L'Illustration, No. 3249, 3 Juin 1905
Part 2
C'était un homme instruit, expérimenté bel esprit même, possédant la science de la vie, que Guillaume de Nesselrode. Il écrivait dans un français assez correct et toujours fort piquant. Son fils Charles, qui devait mener, pendant tant d'années, sous Alexandre 1er et sous le grand Nicolas, la politique étrangère de la Russie, s'y prépara de bonne heure, dans les légations et les ambassades. En 1801 et 1802, nous le voyons à Berlin, en sous-ordre, mais examinant les hommes, jugeant les événements et rendant compte de tout à son père Guillaume qui, avec une sagesse souriante et détachée, continue de le guider. De Berlin, à la fin de 1802, il est transféré à la Haye, d'où il observe fort bien tout ce qui se passe en Europe. Pas plus que son père il n'aime Bonaparte, qu'il appelle M. Bonaparte, comme Joséphine Mme Bonaparte. Mais il rend justice aux grandes qualités de l'empereur, à son esprit de décision, à la promptitude de son action, si fort opposés aux lenteurs de l'Autriche et de la Russie. Comme Charles de Nesselrode a habité Berlin, il sait la duplicité qui y règne et combien il faut peu compter sur un concours effectif de la Prusse. Avant Ulm et Austerlitz (1805), le gouvernement prussien tergiverse, promet et ne tient pas. A Vienne, qu'il traverse; à Paris, où nous l'apercevons en 1807 comme secrétaire d'ambassade, Charles de Nesselrode achève de faire ses études de _Psychologie des peuples_, et de se préparer à sa grande fortune. En 1810, il a l'agrément d'assister au mariage de Napoléon avec Marie-Louise; il s'empare, moyennant finances, de certaines pièces importantes; il se renseigne secrètement sur les vues de Napoléon et sur ce qui se passe dans l'entourage de l'empereur; il loue la modération de Fouché et regrette sa disgrâce (1810); il sent, en 1811, l'orage qui va fondre sur la Russie et surveille, sur le visage même de Napoléon, les marques croissantes de mauvaise humeur. Dans ses lettres à M. de Spéranski il a déposé toutes ses observations. Ce fut dans l'automne de 1811 qu'il quitta Paris d'où il avait envoyé à son gouvernement tous les faits qu'il avait pu recueillir et deviner. Là s'arrête le troisième volume publié par les soins de la famille de Nesselrode.
1870-1871.
M. d'Haussonville fut le confident de M. Thiers. Avec soin il note, au début de la guerre, ses visites à l'homme d'État et reproduit ses conversations. Après les premiers désastres, M. Thiers qui les avait prévus et qui, dès 1866, avant Sadovva, avait marqué les moyens de les conjurer, était devenu le centre de tout. Républicains, conservateurs, avaient les yeux sur lui et prenaient ses conseils. Cette situation unique apparaît vivement dans les souvenirs de M. d'Haussonville. La pensée politique qui guida M. Thiers, des préliminaires de paix signés, se dessine déjà dès le mois d'août 1870. Les princes d'Orléans, venant offrir leurs services et accourant à Paris, le gênent considérablement. Il les engage au départ. Sa voix prend même, dans la circonstance, un accent d'irritation fort marqué. Tout ce qui peut amener quelque division et déranger le terrain d'entente qui lui semble être la république, M. Thiers fait tout pour l'écarter. Peut-être même, à l'égard des princes, va-t-il plus loin et n'a-t-il pas à leur endroit beaucoup de sympathie. Au fond, le siège de M. Thiers est fait, son plan bien tracé. Tel il est ici, tel nous le verrons, de 1871 à 1873, luttant, à l'Assemblée nationale, contre la droite et contre tout projet de restauration monarchique. Bien différent se montre M. d'Haussonville: il est plein de déférence pour le futur président de la République; il voit M. Jules Favre, M. Jules Simon, le général Trochu lui-même, s'attache au gouvernement de la défense nationale, essaye de le conseiller, le soutient parce qu'il le regarde comme un préservatif contre la violence et contre l'anarchie, mais reste en même temps dévoué à ses princes et les voudrait acceptés dans l'armée, ce qui leur serait utile probablement pour leurs projets ultérieurs. M. d'Haussonville porte le képi de garde national, se rend aux remparts, assiste aux scènes du 31 octobre, passe par toutes les espérances, participe à l'âme commune et illusionnée de la foule. Avec son livre, qui s'arrête à la fin de janvier 1871, on fait avec sûreté la psychologie de Paris pendant le siège et, malgré les tristesses du sujet, on ne laisse pas que d'éprouver une vive satisfaction littéraire à la lecture de ces pages rapides, élégantes, aiguës par endroits et où s'affirme une belle conscience d'honnête homme, un peu hautain parfois, mais singulièrement impartial.
E. LEDRAIN
LES THÉÂTRES
Le _Chérubin_ de M. Massenet, qui avait, paraît-il, soulevé des transports d'admiration à Monte-Carlo, a été accueilli avec plus de calme sur la scène de l'Opéra-Comique. L'éminent compositeur de _Werther_ et du _Jongleur de Notre-Dame_, pour ne parler que de ses grands succès les plus récents, peut mettre au service d'une oeuvre légère, comme l'est la bluette de MM. F. de Croisset et H. Cain, tous les trésors de son imagination spirituelle et ardente, et l'éclat d'une facture brillante, variée à l'infini, il ne parvient pas à donner la sensation de la gaieté. Il est presque inutile de dire que l'interprétation est excellente. Mlle Carré chante avec infiniment de grâce; M. Fugère se montre, comme toujours, artiste accompli. Quant à Mlle Garden, chargée du rôle de Chérubin, elle est espiègle à souhait, et la gentillesse un peu exotique de sa prononciation n'est pas pour nuire à son succès.
L'Opéra-Italien, installé au théâtre Sarah-Bernhardt, va bientôt atteindre le terme fixé à sa brillante carrière. Le succès de la _Zaza_, de M. Leoncavallo, s'est accentué aux représentations suivantes, et l'on vient d'acclamer le vieux et toujours jeune chef-d'oeuvre de Rossini, le _Barbier de Séville_, interprété par le célèbre ténor Masini et Mlle Parini. Nous reparlerons de cette représentation.
Le théâtre Trianon a représenté les _Vautours_, de M. A. Fresquel, une pièce dramatique dont l'intérêt serait plus marqué si elle ne prenait trop souvent le caractère de pamphlet dirigé contre la religion catholique, il était inutile d'imaginer, à la cantonade, je ne sais quel mystérieux personnage chargé de souffler la discorde au sein d'un ménage de braves gens: la Foi suffisait pour creuser un abîme entre le député socialiste Dariot et sa fille, élevée chrétiennement. M. Brausset, Mlle Besson soutiennent avec vaillance cette lutte qui, je l'espère pour le théâtre, se prolongera longuement. A. de L.
_Documents et Informations_
LA MAISON DE M. EDMOND ROSTAND A CAMBO.
Depuis plusieurs années qu'il a fixé sa résidence à Cambo, sous le bienfaisant climat du pays basque, M. Edmond Rostand habitait, avec sa famille, un des chalets loués aux baigneurs; mais ce n'était là qu'une installation provisoire; tout de suite, l'auteur de _Cyrano_ avait acheté un terrain, ayant formé le projet d'avoir une maison à lui, construite et aménagée à son gré. Ce projet est aujourd'hui réalisé et la confortable maison rêvée s'élève sur la colline, dans un site délicieux, fait à souhait pour le plaisir des yeux et pour l'inspiration du poète.
UN COUP DE FOUDRE À PARIS.
Un violent orage s'est abattu sur Paris, vers 3 h. 1/2 du soir, le jeudi 18 mai, au cours duquel un coup de foudre a frappé un arbre de l'avenue du Maine, en face le numéro 199, à l'angle du passage Rimbaut.
La décharge a atteint l'arbre (un orme) à environ cinq mètres du sol et a suivi le tronc, faisant éclater l'écorce, jusqu'à une distance d'un demi-mètre du trottoir où le sillon se termine. Une personne qui a vu le coup de foudre déclare qu'une boule de feu est partie du pied de l'arbre et a sauté jusqu'au milieu de la chaussée, sans doute sur les rails du tramway, excellents conducteurs du fluide.
Comme on le voit sur la photographie ci-dessous, le sillon est très contourné. Il n'entoure pas l'arbre en spirale comme cela arrive souvent, mais est entièrement situé au sud-ouest, au sud et à l'ouest.
Dès le lendemain matin de l'orage, les ouvriers de la Ville de Paris ont arrangé tout le sillon de la foudre, coupant l'écorce régulièrement et passant le tout au goudron pour protéger l'aubier. C'est ce qui explique la régularité de la blessure sur la photographie et les reflets brillants sur la couche de goudron encore fraîche.
A quelques mètres de l'arbre se trouve une maison de six étages dont la toiture, les conduites de descente, les tuyaux d'eau et de gaz constituent des conducteurs parfaits. L'étincelle atmosphérique a préféré l'arbre. La foudre a parfois des caprices bien bizarres!
LA PROPORTION DES SEXES AUX ÉTATS-UNIS.
On sait que, chez tous les peuples civilisés, c'est le sexe féminin qui domine. Les naissances masculines sont toujours un peu plus nombreuses que les naissances féminines, mais il meurt plus de petits garçons que de petites filles et, de 15 à 25 ans, le sexe masculin est en minorité. Les victimes que fait la maternité lui rendent ensuite la majorité jusque vers cinquante ans. Finalement, la durée de la vie étant moindre chez l'homme que chez la femme, le sexe féminin finit par dominer. Ceci est la loi classique en démographie. Mais voici que le dernier recensement des États-Unis semble apporter à cette loi un démenti fort grave. Dans la totalité de la nation, on a, en effet, enregistré un excédent de 1.638.621 individus mâles.
Sans doute, dans certains États, il y a un peu moins d'hommes que de femmes: de 47 à 49 pour 100 habitants; mais dans quelques autres, par exemple dans le Wyoming et le Montana, on constate un excès masculin parfois considérable, pouvant aller jusqu'à 63.
Toutefois, cette contradiction avec la loi reconnue n'est peut-être qu'apparente; car il est certain que l'émigration, si importante aux États-Unis, et qui n'y introduit guère que des éléments masculins, est sans doute la cause de cette inversion numérique des sexes.
D'ailleurs, les femmes sont en grand excès dans les villes. Dans 1.861 villes, on compte un excédent de plus de 200.000 femmes.
La mortalité des hommes est, aux États-Unis comme partout, supérieure à celle des femmes, dans la proportion de près d'un septième.
COMMENT ÉVITER LE MAL DE MER.
Mille méthodes, procédés et remèdes ont été préconisés pour combattre le mal de mer; quelques-uns font un certain bien; mais, de façon générale, pour beaucoup de personnes, le mal de mer reste un mal odieux et inévitable. Il semble toutefois, d'après M. Legrand, médecin principal de la marine en retraite, que la théorie de la thérapeutique du mal de mer la plus ancienne est encore la meilleure; la vieille théorie mécanique de Kéraudren, de la contention des viscères abdominaux. «Immobilisez le ventre», disait notre compatriote il y a soixante-dix ans. Et l'on répète, aujourd'hui: immobilisez le ventre. Le mal de mer serait essentiellement une asphyxie due à la contracture du diaphragme et au retentissement réflexe de celle-ci sur les grandes fonctions. Avant tout, il faut faciliter la respiration, et c'est pourquoi l'air pur du pont convient mieux que l'atmosphère renfermée de la cabine. Mais il faut aussi immobiliser les viscères: autrement ils viennent frapper le diaphragme et le contracturer. Pour éviter ce choc, il faut sangler l'abdomen. C'est du moins la conclusion à laquelle arrive la Ligue contre le mal de mer. Il faut comprimer le tronc, du pubis aux fausses côtes, au moyen d'une bande de flanelle par exemple, large de 10 ou 15 centimètres, longue de 10 ou 15 mètres, avec laquelle on comprime le ventre de bas en haut, 4 ou 5 heures après les repas. Et il est bon de s'être exercé au sanglage avant de s'embarquer.
L'ÉPARGNE FRANÇAISE.
Dans une communication faite à la Société de statistique de Paris, M. A. Neymarck a établi que l'épargne française possède plus de 23 milliards en actions et en obligations des six grandes compagnies de chemins de fer, actions et obligations réparties et morcelées à l'infini. En outre, cette épargne possède un capital de 26 milliards en rente 3% perpétuelle et en rente 3% amortissable. Le même morcellement s'observe dans ce capital, la même diffusion dans les plus petits portefeuilles. 75% des titres des obligations des chemins de fer et des rentes sur l'État sont au nominatif et constituent un placement en quelque sorte définitif.
UNE REPRÉSENTATION D'«ANTIGONE» À ATHÈNES.
Au cours de sa récente croisière dans la Méditerranée, la reine Alexandra, qui vient de rentrer en Angleterre, est allée, on le sait, visiter son frère, le roi Georges de Grèce. Pendant son séjour à Athènes, elle eut l'occasion d'assister à une représentation _d'Antigone_, donnée au Stade panhellénique, où l'annonce de la présence de la très sympathique souveraine avait contribué à attirer une affluence extraordinaire. Ce fut devant une salle comble, si l'on peut ainsi dire du vaste théâtre en plein air, reconstitué sur le modèle antique, que se déroulèrent les péripéties du chef-d'oeuvre de Sophocle, et, si le décor naturel de la scène était merveilleux, tous ces gradins chargés de spectateurs offraient, sous la splendeur du ciel ensoleillé, un immense tableau vivant d'un pittoresque achevé.
LE CENTENAIRE DE MÉHÉMET-ALI PACHA.
Le 13 mai on a célébré, à Alexandrie, la commémoration solennelle du centenaire de l'avènement du vice-roi d'Égypte, Méhémet-Ali Pacha, mort en 1849. Tout a été mis en oeuvre pour rehausser l'éclat des fêtes organisées à cette occasion: décoration et pavoisement des édifices publics, construction d'un arc de triomphe, etc., et, le soir, l'électricité, apportant aux illuminations son précieux concours, inondait de sa vive clarté la statue équestre de Méhémet-Ali, érigée sur la place des Consuls.
La petite ville de Ludwigslust, ne comptant guère plus de 6.000 habitants, n'offre en elle-même rien de bien remarquable; mais elle possède un château historique auquel s'attache actuellement un intérêt particulier, à la veille du mariage de la princesse Cécile de Mecklembourg-Schwerin avec le kronprinz Frédéric-Guillaume. Cette résidence grand-ducale est, en effet, le «home» familial de la future impératrice d'Allemagne: c'est là qu'elle a passé jusqu'à présent la majeure partie de sa vie, aux côtés de son père, Frédéric-François III, mort en 1897; de sa mère, la grande-duchesse Anastasie, cousine de l'empereur de Russie; de son frère, Frédéric-François IV, le grand-duc régnant. Situé près de la route de Berlin à Hambourg, le château de Ludwigslust date du dix-huitième siècle; le caractère de son architecture, le dessin de son parc magnifique, coupé de larges avenues, agrémenté d'étangs, de bassins, de jets d'eau, de cascades, lui ont valu l'appellation assez justifiée de «Versailles du Mecklembourg». Dans les appartements se trouvent de nombreux souvenirs de Guillaume 1er, qui venait fréquemment y visiter sa soeur, la grande-duchesse Alexandrine.
1. La princesse en promenade dans le parc de Ludwigslust. 2. La princesse Cécile de Mecklembourg-Schwerin. 3. Le kronprinz. 4. Le château grand-ducal de Ludwigslust.
LE "HOME" FAMILIAL DE LA FUTURE IMPÉRATRICE D'ALLEMAGNE.
L'ARRIVÉE DU DERBY D'EPSOM.
_NOUVELLES INVENTIONS_
_(Tout les articles compris sous cette rubrique sont entièrement gratuits.)_
NOUVELLE MARQUE DE "BRIDGE"
On sait combien sont compliquées la comptabilité et, par suite, la marque du jeu de _Bridge_; on sait aussi quel intérêt ont les joueurs à connaître constamment l'état de la partie, aussi bien du camp adverse que de leur propre camp.
Voici un petit appareil dans lequel le problème semble avoir été résolu d'une manière pratique, par la combinaison du principe de la marque de billard, avec chiffres qu'on entraîne à la main avec les aiguilles d'un double cadran, et de la marque de piquet, avec touches, qu'on lève ou qu'on abat. Sous le nom de _Marque Chevalet_, l'appareil en question a la forme d'un petit tableau que l'on place en évidence sur la table de jeu; il sert à l'enregistrement des «points et des honneurs» des deux camps et accuse les manches gagnées; la garantie de son exactitude résulte du contrôle incessant et intéressé des joueurs eux-mêmes. D'ailleurs, on recommande de confier le maniement de la marque à un seul joueur, qui inscrit les résultats des deux camps.
Les «points», qui apparaissent en gros chiffres dans les fenêtres ménagées sur la marque, sont indiqués aux yeux exercés par la seule position des aiguilles de commande: celle de gauche, sur le cadran des dizaines; et celle de droite, sur le cadran des unités. Lorsqu'on observe la division de ces cadrans et les petits chiffres qui y sont gravés, on se rend compte que la manoeuvre pour marquer est des plus simples, en poussant chaque aiguille à la position voulue, sans qu'il soit besoin, pour ainsi dire, de regarder.
A la fin de la manche, on reporte les «points» de chaque camp avec les «honneurs» que l'on marque au moyen de touches à ressorts, après quoi, l'on ramène les aiguilles des cadrans à zéro pour la manche suivante. Lorsque la «belle» est jouée, il reste à écrire les comptes individuels des joueurs de la même manière qu'à la fin d'une partie de whist. Cette marque se trouve en vente, simple, au prix de 28 francs; avec touches ivoire, 35 francs, chez _M. Lefranc, 109, faubourg du Temple, Paris._
LE POLYORAMA BOURGUER
Cet original appareil a été établi pour répondre aux desiderata de la majorité des collectionneurs de cartes postales, gravures, photographies, etc., ainsi que des éditeurs de cartes, soucieux de conserver intactes leurs collections. Il permet de faire passer, sans effort ni fatigue, successivement, sous les yeux des spectateurs, des séries illimitées de gravures, cartes postales, etc. Il possède tous les avantages de l'album sans en avoir les inconvénients.
Au moyen de la glace dont le Polyorama est muni, on obtient des reflets et une animation du plus charmant effet qui donnent à l'oeil une illusion de la réalité. Nos gravures montrent la disposition intérieure de l'appareil. Le tambour-boîte que représente la figure 2 présente, en tournant devant la fenêtre vitrée, la collection de cartes postales qui sont simplement fixées dans des encoches pratiquées dans une bande de papier spécial enroulée sur ce tambour. L'appareil fermant à clef, la collection se trouve ainsi, non seulement à l'abri de la poussière, mais encore du toucher et de toute soustraction possible; il est pourvu d'encoches qui permettent la pose et le changement faciles de tous les objets classés, par séries, si on le désire, verticalement ou horizontalement, sur des tambours-boîtes pouvant recevoir de 120 à 150 cartes et se substituer les uns aux autres, avec plus de facilité même qu'un changement de cylindre ou de disque dans les appareils phonographes. Les boutons actionnant ces tambours de l'extérieur sont fixes ou mobiles, au choix; dans ce dernier cas, une fois retirés, l'appareil ne peut plus fonctionner; le propriétaire, de ce fait, est absolument maître de sa collection.
Le Polyorama peut être actionné par un enfant; c'est un petit meuble élégant et nouveau qui ne déparera aucun salon; il peut se fabriquer, sur demande, dans toutes les dimensions, de manière à recevoir des gravures et estampes de toutes grandeurs, les photographiés de divers formats, les autographes, etc.
Les prix de ces appareils varient de 25 à 30 francs, suivant qualités. Les boîtes-tambours interchangeables valent 1 fr. 75 la pièce. Pour renseignements plus complets, s'adresser à _M. Chosseler, 10, rue des Dominicains, Nancy._
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