L'Illustration, No. 3255, 15 Juillet 1905

Part 4

Chapter 4730 wordsPublic domain

Supplément à L'ILLUSTRATION, 15 Juillet 1905.

LES FÊTES FRANCO-ANGLAISES DE BREST

Le séjour d'une escadre anglaise à Brest a été, pendant toute cette semaine, l'occasion de fêtes fort brillantes, dont le programme judicieusement réglé a permis à 1'«entente cordiale» de s'affirmer sous les formes les plus variées; depuis les réceptions, les banquets, les bals officiels, jusqu'aux réjouissances populaires et aux réunions où les matelots des deux nations ont pu fraterniser en camarades, ou Bretons et Anglais ont oublié, au moins un moment, leurs querelles anciennes, et où «Mariannic» et «Jack», le mathurin britannique, ont timidement fait connaissance. Mais le spectacle le plus caractéristique fut assurément celui de la rade avec les vaisseaux britanniques encadrés par notre escadre du Nord, les pavois arborés, le tonnerre des canons échangeant des salves d'honneur. C'est surtout le souvenir de cette imposante manifestation navale qui restera dans la mémoire des témoins et marquera dans les annales de notre grand port militaire.

_Un pont de 30 mètres, recouvert de toile à voile, permettait aux trois mille invités d'accéder facilement du quai au cuirassé_ Jauréguiberry, _transformé en salle de bal avec des arbustes, des fleurs et des lampes électriques à profusion sous un vélum d'étamine faune. Le buffet et les salons avaient été installés sur le cuirassé_ Formidable, _accouplé au_ Jauréguiberry.

LA VISITE DE L'ESCADRE ANGLAISE A BREST

L'escadre anglaise, composée de huit cuirassés, deux croiseurs et un bateau-atelier, avait été rejointe lundi, dans la matinée, par les pilotes de l'escadre du Nord, partis à sa rencontre sur deux contre-torpilleurs. Après avoir louvoyé jusqu'à l'heure fixée, elle s'est présentée, vers une heure et demie, à l'entrée du goulet où, sous la conduite de nos pilotes, d'une habileté consommée, elle a fait une entrée majestueuse. Après avoir doublé le sémaphore du Portzic, les navires rasent, pour ainsi dire, la terre, sous les yeux d'une foule nombreuse, très impressionnés par la beauté du spectacle. Puis l'escadre se disloque et chacune de ses unités va prendre, en rade-abri et en grande rade, le corps-mort qui lui a été réservé.

_NOUVELLES INVENTION_

_(Tous les articles compris sous cette rubrique sont entièrement gratuits.)_

DOUBLE FLUTE «LA FAUVETTE»

L'original instrument que représentent nos gravures est, sous son apparence de jouet, un véritable instrument de musique, susceptible de charmants effets variés. Son invention est due à M. A. Krantz, ancien premier prix de flûte au Conservatoire de Paris.

La simple inspection des figures permet de saisir le fonctionnement de cette double flûte. Les orifices produisant la gamme sent obturés par une série de doubles plaquettes garnies de cuir dont la manoeuvre actionne les deux flûtes.

Les avantages de cet instrument sont les suivants:

1° Avec le doigté ordinaire (celui de la flûte à 6 trous, du fifre, etc.), on peut tout jouer, indistinctement sur l'une ou l'autre flûte (l'étendue de chacune d'elles étant de 2 octaves 1/2) et obtenir avec tous les tons de la gamme cinq effets différents tels que tierce, sixte, dixième, etc.;

il est à remarquer que, pour produire ces cinq effets, _le doigté reste le même_, chaque clef bouchant à la fois sur chacune des flûtes les trous correspondants;

2° La justesse, la sonorité, l'étendue de cet instrument, font qu'il peut être, en solo, comparé à une petite flûte, au «picolo», avec cet énorme avantage qu'on peut jouer un air en solo, ou en duo à la tierce, à la sixte ou à la dixième, le tout avec le même doigté;

3° Il est impossible de jouer faux un duo sur cette flûte, les intervalles ci-dessus étant mécaniquement toujours justes;

4° Sur tout autre instrument, celui qui veut produire deux sons à la fois est forcé: 1° de lire deux notes; 2° d'employer deux doigtés différents, tandis qu'avec la flûte «la Fauvette», on ne lit qu'une seule note, et l'on en produit deux avec un seul et même doigté;

5° Grâce à un ingénieux dispositif, il suffit d'enlever la seule vis que comporte tout le système d'assemblage pour détacher le porte-clefs tout entier, ce qui permet, sans aucune difficulté, de donner à l'instrument tous soins de propreté.

Enfin, la tablature très explicite qui accompagne chaque instrument fait que, sans professeur, il faut très peu de temps pour obtenir de très satisfaisants résultats.

Il a été, d'ailleurs, composé spécialement pour «la Fauvette», un recueil de morceaux progressifs.

Pour tous renseignements sur cet instrument, s'adresser à _M. Guillemaud, 7, rue Taylor, Paris._

«La Fauvette» est livrée, en boîte, accompagnée de sa tablature, au prix de 3 fr. 50 dans Paris, et de 3 fr. 75 franco province.