L'Illustration, No. 3232, 4 Février 1905
Part 4
Le dispositif en question, aussi simple qu'efficaces, et que représente notre figure, consiste dans l'adaptation au goulot d'un simple tube en caoutchouc dont la partie inférieure, celle qui regarde l'encre, se termine en pointe. Cette pointe ne s'entr'ouvre que sous la pression de la plume et, celle-ci une fois dégagée, se referme complètement, hermétiquement, par suite de son élasticité naturelle.
On peut renverser l'encrier sans qu'une seule goutte jaillisse au dehors, les lèvres du tube aplati se refermant d'autant mieux que l'encre fait pression. Autre avantage fort appréciable: la plume s'essuie d'elle-même sur les lèvres de caoutchouc, se débarrassant ainsi de toute impureté et de tout excès d'encre susceptible de produire des taches. Il serait difficile de créer un système à la fois aussi simple et aussi efficace.
M. Colombani construit plusieurs types d'encriers: des types luxueux en cristal taillé, garniture argentée ou dorée, destinés aux administrations, banques, ou pour particuliers; des encriers classiques, dans lesquels, précieuse propriété, les écoliers ne peuvent plonger leurs doigts; enfin, des encriers-réclame pour primes dans cafés, restaurants, hôtels.
Un modèle spécial, pouvant se placer dans une poche de côté ou s'accrocher à une boutonnière, a été établi pour toutes les personnes qui, comme les facteurs, les livreurs, les douaniers, les ingénieurs, les agents de travaux, les huissiers, etc., sont, à chaque instant, obligées d'écrire au pied levé dans le cours de leurs continuels déplacements. Ce modèle, qui convient admirablement aux officiers et aux sous-officiers en manoeuvre ou en campagne, est extrêmement commode.
Pour tous renseignements, s'adresser à M. Colombani, 61 et 63, boulevard Richard-Lenoir, Paris.
L'«ÉLASTICINE»
On sait quels extraordinaires développements a pris dans ces dernières années l'industrie du caoutchouc: les bandages de roues pour cycles, automobiles et voitures de toutes sortes, les appareils orthopédiques et d'hygiène, les isolateurs de câbles, les calandres pour le glaçage du papier ou pour le lustrage, le gaufrage et le moirage des étoffes, la sellerie, les harnais et les colliers, etc., etc., absorbent des quantités de plus en plus considérables de ce produit précieux.
C'est pourquoi, malgré tous les efforts faits dans les pays producteurs pour accroître l'importance des plantations caoutchoutières et les mettre en rapport avec les besoins grandissants de la consommation, on peut prévoir que le prix du caoutchouc se maintiendra encore très longtemps aussi élevé qu'aujourd'hui, si même il n'arrive pas à dépasser rapidement les cours actuels.
Depuis longtemps déjà nombre de chimistes ont essayé de découvrir un produit qui, tout en ayant les mêmes caractères que le caoutchouc, tout en étant propre aux mêmes usages, offre en même temps l'avantage de coûter bien moins cher. «L'Élasticine» remplirait-elle ce but?
Au dire des inventeurs, ce composé chimique possède à l'emploi les mêmes caractères élastiques que le caoutchouc. C'est ainsi qu'une bande de cette matière ayant trois centimètres d'épaisseur est réduite à six millimètres sous la pression d'un poids de 90.000 kilogrammes et reprend son volume primitif aussitôt qu'on la rend à la liberté.
Cette substance, d'ailleurs, ne travaille qu'à la compression et se déchire lorsqu'on cherche à l'allonger. Elle résiste aux hautes comme aux basses températures: un froid de 20 degrés centigrades est sans influence sur elle; chauffée à 120 degrés, elle ne fond pas.
Supérieure à cet égard au caoutchouc, elle peut même être mise en contact avec un corps en ignition sans s'enflammer. Elle présente encore le très grand avantage de n'être atteinte en aucune façon par l'humidité de l'air.
Ce nouveau produit est donc destiné à remplacer le caoutchouc dans un grand nombre de ses applications. Comme emploi spécial à l'automobilisme, les inventeurs injectent ce produit à l'état liquide dans l'intérieur des chambres à air de pneumatiques. L'«Élasticine» devenant rapidement un corps solide, on se trouve en présence d'une sorte de caoutchouc plein et par suite increvable conservant une élasticité suffisante, bien que probablement inférieure à celle des pneumatiques.
Signalons encore le rembourrage des selles de bicyclette qui deviennent plus douces. Si, comme l'affirment les inventeurs, ce produit ne durcit pas de lui-même à la longue, ou si du moins sa durée élastique égale celle du caoutchouc, on peut affirmer qu'il trouvera de nombreuses et utiles applications dans l'industrie.
Pour tous renseignements, on peut s'adresser à L'«_Élasticine_», 49, rue de Villiers, Neuilly-sur-Seine.
_Pour toutes insertions concernant les nouvelles inventions, écrire au service des Nouvelles Inventions,_ à l'Illustration, 13, rue Saint-Georges. Paris.