L'Illustration, No. 3250, 10 Juin 1905

Part 1

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L'Illustration, No. 3250, 10 Juin 1905

Avec ce Numéro Supplément de quatre pages.

LA REVUE COMIQUE, par Henriot.

_Ce numéro contient un Supplément de quatre pages d'actualités._

L'ILLUSTRATION _Prix du numéro: 75 Centimes._ SAMEDI 10 JUIN 1905 _63e Année.--Nº 3250_

Alphonse XIII.

ALPHONSE XIII AU CAMP DE CHALONS.--Le jeune roi d'Espagne galopant en tête de son escorte.

Le numéro de _L'Illustration_ du 3 juin, paru avec un retard de quelques heures--retard dont nous avions eu soin d'informer le public, en temps utile, par des annonces dans les principaux journaux--se trouve avoir été, en fait, en avance d'une semaine sur toutes les autres publications puisqu'il contenait des photographies et des dessins, non seulement de l'arrivée à Paris du roi Alphonse XIII, mais aussi des trois premières journées de son séjour. Une page était même consacrée à l'attentat qui suivit le gala de l'Opéra.

Aussi ce numéro a-t-il obtenu un succès considérable et les exemplaires non réservés à nos abonnés étaient-ils épuisés dès le lendemain de sa mise en vente. Nous l'avons remis sous presse pour en tirer quelques milliers de nouveaux exemplaires. Mais nos machines attendaient le numéro du 10 juin et nous n'avons pu continuer à répondre à toutes les demandes: nous nous en excusons auprès du public.

Le numéro de cette semaine, qui contient encore quatre pages supplémentaires, est consacré en partie aux dernières journées de la visite à Paris du roi d'Espagne et à son départ de Cherbourg. Mais aucune des autres actualités n'y est omise et l'on y trouvera notamment: d'intéressants documents inédits rapportés par la mission du docteur Charcot, qui vient de rentrer en France; une série de cartes résumant les phases de la terrible bataille navale de Tsou-Shima; des photographies des fêtes du mariage du kronprinz à Berlin, etc., etc.

Au sujet de notre concours de jeu de Bridge, ouvert pour l'attribution à un de nos abonnés du tableau original d'Albert Guillaume reproduit dans notre précédent numéro, nous avons reçu un certain nombre de lettres. Toutes les communications relatives à ce concours doivent être adressées à notre collaborateur, M. Arnous de Rivière, qui donnera, à partir de la semaine prochaine, tous les éclaircissements et renseignements utiles dans sa rubrique _la Science récréative_, qu'on trouvera aux pages de garde de chaque numéro.

COURRIER DE PARIS

JOURNAL D'UNE ÉTRANGÈRE

D'une des fenêtres de son magasin, situé avenue de l'Opéra, ma modiste a vu passer, il y a huit jours, Alphonse XIII. Et, depuis huit jours, elle est hantée par ce souvenir. Le roi d'Espagne lui a paru un jeune homme délicieux; elle l'avoue. Elle aime beaucoup l'uniforme bleu dont il était vêtu et la petite casquette blanche qui le coiffait; elle a trouvé une grâce infinie à cette longue figure imberbe, éclairée de beaux yeux noirs pleins de joie et si curieux de tous les spectacles; à cette bouche entr'ouverte--sur de fort jolies dents, il est vrai--et dont la lèvre inférieure s'avance en sorte de moue gentille qui accentue l'ingénuité du sourire et ce qu'il y a d'encore enfantin dans l'expression de ce visage d'adolescent. Elle raconte que, de sa fenêtre, elle a crié: _Vive le roi!_ tant qu'elle a pu, et si fort qu'Alphonse XIII l'a regardée, lui a souri, a secoué vers elle, dans un geste de bonjour familier, sa main gantée de blanc. Ma modiste parle avec horreur de l'attentat de la rue de Rohan et son mari, qui assiste à notre entretien, l'approuve. Il est employé à la préfecture de la Seine, socialiste et secrétaire du comité des libres penseurs de son arrondissement. Il a vu, lui aussi, le souverain à l'Hôtel de Ville; il a crié: _Vive le roi!_ et il s'en est fallu de rien qu'Alphonse XIII, vers qui plusieurs mains se tendaient à ce moment-là, ne serrât la sienne. Il conte ces choses avec ravissement. Ce «radical» bon garçon se sent, au fond, prodigieusement flatté qu'un roi de dix-neuf ans ait dit bonjour à sa femme et donné une poignée de main à des gens qui ne sont, comme lui, que «les premiers venus».

Nous ne réfléchissons pas assez que cette façon de sentir, qui est commune à la plupart des hommes, expose à de terribles dangers les pauvres rois et que cette vénération un peu puérile dont nous entourons leurs moindres gestes est l'excuse même de leurs illusions et de leurs erreurs. D'un enfant trop gâté nous faisons, le plus simplement du monde, un homme insupportable et nous nous étonnons qu'un apprenti-roi tire, logiquement, du spectacle de nos enthousiasmes et de l'admiration que chacun de ses actes semble nous inspirer, le sentiment qu'il est un homme très supérieur à nous et qu'il n'y a donc rien de plus légitime au monde et de plus nécessaire à notre félicité que la toute-puissance dont il est investi...

Aussi, ce qui me stupéfie, ce n'est pas qu'il y ait de mauvais rois, mais qu'en dépit de la déplorable éducation que nous donnons aux rois il s'en rencontre çà et là d'excellents. Leurs vertus sont infiniment plus méritoires que les nôtres, car nous leur demandons de connaître la vie et nous ne faisons rien de ce qu'il faudrait pour la leur enseigner. Loin d'eux, nous nous montrons frondeurs; en face d'eux et à leur contact, nous redevenons courtisans et tout petits: témoin le mari de ma modiste, socialiste et libre penseur, qui ne peut se défendre de sourire amoureusement au dernier rejeton d'une famille que ses grands-pères ont menée à l'échafaud...

Les psychologues répondent à cela: «C'est que l'état d'âme d'une foule ne traduit point nécessairement les sentiments particuliers des individus qui la composent. Cent personnes, qui pensent ou sentent sur une question donnée d'une certaine façon, peuvent former «une foule» dont l'opinion sera très différente de ces cent opinions-là. C'est ce qui explique pourquoi, dans Paris, ville «avancée» entre toutes, Alphonse XIII a pu voir tant de jacobins lui faire risette...»

Et puis, est-on jamais bien sûr d'être jacobin? Il me semble que l'instinctive fidélité que garde cette ville-ci aux gloires, aux élégances de son histoire, se trahit à chaque instant dans ses gestes,--dans sa badauderie même. Paris adore les «vieilleries» où s'évoque le prestige des maîtres dont il ne veut plus. Il reste très orgueilleux de son musée de l'Armée. Il s'est réjoui que la Malmaison fût restaurée et que la République y préparât un trésor de reliques napoléoniennes; il ira, cet été, admirer les «rétrospectives» d'art de Bagatelle et revivre son passé dans la fréquentation des vieux peintres; il visiterait bien plus assidûment Cluny, si Cluny n'était point l'Odéon des musées... perdu dans un recoin de cette délicieuse «rive gauche» que j'adore, mais où il faut bien constater que la foule n'afflue pas. Le pavillon de Marsan est plus «central». Tant mieux; et c'est une idée géniale qu'eut M. Georges Berger d'y installer ce musée des Arts décoratifs où tant de reliques précieuses, à côté des chefs-d'oeuvre de l'art d'aujourd'hui, s'offrent, depuis une semaine, aux curiosités du passant. Meubles historiques, armes de rois, bijoux, missels et dentelles de reines... avidement, la bonne foule contemple ces choses; et ces débris d'un âge qu'elle ne regrette point communiquent pourtant à son âme un sentiment très doux de déférence, de curiosité amie...

Mais les musées auront perdu bientôt leur clientèle d'hiver,--que deux mois de printemps glacial leur avaient conservée. «On ferme!» On ne ferme pas que les musées. Voici le temps où les directeurs de théâtres expédient leurs dernières pièces--les pauvres pièces sur lesquelles «on ne compte pas»--et préparent leur clôture d'été. Et cette clôture sera la preuve que Paris a cessé d'être habitable pour les gens du monde et qu'il est décent d'en sortir le plus rapidement possible...

Les auteurs dramatiques que j'entends se plaindre des misères de leur état sont bien injustes, en vérité. Ils semblent ne pas apercevoir quelle place considérable ils occupent dans la vie contemporaine et à quel point leur fécondité est devenue nécessaire à la joie de nos esprits! Ils se plaignent... Mais ne voient-ils pas que, pendant dix mois, nos gazettes n'ont à peu près consacré qu'à leurs ouvrages, aux interprètes de leurs ouvrages, à leurs personnes, à leurs projets, à leurs attitudes et à leurs «mots», toute la place que n'occupent point chez elles les affaires et la politique?

Certains écrivains (qui ne sont point auteurs dramatiques) reprochent aux journaux cet excès de complaisance, souhaiteraient de les voir un peu moins préoccupés du sort de la pièce de demain et un peu plus attentifs aux mérites du livre d'hier... Ils disent: «Rien de ce qui se passe au théâtre n'est négligé par les journalistes et il ne se joue pas un acte à Paris--sur quelque scène que ce soit et si pauvre qu'apparaisse l'ouvrage--qu'ils ne se considèrent comme tenus d'en raconter l'histoire et, au besoin, d'en railler les faiblesses; mais ce commentaire-là, c'est encore une réclame, et qui vaut mieux que l'affreux silence sous lequel moisissent nos livres...

Ceux-là ont plutôt sujet de se plaindre, en effet; et les auteurs dramatiques sont nos enfants gâtés. Que Z..., l'éditeur, ait décidé de chômer pendant six mois; qu'Y..., illustre romancier, songe à retarder d'un an ou deux l'impression du volume, qu'il vient d'écrire, ce sont là de menus incidents qui nous indiffèrent... Mais qu'on annonce: «Coquelin va chercher à Cambo le manuscrit de M. Rostand», voilà une nouvelle qui nous passionne. Pourquoi? Je n'en sais rien. Je constate simplement que la nouvelle nous passionne et que nos badauderies font de cette ville-ci le paradis des gens de théâtre.

En attendant qu'ils partent en vacances, on se dispose, sur d'autres scènes, à faire ses malles aussi. On ne s'en va pas encore; on «liquide» sa saison, si je puis dire. C'est le mois un peu fiévreux où les maîtresses de maison font leurs dernières «politesses», donnent à dîner, à chanter, à danser pour la dernière fois; où s'ouvrent, à côté des Salons, les dernières expositions d'art; où se préparent les épreuves suprêmes du turf, parmi l'affolement des couturiers. Hier, Auteuil; Longchamps tout à l'heure; et, de là, sortiront nos modes d'été, les formes définitives du corsage, de la jupe et du chapeau que je commanderai demain. Car on ne porte point les robes et les chapeaux qu'on aime, mais les robes et les chapeaux «qu'il faut porter». C'est un ordre qui vient on ne sait d'où et que rend sacré le mystère même qui l'enveloppe. Or, le bruit court qu'on va remettre à la mode la crinoline! En verrons-nous à Longchamps dimanche? J'ai peur. En vérité, il n'y a personne au monde qui ait le droit de m'obliger à porter une crinoline; cependant, je sens bien que le jour où ma couturière m'aura déclaré qu'«on la reporte», mon énergie s'effondrera... Et nous serons, à ce moment, quelques millions de femmes que cette consigne exaspérera et qui, sans savoir pourquoi, la mort dans l'âme, achèterons des crinolines.

SONIA.

ALPHONSE XIII A SAINT-CYR (2 juin).--Le carrousel dans la "petite carrière". Les sous-lieutenants élèves de l'école de Saumur exécutent une charge à toute allure devant la tribune officielle.

ATTITUDES ET COSTUMES DU ROI ALPHONSE XIII.

A AUTEUIL (4 juin).

UN NOUVEL IMMORTEL

Jeudi, l'Académie française appelait à elle, pour remplacer M. Eugène Guillaume, M. Étienne Lamy, élu au premier tour de scrutin par 21 voix contre 12 à M. Maurice Barrés.

Le nouvel académicien est peu connu du grand public, moins, par exemple, que M. Maurice Barrés, qui fut son concurrent le plus redoutable dans cette lutte. Leurs carrières, pourtant, offrent quelque analogie. Tous deux firent un temps de la politique et la quittèrent un jour pour la littérature. M. Étienne Lamy, en effet, de 1871 à 1881, a représenté à l'Assemblée nationale, puis à la Chambre des députés, le Jura, son département d'origine. Mais ses ouvrages, graves études historiques ou traitée politiques, avec les hauts problèmes qu'ils soulèvent, sont peu faits pour séduire les foules, malgré leur forme impeccable, châtiée. Seuls, des sociologues, des historiens ont pu apprécier la sévère tenue du _Tiers Parti_, de _l'Assemblée nationale et la Dissolution_, des _Études sur le second Empire_, de la _France du Levant_; et, sans doute, celui de ses ouvrages qui eut le succès le plus étendu, ce furent ces savoureux _Mémoires d'Aimée de Coigny_, la «jeune captive» de Chénier, qu'il édita plus récemment et qui avaient tout l'attrait d'un attachant roman.

LA SCISSION SUÉDO-NORVÉGIENNE

_De toutes les décorations de Paris, celle-ci fut la plus réussie et la plus remarquée: elle a d'ailleurs obtenu le premier prix au concours ouvert par notre confrère quotidien_ l'Écho de Paris. _L'Ecole Berlitz, dont les professeurs ont perfectionné le jeune souverain dans l'usage des langues française, allemande et anglaise, avait voulu fêter tout spécialement son royal élève; un ingénieux et brillant architecte, M. Timbdenstoch, en composant cette loggia élégante et riche, sut donner un aspect décoratif à la plus ingrate des façades: celle d'une maison moderne à six étages._

PARIS PENDANT LES FÊTES EN L'HONNEUR DU ROI D'ESPAGNE.

LE RETOUR EN FRANCE DU Dr JEAN CHARCOT

Nous avons annoncé récemment (n° du 11 mars 1905) le retour prochain de l'expédition conduite par te docteur Jean Charcot vers le pôle sud, à bord du _Français_, et, brièvement, rendu compte des résultats de son exploration. Depuis mardi, le docteur Charcot et ses compagnons foulent la terre natale.

Le 25 mai, comme ils arrivaient aux îles Canaries, à bord de _l'Algérie_, qui les avait pris le 8 à Buenos-Ayres, le chef de l'expédition y trouvait une dépêche lui annonçant que, désireux de lui témoigner tout l'intérêt qu'il avait pris à leur entreprise, le gouvernement français priait les explorateurs de débarquer à Tanger, où un navire de la marine nationale viendrait les prendre pour les ramener en France. Et, en effet, M. Jean Charcot, ses collaborateurs, son équipage, s'arrêtèrent à Tanger, y précédant de peu de jours le croiseur _Linois_, qui les amenait mardi à Toulon. Le lendemain, ils étaient à Paris, chaudement accueillis ici comme là.

Les fragments du journal de bord de M. Jean Charcot qui ont été publiés, les renseignements qu'on a recueillis de sa bouche à l'escale de Tanger, donnent d'intéressants détails sur les travaux de la mission.

Elle avait, on se le rappelle, quitté la France le 15 août 1903. Elle a donc passé quinze mois dans les régions antarctiques. C'est la première expédition française qui ait vécu un hiver entier dans les glaces polaires.

Le soir du 3 mars 1904, le _Français_ arrivait à l'île Wandel et, le lendemain, le commandant Charcot commençait à prendre ses dispositions pour l'hivernage. On dévergua les voiles, on cala les mâts de flèche, on abaissa la cheminée, on aménagea le navire en vue d'un séjour prolongé au milieu de la banquise.

Dehors, on construisait sur la glace deux maisons d'Esquimaux, deux huttes de neige qui allaient servir de réserve pour la viande fraîche, viande des phoques et des pingouins qu'on pourrait tuer. Dans la glace même, on creusait deux grands magasins recouverts de toitures en charpente et en toile à voile et, avec le concours des beaux et bons chiens prêtés par le gouvernement de la République Argentine qui servirent d'animaux de trait, on y débarquait les vivres apportés de France et mieux en sûreté là que sur le navire. Deux constructions, enfin, étaient édifiées, l'une en pierre, avec une toiture de toile, l'autre en bois, toutes deux pourvues de piliers de grès cimentés et couronnés par des plaques de marbre. On y logeait les instruments nécessaires aux observations magnétiques.

Ce fut la première étape polaire du _Français._ De là purent être faites quelques expéditions dans la région désolée avoisinante, entre deux tempêtes de neige.

A la mi-décembre, M. Jean Charcot levait l'ancre, débloquant son navire à coups de hache, de pic et même de cartouches de dynamite. Il remontait vers l'île Wincke, où il s'était arrêté à l'aller. Ce fut là qu'on célébra la Noël, autour d'un arbre apporté de France. Puis on gagna la terre Alexandre, où le _Français_ abordait le 15 janvier dernier.

Ce ne fut pas sans peine qu'on atteignit cette côte, et le journal de bord de M. Jean Charcot donne à cet endroit le récit de l'un des événements les plus dramatiques de tout le voyage:

«Nous longions, écrit-il, les hautes falaises déchiquetées, cherchant, du bout de nos lorgnettes, quelque baie propice à un débarquement, et nous avions ainsi navigué pendant environ dix milles, à proximité d'un grand iceberg de plus de cinquante mètres de haut, lorsque nous ressentîmes tout à coup une secousse formidable.

»Un bruit de craquement sinistre s'élève, le bateau monte de l'avant, s'engageant dans les glaces jusqu'à la passerelle; par cinq fois, nous talonnons avec violence, les mâts plient comme des joncs et, avec une sorte de gémissement, le bateau, comme blessé, retombe de l'avant en eau libre, sans que la manoeuvre de mise en marche ait pu produire un effet utile.

»Une large voie d'eau s'est déclarée à l'étrave, et le roulement continu du flot qui monte et nous envahit augmente d'instant en instant. Déjà l'eau s'étend en nappe jusqu'aux chaudières. L'équipage se jette aux pompes, dégage la cale et abat les cloisons pour faciliter l'écoulement de l'eau par l'arrière. On calfate tant bien que mal, mais notre situation devient des plus dangereuses, les icebergs se rapprochant de plus en plus. Ce serait folie de vouloir risquer d'atteindre le large avec des embarcations, et la côte est inabordable.

»Nous ne pouvons songer, d'autre part, à hiverner sur un bateau aussi gravement endommagé. Une seule porte de salut nous est offerte: il faut, par tous les moyens possibles, nous dégager au plus vite, dussions-nous, dans ce dernier effort, crever nos machines. Ah! ces pauvres machines disloquées, faussées, qui, à chaque coup de piston, geignent et frémissent comme un malade à l'agonie se lamente et tremble aux derniers souffles de la vie!...»

On en sortit pourtant, grâce à l'énergie de tous, et le _Français_, remplissant vaillamment son office jusqu'au bout, ramena à Buenos-Ayres, sans un manquant, tous ceux qui lui avaient confié leur vie.

DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES SUR L'ATTENTAT DE LA RUE DE ROHAN

LES CINQ ANARCHISTES ARRÊTÉS SOUS L'INCULPATION DE COMPLICITÉ

[Illustrations (5) Vallina. Palacios. Charles Malato. Harvey. Navarro.]

PHOTOGRAPHIES DE LA BOMBE TROUVÉE RUE DE ROHAN, SEMBLABLE A CELLE QUI A EXPLOSÉ SUR LE PASSAGE DU CORTEGE.

[Illustrations: La «pomme de pin», avec les boulons et les écrous de fermeture.]

[Illustrations: Coupe montrant la disposition intérieure.]

[Illustrations: Les explosifs: dans les tubes, l'acide sulfurique; au fond du flacon, le fulminate de mercure, noyé dans l'eau.]

[Illustrations: M. Chavigny, qui a ramassé la bombe non éclatée, rue de Rohan.]

[Illustrations: La cuirasse du capitaine Schneider. (La patelette de cuir et la chaînette de l'épaule droite ont été coupées par un projectile de la bombe.)]

[Illustrations: M. Leydet, juge d'instruction chargé de l'affaire.]

[Illustrations: La maison de Charles Malato, 2. Passage Noirot, où ont été entreposées les enveloppes des bombes, à Paris, avant leur chargement. (Sur le seuil, M. Malato père.)]

_Photographies prises par la Direction des Recherches de la Préfecture de police (service de l'Identité judiciaire)._