L'Illustration, No. 3258, 5 Août 1905
Part 2
EN RUSSIE: LA LUTTE POUR LA CONSTITUTION _(Voir l'article, page 101)._
DOCUMENTS et INFORMATIONS
LE CONCOURS DES «POIDS LOURDS».
L'Automobile-Club de France a eu l'excellente et très louable idée d'organiser, du 28 juillet au 8 août, un concours de véhicules automobiles industriels et de fourgons militaires.
Voici assurément une manifestation sportive toute nouvelle dans son genre. Il ne s'agit plus, cette fois, de procurer des sensations inédites à des sportsmen fortunés, amoureux de vitesse, ni de consacrer à nouveau la renommée de professionnels dont, en leur temps, nous avons apprécié les exploits.
Les poids lourds ne disputeront point aux véhicules légers la coupe Gordon-Bennett. Ils ont des ambitions plus modestes... et moins dangereuses. En leur faisant parcourir des pays agricoles et industriels, leurs constructeurs veulent surtout affirmer la supériorité incontestable de ces moyens de transport en commun sur tous les autres modes par traction animale. De cette très intéressante et très utile expérience, dont l'idée première appartient à M. de Dion, il résultera, nous n'en doutons pas, un mouvement favorable à l'extension de notre industrie automobile en France et à l'étranger.
Cinquante-cinq véhicules de tous ordres, et dont plusieurs sont extrêmement ingénieux, ont pris part au concours.
UN PONT DANS LA SAÔNE.
Un de ces accidents que les progrès de la construction métallique rendent de plus en plus rares vient de se produire à Guéreins, dans l'Ain. Un pont mixte, destiné à la fois au passage des voitures et des piétons, entre Guéreins et Belleville, et à l'établissement d'une ligne projetée entre Beaujeu et Châtillon-sur-Chalaronne, a plongé par une de ses extrémités dans la Saône. Après l'achèvement des soutiens de maçonnerie, on avait voulu, selon l'usage, faire glisser de pile à pile, jusque sur l'autre rive, la partie du tablier du pont qui devait y trouver sa place définitive. Pour atténuer la trop grande _portée à vide_ du pont avant qu'il atteignît les piles, on l'avait muni d'un _avant-bec_ de texture plus légère, qui viendrait reposer d'abord sur les galets du soutien et servir de conducteur à la travée. L'opération commença dans ces conditions. Mais à peine le bec se fut-il appuyé sur la première pile qu'il se rompit, au cours d'un violent orage. Le pont, privé de son soutien, plongea du nez dans la Saône à une profondeur de 4 mètres. Il faudra, dit-on, plus de six mois pour réparer l'accident.
LE PRIX DU BLÉ DEPUIS CENT ANS.
M. Bêla Foelder, professeur à l'université de Budapest, vient de publier une étude sur le prix de l'hectolitre de blé, depuis le commencement du dix-neuvième siècle, pour la France, l'Angleterre, la Prusse, l'Italie, la Belgique et l'Autriche-Hongrie; et M. Levasseur, notre éminent économiste, a eu l'heureuse idée de traduire ces chiffres en un graphique qu'il a présenté à la Société de statistique.
Sur ce graphique, on distingue trois périodes bien tranchées: de 1800 à 1850, il y a un grand écart d'une courbe à l'autre; le prix est constamment plus élevé en Angleterre, surtout de 1801 à 1812, pendant les guerres de l'Empire. En Hongrie, le prix est très bas et descend jusqu'à 3 francs l'hectolitre en 1826.
Dans la seconde moitié du dernier siècle, la vapeur diminue les frais de transport et le télégraphe facilite les relations; le commerce s'organise et l'on voit ces courbes se rapprocher les unes des autres jusqu'en 1870.
Mais, en 1870, la relation change. La courbe de l'Angleterre descend au-dessous de celle de la France et de nouveaux écarts apparaissent, qui résultent vraisemblablement des droits de douane.
La France et l'Italie deviennent les pays où le prix moyen de l'hectolitre de blé est le plus élevé. L'Angleterre, la Belgique et la Prusse deviennent les pays d'importation où il est le plus bas.
Il est bas aussi, naturellement, dans les, pays d'exportation, comme la Hongrie et surtout les États-Unis.
A QUEL AGE LE CERVEAU DE L'HOMME PERD-IL SA VALEUR?
La «presse jaune» des États-Unis a mené grand bruit, ces temps derniers, à propos d'une conférence qui a été faite par un médecin anglais, M. Osier, et au cours de laquelle ce dernier aurait déclaré tout simplement qu'après soixante ans le cerveau humain est sans valeur et que tout sexagénaire devrait être doucement éliminé au moyen du chloroforme. M. Osier n'a rien dit de pareil. Ce qu'il a dit, c'est que le meilleur de l'oeuvre intellectuelle des hommes qui travaillent du cerveau se fait avant quarante ans, et qu'après soixante ans, leur production devient très inférieure. Goethe avait déjà dit qu'on n'acquiert plus d'idées nouvelles après quarante ans. Mais Macaulay a fait observer que, si de belles oeuvres ont été faites avant quarante ans, les plus grandes et les plus belles sont dues à des cerveaux de plus de quarante ans. L'affirmation de M. Osier est très discutable. Peut-être est-elle exacte pour certains genres de travaux intellectuels, et très inexacte pour d'autres.
Aussi Macaulay était-il d'avis que les 19 vingtièmes des meilleurs livres sont l'oeuvre d'hommes ayant plus de quarante ans. Et certainement, si l'on y réfléchit, on pensera, comme lui, que le cerveau n'est pas du tout condamné à donner, après quarante ans, des oeuvres inférieures à celles qu'il produisait avant cet âge.
PÉRÉGRINATIONS D'ÉPAVES.
Dans toute mer où il y a de la navigation, il y a des épaves aussi, des navires qu'il a fallu abandonner, mais qui, avant de se briser et de couler, peuvent encore faire de longs voyages, ballottés par le vent et les courants. Dans l'Atlantique, il y en a bon nombre: ce sont surtout des vaisseaux en bois, chargés de bois. Les vaisseaux en fer coulent vite; ceux en bois peuvent flotter longtemps encore. On connaît les exploits de certains de ces derniers: le service de la navigation aux États-Unis se fait sans cesse renseigner sur les épaves qui ont été rencontrées et, par la comparaison des observations, il établit la route et la durée de la course de l'épave Une de celles-ci, _l'Alma-Cummings_, un schooner, a couru l'Atlantique pendant 587 jours et fait un trajet de 8.000 kilomètres. Cette barque avait pris un chargement de bois à Port-Royal pour Boston, en 1895, au mois de janvier; en février, elle fut assaillie par un _blizzard_ qui est à juste titre resté fameux. Ses mâts se brisèrent et, pendant quelques jours, l'équipage fut en grand péril. La tempête s'étant calmée, les hommes purent être recueillis par un vapeur. Mais la barque continua à flotter. Plusieurs grands vaisseaux l'aperçurent et la signalèrent. L'un deux, pour débarrasser la navigation de ce danger, y mit le feu; mais elle ne put brûler que superficiellement: le pont était trempé et la cargaison de bois aussi. On la rencontra pour la dernière fois sous l'équateur; quelques mois après, les courants l'avaient poussée sur la côte de Colon où les Indiens la mirent en pièces. Une autre barque, la _Fannie G. Wolston_, a fait mieux. Elle s'est promenée pendant quatre ans dans l'Atlantique, y faisant 15.000 kilomètres. Abandonnée le 15 octobre 1891, au cap Hatteras, elle monta vers le nord avec le Gulf-Stream. Puis, une tempête la chassa jusque dans la mer des Sargasses, où elle est restée deux ans.
De la mer des Sargasses elle fut portée sur la côte de Floride, puis vers le Nouveau-Jersey, où elle a dû être détruite, car on n'a plus eu de ses nouvelles. Moins longue a été la carrière d'une autre épave de nom inconnu, mais plus tragique. Car le bateau qui la découvrit trouva un timonier à la roue: un matelot s'était attaché à celle-ci et il était mort à son poste. Son cadavre restait en place, les mains sur les rayons, les yeux vides semblant chercher à voir encore ce que devenait la tempête. On fit sauter cette barque-fantôme, et son conducteur alla trouver, au fond de la mer, le repos. Une autre épave curieuse est celle qui, il y a quelques années, traversa les bancs de Terre-Neuve. Elle était juchée au sommet d'un iceberg et entourée de glace. La barque avait donné sur de la glace qui s'était détachée de la côte et avait été entraînée par le courant. La pluie et la neige, se changeant en glace, la fixèrent sur sa banquise, et c'est ainsi qu'elle vint se montrer aux pêcheurs du Grand-Banc, traversant avec pompe la flotte des morutiers effarés.
LA GRAPHOLOGIE AU JAPON.
L'étude du caractère par l'écriture tend de plus en plus à se généraliser.
La graphologie, inventée et propagée par un Français, l'abbé Michon, date chez nous d'une cinquantaine d'années à peine; mais, au Japon, on retrouve la preuve certaine que la graphologie y a été connue de tous temps. Au pays du Soleil Levant, nous écrit M. Albert de Rochetal, directeur de la _Revue graphologique_, à qui nous devons le curieux document ci-joint, elle est pratiquée depuis des siècles. Tous les gens qui tirent la bonne aventure par la physionomie, les lignes de la main et autres moyens plus ou moins mystérieux, ont l'habitude de faire _tracer par leurs clients une ligne ou barre sur une feuille de papier_, et voient ainsi l'ensemble de son tempérament. Vous comprenez bien: un simple trait suffit aux sorciers japonais pour juger le caractère; combien de nos graphologues européens pourraient en faire autant?
Voici les principales formes de barres qui leur servent de types:
Ces barres sont ici représentées en tenant compte des proportions, car les Japonais écrivent avec un pinceau, ce qui fait que le trait est beaucoup plus gros, surtout les formes 1, 2, 3, 4. De plus, elles sont horizontales, bien que l'écriture japonaise, tirée de la chinoise, soit tracée de haut en bas. Pour les barres verticales, les significations sont les mêmes.
_Barre mince, rigide et courte_ (fig. 1), signifie esprit net, décidé.
_Barre mince et rapide, plus ou moins horizontale, comme un trait de plume_ (fig. 2), signifie vivacité, gaieté, volonté faible.
_Barre fine et tracée lentement_ (fig. 3), signifie délicatesse de goûts et de sentiments, caractère un peu maniéré.
_Barre rapide, en coup de plume, recourbée_ (fig. 4), signifie vivacité, violence, despotisme.
Barre courte et appuyée (fig. 5), signifie volonté forte et nette, franchise.
_Barre longue et appuyée_ (fig. 6), signifie volonté forte, initiative, franchise.
_Barre lente et massive_ (fig. 7), signifie sensualisme, goûts un peu vulgaires.
_Barre informe_ (fig. 8), signifie nonchalance et paresse, mensonge. Cette barre affecte toutes les formes.
_Barre terminée par un crochet_ (fig. 9), signifie ténacité, caractère crochu.
_Barre terminée en massue_ (fig. 10), signifie franchise, violence. -Barre terminée en pointe (fig. 11), a deux significations, selon qu'elle est mince où épaisse au début: _mince_, elle signifie colère, méchanceté; _épaisse_, elle signifie esprit rusé.
_Borne en fuseau, ou à renflements multiples_ (fig. 12), signifie sensualisme raffiné.
La direction du trait a aussi son importance. Avant tout, et quelle que soit leur forme, lorsque les barres sont _ascendantes_, les sorciers japonais voient l'activité, la gaieté; au contraire, lorsqu'elles sont _descendantes_, c'est-à-dire _qu'elles tombent_, ils conjecturent la maladie, le découragement ou la mollesse.
Ne trouvez-vous pas curieuse cette, façon d'interpréter l'écriture réduite à sa plus simple expression: le trait. Mais il y a mieux: c'est que toutes ces explications, si brèves et un peu vagues, correspondent à nos propres principes graphologiques. En un mot, c'est la quintessence de la graphologie devinée et appliquée de temps immémorial par l'esprit subtil des Asiatiques.
M. Albert de Rochetal a donné ici les principales formes, car il y a autant de façons de tracer une ligne qu'il y a d'individus.
Les Japonais attachent une importance énorme à la délicatesse des traits ou plutôt à l'originalité artistique. Ils disent d'une belle écriture qu'elle est _sainte, sacrée_. Il y a des Japonais qui passent toute leur vie à perfectionner leur écriture, non pas d'après les règles calligraphiques, mais d'après certaines formes qu'ils jugent belles. Nous avons, en France, l'équivalent, lorsque nous disons de certaines écritures d'artistes _qu' elles ont du cachet_.
Les Japonais savent distinguer les moindres nuances, d'autant mieux que le consultant manie _le pinceau_ sous leurs yeux et qu'il se trahit ainsi par ses gestes plus ou moins vifs, hardis, calmes ou hésitants. Peu de nos graphologues européens, avec leurs méthodes détaillées, seraient capables de pareils tours de force...
LA NAGEUSE ANNETTE KELLERMANN
A peu près chaque année, des champions de l'un et de l'autre sexe tentent d'égaler le record du capitaine anglais Webb, en renouvelant la traversée à la nage du détroit du Pas-de-Calais.
Ces derniers jours, trois concurrents sérieux, deux Anglais, MM. Heaton et Thomas Burgess, et une jeune Australienne, Mlle Annette Kellermann, venaient prendre position à Douvres. Heaton et Mlle Kellermann se sont mis à l'eau le 26 juillet, Burgess a pris la mer le 27, mais aucun des trois n'a pu s'éloigner à plus d'une douzaine de milles de la côte.
On dit que Burgess recommencera le 8 août. Mlle Kellermann, un peu fâchée de son échec, qu'elle attribue à la houle trop forte et à la brume trop intense, boude les éléments. C'est, d'ailleurs, son droit de jolie femme. Les photographies que nous publions témoignent, en effet, que Mlle Kellermann est une fort gracieuse Australienne; elles font, en tout cas, un contraste amusant avec l'instantané qui représente la jeune femme, affublée d'énormes lunettes, coiffée d'un casque, utile mais inesthétique, le visage protégé par un enduit huileux, défigurée, enfin, ainsi qu'il sied à une nageuse intrépide à la conquête du championnat de la Manche.
UNE CHAMPIONNE DE LA NATATION: Mlle ANNETTE KELLERMANN, QUI A TENTÉ LA TRAVERSÉE DE LA MANCHE.
LES PLÉNIPOTENTIAIRES RUSSES ET JAPONAIS EN AMÉRIQUE
C'est, on le sait, à Portsmouth (États-Unis), ville du New-Hampshire, située au nord de Boston, que vont se réunir les plénipotentiaires russes et japonais, appelés à discuter les conditions de la paix. Le gouvernement américain a mis à leur disposition le bâtiment affecté au magasin d'équipement de la marine, dont les bureaux ont été aménagés en vue des séances peut-être nombreuses qu'ils y tiendront.
En attendant leur séjour plus ou moins prolongé dans la maison où se décidera la paix, les plénipotentiaires ont reçu l'accueil le plus hospitalier du président Roosevelt dans sa maison d'été de «Sagamore», à Oyster-Bay, près de New-York.
LES SOLDATS MOISSONNEURS
De tout temps il a été d'usage, à l'époque de la moisson, de mettre à la disposition des cultivateurs des travailleurs militaires, choisis de préférence parmi les hommes originaires de la campagne. L'utilité de ce renfort s'est fait sentir plus particulièrement cette année; en effet, de fréquents orages, de violents ouragans, ont versé une partie des blés, ce qui rend l'emploi des faucheuses mécaniques presque impossible et nécessite le travail à la main. Or, l'agriculture manquant de bras, le ministre de la Guerre, afin de lui en fournir, a donné aux chefs de corps des instructions en conséquence. C'est ainsi que, dans les champs de la banlieue parisienne, la plupart bornés par de noires usines--notamment entre Saint-Denis et Aubervilliers--on pouvait voir, ces jours derniers, des équipes de soldats vêtus de treillis manier la faucille et lier les gerbes avec la même activité qu'ils apportent à leurs exercices habituels.
LE SCULPTEUR ARMAND SEVEEL
Nos artistes s'en vont. Après un peintre, cet admirable Henner, dont le dernier numéro de _L'Illustration_ reproduisait les traits vénérables, voici le sculpteur Seveel--un autre vieillard tout blanc--qui vient de disparaître.
Armand Seveel était né à Bricquebec, dans la Manche, il y a près d'un siècle, exactement en 1820. Tout le monde connaît et admire sa magnifique statue de Napoléon Ier, qui s'élève à Cherbourg au milieu de la place d'Armes. C'est également à Seveel que la ville d'Orléans doit sa Jeanne d'Arc équestre.
Le sculpteur disparu aimait avec passion l'art des siècles passés. Il avait des collections précieuses de porcelaines anciennes. L'une de ces collections fut cédée au musée de Cluny, où elle figure en bonne place; une autre est, croit-on, léguée à la ville de Cherbourg, où l'éminent artiste fut l'objet d'un culte légitime et où il vient de s'éteindre tout doucement ces jours derniers.
Armand Seveel était chevalier de la Légion d'honneur.
LE CONGRÈS DES ZEMSTVOS A MOSCOU
Le caractère et l'importance du mouvement politique et social en Russie se sont affirmés de nouveau par le Congrès des délégués des zemstvos et doumas, qui s'est tenu à Moscou le mois dernier.
Malgré l'interdiction de l'autorité, le 19 juillet, les congressistes se réunissaient chez le prince Paul Dolgoroukof, maréchal de la noblesse et chambellan de la cour, celui-ci ayant mis à leur disposition une vaste salle de son palais; 225 délégués, représentants des zemstvos et des doumas de toutes les villes peuplées de plus de 50.000 habitants, et un nombre à peu près égal de membres des mêmes institutions, venus spontanément, sans mandat, composaient une réunion de plus de 400 personnes. Une intervention de la police pour la dissoudre, comme illégale, resta sans effet, après avoir soulevé de vives protestations et quelques incidents dont un photographe avisé eut le temps de fixer la physionomie; la séance suivit son cours, sous la présidence du comte Heyden, maréchal de la noblesse du district d'Oponetz et membre du zemstvo de Pskof. Continuées le 20 et le 21, les délibérations aboutirent au vote de diverses résolutions relatives à l'obtention des réformes constitutionnelles les plus libérales.
Le 22, eut lieu chez M. Novosiltsef, sous la présidence de M. Pétrov Solovov, une réunion supplémentaire où fut décidée la formation d'un parti «constitutionnaliste-démocratique».
NOTES ET IMPRESSIONS
En diplomatie, adhérer en principe est une manière polie de refuser. PRINCE DE BISMARCK.
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Ne rien définir et laisser tout espérer, c'est le prestige des révolutions. LAMARTINE.
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Dans les pays apathiques, le pouvoir tend à passer aux mains des bavards déclassés. H. TAINE.
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Les vocations des enfants sont d'ordinaire simple affaire d'amour-propre; ils en ont souvent trop pour en avoir une.
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Ne rien savoir est le secret de ne douter de rien. G.-M. VALTOUR.
_NOUVELLES INVENTIONS_
_(Tous les articles compris sous cette rubrique sont entièrement gratuits.)_
NOUVEAU FILTRE PERFECTIONNÉ
Dans les périodes de chaleur où l'eau est une cause de maladies graves, nous croyons intéresser nos lecteurs en leur signalant le nouveau type de filtre perfectionné de M. Mallié, dont les avantages se résument en deux mots: grand débit et stérilisation complète.
Ce nouveau filtre, avec sa grande surface de filtration, présente, l'avantage de pouvoir donner une carafe d'eau absolument stérilisée en moins d'une minute et supprime ainsi l'usage du tonneau servant de réservoir dans lequel l'eau parfois se réchauffe avant de servir à la consommation.
Grâce à un robinet spécial placé en-dessous du filtre on peut laisser couler un instant l'eau non filtrée pour la rafraîchir; l'eau vient passer sur les parois extérieures de la bougie, la nettoie et chasse en même temps les impuretés qui s'amassent entre la bougie et l'enveloppe métallique. Ce filtre a donc besoin d'être démonté pour le nettoyage bien moins souvent qu'un autre.
Ce filtre se pose de deux manières différentes: avec un support qui le tient éloigné environ de 10 centimètres du mur contre lequel il est placé, ou avec un support et un collier; il est alors placé le plus près du mur possible (fig. 1), environ à 2 centimètres.
Un autre type de filtre se plaçant, comme le filtre précédent, à l'aide d'un support et d'un collier, présente l'avantage d'avoir au milieu un robinet ordinaire pour prendre l'eau non filtrée; un autre robinet placé au-dessus et portant la mention: _eau filtrée_, permet de prendre celle-ci.
L'arrivée d'eau se fait par le robinet du bas.
Le débit est considérablement augmenté par ce fait que la bougie est moulée en forme de poche intérieure (fig. 2) et présente ainsi une surface de filtration presque double.
Les filtres de la maison Mallié sont en porcelaine d'amiante; les pores très réguliers et très abondants de cette matière permettent un écoulement très rapide de l'eau tout en la dépouillant entièrement de tout microbe et de toute impureté solide, en raison de leur extrême finesse.
Pour le nettoyage, il suffit de dévisser la partie supérieure du filtre: on retire alors la bougie sans difficulté, il suffit de la brosser à l'eau chaude de préférence.
Pour tous renseignements, prière de s'adresser à _M. Mallié, 155, faubourg Poissonnière, Paris._
GARROT "AMÉRICAIN"
En particulier pendant les chaleurs, les chevaux ont à souffrir de blessures occasionnées par le collier. Notre figure représente au lecteur le Garrot «américain», appareil susceptible, au dire de l'inventeur, d'éviter les blessures du garrot et même de guérir celles déjà survenues.
Cet appareil est fait en zinc et de telle façon qu'il maintient le garrot du cheval constamment frais. Des essais faits sur des chevaux auxquels on était obligé de mettre des colliers spéciaux ont permis de juger que cet appareil pouvait guérir les chevaux blessés sans interrompre leur travail. Au cours de ces essais, plusieurs animaux assujettis à certaines blessures du cou en ont été préservés par l'emploi de cet instrument. Il est admissible, en effet, que la présence d'un métal sur la peau la maintienne en état de fraîcheur. Le prix de l'appareil étant d'ailleurs fort modique, il peut être de l'intérêt des cultivateurs possédant un ou plusieurs chevaux de se munir de cet appareil, qui s'adapte à tous les genres de colliers sans préparation ni difficultés.
Le Garrot «américain» se trouve en vente chez _M. Feret, 27, place de la Bonneterie, Troyes._
Il se fabrique en trois tailles; petit, au prix de 5 francs; moyen et grand, au prix de 6 francs. Ajouter 0 fr. 60 pour le port.
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