L'Illustration, No. 3237, 11 Mars 1905
Part 2
Mais les Russes avaient très solidement fortifié ces positions et y arrêtèrent net les progrès de leurs adversaires. Depuis le 5 mars, les Japonais, qui n'ont pas hésité à tenter en deux nuits jusqu'à trente-deux attaques au col de Gou-Tou-Ling, défendu par. Meyendorf, paraissent renoncer à la lutte de ce côté: Koudiassa, un instant tombé entre leurs mains, est redevenu russe. Peut-être les opérations engagées dans cette région n'étaient-elles qu'une importante démonstration destinée à détourner les réserves russes.
Au centre, Nodzu, doté d'un parc considérable d'artillerie de siège, crible d'énormes projectiles les lignes russes et en particulier les deux fameuses collines Poutilov et Novogorod et tente, tantôt sur Fan-Kia-Pou, tantôt sur Cha-Ho-Pou, Lamatoun ou Ling-Si-Pou, des attaques qui se brisent toutes contre les travaux russes énergiquement défendus, Nodzu n'a guère pu enregistrer que l'occupation de Ling-Si-Pou.
C'est à l'ouest que semble se jouer la partie principale. Le 1er mars, la bataille s'engage autour de Tchan-Tan entre l'armée d'Oku et celle de Grippenberg, aujourd'hui commandée par Kaulbars. Celle-ci est forcée de reculer peu à peu, finit par perdre Sou-Khou-Dia-Pou-Tsé, où était établie une première ligne de défense, mais arrête à Ma-Kia-Pou, sur sa seconde et principale ligne, tous les efforts acharnés des Japonais.
Pendant ce temps, Nogi, renforcé probablement d'une partie des forces de Kuroki et protégé par presque toute la cavalerie réunie des Japonais, traversait le Houn-Ho, enlevait Szu-Fan-Taï, puis se rabattait à l'est, conquérant Sa-Lin-Pou, mais ne pouvant forcer Ta-Chi-Kiao. Déjà les Japonais sont à 8 kilomètres de la gare de Moukden, formant un immense demi-cercle autour des positions russes. Leur front, démesurément étendu, englobe plus de 130 kilomètres.
Ajoutons que la cavalerie japonaise, violant la neutralité de la Chine, a mis la main sur Sin-Min-Ting où sont ensuite arrivées par chemin de fer deux brigades d'Inkou. La perte de ce point, si elle est définitive, serait très pénible pour les Russes qui en tiraient la plus grande partie de leurs approvisionnements. L. DE SAINT-FÉGOR.
Guichets du Carrousel. Grande galerie de peinture des Écoles étrangères.
SI LE LOUVRE BRULAIT...
_(Voir la gravure à la page précédente.)_
Quel est l'artiste ou l'amateur d'art, sortant émerveillé, ravi encore d'une séance de travail, d'une visite d'étude au musée du Louvre,--quel est le flâneur pensif, jaloux de la gloire de son pays, fier du rayonnement qu'il jeta sur le monde, qui, traversant la majestueuse enfilade des cours autour desquelles une partie de l'histoire de la France, resplendissante tour à tour et tragique, est, pour ainsi dire, cristallisée dans la pierre, a pu songer sans effroi que tout cela, le palais admirable des Valois, des Bourbons, des Napoléon, les trésors d'art qui, désormais, y ont trouvé asile, pouvait quelque jour disparaître dans la plus désastreuse catastrophe qu'on puisse imaginer, dévoré par les flammes?
Pourtant, journellement, à toute heure, le palais des rois et des empereurs, avec les inestimables richesses qu'il recèle, somptueux écrin digne de tels joyaux, est exposé à ce lamentable sort. Car les deux ministères des finances et des colonies, installés sous le toit même du Louvre, avec leur armée de fonctionnaires grands et petits, parfaitement insouciants, pour la plupart, de ce noble voisinage; car, de plus, le personnel nombreux qui vit, mange, dort, habite, enfin, entre ces murs fameux, gardiens des musées, concierges, garçons, sont là comme la menace d'un redoutable et perpétuel danger.
Il est midi et demi, une heure: le moment à peu près où le feu éclata au Théâtre-Français. Le fourneau à gaz ou à pétrole sur lequel une ménagère soigneuse préparait le repas de son homme, ou--on ne sait exactement--la cheminée où flambait un luxueux feu de bois, dans le bureau momentanément abandonné par les expéditionnaires sitôt le chef parti déjeuner, a allumé l'incendie. La grenade, la rassurante grenade en évidence dans un coin du corridor a été impuissante à éteindre les flammes. Il n'est pas très sûr, même, que la femme du gardien ou le garçon de bureau affolé, stupide, ait pensé à en faire usage.
En un clin d'oeil, le feu a gagné, par les cloisons de bois du pavillon de Flore, par la vieille charpente des combles, les salles remplies de chefs-d'oeuvre.
Les pompiers sont vite arrivés sur les lieux, ceux de la Cité les premiers. Et l'on assiste au spectacle que nous avons reconstitué avec une précision photographique et qui répète, aux détails près, celui dont nous fûmes témoins le 8 mars 1900.
Aux murs, les hautes échelles de sauvetage sont dressées. Sur les toits, les pompiers sont apparus, tirant après eux les longues manches de cuir, brandissant des lances luisantes. Quelques-unes, tout naturellement, n'ont pas d'eau, l'incendie s'étant juste produit un après-dîner où, par hasard, les réservoirs manquaient de pression. Et, sur le terre-plein du Carrousel, on peut voir les conservateurs, atterrés, muets devant une si navrante catastrophe, depuis tant d'années prévue et annoncée, se tordant les mains, impuissants, des larmes dans les yeux.
Cependant, à l'intérieur, on a commencé le déménagement.
Il est des oeuvres qu'il ne fallait pas songer même à tenter de sauver, à cause de leurs dimensions. C'est ainsi que l'on devra abandonner au brasier les _Noces de Cana._
Mais voici, aux bras mercenaires des gardiens, des soldats accourus à la rescousse, des déménageurs improvisés et maladroits qui vont, courent, se bousculent, déraisonnent, des pages sublimes et si précieuses que, lorsque les conservateurs et leurs restaurateurs faisaient mine, seulement, d'y toucher d'une main trop lourde, s'élevait un cri d'universelle réprobation.
Voici, passant par les fenêtres, descendus au bout de cordes mouillées, mal attachées, incertaines, les _Pèlerins d'Emmaüs_, de Rembrandt, que ne remplacerait jamais tout l'or des lointains Transvaals; voici la _Kermesse_, de Rubens, source de joie abondante et saine; le _Charles 1er_ de Van Dyck que, jadis, la Dubarry avait conservé à la France; le pâle et hautain _Richelieu_ de Philippe de Champagne, et cent autres merveilles pour chacune desquelles on aurait pu reprendre le mot de Paul de Saint-Victor sur la Vénus de Milo: «Si elle disparaissait, une lumière s'éteindrait sur le monde...»
Cauchemar, rêve, soit! Mais ce cauchemar, ce rêve peut être la réalité demain. Et l'on hésiterait, en ayant les moyens, à rendre impossible un pareil désastre?
Depuis dix ans, vingt ans, depuis que voisinent entre les mêmes murailles les chefs-d'oeuvre immortels et les fonctionnaires indifférents, on a signalé le péril. La question n'avait pas progressé d'un pas. Or, nous voici en présence d'un ministère nouveau qui semble bien décidé à en hâter la solution. M. Clémentel, ministre des colonies, ne demande pas mieux que d'abandonner le pavillon de Flore,--ce qui serait un premier et enviable résultat,--et l'un des actes du sous-secrétaire d'Etat aux beaux-arts, M. Dujardin-Beaumetz, le montre animé des meilleures intentions: à peine arrivé rue de Valois, il constituait une commission à laquelle il donnait mission d'aviser aux moyens de parer aux dangers incessants que courent les collections d'art du Louvre.
Dix projets différents ont été présentés: transfert des colonies dans les bâtiments du commissariat général de la défunte Exposition de 1900, qui seront peut-être enfin libres dans quelques mois; transfert au Palais-Royal, dans la partie occupée par l'administration des beaux-arts, qui émigrerait à son tour à la caserne de la rue de Bellechasse; construction d'un hôtel pour les colonies sur les terrains de la rue Oudinot où s'élève le noviciat des frères des écoles chrétiennes expulsés; nous en passons!... Le meilleur sera celui qui sauvera le plus vite le Louvre. Et nous serions heureux, pour notre part, si, en montrant d'une façon tangible les irréparables conséquences qu'aurait un sinistre comme celui qu'on peut prévoir, en mettant sous les yeux de ceux desquels dépend, sur ce point, notre tranquillité l'image même de ce que serait ce drame, nous avions stimulé un peu le zèle qu'on leur sait pour la bonne cause.
GUSTAVE BABIN.
LES ÉCHAFAUDAGES DE LA TRINITÉ
On répare, en ce moment, la façade de l'église de la Trinité. Bien qu'elle n'ait pas encore quarante ans d'existence, elle commençait, parait-il, à s'effriter. Le monument de Ballu n'a rien à gagner ni à perdre, sans doute, au point de vue esthétique, à ces travaux de pur entretien, et personne n'y aurait pris garde si l'échafaudage élevé autour de la flèche principale et des deux clochetons latéraux de l'église n'était, en soi, une merveille de grâce aérienne, de beauté même, en son genre un chef-d'oeuvre, et, en ce moment, à tout le moins, une des curiosités de Paris. Il est d'une légèreté qui confond et qui inquiéterait un peu, si l'on n'avait, d'autre part, la certitude que le système a fait ses preuves de solidité. Et les passants s'arrêtent involontairement pour le contempler, les uns étonnés, les autres ravis de tant d'élégance et de tant d'audace.
En quelques jours, l'échafaudage de la Trinité a surgi de terre et escaladé la façade qu'il garnit si joliment. Les éléments principaux, comme on le voit sur notre gravure, en sont des échelles, qui forment les montants, l'armature essentielle. Il en est entré dans la confection de cette charpente environ deux cents de 14, de 12 de 10 mètres de long. Le tout ne cube que 155 mètres. Et c'est un fort remarquable travail aux yeux des constructeurs comme à ceux des artistes.
LA MISSION BRAZZA AU CONGO FRANÇAIS
Le gouvernement, décidé à faire toute la lumière sur les faits atroces reprochés à deux fonctionnaires coloniaux, M. Gaud et M. Toqué, et que nous avons mentionnés dans notre numéro du 25 février, a donné mission à M. Savorgnan de Brazza, gouverneur honoraire des colonies, qui fut l'un des plus célèbres pionniers de la France en Afrique, de poursuivre une enquête complète sur la situation de notre colonie du Congo, dont il fut, précisément, le fondateur et dont le chef-lieu porte son nom. M. de Brazza s'embarquera le 15 de ce mois pour se rendre à Brazzaville et de là dans le Haut-Congo et le Haut-Oubangui.
On souhaiterait, on voudrait pouvoir espérer que cette enquête ne confirmât pas les effroyables accusations que l'on connaît, mais qu'au contraire elle démontrât que le Congo fut toujours, partout, la terre idyllique que montre la photographie ci-dessus, où de bons nègres oisifs, et contents de peu, s'amusent à des jeux d'enfants au grand soleil.
Ce Toqué, encore que certaines lettres de lui, qui ont été récemment publiées, révèlent un détraquement littéraire un peu inquiétant, n'a vraiment pas l'air de la bête féroce qu'il serait si les crimes qu'on lui impute étaient prouvés. Allongé sur son rocking-chair, son boy attentif à ses côtés, il semble seulement, pour le quart d'heure où fut pris le cliché qui le représente ici, un fonctionnaire qui a des loisirs et qui s'ennuie, peut-être.
Il est vrai que l'ennui est souvent un terrible conseiller!
_Documents et Informations._
LA TÉLÉPHONIE PRATIQUE À STOCKHOLM.
Heureux habitants de Stockholm et que leur sort nous apparaît enviable!
Alors que, chez nous, pour téléphoner à notre femme que nous ne rentrons pas dîner, à un ami que nous venons dans une demi-heure le surprendre et partager son brouet, il nous faut courir à la recherche d'un bureau de poste, solliciter l'employé embusqué derrière son grillage, subir l'interminable attente d'un tour problématique, si bien que le mieux que nous ayons à faire est souvent de prendre une voiture,--ils ont, là-bas, le long de promenades, de commodes cabines pas beaucoup plus décoratives, évidemment, que les kiosques de nos boulevards, mais ingénieusement disposées, avec leur partie inférieure à claire-voie, pour qu'on puisse voir, en passant, si elles sont occupées. Et de là, moyennant dix centimes glissés dans une fente semblable à celle de nos distributeurs automatiques, on met en branle la sonnette d'appel et,--qui sait,--peut-être a-t-on immédiatement, sans poser si peu que ce soit, la communication demandée.
LE THÉ CHEZ LE DINOSAURE.
«Dinosaures, dit le dictionnaire, du grec _deinos_, terrible, et _sauros_, lézard, sauriens de très grande taille qu'on trouve à l'état fossile.» Les dinosaures étaient donc de monstrueux lézards qui existèrent, aux époques géologiques, aux temps indéterminés où se formaient les terrains appelés, par les savants, jurassiques. Et ils vivaient, croit-on, à en juger par leur structure dont quelques caractères l'appellent les plantigrades, d'autres les sauriens amphibies, crocodiles et caïmans, moitié sur les arbres et moitié dans l'eau.
Les restes d'un de ces dinosaures, d'une variété appelée _brontosaure_, furent découverts en 1897, aux Etats-Unis, dans les montagnes Rocheuses. On passa deux années à extraire du sol le fossile. Les cinq années suivantes furent employées à nettoyer les ossements et à reconstituer le squelette. Cette besogne délicate vient seulement d'être achevée. Alors, le Muséum américain d'histoire naturelle, à New-York, tout fier d'être le seul au monde qui, actuellement, puisse montrer une pièce pareille, a, pour l'inaugurer, la présenter au public, convié un certain nombre de sommités scientifiques et, tout naturellement, dans un but de vulgarisation, des hommes du monde et de gracieuses femmes à un thé aussi élégant que pittoresque.
Les tables étaient dressées dans la salle même où le brontosaure érige sa formidable armature. Et ce dut être un spectacle fort amusant et, en tout cas, inattendu que celui de cette foule d'invités corrects, de _professional beauties_ habillées à la dernière mode, fleur de la société new-yorkaise, évoluant, discutant, caquetant, autour de ces tables fleuries servies par de raides maîtres d'hôtel en frac et plastron glacé, devant ce squelette de vingt mètres de long, monstrueux vestige d'un animal contemporain de quelque déluge plus ancien encore que ceux que virent Deucalion ou Noé.
LA RACE ET LA COULEUR CHEZ LE CHEVAL.
C'est une sorte de dogme, accepté par les éleveurs, que les races pures sont toujours de couleur sombre, et leur répugnance est grande pour les reproducteurs de robe claire et notamment sous poil gris et blanc. Dans les stations de monte, lorsque l'administration des Haras place un excellent reproducteur percheron de couleur grise, des réclamations se produisent. Nos éleveurs veulent des percherons noirs.
Or, se basant sur des recherches très étendues, M. Lavalard, dont l'observation sur la cavalerie de la Compagnie générale des Omnibus date de plus de trente ans, affirme que la coloration de la robe chez le cheval ne peut être considérée comme un caractère de race.
Bien plus, la robe du vrai percheron serait le plus souvent grise et les types de couleur sombre auraient le plus souvent des formes et des jarrets défectueux.
Dans le même ordre d'idées, on n'est pas autorisé à dire qu'il existe une race nivernaise de chevaux de trait, parce que les éleveurs lui ont donné une robe noire. Les nivernais sont bien des métis, qui ne supportent pas la comparaison avec les vrais percherons. La robe foncée, provenant de mésalliances ou de croisements, n'a pu qu'altérer la qualité d'énergie et d'endurance de la race percheronne.
D'ailleurs, si l'on envisage le pur sang, on voit de temps à autre reparaître la robe grise que l'administration des Haras, s'appuyant sur un préjugé erroné, a voulu interdire. N'a-t-on pas vu des pur sang gris, tels que le Sancy et sa fille Semendria, démontrer, sur les hippodromes, qu'ils n'étaient pas inférieurs à ceux de couleur sombre?
LES DERNIERS AUROCHS EUROPÉENS.
On sait qu'aux Etats-Unis le gouvernement a dû intervenir pour protéger les bisons contre la destruction totale dont ils étaient menacés et qu'un énorme troupeau de ces beaux animaux est réuni dans un parc spécial et s'y développe sous la protection de l'Etat.
Il en est de même en Europe, où l'on ne trouve plus d'aurochs ou bisons que dans la Lithuanie, en Pologne. C'est dans une forêt voisine de Biélovège, célèbre par ses chasses, que l'on peut voir les derniers bisons européens. On protège, avec un soin jaloux, les 700 derniers représentants de cette belle race animale, appelée à disparaître, et qui sont d'ailleurs la seule curiosité de la forêt de Biélovège.
D'après une légende du pays, ces animaux, d'allure paisible, mais très dangereux quand on les excite, auraient jadis quitté leur forêt pour attaquer et mettre en fuite une horde de Tatars.
L'ÂGE OÙ L'ON SE MARIE À PARIS.
Il a été fait en 1902 un total de 25.728 mariages, exactement, à Paris. Comme l'on connaît l'âge de chacun des conjoints, il est facile de savoir à quelle période de la vie les gens entrent le plus fréquemment dans les liens conjugaux. Tout d'abord, il faut indiquer les limites extrêmes. Elles sont fort distantes l'une de l'autre: on commence à se marier à 16 ans et même un peu avant, et l'on continue à 70 ans et même après. En 1902 se sont mariées 41 Parisiennes de moins de seize ans et 4 de 70 ans et plus. Il ne s'est point marié de Parisiens de moins de 16 ans, mais on en compte 113 ayant de 16 à 19 ans qui sont entrés dans la vie conjugale. L'âge où l'homme se marie le plus à Paris, c'est de 25 à 29 ans. Pour cette période nous comptons plus de 11.000 mariés, alors qu'aux périodes immédiatement précédente et suivante (20 à 24 et 30 à 34), le chiffre est très inférieur: 4.000 environ. L'âge d'élection de mariage des femmes est moins caractérisé. Il y a bien un maximum pour la période de 20 à 24 ans; mais on se marie encore beaucoup à la période suivante. De 20 à 24 ans, nous comptons 9.621 mariages; de 25 à 29, 6.267. A mesure que l'on considère des âges plus avancés, la proportion des hommes l'emporte de plus en plus sur celle des femmes. Dans les mariages tardifs, la proportion des hommes âgés est nettement supérieure à celle des femmes âgées. Il faut remarquer que si l'on considère la différence d'âge des époux, il y a à Paris une forte proportion de mariages où l'épouse est plus âgée que l'époux pour les unions où le mari est le plus âgé.
En 1902, il a été célébré 25.728 mariages, avons-nous dit. Or, dans 18.073 cas, le mari était le plus âgé; mais dans 7.155 cas il était le plus jeune. C'est dans les XVIIe et XVIIIe arrondissements que la proportion des mariages à mari plus jeune est le plus élevée. La différence d'âge peut être considérable. Elle varie de 1 à 25 ans et plus; dans 73 unions, la différence d'âge était de plus de 20 ans à l'avantage de la femme, «Avantage» est une forme de langage qui pourrait se discuter.
LE COMMERCE DU JAPON EN 1904.
On aurait pu croire que la guerre paralyserait dans une certaine mesure le mouvement commercial du Japon. Il n'en a rien été. Pendant l'année qui vient de s'écouler et qui, presque tout entière, a été une année de guerre, le commerce du Japon a été plus considérable que jamais, s'élevant à 1.780 millions de francs, dont 957 aux importations et 823 aux exportations. Comparée à l'année précédente, l'année 1904 a donné un excédent de 210 millions.