L'Illustration, No. 3253, 1er Juillet 1905

Part 3

Chapter 33,394 wordsPublic domain

Treize lignes ferrées à double voie, aboutissant pour le 1er corps à Longwy, le 2e à Apremont, le 3e à Liart, le 10e à Verdun, le 4e à Sainte-Menehould, le 11e à Châlons-sur-Marne, le 9e à Lérouville, le 12e à Commercy, le 5e à Pagny-sur-Meuse, le 8e à Toul (encore à voie simple entre Clamecy et Avallon), le 13e à Epinal, le 16e à Belfort, le 19e à Belfort.

_Le 18e corps peut se rendre jusqu'à Chartres par une ligne indépendante à voie double, le 17e jusqu'à Limoges, les 15e et 14e corps jusqu'à Bellegarde, mais le retard de ces quatre corps d'armée n'a pas d'importance, ces corps étant prévus en réserve provisoire. Ajoutons que les 6e, 20e et 7e corps se rendent à pied à leur poste de combat. Enfin une 14e ligne à voie double (de Paris à Lérouville par Meaux, Château-Thierry, Epernay) servirait exclusivement au transport des approvisionnements. Le transport d'un seul corps d'armée exigeant 120 trains, les treize corps d'armée amenés immédiatement à la frontière exigeraient donc (13 x 120) 1.560 trains à l'aller et autant au retour, soit une circulation de plus de 3.000 trains (60.000 wagons). L'Illustration a donné, dans son numéro du 16 mai 1903, un tableau de la mobilisation allemande._]

MOUVEMENT LITTÉRAIRE

_L'Impossible Sincérité,_ par la baronne Hélène de Zuylen (Calmann-Lévy, 3 fr. 50).--_La Domination_, par la comtesse de Noailles (Calmann-Lévy, 3 fr. 50).--_L'Illusion sentimentale_, par Paul Flat (Fontemoing, 3 fr. 50).--_La Nièce de M. Jacob Gaspard_, par Gaston Rouvier, (Fasquelle, 3 fr. 50).--_La Couronne des jours_, par Ernest Raynaud (Mercure de France, 3 fr. 50).

L'Impossible Sincérité.

Une jeune Anglaise, Béryl, est adorée d'un jeune Hongrois, Gyula Zékéï, un compatriote passionné de Pétofi. Elle lui rend tous ses sentiments; mais, comme la jeune fille aime avant tout la loyauté, elle arracherait son coeur plutôt que d'y laisser quelque amour pour un menteur. On a beau lui dire que, dans la passion, les hommes mentent toujours un peu, elle croit à la sincérité de Gyula. Celui-ci se rend en Hongrie, pour obtenir, dit-il, le consentement de ses parents à son mariage avec Béryl.

Cependant la jeune Anglaise a des soupçons. Elle apprend fortuitement que le Hongrois est marié et père de deux enfants. Ce qu'il cherche à obtenir, c'est le divorce, afin d'épouser Béryl. Mais, comme il l'a trompée pour la posséder, elle rompt avec lui et le chasse de sa présence, ce qui amène le fiancé à se loger une balle mortelle dans la tête. Désespérée, Béryl est conduite elle-même par la fièvre au bord du tombeau, puis voyage, mais sans retrouver la tranquillité. A ses yeux se présente un de ses cousins, de même race qu'elle, aussi froid en amour que le Hongrois était démonstratif. Celui-là ne ment pas, ou ment, dit-il, aussi peu que possible. Finira-t-elle par l'épouser? Peut-être. A Venise, où l'on coudoie tant d'étrangers, elle aperçoit souvent à la même place deux enfants vêtus de deuil auxquels elle demande leur nom. Ce sont les enfants de Gyula.

«Aujourd'hui, Béryl savait que, parmi les évocations du passé, ce sont les souvenirs navrés qui obsèdent avec le plus tenace parfum», telle est la morale du roman que la baronne Hélène de Zuylen a intitulé: _l'Impossible Sincérité._

Ce n'est plus seulement comme romancières que les femmes nous dépassent. Avec Mme de Zuylen, elles montrent dans la musique de la phrase, dans la disposition des couleurs, dans la recherche précieuse du mot, la science la plus raffinée.

La Domination.

Où la domination dans le roman de Mme de Noailles? Je vois bien un jeune écrivain, Antoine Arnault, possédé de la fureur d'être au premier rang. On sent dans ce personnage un petit lettré fort rempli de son moi, mais dont l'esprit manque de vigueur et de savoir. Rien ne surpasse en vanité cet Antoine Arnault, qui essaye de se faire une place dans les salles à manger d'un monde aristocratique et hautain. Evidemment, Mme de Noailles a peint ici d'après nature. Successivement, Antoine aime plusieurs femmes, entre autres la comtesse Albi, dont le nom flatte ses puériles prétentions. Il goûte à plusieurs beautés sans trop s'y attarder et en dilettante, jusqu'à ce qu'enfin il épouse bourgeoisement une jeune fille pourvue d'une assez belle dot. Ne se met-il pas à adorer la soeur de sa femme? Avec une absence totale de scrupule, tous les deux, Antoine et sa belle-soeur, installent sous le toit familial leur amour semi-incestueux. Mme de Noailles nous a fort bien représenté le petit lettré sans vergogne qui aspire à la domination littéraire et féminine et qui ne sait pas se dominer lui-même. Avec un art subtil elle nous a pareillement indiqué les endroits accessibles de la femme en général, la cible qu'elle offre aux flèches d'Éros.

Dans ce roman, Mme de Noailles décrit aussi les lieux qu'avec ses amies traverse Antoine Arnault et, surtout, pose devant nous, en une vivante évocation, cette superbe veuve qui s'appelle Venise. Il y a là, malgré la modernité des types, je ne sais quoi, partout, de sensuellement païen, d'un paganisme semi-oriental et décadent.

L'Illusion sentimentale.

M. Paul Flat, lui, ne répand la couleur que suffisamment pour qu'on le croie capable de la verser à flot, s'il le voulait. Charles Hérial, son héros, a rencontré un jeune homme, Lucien d'Entraygues, avec lequel il s'est lié d'une vive amitié. Ensemble, ils ont communié dans les mêmes maîtres et dans les mêmes idées; ils se sont enivrés de Wagner; ils ont pareillement bu ensemble aux sources plus pures peut-être et plus harmonieuses, mais moins capiteuses de l'art italien. Les mêmes paysages les ont enthousiasmés et, le soir, leur ont apporté les mêmes mélancolies. Mais l'apparition d'une jeune fille les troubla dans leur amitié. Lucien d'Entraygues aimait cette jeune fille. Charles Hérial, lui prêtant tous les charmes de l'esprit et du corps; l'épousa. Il fut trompé par l'illusion sentimentale. Après quelques mois de mariage, le voile tombant, la réalité apparut. Sa femme n'avait pas toute la finesse d'esprit, tout le jugement qu'il lui avait supposés. Aussi, après s'être détaché d'elle, retourna-t-il vers l'ami et reprirent-ils les communions anciennes. L'oeuvre de M. Flat, serrée, abondante en fines dissections, sera goûtée de tous les gens lettrés.

La Nièce de M. Jacob Gaspard

C'est un article entier que mériterait le roman de M. Gaston Rouvier... Une petite ville suisse en temps d'élections communales, avec ses intrigues et ses commérages, nous est représentée. Ne ressemble-t-elle pas un peu à un bourg français? M. Jacob Gaspard, usurier émérite, est candidat à la présidence ou mairie. Mais l'amour lui trouble l'âme. Il veut épouser sa nièce, laquelle est éprise d'un jeune Français et n'éprouve que dégoût pour le vieil oncle. Celui-ci est tué dans une mêlée ouvrière. Rien de sublime comme l'image de Mathilde, la mère de la jeune fille, que tire de sa fange et que transfigure l'amour maternel.

La Couronne des jours.

De la prose harmonieuse de Mme de Zuylen et de Noailles, nous allons, sans changer d'univers, aux poèmes de M. Ernest Raynaud. Le poète des _Vitraux_ a un jour accolé au nom de M. Raynaud l'adjectif _grand_. Dans tous les cas, c'est un artiste riche, habile, que l'auteur des _Cornes du faune_, de la _Tour d'ivoire_ et de la _Couronne des jours_. Combien de pierres précieuses rutilantes et finement serties dans les pages de M. Raynaud! Peut-être sa phrase s'accommode-t-elle mieux des sujets élevés, des peintures antiques, que des détails de la vie familière. Je recommande en particulier aux amateurs d'art, dans le dernier volume du poète: _la Nouvelle Arcadie._

E. LEDRAIN.

M. ERNEST DAUDET

M. Ernest Daudet, frère du célèbre romancier, a, on le sait, conquis depuis longtemps sa place parmi nos écrivains les plus distingués. Il a publié lui-même des romans qui auraient suffi à lui assurer une notoriété personnelle; mais c'est surtout à des études historiques qu'il a, pendant vingt-cinq ans, consacré le meilleur de son labeur, fouillant les archives avec une patience de bénédictin, y faisant d'importantes découvertes documentaires, éclairant d'une vive lumière des points curieux demeurés obscurs, puis--et ceci n'est pas le moindre de ses mérites--pratiquant l'art difficile de communiquer à ses lecteurs l'intérêt passionna que le chercheur a pris à ses investigations et jusqu'à l'émotion qu'il a ressentie au contact du passé.

Entre tant de travaux remarquables, il convient de mentionner particulièrement _l'Histoire de l'émigration_, pour laquelle l'Académie française vient de décerner à M. Ernest Daudet le grand prix Gobert, la plus haute distinction dont elle dispose en faveur des historiens. Avant lui, MM. Albert Sorel, Albert Vandal, Thureau-Dangin, Hanotaux, académiciens aujourd'hui, avaient obtenu tour à tour ce prix, qui compta Augustin Thierry au nombre de ses illustres titulaires; de tels noms en disent assez la valeur honorifique.

L'EXPOSITION COLONIALE DE MARSEILLE

POSE DE LA PREMIÈRE PIERRE DU PALAIS DE MADAGASCAR.

Le comité d'organisation de l'Exposition nationale coloniale, qui doit s'ouvrir à Marseille en avril 1906, a profité de l'arrivée à Marseille du général Gallieni pour l'inviter à poser la première pierre du palais que la colonie de Madagascar va édifier, selon les plans de M. Jully, sur le vaste emplacement qui lui a été réservé sur les terrains de l'Exposition. Entouré de M. Charles Roux, commissaire général; de MM. Morel, directeur; Giry et Delborbe, directeurs adjoints, et de toutes les notabilités présentes au banquet qui lui avait été offert quelques instants avant par la Société de géographie de Marseille, le général Gallieni a scellé lui-même les premières assises de la très belle construction que sera le palais de Madagascar, et la très curieuse photographie que nous reproduisons représente le général au moment même où, une pelle à la main, il jette le mortier sur les fondations.

DOCUMENTS et INFORMATIONS

UN VAISSEAU VÉNÉRABLE.

Depuis quelque temps, on peut voir dans le port de Dunkerque un bâtiment plus que centenaire, ayant appartenu à la marine britannique et récemment vendu en France pour démolition, par l'Amirauté, qui l'avait transformé en ponton-caserne. Cet énorme vaisseau à trois ponts, armé jadis de 120 canons, déplace environ 4.500 tonnes; il mesure 80 mètres de longueur, 18 m. 25 de largeur et 14 mètres de hauteur au-dessus de l'eau; l'avant s'effile gracieusement; l'arrière, d'une structure quasi-monumentale, rappelle, avec ses quatre balcons ouvragés, la façade d'une maison. Lancé au commencement du siècle dernier, le _Royal-Adélaïde_ prit part, en 1805, à la bataille de Trafalgar; c'est un des plus beaux spécimens des anciennes constructions navales.

EDUCATION SPARTIATE OFFICIELLE.

L'hygiène, si fort en honneur dans nos sociétés civilisées, serait-elle à la veille de subir une réaction, inséparable de tous les engouements, et, après le dix-neuvième siècle, qui a proclamé la toute-puissance sociale de l'hygiène, le vingtième siècle va-t-il décréter que celle-ci ne sert qu'à conserver les faibles et à peupler la terre de malingres, au détriment des forts dont ils prennent les places? Il ne semblait pas qu'un tel revirement fût à la veille de se produire.

Or, en Prusse, la Chambre des députés vient d'adopter un projet de loi portant création d'un office spécial dénommé: _Office pour le bien public_.

Ce titre ne dit pas grand'chose; mais le ministre de l'intérieur a déclaré, à ce sujet, qu'il s'agit de ne plus s'occuper seulement d'assister les malades, les faibles, les indigents, mais bien de ne pas négliger les personnes en bonne santé. «L'avenir de notre pays, a-t-il dit, consiste à créer une population forte au point de vue physique, apte à endurer les rigueurs de la nature, capable de fournir un travail effectif, et non point un peuple amolli et affaibli par l'application des mesures d'hygiène.»

Il n'y a pas à s'y tromper: c'est bien la première bombe envoyée dans le camp des hygiénistes. C'est bien la proclamation du retour à l'éducation Spartiate, c'est-à-dire aux méthodes d'endurcissement qui tuent les faibles et ne laissent subsister que les forts. Dans cette voie on peut aller très loin, mais dans un sens tout opposé à celui où se sont engagées les sciences médicales modernes.

ENCORE LE TRAITEMENT DU MAL DE MER.

Ayant signalé à nos lecteurs la méthode que conseille le docteur M.-A. Legrand pour le traitement du mal de mer, nous croyons qu'il sera intéressant pour eux de savoir quels résultats a donnés cette méthode dans des essais tout récents. Ces essais ont été faits à bord d'un cuirassé et d'un aviso-école, par grosse mer, sur douze marins sujets au mal de mer, dont deux étaient malades même par beau temps. Ces douze marins ont subi l'immobilisation préventive de tout le ventre, depuis le pli des cuisses jusqu'au-dessous des mamelons, à l'aide d'une bande de forte toile de 5 mètres de long sur 25 centimètres de large. Or, dans tous les cas, sauf un seul, le résultat a été fort bon. Voici du reste les observations faites:

1. Matelot.--A eu seulement quelques malaises au début, mais a été immobilisé tardivement.

2. Matelot.--N'a absolument rien ressenti.

3. Matelot.--Léger état de faiblesse. Sujet très nerveux. N'a rien ressenti.

4. Officier.--Se protège toujours de cette façon au moyen d'une très large ceinture et s'en trouve toujours très bien.

5. Distributeur.--A pu parfaitement faire son service au poste à l'avant et n'a rien ressenti.

6. Elève-mécanicien.--A pu faire son service dans la machine sans rien ressentir, sauf un léger mal de tête.

7. Elève-mécanicien.--A fait son service aussi sans rien éprouver.

8. Elève-mécanicien.--Résultat médiocre: le sujet a eu un vomissement. Pourtant il y a amélioration évidente.

9. Maître infirmier.--A été légèrement indisposé à l'arrivée au mouillage, mais seulement après avoir desserré la bande; est d'habitude très malade.

10. Mécanicien.--Légèrement indisposé aussi, mais après avoir desserré la bande.

11. Quartier-maître fourrier.--Se porte bien, sauf légère perte d'appétit; mais a le mal de mer dès que, peu avant le mouillage, il enlève la bande.

12. Le même.--Cette fois, garde la bande jusqu'au bout, et tout le temps «se trouve aussi bien qu'à terre», lui qui était invariablement malade.

Aucun de ces sujets n'était entraîné à l'immobilisation du ventre et tous étaient des victimes régulières du mal de mer. Grâce à l'immobilisation, ils ont tous fait leur service malgré le mauvais temps et sans être incommodés.

NOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL

_Pièce Brève (pour piano)_, par Gabriel Fauré.--_L'Illustration_ a salué la nomination de M. Gabriel Fauré au poste envié de directeur du Conservatoire de musique. Nos lecteurs et lectrices pourront apprécier, par cette _Pièce Brève_, que nous publions, combien l'inspiration du maître est originale.

Ce qui caractériserait cette oeuvre exquise, ce serait l'imprécision du titre et la coloration précise de la pensée musicale. Il semblerait que, si _Pièce Brève_ avait été un morceau de piano et chant au lieu d'être uniquement pour piano, l'auteur aurait écrit sa musique d'abord, puis ses paroles seulement après la musique.

Un chant s'élève, à la fois ample et gai, puis les broderies soulignent une phrase très musicale et, par une modulation très trouvée, le chant initial suit à nouveau son développement. Oserai-je dire que, malgré les accords de la fin, _Pièce Brève_ ne finit pas. Il semble qu'il y a là une porte ouverte sur l'infini. On rêve, on rêve encore, alors que l'inspiration du maître s'est tue. C'est le plus bel éloge que l'on puisse faire de cette page de M. Gabriel Fauré.

_L'Ame des Fleurs_ (mélodie), par Massenet.--S'il est un compositeur dont le talent est souple et divers, c'est bien M. Massenet. Qu'il s'agisse, par contre, d'un opéra ou d'une simple mélodie, M. Massenet sait imprimer à l'un ou à l'autre sa griffe magistrale; et l'on peut dire que _l'Ame des Fleurs_ est «le sonnet sans défaut qui vaut seul un long poème», ainsi que le souhaitait Boileau.

Faut-il louer la distinction de la phrase mélodique, la justesse de l'expression, le piquant et l'imprévu des sonorités de cette page toute parfumée de poésie? Chez M. Massenet, la langue musicale a une éloquence telle que, même quand il se sert du piano, on devine un dessin orchestral dans ce qu'il a voulu décrire. Ainsi, dans l'envolée lyrique de ce passage de _l'Ame des Fleurs:_ «Oh! respectons la relique des roses!» on entend un unisson d'instruments à cordes qui charme l'oreille. C'est précisément le secret des maîtres d'évoquer tant de choses avec les moyens les plus simples, et M. Massenet s'y entend.

_Poème languide_, par A. Scriabine.

A. Scriabine est né à Moscou en 1870. Sa 3e symphonie vient d'être jouée à Paris sous la direction du célèbre chef d'orchestre Nikisch, dirigeant l'orchestre Colonne. Il est donc d'actualité.

Scriabine est élève de Saponov et Tanief. Entré comme professeur au Conservatoire de Moscou, il en sort presque aussitôt pour se consacrer exclusivement à la composition. Son bagage musical est déjà assez considérable: oeuvres pour piano, sonates, trois symphonies; la dernière, le _Divin Poème_, qui vient d'être exécutée ici, exprime en partie les idées philosophiques qui, de tout temps, le préoccupaient. Ces idées n'atteindront leur complet développement et leur parfaite expression que dans son oeuvre suivante déjà presque terminée.

C'est un musicien curieux, raffiné... pourtant un peu compliqué.

LE PRIX DE FRANCE

Le prix de France est le grand prix des gentlemen-riders: le cavalier gagnant ce steeple-chase a désormais son droit d'entrée à vie sur l'hippodrome d'Auteuil. L'heureux vainqueur du prix de France de 1905, couru à Auteuil dimanche dernier, est un officier, M. Petit. Il montait _Valmajour_, appartenant à M. Arthur Veil-Picard et entraîné par M. J. d'Okhuysen. Celui-ci mérite une mention spéciale. C'est bien le type de l'entraîneur moderne, tout à fait différent de l'entraîneur anglais classique, ancien jockey devenu trop lourd, bon serviteur, presque toujours fidèle, des aristocratiques propriétaires d'écuries de courses. M. d'Okhuysen, hollandais d'origine, fit ses études au lycée de Nice, suivit les cours de l'école d'Alfort, passa par le journalisme sportif, s'avisa enfin d'appliquer à l'entraînement ses connaissances vétérinaires et son esprit novateur. Il eut d'abord deux chevaux d'ordre modeste, dont il fit deux gagnants de modestes épreuves. Il a eu pour la première fois cette année des cracks sous sa direction et il a remporté successivement le grand prix de Nice avec _Brat_, le grand prix de Bruxelles, le prix du Jockey-Club et le Grand Prix de Paris avec _Finasseur_, à M. Michel Ephrussi. M. Arthur Veil-Picard, possédant seulement des chevaux d'obstacles, ne pouvait aspirer qu'au Grand Steeple et au prix de France: il a manqué le grand-steeple que Frosdorphe n'a pu disputer; mais l'allocation du prix de France a dû être pour lui une appréciable compensation.

UNE TROMBE SUR LE LAC DE ZUG (SUISSE).

_Clichés pris je 19 juin, à 4 heures après midi, par M. Léopold Woelffling, ex-archiduc d'Autriche._

LA SAISON SPORTIVE A AIX-LES-BAINS

_NOUVELLES INVENTIONS_

(Tous les articles compris sous cette rubrique sont entièrement gratuits.)

SUPPORT ARTICULÉ POUR BIBERON

Les mères de famille s'intéresseront assurément à l'utile et commode support de biberon décrit dans les lignes qui suivent, en raison des avantages réels qu'il est appelé à leur rendre. Comme on peut le voir sur la figure ci-jointe, le support articulé soutient le biberon à la portée de la bouche de l'enfant et lui permet de téter tout seul quand il est dans son berceau; grâce à une disposition ingénieuse, donnant la même souplesse qu'un mécanisme à la «cardan», le biberon suit tous les mouvements de la tête de l'enfant; la tétine en caoutchouc est toujours maintenue au niveau de sa bouche; il la lâche et la reprend à volonté.

Cet appareil très simple et d'un maniement très facile est indispensable surtout la nuit; la mère n'est plus obligée de se priver de sommeil pour soutenir le biberon du bébé pendant le temps de la tétée; elle n'est plus tentée de prendre l'enfant dans son lit pour lui donner à boire. Dans la journée, enfin, la mère peut vaquer à ses occupations pendant que l'enfant boit. Cet appareil procure, en un mot, la commodité cherchée autrefois dans l'usage des biberons à longs tubes, difficiles à nettoyer et dangereux en raison de leur manque d'asepsie. Il a été créé pour faciliter l'emploi des bouteilles coiffées de tétines à soupapes, reconnues seules hygiéniques par les médecins.

Ces avantages très réels du «support articulé pour biberon» le feront apprécier de toutes les mères de famille, surtout de celles qui sont obligées de gagner leur vie en travaillant chez elles, tout en soignant leurs enfants.

L'appareil se place sur tous les berceaux et lits d'enfants. On fixe d'abord le support sur le berceau en allongeant les planchettes à la largeur du lit; on place ensuite la bouteille en passant le col dans l'anneau en métal et l'on relève le caoutchouc dessus pour la maintenir; il suffit d'incliner ensuite la bouteille à la hauteur de la bouche du bébé et de la fixer par la vis de serrage; la bouteille pourra tourner à droite ou à gauche, suivant les mouvements de la tête de l'enfant.

L'appareil se fait en bois, cuivre et cuivre nickelé; les prix respectifs étant de 5 francs, 9 francs et 10 fr. 50; joindre 0 fr. 85 pour le port.

_S'adresser à M. Jules Mallat, 12, rue Buisson, Saint-Etienne (Loire)._

Note du transcripteur: Ces suppléments ne nous ont pas été fournis.