rang; on se fera une idée de son importance en constatant qu'elle compte actuellement 7 membres d'honneur, 30 membres titulaires, 34 membres associés, 15 membres correspondants et qu'en outre elle correspond avec 241 autres sociétés, dont 21 étrangères. Elle a pour siège le magnifique hôtel Senecé, un bijou architectural du dix-septième siècle, et certes nul autre ne pouvait mieux lui convenir que l'ancienne demeure du gentilhomme de lettres mâconnais, auteur d'oeuvres aimables jugées dignes de figurer dans la Collection des «petits classiques français».

C'est là que, le 9 septembre, date du centième anniversaire de sa fondation, elle recevait les délégués des nombreuses sociétés savantes invitées aux fêtes dont son diligent secrétaire perpétuel, M. Armand Duréault, fut le principal organisateur. Une séance publique les inaugura, où prirent la parole le vénérable président, M. Pellorce, aujourd'hui octogénaire et appartenant à la compagnie depuis cinquante-trois ans; M. Travers, directeur adjoint de la Société française d'archéologie, et M. Duréault, qui retraça l'histoire de la compagnie durant le siècle écoulé et donna, lecture de son rapport sur les divers concours. Le soir, au banquet de cent couverts, des orateurs qualifiés, entre autres Me Jacquier, l'éminent avocat lyonnais, ne portèrent pas moins de quinze toasts chaleureux, et chaque convive reçut une médaille commémorative, laquelle va devenir le jeton de présence pendant le nouveau siècle d'exercice.

Le deuxième jour, hommage aux académiciens défunts: service funèbre; éloquente allocution de l'évêque d'Autun, le; cardinal Perrault, de l'Académie française, membre d'honneur de l'Académie de Mâcon; puis, le profane succédant au sacré, soirée de gala au théâtre municipal, avec le concours de deux excellents musiciens du cru, MM. Lenormand père et fils; d'artistes réputés du Théâtre-Français et de l'Opéra, membres associés de l'Institut bourguignon. Entre temps, à l'hôtel Senecé, sous la présidence du cardinal, distribution des prix d'encouragement au bien (12 médailles et 3.800 francs). La veille, à la séance d'ouverture, 24 médailles et 3.350 francs avaient été décernés pour récompenser la littérature,--prose et poésie--la peinture, la sculpture, la musique, l'archéologie et l'agriculture.

Enfin, une troisième journée fut consacrée à une excursion tout indiquée. Sous la conduite de l'infatigable secrétaire général, une caravane de 75 invités accomplit un pèlerinage au château de Saint-Point, dans le parc duquel repose le plus illustre des enfants de Saône-et-Loire, Lamartine, et qui est aujourd'hui la propriété de M. de Montherot, petit-neveu du poète. De là, elle monta jusqu'à Tramayes et, par une route merveilleuse, se rendit à la célèbre station préhistorique de Solutré, dont la roche légendaire, témoin de l'âge de pierre, est également prisée des savants archéologues et des touristes amateurs de pittoresque original.

En résumé, le caractère de ces fêtes mémorables, leur programme où la part des pauvres ne fut point oubliée, leur complète réussite, font le plus grand honneur à leurs organisateurs ainsi qu'à la très ancienne, très glorieuse et très prospère Académie de Mâcon.

NOTRE GRAVURE DE PREMIÈRE PAGE

LA VIE MONDAINE EN AUTO: UNE PRÉSENTATION

L'automobilisme a ses «mondanités»; on peut même dire qu'il est devenu le sport mondain par excellence. Comment concilier, avec certaines de ses inéluctables exigences, plutôt fâcheuses, le culte de l'élégance chère à ses plus fervents adeptes? Problème difficile! Les hommes, avant tout soucieux de leur rôle de conducteurs--voire de réparateurs, au besoin--semblent généralement se désintéresser de la solution; mais les femmes s'y ingénient de leur mieux, et leur coquetterie, qui n'abdique jamais, s'efforce de tirer parti du harnais spécial dont il leur faut s'affubler pour se garantir des coups d'air et de la poussière. Est-ce sans succès? On aurait mauvaise grâce à le prétendre. Il n'en reste pas moins qu'une «présentation» entre automobilistes de marque ressemble assez à une scène de bal masqué.

LE GÉNÉRAL THIBAUDIN

Le général de division Jean Thibaudin vient de mourir, à Paris, à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Il avait fait la campagne d'Italie, en 1853, comme capitaine. Il y avait gagné la croix. En 1870, quand éclata la guerre, il était lieutenant-colonel. Fait prisonnier avec l'armée de Metz, après avoir été blessé à Rezonville, où il s'était distingué, il fut interné à Mayence. Il s'évada et, sous le nom de Comagny, revint prendre du service. On lui donna le commandement du 10e régiment provisoire dans 'armée de la Loire. Il était nommé, peu après, général au titre auxiliaire. En décembre, avec le 24e corps dont il commandait la 2e division, il quittait Lyon pour se porter sur Besançon, puis voler au secours de Belfort. Il prit alors une part importante aux combats livrés par Bourbaki. Pendant la retraite vers la Suisse, il reçut le commandement du 24e corps. Il attendit la paix à Berne.

A la révision des grades, on le nomma colonel.

Général de brigade en 1877, directeur de l'infanterie au ministère, il accepta le portefeuille de la Guerre en janvier 1883, au moment où le général Billot l'abandonnait plutôt que de rayer des cadres les princes d'Orléans. Ce fut lui qui accomplit cet acte. Il quitta le ministère au mois d'octobre de la même année. C'est lui qui avait rétabli les tambours, supprimés par le général Farre.

Il était à la retraite depuis 1887.

LE MEETING AUTOMOBILISTE DU MONT VENTOUX

Cette année, comme les précédentes, ont eu lieu, les 16 et 17 septembre, sur la côte du mont Ventoux, deux épreuves d'automobiles, l'une réservée aux touristes, l'autre aux coureurs de vitesse. La première a été gagnée par M. Mottard, de Lyon; la seconde a eu pour vainqueur l'Italien Cagno pilotant une voiture Fiat, de marque italienne, lequel a gravi la pente du mont Ventoux en 21 m. 12 s., allure particulièrement remarquable, étant donné que la côte, d'une longueur de 21 kilomètres 600 mètres, comporte une différence d'altitude de 1.600 mètres entre ses points extrêmes.

Le retour de ces courses, qui s'étaient fort bien passées, a été attristé par un accident mortel. Dans une automobile pilotée par Collomb, un des concurrents, avait pris place M. Marcel Rol, pressé de rentrer à Carpentras. En atteignant cette ville, la voiture, butant contre un obstacle, fit panache et se renversa. Collomb en fut quitte pour de fortes contusions; mais son malheureux compagnon, la colonne vertébrale brisée, ne tarda pas à expirer. Agé de vingt-neuf ans, M. Marcel Rol s'était fait une spécialité du reportage photographique, plus particulièrement appliqué aux sujets sportifs; son active collaboration était très appréciée des diverses publications auxquelles il fournissait d'utiles documents.

M. JUTTET

M. Juttet, chef du cabinet du ministre du Commerce, a été, la semaine dernière, victime d'un terrible accident. A la suite d'une collision survenue, à l'intersection de l'avenue des Champs-Elysées et de l'avenue Marigny, entre une automobile et un fiacre où il se trouvait, grièvement blessé à la tête, il a succombé peu de temps après son transport à l'hôpital Beaujon. Il était âgé de trente-huit ans. Ancien directeur du cabinet de M. de Lanessan, ministre de la Marine, M. Louis Juttet avait quitté la rue Royale avec l'honorariat; antérieurement à ses nouvelles fonctions, il était rentré dans la presse et y traitait surtout les questions maritimes, coloniales et militaires.

LE TAMPONNEMENT DE CLERMONT-FERRAND

Le 15 septembre, vers 2 heures du matin, un train de marchandises de la Compagnie d'Orléans, venant d'Ussel, arrivait avec une rapidité vertigineuse et une avance de près de vingt minutes en gare de Clermont-Ferrand, où il tamponnait une rame de voitures de voyageurs et de wagons à bestiaux en station, alors vides, heureusement.

Le mécanicien Vincent, le chauffeur Dunet et l'homme d'équipe Barlet, de service sur la voie, furent tués, le chef de train Dumousset blessé. Quant aux dégâts matériels, la photographie prise par notre correspondant avant les travaux de déblaiement permet d'en apprécier l'importance, en même temps qu'elle montre les effets immédiats du choc, d'une extrême violence. Dressée sur ses roues d'arrière, écrasant de son poids une voiture de première classe, l'énorme locomotive avait ses principaux organes et son tender sérieusement endommagés; le fourgon de tête et la moitié des douze wagons du train tamponneur, chargés de charbon et de sacs de blé, étaient complètement détruits, quatre wagons de la rame tamponnée réduits en miettes. L'enquête technique prescrite par la Compagnie P.-L.-M.--la gare de Clermont-Ferrand appartenant à son réseau--n'a pu préciser les causes, restées hypothétiques, de ce grave accident. Il paraît seulement certain que, insuffisance des freins ou toute autre raison, le mécanicien, à partir de Volvic, n'était plus maître de sa vitesse qui, s'étant accélérée sur de fortes rampes, dépassait 100 kilomètres à l'heure au moment de l'irruption du train «emballé» en gare de Clermont.

M. DE GUNSBURG

Un financier très connu du monde parisien, M. de Gunsburg, s'est suicidé dans son appartement de l'avenue de l'Aima en se tirant une balle de revolver au coeur. D'origine russe, le baron Salomon de Gunsburg était le fils du créateur d'une des banques les plus importantes de Saint-Pétersbourg; à la mort de son père, il reprit la maison avec son frère et installa une succursale à Paris. Bien qu'officiellement retiré des affaires depuis quelque temps, il n'en conservait pas moins sur le marché des intérêts assez considérables. On attribue son suicide à un accès de neurasthénie aiguë, dont une récente villégiature en Suisse n'avait pu avoir raison.

NOTES ET IMPRESSIONS

La France est la patrie de l'espérance. GUIZOT.

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Lorsque le couple humain, momentanément uni par une impulsion instinctive, est capable de se désunir au gré des circonstances, il devrait demeurer stérile. GASTON DESCHAMPS.

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Il y a des mots d'enfant qui font rêver le penseur et sourire le poète. GUY DELAFOREST.

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Rien de flatteur dans un éloge comme l'absence de flatterie. MARIE ADVILLE.

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L'homme calcule à l'avance et par minutes tout l'horaire des mouvements célestes; il prédit après coup la marche des choses humaines où entre en jeu la liberté.

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Chaque époque a ses mâts de cocagne et, malgré l'éclat des chutes, sa réserve d'ambitieux pour y grimper et se casser le cou. G.-M. VALTOUR.

NOUVELLES INVENTIONS

(Tous les articles compris sous cette rubrique sont entièrement gratuits.)

JEU DE TRIANGLES A DEUX OU TROIS PERSONNES

Ce jeu nouveau, très goûté des personnes qui ont eu l'occasion de l'essayer, diffère de celui de dames ou d'échecs par la forme des cases et par leur coloration. Il se compose d'un plateau hexagonal divisé en 90 cases triangulaires de 4 couleurs différentes et de 60 pions également triangulaires. Les 6 triangles formant le petit hexagone central sont 2 à 2, blancs, bleus ou roses. Les triangles gris, par rapport au centre, sont autrement disposés.

Il y a 20 pions bleus, 20 blancs et 20 roses.

Le jeu de triangles peut être comparé à l'attaque d'une place forte par 2 ou 3 corps ennemis qui l'entourent, la cernent et cherchent à l'occuper en se surveillant et se battant les uns les autres.

Au point de vue technique, le jeu de triangles est bien plus intéressant que le jeu de dames et ses combinaisons offrent un attrait comparable à celles du jeu d'échecs. De plus, il peut se jouer à 2 ou 3 personnes, indifféremment; il est simple à apprendre, car un enfant peut y jouer en quelques instants, et difficile en même temps, car les coups, toujours nouveaux, exigent beaucoup d'attention et de réflexion et se présentent de façons constamment nouvelles.

PLACEMENT DES PIONS

_1° Cas de 2 joueurs._--L'un d'eux place ses 20 pions de 1 à 20 et l'autre, en face, de 77 à 96.

Il est bon de retenir que les triangles dont les bases sont sur ces 2 côtés opposés sont bleus ou roses. Ces couleurs indiquent les pions à utiliser.

Si le joueur de 1 à 20 choisit les pions roses, l'autre aura les bleus et réciproquement.

Le plateau pourrait être disposé autrement par rapport aux joueurs, ce qui les amènerait à prendre les pions blancs et roses ou blancs et bleus.

_2° Cas de 3 joueurs._--Les 3 séries de pions se disposent en triangle: 1° de 1 à 9 et de 10 à 20; 2° de 33 à 93 et de 48 à 95; 3° de 21 à 91 et de 34 à 89.

Sur chaque côté de l'hexagone aboutissent 5 sommets de triangles dont 2 gris et 3 autres bleus, blancs ou roses. Ces couleurs indiquent celle des pions à prendre.

RÈGLES DU JEU

Ces règles sont au nombre de 4 seulement. Elles sont très simples.

_1° Règle de marche_.--Chaque pion doit se déplacer parallèlement à l'un de ses côtés, traverser une case vide pour occuper la suivante. D'une façon générale, un pion peut prendre 6 positions nouvelles: de 40, par exemple, il peut venir en 25, 27, 42, 56, 54 ou 38, si les cases 39, 41 ou 55 sont vides. Ainsi, la case 39 étant occupée, de 40, le pion ne peut venir en 38 ou 25.

_2° Règle de prise_.--Un pion est forcé de prendre le pion adversaire qui occupe une case où il peut venir d'après la règle de marche, prend sa place et le met hors jeu (sauf les deux restrictives suivantes).

_3° Règle de l'imprenabilité._--Un pion sur sa couleur ne peut être pris.

_4° Règle de la non-prise._--Un pion sur une case grise ne peut jamais prendre.

OBSERVATIONS

Les joueurs jouent alternativement avec un seul pion, ils doivent prendre s'ils le peuvent et prévenir s'ils se mettent en position pour être pris. Un pion ne doit, en effet, jamais être soufflé.

Le gagnant est celui qui, le premier, dispose 3 de ses pions en triangle dans le petit hexagone central, soit sur 41, 55 et 57, ou sur 40, 42 et 56.

_Jeux de Dames et d'Échecs à 2 ou 3 pers._--Le plateau hexagonal à cases triangulaires, plus complexe que le damier ordinaire, offre plus de ressources; il permet, avec les ordinaires, de jouer aux dames à 2 ou 3 personnes et de même aux échecs. Ces jeux à 3 présentent un grand intérêt de nouveauté. On les trouve chez _M. G. Camus, 90, rue Pelleport Paris._