L'Illustration, No. 3262, 2 Septembre 1905

Part 3

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UN PONT DE 3 KILOMÈTRES SUR LE PLEUVE JAUNE.

Le pont, d'apparence fort peu chinoise, que représentent nos gravures a été lancé dernièrement sur le fleuve Jaune. Le chemin de fer de Péking à Hankow se trouve ainsi terminé, et ses 250 derniers kilomètres seront livrés à l'exploitation à la fin de septembre, complétant une ligne de 1.250 kilomètres, soit, à peu près, la distance de Paris à Gênes.

Ce pont mesure une longueur totale de 3.010 mètres. Il comprend 50 travées de 31 mètres et 52 travées de 21 mètres. Les fondations des piles sont faites en pieux à vis enfoncés, en moyenne, de 16 mètres dans le sable. (Le pieu à vis est un tube métallique extérieurement muni d'ailettes que l'on enfonce par rotation dans les terrains sablonneux où son emploi est préféré à celui de l'antique pilotis enfoncé par battage.) La fourniture métallique a été partagée entre l'industrie française et l'industrie belge. Les chantiers, éclairés à l'électricité, étaient en activité jour et nuit.

La «FLÈCHE DE LARD» DE DUMNOW.

Voici, certes, l'une des fêtes locales les plus curieuses qui existent en Angleterre: à Dumnow, un usage, d'une très ancienne origine, veut que, chaque année, l'on décerne la «flèche de lard» à ceux des ménages concurrents qui n'ont jamais eu de dispute depuis le mariage et qui, depuis un an et un jour, n'ont pas pensé de mal l'un de l'autre.

Le jugement qui prononce sur les mérites des candidats est rendu, dans une cour d'amour, par un juge en robe rouge, assisté de six jeunes gens et de six jeunes filles, après plaidoiries contradictoires de l'avocat des candidats et de l'avocat du lard. Le mois dernier, la cour de Dumnow a décerné deux flèches, la première au pasteur Jenkins et à Mrs. Jenkins; la seconde aux époux Noakes, de Ludlow.

Détail curieux: le révérend Jenkins, l'un des heureux bénéficiaires de la «flèche de lard», était végétarien.

LES MICROBES DES MONNAIES.

Les pièces de monnaie et les billets de banque devraient attirer l'attention des hygiénistes, car nul objet plus que ceux-là ne passe de main en main, et surtout de poche en poche, quand ce n'est pas même de bouche en bouche, après un contact intimé avec le mouchoir ou la salive, ces deux réceptacles de microbes dangereux, parmi lesquels celui de la tuberculose se rencontre si fréquemment.

Il est même stupéfiant de noter avec quelle indifférence des mains délicates, qui se gantent couramment pour éviter les contacts suspects, manient les pièces de monnaie et des billets de banque, souvent plus crasseux que des chiffons qu'on ne prendrait qu'avec des pincettes. Il semble que la valeur représentative de ces objets les purifie ou les immunise contre les microbes, véhicules de la contagion.

_A priori_, on pourrait affirmer que les billets, surtout quand ils sont un peu vieux, sont recouverts de nombreux microbes.

Deux bactériologistes de New-York, MM. Darlington et Park, ont d'ailleurs vérifié le fait expérimentalement: sur un billet modérément propre, ils ont compté 1.250 bactéries, et sur des billets sales, ils en ont trouvé jusqu'à 73.000.

Les pièces de monnaie sont beaucoup moins «microbifères». Le nombre des microbes qu'on peut recueillir à leur surface peut ne pas dépasser de 25 à 50. Il semble que les métaux, par l'action dissolvante de l'humidité, soient peu favorables à la vie des microbes.

Au contraire, les billets de banque les conservent virulents, pendant très longtemps, à leur surface.

L'argent n'a pas d'odeur, a-t-on dit au figuré. Matériellement, on le manie comme s'il était toujours propre.

LA GÉNÉALOGIE DE W. BOUGUEREAU.

Nous recevons d'un de nos abonnés, M. de Richemond, archiviste départemental de la Charente-Inférieure, des renseignements concernant les ascendants de M. William Bouguereau, qui complètent d'intéressante façon la biographie de l'artiste et que personne, que nous sachions, n'a publiés encore.

La famille Bouguereau est connue à la Rochelle depuis 1523, époque à laquelle vivait Jehan Bouguereau, marchand et bourgeois. Un Jean-Massé Bouguereau, marchand orfèvre, eut une fille, Marie, qui épousa, en 1624, Jehan de Layzement, aussi orfèvre, dont un fils, pasteur à la Rochelle, suivit ses collègues dans l'exil en 1685, et un fils, Jean-Massé Bouguereau, né en 1603, orfèvre et officier de la Monnaie.

Les descendants ou les alliés de la famille Bouguereau embrassent généralement cette même profession d'orfèvres ou appartiennent au clergé protestant.

En 1676 naît un Jehan Bouguereau, qui, plus tard, orfèvre et essayeur de la Monnaie, épousera Marie-Madelaine Seignette. Elle lui donna un fils, Jean-Elie, maître monnayeur, qui, de son mariage avec Suzanne-Louise Le Page, eut dix enfants, dont huit filles. Des deux fils de ceux-ci l'un, l'aîné de toute la famille, Samuel-Elie, abjura le protestantisme et fut professeur d'anglais au collège de la Rochelle.

Il eut à son tour huit enfants, dont l'aîné, Elie-Sulpice-Théodore, fut père du peintre. Un autre des fils de Samuel-Elie, Jean-Baptiste-Eugène, né le 25 août 1811 et décédé le 28 mars 1893, entra dans les ordres et fut successivement vicaire, puis curé à Rochefort (1846) et se distingua pendant une épidémie de choléra. Il fut nommé chanoine honoraire en 1860. Ce fut lui, comme on sait, qui éleva M. William Bouguereau. Mais la mère de l'artiste, née Marie-Marguerite Bonnin, qui mourut à Paris en 1896, à l'âge de quatre-vingt-dix ans, était protestante.

Comme toutes les bonnes vieilles familles bourgeoises, les Bouguereau ont des armoiries; ils portent: _d'azur à une croix d'or chargée de cinq roses de gueules_. Ce blason figure au Cabinet des titres, 399. Bibliothèque nationale, Charles d'Hozier, manuscrit 56, pages 277-278.

DEUX KRACHS SUCRIERS

La crise des magasins du Printemps, qui avait eu sa cause première dans les spéculations malheureuses sur les sucres faites par M. Jules Jaluzot, vient de se dénouer heureusement. Lundi dernier, l'assemblée générale des actionnaires, réunie à la salle des Ingénieurs civils, rue Blanche, a reçu et accepté la démission donnée par M. Jules Jaluzot de ses fonctions de gérant statutaire de la Société; elle lui a accordé _quitus_ de sa gestion. Enfin, elle a élu comme gérant, à sa place, M. Gustave Laguionie, de la maison Laguionie et Anfrie, membre de la Chambre de commerce de Paris. M. Laguionie est essentiellement ce qu'on appelle un fils de ses oeuvres. Né à Lanouaille (Dordogne), il a conquis de haute lutte, à force de travail et d'énergie, la grosse situation commerciale qu'il occupe. Il avait déjà fait partie du personnel du Printemps. Il y débutait comme petit employé en 1866. Rapidement, il était devenu chef de rayon à la soierie, puis, en fin de compte, fondé de pouvoir de M. Jaluzot. En 1883, il s'était associé à une grande maison de soieries qui devint par la suite la maison G. Laguionie et A. Anfrie.

Ce même jour où la perte de M. Jaluzot était consommée on apprenait que la spéculation venait de faire une nouvelle victime,--et il n'est malheureusement pas certain que ce soit la dernière!

Dans la nuit de samedi à dimanche, M. Ernest Cronier, président du conseil d'administration de la Raffinerie Say, se tuait dans son cabinet de toilette, d'une balle au coeur, après avoir, tant il était décidé à mourir, absorbé du cyanure de potassium.

Comme M. Jaluzot, M. Cronier avait joué sur les sucres,--joué et perdu des sommes considérables qu'il est difficile de chiffrer exactement, mais qu'on a évaluées aux environs de 100 millions. Il était le liquidateur de la succession de M. Henry Say, et la majeure partie de la fortune des héritiers Say serait, à ce qu'on assure, engloutie dans la catastrophe.

Cependant M. Ernest Cronier jouissait de la confiance, de l'estime, de l'affection générales. Le 26 octobre 1901, les administrateurs de la Société des Raffineries Say, tout le personnel des usines, offraient à leur président, arrivé «à l'apogée de sa carrière», disait la dédicace d'une photographie qui lui fut remise, une double plaquette en or et en argent due au médailleur M. O. Roty, et qui n'est d'ailleurs pas son chef-d'oeuvre. On entendait fêter l'homme qui avait conduit la maison Say à la victoire à l'Exposition de 1900, le philanthrope qui avait secondé M. Henry Say dans la fondation des oeuvres d'assistance en faveur des employés et ouvriers des usines. Et les devises modelées par M. Roty aux deux faces de son oeuvre célébraient la Prévoyance, la Solidarité, et aussi l'Initiative, la Justice et la Bonté. Enfin le maître graveur avait repris, au bas de l'allégorie où la Reconnaissance apportait des fleurs à M. Cronier, une phrase appliquée par M. Henry Say à son collaborateur: «...Son génie n'a d'autre rival que son coeur...» Hélas!... comme dit le grand tragique grec: «Ne proclame jamais un homme heureux qu'après sa mort...»

NOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL

La création, aux Arènes de Béziers, des _Hérétiques_, opéra en trois actes de M. Ch. Levadé sur un poème de M. A. Ferdinand-Hérold, a été l'événement artistique de la huitaine. Deux représentations en ont été données, les 27 et 29 août. Elles ont été extrêmement brillantes.

La partition de M. Ch. Levadé est pleine de couleur et de vie, tour à tour attendrie, émouvante, et atteint à une grande énergie dans les passages dramatiques. Devant un public où la critique parisienne, si exigeante, si raffinée, se mêlait à une foule passionnée de musique, elle a obtenu un très franc succès.

Le fragment que nous publions dans notre supplément musical: _Loin du monde impur_, est l'air que chante, à son apparition en scène, Bellissenda, femme de Roger, comte de Béziers, le héros du drame.

Un _Air de Ballet_ pour piano complète notre supplément musical. Il est de M. Henry Eymieu, élève de Widor, fondateur de la Société de Musique nouvelle, si accueillante aux jeunes compositeurs. Ce morceau est tiré de la _Légende du Ménétrier_, pièce en quatre actes, en vers, de M. Jacques Roullet, que le théâtre Molière a représentée la saison dernière. M. Henry Eymieu avait écrit pour cette oeuvre une musique de scène d'une jolie couleur, attendrie et mélancolique.

UN ÉLÉPHANT QUI TUE SON GARDIEN

L'éléphant _Saïd_, le plus imposant des pensionnaires du Jardin des Plantes, vient de se rendre, mercredi dernier, coupable d'un meurtre: il a tué son gardien, Neff.

_Saïd_ est depuis vingt ans au Jardin des Plantes. C'est un éléphant d'Afrique superbe. Neff l'avait élevé et, de longues années, l'homme et la bête avaient fait un excellent ménage. Mais, en vieillissant, _Saïd_ était devenu difficile de caractère. A diverses reprises, des scènes avaient eu lieu entre Neff et lui. Si bien qu'on avait défendu au gardien d'entrer dans la rotonde où était son pensionnaire, son ancien ami. Comment? pourquoi enfreignit-il, mercredi, cette consigne?

Quand les collègues de Neff accoururent à ses cris, l'éléphant l'avait saisi de sa trompe par la taille, jeté à terre, puis broyé contre la grille de l'enclos. Il ne relevèrent plus, après avoir détourné l'attention de _Saïd_, qu'un cadavre tuméfié, horrible. Tout le drame n'avait pas duré deux minutes.

_NOUVELLES INVENTIONS_

_(Tous les articles compris sous cette rubrique sont entièrement gratuits.)_

NOUVEAU BEC INTENSIF RENVERSÉ

Les inventeurs ont toujours rencontré d'assez grandes difficultés lorsqu'ils ont voulu produire l'incandescence des manchons Auer dans les becs à flamme renversée. Ces difficultés tiennent soit à la position de l'injecteur surmontant le brûleur, soit à la forme du conduit en col de cygne, quand l'injecteur occupe une position latérale par rapport au brûleur.

En effet, dans le premier cas, l'injecteur placé directement au-dessus du brûleur ne peut recevoir que de l'air plus ou moins chaud contenant de l'acide carbonique; dans le second cas, la forme en col de cygne du conduit ne se prête pas au mélange parfait des deux fluides. En outre, dans les deux cas, il ne se produit pas de brassage rendant intime les mélanges des deux éléments, de sorte que le pouvoir lumineux du manchon laisse beaucoup à désirer. L'influence de ce brassage est bien plus considérable qu'on ne serait tenté de le croire et peut varier du simple au double l'intensité de la lumière produite.

Le nouveau bec intensif brûlant à flamme renversée, représenté dans le dessin ci-joint, se caractérise essentiellement par la disposition à angle droit du conduit du brûleur par rapport au conduit d'arrivée du mélange.

Le conduit du brûleur forme chambre d'angle à l'endroit de son coude d'assemblage et présente un orifice de sortie conique.

Ceci posé, voici quel est le fonctionnement de ce bec: le gaz d'éclairage et l'air passant par l'injecteur Bunsen sont entraînés d'abord ensemble dans le conduit de la manière ordinaire; mais, en arrivant dans le coude, la veine fluide en mouvement se brise contre la paroi verticale qu'elle rencontre et tourbillonne dans la chambre d'angle, de sorte que les deux éléments brassés dans cette chambre et dans le conduit du brûleur arrivent à celui-ci sous la forme d'un mélange tout à fait intime.

Au sortir du bec, le mélange brûle en crépitant et en produisant une flamme bleue, ce que l'on n'obtient pas avec les autres becs renversés.

Il va sans dire que le diamètre du conduit d'arrivée doit être proportionné au débit de gaz.

Le Bunsen peut être placé soit horizontalement, soit verticalement. Dans ce dernier cas, le conduit du brûleur est coudé un peu au-dessus du Bunsen pour continuer ensuite à angle droit sa jonction avec le conduit d'arrivée du mélange.

Ce bec intensif ne noircit pas les manchons et ne produit pas de retours de flamme.

Des rendements photométriques ayant été faits dans plusieurs laboratoires ont donné, d'après l'inventeur, des résultats supérieurs à tous les autres becs renversés connus.

Citons des exemples:

Le bec nº 1 dépense 44 Litres pour un pouvoir éclairant de 40 bougies -- nº 2 -- 68 -- 65 -- -- nº 3 -- 95 -- 95 -- -- nº 4 -- 140 -- 130 --

La suppression des ombres que donnent les becs droits procure encore un avantage lumineux appréciable. Ces becs brûlent très bien à partir de 15 millimètres de pression, résultat non obtenu jusqu'à présent avec les becs renversés ordinaires.

Pour se procurer ces appareils, s'adresser à M. Compin, 57, rue du Cherche-Midi, Paris.

PLIOIR MÉTALLIQUE POUR LIGNES

Les plioirs employés jusqu'à présent sont constitués soit par un morceau de roseau, soit plus généralement par une petite planchette en bois; ils présentent tous l'inconvénient de couper la ligne en crin ou en racine de Florence, d'abord par leurs angles vifs et ensuite lorsque la ligne sèche sur le plioir, le crin se rétrécit et exerce une traction souvent considérable sur les fibres du bois.

En outre, ces plioirs ont le défaut de conserver l'humidité de la ligne appliquée contre la planchette, ce qui en empêche le séchage rapide et facilite leur mise hors service.

Le plioir métallique représenté par notre gravure a pour but et pour effet d'obvier à ces inconvénients; il est formé d'un fil de métal disposé de manière à ce que l'ensemble présente une élasticité suffisante pour céder sous l'action exercée par la tension de la ligne. Ce plioir offre l'avantage de sécher rapidement la ligne qui se conserve ainsi plus longtemps en bon état. D'autre part, la ligne étant enroulée sur des parties rondes, ne se coupe pas comme sur les angles vifs de la planchette constituant les plioirs ordinaires.

Tous ces avantages, qui seront appréciés par les pêcheurs soigneux, feront préférer ce plioir métallique au plioir en bois, d'autant plus que son prix n'est pas sensiblement plus élevé.

Il se fait de plusieurs formes et de différentes dimensions et se vend de 1 fr. 20 à 1 fr. 60 la douzaine (longueur de 0m,14 à 0m,20) et 1 fr. 45 assorti.

Ce plioir se trouve au détail chez _M. Mérat, 63, rue Oberkampf, Paris_. Pour la vente en gros de cet objet, ainsi que des vérons secs et montures décrits dans _L'Illustration_ du 22 juillet dernier, s'adresser à _M. Robillard, fabricant d'articles de pêche, 25, rue Notre-Dame-de-Nazareth, Paris._

Suppléments de ce numéro: 1° Quatre pages tirées à part sur la COUPE DES PYRÉNÉES. (Ci-après.) 2° Supplément musical contenant un fragment des «HÉRÉTIQUES». (Ce supplément ne nous a pas été fourni.--Note du transcripteur.)

LA COUPE DES PYRÉNÉES

_On sait que M. Edmond Rostand s'est choisi un asile charmant à Cambo-les-Bains, au pays basque. Sa villa, toute neuve, claire et gaie, domine une route à flanc de colline, où ont passé les concurrents de la Coupe des Pyrénées. Si bien que l'auteur de_ Cyrano, _sa famille et ses amis ont pu suivre un moment, de la terrasse même de l'élégant château moderne, les péripéties de cette belle épreuve sportive._

LA COUPE AUTOMOBILE DES PYRÉNÉES (20-27 AOUT 1905)

_La course pour la Coupe des Pyrénées s'est terminée très brillamment, et l'accident malheureux que nous signalions la semaine dernière, au début du circuit, a été le seul qui l'ait attristée._ La Dépêche de Toulouse, _qui avait patronné cette épreuve, et son directeur parisien, M. Maurice Sarraut, qui en a été le dévoué et très expert organisateur, peuvent être fiers de ce succès. Affirmé par l'enthousiasme des populations sur tout le parcours, par l'accueil excellent qu'elles réservaient aux coureurs, il a été consacré encore officiellement par la présence, à la distribution des prix, de cinq ministres... MM. Berteaux, Chaumié, Gauthier, Dubief et Ruau._

_La dernière représentation des_ Hérétiques, _donnée aux Arènes de Béziers, était en l'honneur des chauffeurs qui venaient de courir la «Coupe des Pyrénées» et des nombreux amis et curieux qui les accompagnaient. Ils ont ratifié, par leurs applaudissements chaleureux, l'accueil que la critique et le public de la première avaient fait l'avant-veille à la partition de M. Ch. Levadé et le grandiose décor de Jambon les a enthousiasmés. Qu'on imagine une citadelle entière reconstituée, un admirable paysage héroïque évoquant le souvenir d'un Jean-Paul Laurens; les remparts de Béziers, avec, leurs créneaux, leurs mâchicoulis, leurs échauguettes, leurs tours en poivrières; tout un coin de ville moyenâgeux, très imposant. Jamais compositeur, jamais auteur dramatique n'osèrent rêver pour leur oeuvre un pareil cadre._