L'Illustration, No. 1596, 27 Septembre 1873
Part 4
1. Lille. Clinchon Douai. 2. Rouen. Lebrun Versailles. 3. Compiègne Montaudon Vincennes. 4. Fontainebleau Bataille Orléans. 5. Le Mans Deligny Le Mans 6. Châlons-sur-Marne Douay Châlons-sur-Marne. 7. Besançon duc d'Aumale Besançon. 8. Bourges Ducrot Bourges. 9. Tours de Cissey Tours ou Poitiers. 10. Rennes Forgeot Rennes. 11. Nantes La Meniand Vannes ou Sabl.-d'Ot. 12. Limoges De Lartigue Angoulème. 13. Clermont Picard Clermont. 14. Grenoble Bourbaki Grenoble. 15. Marseille Espivent Nîmes. 16. Montpellier Aymard Castres. 17. Toulouse De Salignac-Fénelon Toulouse. 18. Bordeaux D'Aurelle Tarbes.
REVUE COMIQUE DU MOIS, PAR BERTALL
LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE
LA SECONDE LIBÉRATION
(Fin)
LE TRAITÉ DE PAIX.
Un armistice conclu avec les Prussiens permet enfin de ravitailler Paris. Le premier soin de l'ennemi est de frapper une contribution de guerre: il reste fidèle aux souvenirs de 1815.
Des élections générales étaient nécessaires pour nommer une Assemblée chargée de faire la paix avec l'Allemagne; le 19 février, la Chambre réunie à Bordeaux nomme une commission de quinze membres chargés de traiter de la paix. Le 21 février a lieu la première entrevue, et le 26 les préliminaires sont signés; ils sont officiellement ratifiés par la Chambre le 1er mars.
Les conditions sont plus rigoureuses qu'on ne pouvait le croire.
En 1815, la Prusse avait réclamé l'Alsace et la Lorraine, rêvé un démembrement complet de la France; l'influence de l'Angleterre et de la Russie avait seule pu retenir ces convoitises ardentes; mais cette fois nous sommes seuls: l'Europe assiste impassible à ces négociations, que son intervention aurait pu sans doute rendre plus faciles.
CONDITIONS FINANCIÈRES.
La France payera une indemnité de guerre de cinq milliards.
Un milliard au moins sera versé dans le cours de l'année 1871. Un délai total de cinq ans est donné à la France pour s'acquitter. Les cinq milliards porteront intérêt. Chaque versement devra être opéré en numéraire ou en traites sur l'Allemagne.
On conçoit l'empressement de la Prusse à exiger de l'argent des vaincus: ses finances étaient épuisées et ce n'est qu'à grand'peine qu'elle était parvenue à trouver les sommes qui lui étaient nécessaires pour continuer la guerre.
La contribution de guerre devait servir à indemniser les divers États allemands des dettes qu'ils avaient contractées, à récompenser les officiers et les soldats, à subvenir aux besoins du trésor prussien, enfin à perfectionner l'armement, et à améliorer les forteresses de l'Empire.
Au lendemain même de sa victoire, la Prusse prenait ses précautions contre une nouvelle guerre, jugeant bien que la France ne chercherait qu'à se relever de son abaissement et à se venger de sa défaite.
CONDITIONS MILITAIRES.
Quelque excessives que soient les exigences de l'Allemagne au sujet de l'indemnité de guerre, ce ne sont malheureusement pas les plus rigoureuses.
L'Alsace, moins Belfort, et une partie de la Lorraine sont cédées à l'Allemagne, «qui possédera ces territoires à perpétuité en haute souveraineté et propriété».
Ce n'est qu'après de longues négociations que Belfort nous reste: concession importante, car la ville si énergiquement défendue ferme sur un point notre frontière.
Mais partout ailleurs elle est ouverte. Metz, Strasbourg, Bitche, toutes nos forteresses, toutes nos places doivent être livrées aux Allemands.
Depuis vingt ans, en même temps quelle se préparait à la lutte, la Prusse établissait à l'avance quel serait le prix de la victoire. Elle recherchait l'importance du moindre village, et dans ce démembrement depuis si longtemps convoité, elle s'étudiait à ne nous laisser aucun avantage.
Cette carte que l'empereur Alexandre montrait au duc de Richelieu, en lui affirmant qu'il ne consentirait jamais à un semblable démembrement, les Prussiens l'ont précieusement conservée. Ils n'ont pas attendu que la guerre fut terminée pour formuler leurs exigences. Le traité de paix contient, en effet, cette phrase: «La frontière, telle qu'elle vient d'être décrite, se trouve marquée en vert sur deux exemplaires conformes de la carte, du territoire formant le gouvernement général de l'Alsace, publiée à Berlin en septembre 1870.»
Sur tous les points, il fallut accepter ces dures conditions.
Au moment de la ratification du traité, les troupes allemandes occupaient une grande partie de la France. Elles s'étendaient jusqu'aux départements du Calvados, de l'Orne, de la Sarthe, d'Eure-et-Loir, du Loiret, de Loir-et-Cher, de la Seine-Inférieure, de l'Eure, de Seine-et-Oise, de Seine-et-Marne, de la Seine, de l'Aube, de la Côte-d'Or.
Tous ces départements devaient être évacués dans un bref délai; les forts situés sur la rive gauche de la Seine devaient être immédiatement livrés aux troupes françaises.
Le traité continuait ainsi:
L'occupation durera autant que le payement de l'indemnité de guerre; au fur et à mesure des versements, l'évacuation des départements situés entre la rive droite de la Seine et les frontières de l'est s'opérera. Après le premier demi-milliard, les départements les plus voisins de Paris seront libérés.
Après le payement de deux milliards, l'occupation allemande ne comprendra plus que les départements de la Marne, des Ardennes, de la Haute-Marne, de la Meuse, des Vosges, de la Meurthe, ainsi que de la ville de Belfort avec son territoire. Cette occupation servira de garantie pour les trois milliards restant dus.
Le nombre, des troupes allemandes ne pourra dépasser 50,000 hommes après le payement des deux premiers milliards.
L'entretien de l'armée d'occupation sera exclusivement à la charge de la France.
Enfin, dans un dernier article, le gouvernement allemand se déclarait disposé à substituer à la garantie territoriale, consistant en l'occupation partielle du territoire français, une garantie financière, dans le cas où elle serait reconnue suffisante par l'Allemagne.
Les prisonniers de guerre devaient être rendus immédiatement après la ratification des préliminaires du traité de paix.
Telles sont les principales conditions de ce traité, le plus désastreux que la France ait jamais été obligée de ratifier.
L'OCCUPATION.
En 1815, un auteur allemand écrivait, en présence des vexations de toute sorte imposées à la France, qu'il fallait «organiser l'exploitation». Cette parole n'a pas été perdue: l'exploitation a été bien organisée en 1870.
Ce qui frappe le plus profondément dans l'occupation du territoire français par les Allemands, c'est le mépris souverain, absolu, de toutes les lois divines et humaines. Plus qu'aucune nation en Europe, l'Allemagne se tient au courant des progrès du droit international; ses écrivains ont dans cette science une réputation légitime; c'est donc en parfaite connaissance de cause que les chefs allemands ont toléré, encouragé toutes les exactions. Ils n'ont vu qu'une chose: le but à atteindre, et pour cela tous les moyens leur ont semblé bons.
Ici l'un d'eux, dans une proclamation adressée aux populations, fait savoir que les Allemands admettent le principe de la responsabilité dans son acception la plus inattendue. Les Français entrent-ils dans un village? un fil télégraphique est-il détruit par les francs-tireurs? un uhlan est-il attiré dans une embuscade? ce sont les habitants qui doivent payer pour les coupables.
Les maisons sont saccagées, les biens confisques; le plus souvent quelques notables sont fusillés.
A propos des espions, Frédéric II avait écrit: «Il est quelquefois utile de prendre quelque gros bourgeois comme otage.» Les Allemands profitent de la leçon. Ils placent des hommes, des femmes sur les locomotives exposées aux coups de l'ennemi.
Sur le champ de bataille ils massacrent les blessés, comme à Bazeilles. Après le triomphe, ils incendient les villes, comme à Châteaudun, à Peltre, à Saint-Cloud. Enfin, fait plus grave, auquel on se refuserait à croire s'il n'avait été publié une preuve indiscutable, le résumé d'une enquête présenté par l'Académie de médecine de Paris, les médecins prussiens refusent de soigner nos blessés, les maltraitent, quelquefois les volent.
A tous ces faits, il n'y a pas d'excuse. Quelque terrible que soit la guerre, il y a là des limites qu'elle ne doit pas franchir, des prescriptions internationales qu'elle est tenue de respecter: les Allemands n'en ont jamais tenu compte.
Du moins, c'était la guerre, guerre inexorable, guerre de sauvages. Mais les hostilités terminées, la vengeance sera satisfaite, les procédés vont s'adoucir?
Nullement.
La victoire est acquise maintenant; la France doit payer cinq milliards, le trésor allemand va être rempli; mais à côté de l'État il y a l'individu.
N est-il pas souverainement injuste, contraire au bon sens et à l'équité, que le vaincu demeure plus riche que son vainqueur?
Voilà ce que se disent tous les Allemands, du général au soldat: l'invasion a amené en France tout ce qui de l'autre côté du Rhin meurt de faim. A côté du soldat, il y a le landwehrien, le juif, le convoyeur, l'ambulancier, et tout cela pille avec d'autant plus d'acharnement qu'il n'y a aucune résistance à craindre.
Ce n'est là d'ailleurs que le vol individuel, celui qui se contente d'une pendule ou d'un bijou; mais à côté il y a un procédé plus terrible, plus officiel, à l'usage des généraux et des chefs.
Passe pour le soldat de piller, l'officier réquisitionne.
Cela est plus digne et rapporte davantage.
Quoi de plus simple. Prenons un seul exemple, celui de Beaumont.
Aux environs de la ville se trouve un colonel prussien qui se désespère sans doute, lui et ses officiers, de rentrer en Allemagne les mains vides. On ne retrouve pas tous les jours de semblables occasions: la France presque tout entière à rançonner, à dépouiller, et l'impunité assurée!
Aussi, après avoir bien réfléchi, le colonel et ses acolytes s'arrêtèrent-ils à un plan bien simple: une nuit, deux ou trois poteaux du télégraphe sont renversés aux environs de la ville. Un soldat s'aperçoit par hasard de ce fait, et s'empresse d'en prévenir son chef.
La ville est aussitôt frappée d'une contribution de guerre de cent mille francs, payables dans les vingt-quatre heures.
Si l'argent est versé, on devine où il passe; s'il ne l'est pas, la combinaison est encore plus fructueuse. Le commandant ordonne un jour, ou un certain nombre d'heures de pillage.
Le mot est peut-être impropre: ce n'est plus une soldatesque avide qui se précipite dans les maisons, maltraite les habitants et vole au hasard.
Nous n'en sommes plus là; l'exploitation est mieux organisée, tout cela se passe officiellement. Les officiers sont présents, ils ont été commandés pour ce service, c'est par leurs ordres que tous les objets qui garnissent les maisons sont enlevés. Derrière eux se trouvent des juifs qui évaluent chaque objet et paient. Lorsque la somme fixée est ainsi obtenue, l'opération s'arrête aussitôt.
On comprend sans peine ce que vaut cette estimation, qui profite autant à l'acheteur qu'au vendeur. Pour atteindre les cent mille francs exigés, il faut vendre pour un million d'objets de toutes sortes.
Il n'est pas un de nos départements envahis, pas une des villes occupées qui n'ait été frappé de semblables contributions, sous les prétextes les plus futiles.
Nous parlions des juifs plus haut; ce type mérite qu'on s'y arrête. Il a été le fléau véritable de l'invasion.
Tant que dure la bataille, le juif reste en arriére.
Il craint les coups.
Mais l'ennemi a-t-il fui, le champ de bataille est-il libre, alors le juif allemand accourt. Là il est maître et roi. C'est à lui qu'appartiennent tous ces cadavres. Ce n'est pas impunément que le soldat le désigne sous le nom caractéristique de corbeau.
En toute tranquillité, il dépouille les morts, il va de groupe en groupe. A le voir ainsi penché, courant éperdu, avide, on dirait un parent qui cherche un frère, un ami. Il ne cherche que de l'or. Parfois, on entend un gémissement, un cri, c'est un blessé qui supplie, mais le corbeau a bien le temps vraiment de s'arrêter pour de semblables vétilles. N'a-t-il pas une mission à remplir? Car il ne faut pas oublier ce côté, le digne personnage est fonctionnaire de l'État, il fait partie de l'organisation allemande; il ne se contente pas de voler, c'est là le côté personnel, il est espion.
C'est le corbeau qui, après la bataille, portera au quartier général tous les papiers trouvés sur les officiers supérieurs.
On voit que ce n'est pas une sinécure; d'ailleurs, là ne se bornent pas les fatigues. Il faut aller au devant de l'armée, s'enquérir des ressources de chaque village, prendre des informations sur la situation et les forces de l'ennemi.
Quelquefois, lorsqu'il est pris, le juif est fusille, mais cela arrive bien rarement. D'abord à cause de cette inexplicable passion qu'il nourrit à l'égard de sa triste personne, il prend toutes ses précautions et ne se hasarde qu'à bon escient. Ensuite, si malgré toutes ses ruses il tombe dans un piège, il en est le plus souvent quitte pour opérer plus en grand. Il trahit les Allemands comme il espionne les Français, à l'avenir il tiendra les renseignements en partie double, et le métier n'en sera que plus lucratif.
Mais le triomphe, le rêve de cette étrange et repoussante personnalité, c'est l'armistice; on est alors assez en paix pour n'avoir à redouter ni corde ni balles, on est assez en guerre pour pouvoir exercer encore son honnête métier.
Aussi que de profits!
D'abord, il y a les réquisitions qui rapportent, quoique l'on soit obligé de céder la plus grosse part, mais on se rattrape avec le soldat, il est bête le soldat, il donne pour un florin ce qui en vaut cent.
Puis, pour des gens industrieux, il y a encore d'autres ressources.
Nous avons, dans l'ouest de la France, aux environs du Mans, pu constater par nous-même que les juifs que l'armée allemande traînait à sa suite, louaient à la journée des soldats prussiens et se faisaient accompagner par eux dans les villages. Frappant à une maison, les juifs exhibaient un parchemin crasseux revêtu de timbres plus ou moins authentiques. La traduction de ce papier, on la devine, un mot suffit à la rendre: réquisition. Comment le paysan aurait-il pu résister; les soldats étaient là comme une preuve menaçante. Ils livraient leurs bestiaux que l'on allait vendre.
Dans cette malheureuse ville de Beaumont, que nous citions déjà plus haut, un convoyeur trouva un moyen plus simple et plus expéditif de s'enrichir. Un jour, il alla réclamer à quelques habitants plusieurs milliers de francs; on le mit à la porte. L'Allemand docile attela sa voiture et partit. Arrivé sur la place il abattit un de ses chevaux d'un coup de pistolet, puis il se rendit auprès le commandant d'étapes pour déclarer que les habitants avaient tiré sur lui. La ville fut sévèrement imposée. A partir de ce jour, on ne refusa plus rien au convoyeur. Sa réputation était bien établie, à vingt lieues à la ronde, il était le maître.
Ce ne sont pas là des faits isolés; c'est l'histoire de nos malheureuses provinces envahies.
Jusqu'au jour de la signature de la paix, elles appartenaient au vainqueur qui les exploitait à merci. Sa volonté était la loi, la seule à laquelle il fallut obéir.
Lorsqu'au mois de mars 1871, la paix fut enfin définitivement signée, la situation s'améliora. Les autorités françaises réclamant chaque jour, protestant contre ces pillages, ces violences et ces vols, l'état-major allemand mit un terme aux exactions. D'abord, toute cette populace venue d'Allemagne comme à la curée, ne tint pas compte des ordres, mais quelques exécutions ayant eu lieu, elle comprit que l'heure du pillage était passée; elle disparut, emportant avec elle le fruit de son honnête travail.
A partir de ce moment, l'occupation changea de caractère. La discipline allemande, un moment oubliée, reprit ses droits; dans son implacable sévérité, elle confondit souvent l'habitant et le soldat, adoptant des mesures arbitraires, rigoureuses. Mais du moins on n'eut plus à craindre pour sa propriété ou pour sa vie.
Il faut le dire d'ailleurs, car il convient de rendre justice même à ses ennemis, le commandement prussien s'efforça souvent de rendre moins lourd le poids de l'occupation. En 1815, la France avait dû à Wellington quelque peu de répit, le général de Manteuffel remplit en 1871 un rôle analogue.
REVUE FINANCIÈRE
LE CRÉDIT FONCIER SUISSE.
Les Prussiens sont payés et partis. Notre crédit est intact. La Banque de France a, dans ses caves, 700 millions de numéraire. Nos exportations dépasseront, cette année, de plus de 300 millions les exportations de l'année dernière. La rente 5 p. 100 reste fermement au-dessus de 92 fr. N'est-ce pas là une situation rassurante?
Nous pouvons donc nous attendre à une énergique reprise des affaires, et nous trouvons un signe incontestable de la vitalité financière qui reste acquise à notre marché dans les émissions qui mettent déjà en ébullition le monde de la finance et des affaires.
Au milieu des opérations qui occupent l'attention des capitalistes nous devons signaler la transformation qui vient de s'accomplir dans la Société du Crédit foncier suisse, et que nous croyons appelée à faire fructifier l'important actif que possède encore la compagnie.
Une assemblée générale des actionnaires, tenue le 4 septembre à Genève, vient d'approuver la réduction du capital social au chiffre de l'actif réel de la compagnie, et si, à première vue, cette mesure semble douloureuse au point de vue des pertes qu'elle est obligée de reconnaître, on ne peut, en fin de compte, que l'approuver hautement au point de vue de l'intérêt bien entendu des obligataires et des actionnaires. On émonde le bois mort pour donner plus de sève aux rameaux restés vivants. Il faut aussi, dans le monde des affaires, avoir le courage de diminuer le champ de ses opérations, quand les pertes que l'on a subies rendent cette réduction indispensable.
Les Anglais, avec leur esprit pratique, n'hésitent jamais à prendre ces résolutions viriles et à constituer un nouveau capital, quand ils voient la possibilité de tirer profit de leur affaire.
Or, l'actif du Crédit foncier suisse est encore de 19,700,000 francs, chiffres ronds, et ce sont ces dix-neuf millions de propriétés, d'immeubles, d'entreprises industrielles qu'il s'agit aujourd'hui de mettre en valeur, avec un nouveau fonds de roulement.
Le capital à réaliser est d'ailleurs peu considérable. Avec 3,375,000 francs, la société pourra mettre en exploitation régulière tout son avoir, et nous croyons fermement à la réalisation de ce capital, parce que les intéressés, actionnaires et obligataires, seront les premiers à souscrire les 45,000 bons de 100 francs qu'émet aujourd'hui la compagnie. Les intéressés n'ont-ils pas, en effet, trois raisons décisives qui doivent les porter à souscrire ces bons: La garantie sérieuse qui est affectée à ces titres particuliers, l'intérêt rémunérateur qu'ils rapportent et la nécessité de réaliser la somme indispensable au salut de leur entreprise.
Léon Creil.
EAUX GAZEUSES
M. MONDOLLOT FILS
Parmi les appareils industriels qui figurent à l'exposition française de Vienne, nous avons particulièrement remarqué les appareils de M. Mondollot, successeur de la maison Briel, pour eaux gazeuses, de toutes grandeurs: appareils de ménage et appareils industriels, des vases, siphons et, en général, tout le matériel employé dans l'industrie des eaux gazeuses.
Les appareils de ménage sont les appareils si connus sous le nom de gazogènes Briel et dont la supériorité a été consacrée par les titres les plus sérieux: médaille à la Société d'encouragement, mentions et médailles aux diverses expositions nationales et universelles de Paris, de Londres, etc. Seuls approuvés par l'Académie de médecine, seuls admis dans les hôpitaux et hospices de Paris, ces appareils sont aussi les plus estimés du public; ils se vendent annuellement par milliers en France et à l'étranger. Le succès constant de ces appareils est dû à la supériorité incontestable du système et aux perfectionnements successifs apportés par le constructeur dans tous les détails de la fabrication (Voy. fig. 1, le dessin du gazogène Briel).
Les appareils industriels qu'expose M. Mondollot, sous le nom de gazogènes continus, sont d'un système spécial récemment breveté, le caractère distinctif de ce système consiste en ce que le jeu de la pompe opère la distribution automatique de l'acide sulfurique et la production continue du gaz. Par suite, plus de dangers ni de difficultés dans la manoeuvre du robinet à acide, meilleure épuration du gaz dans des vases laveurs de moindre dimension, suppression du gazomètre si encombrant des autres systèmes.
Ainsi simplifiés, les appareils sont d'une conduite facile et sure; toutes les pièces dont ils se composent étant groupées sur un bâti unique, ils tiennent peu de place, s'expédient tout montés, prêts à fonctionner sans nécessiter aucun frais d'installation (Voy. fig. 2, le dessin d'un appareil gazogène continu complet, avec triage double). En un mot, ils réunissent les avantages des appareils intermittents; économie d'achat, de place, de transport et d'installation aux avantages des autres appareils continus, économie de temps et de matières, sécurité et régularité du travail.
Tous ces avantages réunis doivent décider les personnes qui désirent monter une fabrique d'eaux gazeuses, petite ou grande, à visiter les ateliers du constructeur, rue du Château-d'Eau, n° 72, à Paris, ou ils verront installés et fonctionnant une série d'appareils de ce système, pouvant produire ensemble plus de dix mille siphons par jour.