L'Illustration, No. 3237, 11 Mars 1905

Part 3

Chapter 33,187 wordsPublic domain

Il faut noter les exportations d'or, qui ont été très fortes et ont atteint plus de 260 millions de francs.

_Mouvement littéraire_

_Madame Rècamier et ses amis_, par Edouard Herriot (Plon, 2 vol. à 7 fr. 50 chacun.)--_Mémoires du comte de Rambuteau_, publiés par son petit-fils (Calmann-Lévy, 7 fr. 50). _Misère et Assistance_, par Louis Singer (Hébert, 2 fr.).--_Nouveau Dictionnaire historique de Paris_, par Gustave Pessard (Rey, 30 fr.).

MADAME RÈCAMIER ET SES AMIS.

Née le 4 décembre 1777, à Lyon, de Me Jean Bernard, conseiller du roi, notaire, Mme Rècamier vint s'installer de bonne heure à Paris, avec sa famille. Garda-t-elle l'empreinte de sa ville natale? Eut-elle pendant sa vie cette décence tendre, cette chasteté voluptueuse, cette séduisante réserve que M. Renan considérait comme la marque de la femme lyonsaise? Elle nous apparaît bien avec ces traits charmants, mais dont il ne faudrait peut-être pas faire un privilège ethnique. A seize ans, on la maria avec le banquier Jacques Rècamier qui en avait quarante deux. Etait-il son père, comme l'a prétendu Mme Mohl, et l'épousa-t-il uniquement pour lui faire passer sa fortune? Cela nous expliquerait certaine réputation qu'on fit à Mme Rècamier. Cette opinion, à laquelle M. Herriot s'attarde un peu, ne me semble mériter aucune créance.

Sous le Directoire, partout où elle parut, elle disputa le prix de la beauté à Mme Tallien, tout en observant la plus aimable retenue. En 1798, elle rencontra Mme de Staël dont le salon eut sur elle la plus grande influence. Le trait distinctif de la vie de Juliette, ce sont les passions qu'elle inspira, sans que son bon renom en souffrit et sans qu'on ait mis en doute sa vertu. Longue est la liste de ses soupirants. Voici d'abord Lucien Bonaparte, dont les moeurs grossières ne devaient pas séduire la plus délicate des femmes. Combien nombreux ceux qui, vers 1802, se pressaient dans son salon, avec une nuance d'adoration! On y voit Louis de Narbonne, Camille Jordan, Bernadotte, Junot, Moreau, Eugène de Beauharnais, Philippe de Ségur. Devant eux, elle chante en s'accompagnant de la harpe. Mais, les deux plus empressés, ce sont les deux cousins Adrien et Mathieu de Montmorency, qui lui resteront tendrement attachés jusqu'à leur mort. Le jeune Prosper de Barante, pour qui s'était allumée Mme de Staël, s'enflamme pour la divine Juliette. Le neveu du grand Frédéric, le prince Auguste de Prusse, l'aima assez ardemment pour la vouloir épouser. Ce jeune étranger, de six ans moins âgé qu'elle, inspira à Mme Rècamier un sentiment fort et vif. Son coeur, calme à l'endroit des Montmorency, battit pour le prince Auguste. En 1812, Ballanche, âgé de trente six ans, naïf et rêveur, se présenta devant elle et resta, jusqu'aux dernières années, son fidèle suivant. Le jeune Ampère brûla l'encens de sa passion devant Juliette.

Plus tard surgit celui qui devait régner souverainement jusqu'à la fin sur la pensée de Mme Rècamier. Chateaubriand avait aperçu, pour la première fois, la divinité en 1801, à la toilette de Mme de Staël, mais l'avait perdue de vue. Ce fut à la fin de 1818 qu'il entra dans la vie de Mme Rècamier. «Ce fut l'invasion d'un épervier dans une volière, où des oiseaux harmonieux gazouillaient tranquillement autour d'une colombe. «Il avait déjà aimé et brisé beaucoup de femmes: fut-il fidèle à Mme Rècamier?

Autour du grand écrivain et près de la divine Juliette on apercevait la nièce de Rècamier, Mme Lenormant, et tous les hommes célèbres, jusqu'à Sainte-Beuve et Quinet.

Mais quelle fin eurent de si beaux jours! Tous les amis s'en vont l'un après l'autre. Ballanche meurt en 1847. Malade, impotent, Chateaubriand attend la mort dans un immense ennui. Aveugle, Juliette se tient près du lit d'agonie du grand ami, en juillet 1848. Elle-même, de la Bibliothèque où elle était allée vivre avec le ménage Lenormant, fut portée, après une atteinte de choléra, au cimetière Montmartre, en mai 1849. Bonne, fidèle, d'une beauté qu'ont immortalisée les pinceaux de David, de Gérard et celui de Massot, elle fut reine par le tact et la bienveillance. Le livre de M. Herriot, plein de documents inédits, nous rend fort bien la plus délicieuse et la plus influente des femmes du dix-neuvième siècle.

MÉMOIRES DU COMTE DE RAMBUTEAU.

Il représenta, en administration, les idées sages et la modération. Préfet de la Seine pendant les quinze dernières années de Louis-Philippe, c'est-à-dire pendant presque tout le règne, il s'occupa de voirie, de crèches, d'hospices, d'oeuvres de bienfaisance. Si grande était sa popularité qu'en 1848 les gens du peuple couchaient son portrait dans l'Hôtel de Ville en fredonnant:

Dors, papa Rambuteau, T'as bien mérité de faire dodo.

Avant de prendre la préfecture de la Seine, M. de Rambuteau, qui était né dans le Mâconnais en 1781 et qui avait épousé la fille du comte de Narbonne, avait, dans sa jeunesse, exercé près de Napoléon Ier les fonctions de chambellan. Brillant danseur, il s'était distingué dans tous les bals et dans toutes les fêtes de l'Empire. Il nous peint, en détail, la société de 1809 à 1812, nous fait assister aux repas particuliers et à la toilette de Napoléon. Il fit de l'opposition sous les Bourbons et se rallia après 1830 au duc d'Orléans. Ce fut un administrateur fort humain et--ses Mémoires en font foi--un lettré qui savait écrire en la langue de la bonne compagnie.

MISÈRE ET ASSISTANCE.

Comment ne pas remarquer, parmi les récentes publications: _Misère et Assistance, notes historiques_, par Louis Singer (Hébert, 2 fr.)? Ce volume curieux n'est qu'une amorce qui nous fait vivement désirer la suite. Il était naturel que l'histoire de l'assistance fût écrite par un homme dont la famille est si connue par l'usage qu'elle fait de sa grande fortune.

NOUVEAU DICTIONNAIRE HISTORIQUE DE PARIS.

Il nous donne sur l'origine et sur l'histoire des rues, des boulevards, des avenues, les renseignements les plus complets. Nous assistons, grâce à lui, à la création successive de la grande ville. Si le livre ne relève pas de la littérature proprement dite, il appartient à la bibliographie la plus sérieuse et à l'érudition.

E. LEDRAIN.

Ont paru:

_Louis XIV et la Grande Mademoiselle_, par Arvède Barine, 1 vol. in-16, Hachette, 3 fr. 50.--_En Asie centrale_, par le capitaine Anginieur. 1 vol., Ernest Leroux, 2 fr. 50--_Malgaigne_, 1806-1805, par E. Pilastre. 1 vol. in-8°, Félix Alcan, 5 fr.--_Les unes et les autres_, cent dessins, par Albert Guillaume. Garnier frères, 3 fr. 50

MARCEL SCHWOB

Sans doute on étonnera bien des gens en proclamant que Marcel Schwob, qui vient de disparaître, à quarante ans, était l'un des plus parfaits écrivains de langue française de cette génération. Pourtant, le _Roi au masque d'or_, ce conte qu'eût signé Villiers de l'Isle-Adam et admiré le somptueux Barbey d'Aurevilly, le _Livre de Monelle_, d'un charme mystérieux et pénétrant, et ce savoureux pastiche des _Mimes_, tout embaumé des douces brises de l'Hellas, et les _Vies imaginaires_, d'une si ingénieuse invention, enfin la _Croisade des enfants_, ce chef-d'oeuvre, sont des livres où l'irréprochable harmonie, la beauté pure de la forme, habillent d'un vêtement magnifique des idées abondantes et profondes.

Marcel Schwob aimait à conter que, s'il devait sa haute culture intellectuelle à son oncle, Léon Cahun, en son vivant conservateur à la bibliothèque Mazarine, un autre homme avait eu, sur le développement de son imagination, une influence décisive, un Américain, cet étrange capitaine Paul Boyton, inventeur d'un engin de sauvetage singulier. Il était enfant quand il avait rencontré le capitaine. Celui-ci lui avait mis en main un volume de Mark Twain et les oeuvres d'Edgar Poe. Il y puisa l'amour du mystère et une belle passion pour la langue anglaise. Il la possédait comme sa langue maternelle elle-même, et les traductions qu'il a données de l'_Annabella_ de Ford, de l'_Hamlet_ de Shakespeare, de _Moll Flanders_, roman peu connu de Daniel de Foë, ont la saveur même et l'accent des originaux.

Je n'ai connu personne qui fut plus séduisant que Marcel Schwob, avec son masque nerveux, expressif, qu'éclairaient des yeux de clair et grésillant métal, et sur lequel, en ces derniers temps, une maladie longue et cruelle, héroïquement supportée, avait jeté on ne sait quelle auguste et impressionnante sérénité. Sa conversation révélait une érudition prodigieuse. On devinait qu'il portait en lui des clartés de tout. Poète exquis, c'était encore un savant qu'estimaient hautement les savants: M. Gaston Paris, qui avait fait de l'étude du folk-lore le but de toute sa carrière, aimait à le saluer comme un pair.

Il aurait pu, armé comme il l'était, prétendre aux charges, à la gloire. Il dédaigna les succès bruyants, heureux seulement de l'admiration de quelques centaines de frères intellectuels. Et nulle âme ne fut plus stoïque ni meilleure que la sienne. G. B.

LES THÉÂTRES

M. Emile Fabre vient de remporter une victoire complète sur la scène de l'Odéon, avec une mordante et très dramatique étude des moeurs financières de notre époque. Le public prendra grand plaisir à voir fustiger comme ils le méritent les forbans qui raflent périodiquement ses économies. Mais il n'est pas question que d'argent dans les _Ventres dorés_: l'amour, ou tout au moins la femme, y trouve une place importante et corrige sensiblement ce que cette vigoureuse satire aurait pu avoir de trop spécial. Grand succès pour les interprètes: MM. Gémier, Candé, Janvier et Mlle Sergine, particulièrement, et pour la mise en scène qui est de tous points remarquable.

L'Ambigu tient aussi un grand succès avec la _Belle Marseillaise_, comédie dramatique en quatre actes de M. Pierre Berton. L'action se passe à Paris sous le Consulat, et débute par l'attentat de la rue Saint-Nicaise. Bonaparte y joue un rôle important. On se croirait en présence d'une oeuvre de Dumas père, tant est grande l'aisance du dialogue et de l'enchaînement des scènes. M. Castillan a très bien composé le rôle de Bonaparte; MM. Dieudonné, Brûlé, Mlles Maud-Amy et Béryl tiennent les leurs avec talent et l'on nous montre quelques jolis tableaux de l'époque.

M. Brieux ayant expérimenté en Belgique l'effet que pouvait produire sur une salle de théâtre son oeuvre de polémique médico-sociale: les _Avariés_, s'est décidé à la faire représenter chez Antoine. Bien lui en a pris, puisque le public a parfaitement accepté les hardiesses du sujet en faveur des intentions moralisatrices de l'auteur et surtout de son rare talent dramatique.

Au théâtre de l'Athénée, MM. H Dumay et L. Forest ont donné la _Petite Milliardaire_. comédie fantaisiste en trois actes. On y fait gaiement le procès des moeurs américaines et particulièrement de la manie qu'ont certains Crésus du nouveau monde de rechercher pour leurs filles les décavés de l'aristocratie européenne; une agence matrimoniale dirigée par deux juifs polonais imagine un trust et toutes sortes de tours amusants pour canaliser à son profit les «bons à revenir» de ces unions dorées. Très bien montée, très bien jouée par Mlle Diéterle, MM. Lévesque, Milo et Beaudouin, cette pièce un peu folle, mais décente en somme, divertit beaucoup le public.

Le Châtelet voulait sans doute offrir aux enfants, grands et petits, un spectacle amusant et de merveilleux décors. MM. de Cottens et Darlay l'ont servi à souhait en lui donnant leur _Tom Pitt_, dont les exploits de pickpocket ne se réclament guère de l'art dramatique, M. Max Dearly dans le principal rôle, M. Pougaud et de jolis ballets, il n'en faut pas d'avantage pour réussir.

Au théâtre Cluny, MM. Daniel Riche et Léo Marchés nous content, un peu confusément peut-être, mais avec esprit, l'histoire d'une photographie féminine d'une pose plutôt libre, mais rendue anonyme par le loup qui couvre la figure. La _Femme au masque_ est un bon vaudeville, dans le goût de ceux que le joyeux théâtre de la rive gauche a donnés avec succès.

La Société des Concerts Alfred Corlot a fait entendre dernièrement, au théâtre de la rue Blanche, une oeuvre admirable et presque inconnue de F. Liszt: la _Légende de sainte Elisabeth_. C'est une évocation magnifique du moyen âge mystique et guerrier: l'inspiration la plus haute contient et discipline le développement harmonique qui est d'une richesse et d'un coloris extraordinaires. L'orchestre, les solistes et les choeurs se sont montrés à la hauteur de l'oeuvre. On ne saurait trop féliciter M. Alfred Corlot de ses efforts vers le grand art et des résultats qu'il a déjà obtenus.

NOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL

Nous publions aujourd'hui dans notre supplément un fragment de la belle partition de M. Alfred Bruneau, l'_Enfant-Roi_. Cet ouvrage vient de remporter à l'Opéra-Comique un succès éclatant et nous sommes heureux de féliciter le compositeur de sa franche et saine inspiration. De toutes les oeuvres écrites jus qu'ici par M. Bruneau, le _Rêve, l'Attaque du Moulin, Messidor_ et _l'Ouragan, l'Enfant-Roi_ nous séduit particulièrement par l'ensemble de ses qualités de grandeur, de sincérité, de charme et de mélancolie. L'orchestre, sans jamais couvrir les voix, reste vibrant, chatoyant, pittoresque, les thèmes sont développés et spirituellement transformés et cela sans monotonie ni complications agressives. L'interprétation fut excellente, la mise en scène exquise.

Nous publions aussi une Romance extraite des _Dragons de l'Impératrice_, le triomphe actuel du théâtre des Variétés. Cet opéra-comique d'une rare élégance musicale, très supérieur aux musiques d'opérettes, est dû à la plume de M. André Messager, l'auteur des _P'tites Michu_, de la _Basoche_ et d'un chef-d'oeuvre que nous aurons prochainement la joie d'applaudir rue Favart, _Madame Chrysanthème_.

L'AFFAIRE BONMARTINI.--Les débats de l'affaire Bonmartini devant la cour d'assises de Turin, qui avaient été interrompus à cause des élections générales en Italie, ont repris le 21 février et se poursuivent lentement depuis cette date. L'interrogatoire des accusés est commencé. A tour de rôle chacun d'eux est extrait de la cage de fer, pour répondre aux questions du président Dusio, vient s'asseoir près des caisses renfermant les pièces à conviction. Et une assistance aussi nombreuse que le comporte l'étroite salle se presse pour apercevoir la comtesse Linda, son frère Tullio Murri et leurs coïnculpés.

CHARLES BIANCHINI--Charles Bianchini est mort presque subitement, le 3 mars, à l'âge de quarante-cinq ans.

Originaire de Lyon, il était venu de bonne heure à Paris, où il devait acquérir la réputation d'un maître en l'art de dessiner les costumes de théâtre. Nos principales scènes, l'Opéra, l'Opéra-Comique, la Comédie-Française, avaient recours à sa science et à son habileté spéciales: pendant des années, nombre d'ouvrages importants furent montés avec sa précieuse collaboration. Avant réuni dans son atelier de l'Opéra une collection très complète de documents sur l'histoire du costume, il possédait en cette matière une véritable érudition, qui lui permettait de faire des reconstitutions aussi exactes que pittoresques.

Au moment même où allait disparaître l'excellent artiste, si répandu, si apprécié dans le monde des théâtres, les affiches annonçaient deux pièces nouvelles qu'il avait «habillées»: l'_Enfant-Roi_, à l'Opéra-Comique et la _Belle Marseillaise_, à l'Ambigu. C'est en sortant de la répétition générale de celle-ci qu'il a ressenti tout à coup les premiers symptômes du mal auquel il a succombé au bout de quelques heures.

L'imprévu, la soudaineté de cette fin et aussi le souvenir évoqué d'un drame judiciaire remontant à six ans ont suggéré d'abord l'hypothèse d'un empoisonnement criminel: mais l'autopsie légale a établi que la mort était naturelle et résultait d'une lésion du coeur.

LES OBSÈQUES DE M. EUGÈNE GUILLAUME.--L'École de Rome a rendu au vénéré maître, M. Eugène Guillaume, son ancien directeur, un pieux hommage. Dès qu'il avait appris la mort de son prédécesseur, M. Carolus-Duran avait demandé qu'on transportât la dépouille mortelle du sculpteur à la Villa Médicis, qu'il avait tant aimée jusqu'à sa dernière heure. On plaça le cercueil dans une chapelle ardente improvisée, où les pensionnaires de l'Académie, constitués en garde d'honneur, veillèrent jour et nuit. Et c'est de là, de cette dernière demeure chère à son coeur, que M. Eugène Guillaume partit pour la France, pour Paris, où le monde des arts se préparait à lui faire de solennelles obsèques.

L'ASILE SOEUR-ROSALIE.--Le 2 mars, MM. Desplas, président du conseil municipal; Mesureur, directeur de l'Assistance publique, etc., venaient inaugurer la réédification de l'asile «Soeur-Rosalie», pour vieillards et malades indigents, fondé en 1850 par la soeur de Saint Vinrent de Paul, Rosalie Rendu, rue de l'Epée-de-Bois. Mme Loubet honorait de sa présence la cérémonie officielle.

_NOUVELLES INVENTIONS_

_(Tous les articles publiés sous cette rubrique sont entièrement gratuits)_

NOUVEAU FER A REPASSER ÉLECTRIQUE

Les remarquables avantages de l'électricité comme agent de chauffage sont bien connus de tout le monde, et le seul reproche que l'on puisse faire à ce procédé consiste dans son prix de revient relativement élevé.

L'électricité a été appliquée comme agent de chauffage universel; mais pratiquement ses applications se restreignent à de petits ustensiles, tels que: fers à repasser, chauffe-plats, chauffe-lits, etc.

L'une des applications les plus intéressantes concernant les fers à repasser a été l'objet de soins tout spéciaux de la part de M. Forte, constructeur de nombreux types d'appareils à chauffage par l'électricité. Le fer nouveau que met en vente cette maison possède des qualités précieuses de commodité, de simplicité et d'économie. Il se compose d'une boîte de fonte nickelée munie d'un couvercle et d'une poignée qui lui sont fixés par des vis (fig.). Un double contact formé de deux tiges de cuivre, isolées de la masse par des disques de porcelaine, recueille le courant qui lui est transmis par un contact universel et un cordon souple. Ce courant circule dans une série de spires de fil de nickel inoxydable enroulées autour de plusieurs feuilles de carton de mica et les porte à une température élevée; ces spires sont isolées les unes des autres à l'aide d'autres feuilles épaisses de mica.

D'après l'inventeur, les avantages de ce système sur les autres sont les suivants:

Son maniement est très facile et sans aucun danger, un enfant peut s'en servir.

La dépense d'électricité est faible; pour faire chauffer cet appareil, il suffit, la première fois, de sept minutes de passage de courant pour obtenir la température de chaleur maximum, ou de trois à quatre minutes lorsque le fer est encore chaud à la suite d'une opération précédente. Ensuite, on ôte la fiche et l'appareil reste libre en augmentant encore sa chaleur pendant dix minutes et en la conservant pendant des heures, la chaleur accumulée dans les fils et dans le mica se transmettant progressivement au fer tout entier.

L'appareil supprime les pertes de temps: les blanchisseuses qui repassent le linge très mouillé peuvent s'en servir pendant 30 minutes, et, avec deux fers, une ouvrière ne perd pas un instant.

Lorsque l'appareil a atteint sa température maximum, il ne reçoit presque plus de courant en raison de l'augmentation de résistance due au grand échauffement des fils. Il ne peut donc se brûler ou se détériorer.

Au point de vue hygiénique, les avantages de ce fer à repasser sont considérables; la température des pièces où l'on s'en sert ne s'élève jamais à une température désagréable et les ouvrières n'ont pas à subir les émanations nuisibles du charbon.

Ce fer électrique est soigneusement nickelé et poli et son application donne d'excellents résultats; il se fabrique en plusieurs modèles: fer dit ordinaire, fer dit à glacer, fer pour chapelier, etc., poids de 2 à 4 kilos et prix 20 francs, avec 1m,50 de cordon souple.

_S'adresser à MM. Forte et Cie, 12, rue Rochambeau, ou, Maison Ström, Annexe, 12, rue de la Chaussée-d'Antin, Paris._

Modification de prix.--_M. Crabbe, 36, rue de Lancry, Paris, fabricant des gilets en papier décrits dans l'«Illustration» du 18 février dernier, nous prie d'annoncer que ses nouveaux prix sont, franco poste pour la France, respectivement: 1 fr. 95, 3 fr. 15 et 4 fr. 65 au lieu de 2 fr. 05, 2 fr. 60 et 3 fr. 60._

[Note du transcripteur: les suppléments dont il est question dans le texte de cette édition étaient absents de notre document source.]

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