L'Illustration, No. 1603, 15 novembre 1873
Part 5
_Libération du territoire_, par M. Albert Loustaunan. (Au profit de l'OEuvre des Alsaciens-Lorrains).--C'est là, avec la pièce célèbre de Victor Hugo, tout ce qu'a produit ce grand fait de l'évacuation du territoire. Quand j'aurai dit que les vers de M. Loustaunan ne valent pas ceux de V. Hugo, je n'étonnerai personne, mais il y a de l'émotion et un sentiment très-juste dans ces vers d'un poète, qui s'écrie:
Il n'aura point cessé notre asservissement Tant que les prisonniers de l'Alsace-Lorraine, Nos frères, gémiront sous la verge et la chaîne D'un garde-chiourme allemand!
_Les amours sauvages_, par M. Paul Perret. (1 vol. in-18. Michel Lévy.)--M. Paul Perret a signé là son meilleur roman peut-être. Le contraste entre le caractère d'une femme, qui descend des Sarrazins, et le milieu provincial où elle est jetée est bien saisi, bien peint, avec des couleurs justes et suffisamment violentes. Ce roman avait déjà paru sous ce titre: La _Sarrazine_. Il mérite d'être lu et le sera avec plaisir.
_Les Drames de la forêt_, par M. Alexis Bouvier. M. Alexis Bouvier est un écrivain de l'école _robuste_, une sorte d'Amédée Rolland en prose. Il a publié, depuis un an, des romans vigoureux: _les Pauvres, les Soldats du désespoir, Auguste Marette_, des récits violents, trop violents parfois, mais mâles et hardis. _Les Drames de la forêt_ sont de la même école et de la même venue. Le braconnage, les amours tragiques, les meurtres dans les fourrés, remplissent ces pages brutales et solides. Cette sève vaut mieux que bien des anémies, et on lit ces livres avec plaisir, sans fatigue et souvent avec beaucoup d'émotion.
_Une gommeuse_, par Camille Périer. (1 vol. in-18. Dentu.)--_Les gommeux_ sont les successeurs des _petits crevés_, les héritiers des _gandins_, les fils des _lions_, les petits-neveux des _muscadins_. Ils ont changé de nom, selon les temps; mais, à toutes les époques, ils eussent pu se nommer les _inutiles_ et même les _nuisibles_. Mme Camille Périer, quittant ses récits algériens, a voulu peindre un coin de la vie parisienne nouvelle. Elle a pris pour héroïne (quelle héroïne)! une _gommeuse_ d'aujourd'hui, une _merveilleuse_ d'autrefois. Peut-être a-t-elle poussé à l'horrible ce type de femme; peut-être l'a-t-elle présentée sous des couleurs trop sombres. Cette _gommeuse_ est pis qu'une coquine, c'est une criminelle: sa scélératesse dépend de la cour d'assises. Le roman est d'ailleurs singulièrement attachant, et c'est un bon gros drame dans le genre de ceux qu'aimait ce pauvre Gaboriau. Il y a un public, et un public passionné pour ces oeuvres.
Jules Claretie.
EXPOSITION DE VIENNE Vitrine du docteur Pierre 8, PLACE DE L'OPÉRA, PARIS
Le jury de l'exposition de Vienne vient de décerner la Médaille de Mérite à là Maison du docteur Pierre, consacrant encore, par cette récompense de haute valeur, les excellentes qualités de son _Eau_ et de ses _Poudres dentifrices_, depuis longtemps déjà connues et justement appréciées.
Fondée en 1840, la maison du docteur Pierre est maintenant au premier rang de son industrie.
Nous donnons ici le dessin de sa vitrine à l'Exposition. On y trouve le bon goût, le fini, l'élégance qui l'ont toujours particulièrement distinguée et fait remarquer.
Nota.--La Médaille de Mérite accordée à la maison du docteur Pierre est la récompense la plus élevée obtenue par les dentifrices.
RÉBUS
EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS:
Que de pendules n'ont point répondu à l'appel pour sonner l'heure de la libération du sol!...