L'Illustration, No. 1591, 23 Août 1873
Part 4
Le pamphlet est un livre à lire, et voici que M. Sirven, au lendemain de cette publication, donne une édition nouvelle d'un roman qui paraît, cette fois, avec une lettre autographe de Victor Hugo pour préface. Le roman s'appelle l'_Homme noir._ «Votre nom vous engage envers Voltaire,» écrit Victor Hugo dans sa lettre, rappelant ce nom de Sirven, et il ajoute: «J'espère que vous aurez un beau succès.» Le roman en est à sa seconde édition. Voilà la réponse:
_Goethe et Schiller_, par M. A. Bossert (1 vol. in-8, Hachette).--Le volume complète le cours de littérature allemande que M. A. Bossert, professeur de littérature étrangère à la Faculté de Douai, avait commencé depuis quelques années. Il est le troisième de la série et, tandis que le premier nous initiait aux origines de la littérature allemande et de l'épopée germanique, que le second nous faisait connaître les précurseurs de Goethe, l'ennuyeux Klopstock et le piquant Lessing, ce tome III nous montre l'intéressante liaison de Schiller et de Goethe, leur fraternité littéraire succédant à une certaine rivalité, la jeunesse ardente de l'auteur de _Don Carlos_, la verte et noble vieillesse de l'auteur de _Faust._
Nul chapitre d'histoire littéraire n'est plus intéressant que celui-ci, et M. A. Bossert a su le rajeunir encore et le rendre plus attachant. Avec quel art il nous décrit cette cour littéraire de Weimar, ces représentations princières! Comme il éclaire chacune des oeuvres de Schiller et de Goethe par la biographie de l'auteur! C'est un ouvrage sérieux et sincère que celui-ci et il en faut louer, même au lendemain de nos épreuves, l'impartialité sereine. Sachons, comme le fait M. Bossert dans son remarquable ouvrage si clair, si agréable, saluer partout le beau? Être justes, c'est encore un moyen de redevenir indépendants et forts.
_L'Église et l'État en France sous le règne de Henri VI_, par M. F. T. Perrens (2 vol. in-8, chez A. Darand).--Un professeur distingué, qui est en même temps un historien d'un talent réel et profond, M. F. Perrens, l'auteur d'une étude fort dramatique de la vie de Jérôme Savonarole, et d'une histoire d'Étienne Marcel, vient de publier un long travail sur cette grave question de l'Église et de l'État, qui divise aujourd'hui et captive les esprits. M. Perrens, qui avait écrit déjà un chapitre d'histoire fort intéressant sur les _Mariages espagnols_ au temps d'Henri IV et de la régence de Marie de Médicis, n'a pas eu de peine à retourner à une époque qu'il connaît si bien, et c'est encore sous le règne de Henri IV et la régence de la reine qu'il a étudié _l'Église et l'État en France._
Depuis longtemps, je voulais signaler à l'attention de nos lecteurs un ouvrage aussi différent que l'est celui-ci des volumes courants et des ouvrages rapidement composés que nous avons à examiner. C'est un véritable livre, et d'une importance capitale, que celui de M. Perrens.
«L'histoire ecclésiastique de la France est à faire ou à refaire», dit l'auteur, dès la première ligne de sa préface, et c'est ainsi qu'il s'attache à en écrire, d'après les documents nouveaux, les sources récemment découvertes, un intéressant chapitre. M. Perrens n'est pas de ceux qui se contentent, en histoire, des renseignements de seconde main. Un peut s'en convaincre en lisant son livre. Ce sont les personnages eux-mêmes dont il discute les actes qu'il a, en quelque sorte, appelés en témoignage, et s'il se prend à juger le nonce Ubaldini, par exemple, c'est dans les dépêches mêmes de l'envoyé du pape qu'il va chercher ses arrêts.
Nulle époque n'était plus favorable à l'historien pour étudier les rapports de l'Église et de l'État, que cette époque si troublée encore, mais déjà réparatrice, qui succède aux longues années de guerre civile nées du concile de Trente, et qui vont de l'avènement de Henri IV sur le trône de France à la mort de ce prince et à la régence de Marie de Médicis. Aux premières pages apparaît la figure narquoise et fine du prétendant Béarnais et, au dernier chapitre, on aperçoit le pâle et énergique visage du cardinal de Richelieu. Entre ces deux hommes que d'événements viennent à la fois! M. Perrens les raconte avec une précision savante qui n'exclut ni la réflexion du philosophe, ni l'écho de nos polémiques ou de nos recherches actuelles, ni même le pittoresque du peintre. Je recommande surtout, entre ces pages, le tableau de la cour de Marie de Médicis et de l'éducation de Louis XIII enfant, le récit d'une dispute chez les Jacobins et ce curieux et dramatique chapitre qui a pour titre _la Persécution contre le syndic Richer._ Nous retrouvons là des accents dignes de l'historien de Savonarole.
Ce n'est pas dans une courte notice qu'on peut signaler tous les mérites d'un livre spécial et plein de faits comme celui-ci. Il nous suffira d'indiquer à tous les esprits sérieux, amis de la vérité et portés à l'étude du redoutable problème que n'a pas résolu le concordat gallican de 1801, qu'il y a là, dans l'ouvrage de M. Perrens, un motif d'études et un véritable arsenal de connaissances et de pensées. De combien d'ouvrages pourrait-on ainsi parler? Il nous faut louer enfin, chez l'auteur, un esprit libéral et juste, toujours revêtu d'une forme agréable à la fois vigoureuse et claire. On peut prendre sans crainte cette histoire de _l'Église et l'État en France sous le règne de Henri IV_, on y trouvera à beaucoup apprendre et à beaucoup réfléchir. Je vois sur la couverture de cet ouvrage, que M. Perrens va prochainement publier une histoire de la _Démocratie en France au moyen âge_, ouvrage couronné par l'Académie des sciences morales et politiques. Nous aurons un égal plaisir à le lire et à l'apprécier.
Jules Claretie.
HISTOIRE DE LA COLONNE
Deuxième article (1)
[Note 1: Voy. le dernier numéro.]
II.--L'exécution (suite).
L'architecture de la colonne, si importante qu'elle fut, demeurait accessoire. Le placement des bronzes, tel était le point principal. Une grosse difficulté naissait, en effet, de cette propriété qu'ont les corps en général, et les solides en particulier, de se dilater quand la température s'élève, et de se contracter quand elle s'abaisse. Car, par suite, le revêtement de bronze devait être exécuté de telle sorte que, tout en ne présentant aucune solution de continuité perceptible, il laissât au métal toute liberté de mouvement.
C'est contre cette double condition que se brisèrent les facultés scientifiques de M. Gondoin. C'est la position de ce problème qui fit l'Institut en masse hocher la tête et se gratter l'oreille. C'est sa solution enfin qui détermina surtout l'adjonction de M. Lepère à l'architecte officiel de l'oeuvre.
Or, cette partie du travail qui nous occupe est précisément l'une des moins connues et des moins appréciées--bien que la plus intéressante peut-être--par quiconque n'est pas un spécialiste.
On nous permettra donc de nous y arrêter quelques instants.
Dans le principe, pour faire une statue de bronze, les anciens Grecs se contentaient, au rapport des auteurs du temps, d'en exécuter au marteau les diverses parties, et de les assembler ensuite, entre elles, à l'aide de clefs. Plus tard, ils fabriquèrent des moules de bois, qu'ils habillaient de métal, et l'oeuvre était parachevée à l'aide du martelage. Procédé qui fut en usage aussi chez les statuaires égyptiens, si l'on en juge d'après une tête d'Osiris conservée au Musée britannique et dans l'intérieur de laquelle des fragments de bois sont très-apparents encore.
Or, en y réfléchissant un peu, il est impossible de ne pas être frappé de l'analogie que présentent ces moyens primitifs avec ceux que M. Lepère a mis en pratique. Tout son système, en effet, repose sur une ingénieuse combinaison des procédés antiques et des ressources de la métallurgie moderne. Il suffira, pour s'en convaincre, de lire les lignes suivantes, publiées en 1825, dans la _Revue encyclopédique_ (cah. 75, t. XXV, 7e année), par un membre de la commission d'Égypte, le colonel Coutelle:
Le revêtement du fût se compose de deux cent soixante-seize parties de bronze mobiles, taillées--dans la ligne de contact--en biseaux contrariés et qui semblent, examinées sur toutes les faces, ne faire qu'une seule et même pièce.
Chaque pièce porte dans la fonte, sur sa face intérieure, trois tasseaux: deux à la partie supérieure et un à la partie inférieure--placés horizontalement.
En élevant la colonne, des tenons en cuivre de 15 pouces (0m406) de longueur sur 4 pouces (0m108) de largeur et 21 lignes (0m047) d'épaisseur ont été incrustés dans la pierre sur chaque assise, pour recevoir les tasseaux de chaque pièce que les crampons devaient porter.
Chaque tasseau est percé d'un trou vertical pour correspondre à un trou également vertical du tenon, de même grandeur que celui du tasseau.
La colonne, ainsi élevée tout entière, se trouvait disposée pour recevoir les pièces de bronze, quelles que fussent leurs formes et dimensions, _sans aucun scellement._
Chaque pièce de bronze, à commencer par le piédestal, a pris sa place suivant son numéro porté sur le plan.
Au moyen de la petite gorge, chaque trou du tasseau et du tenon correspondant a reçu un boulon libre de cuivre, de même dimension.
Ainsi quoique la dilatation put être de 8 à 9 pouces (0m216 à 0m243) (2) sur un développement de 813 pieds (264m094), si toutes les pièces étaient liées entre elles, et si le soleil pouvait frapper la colonne en même temps sur toutes ses faces, chaque pièce du fût, de 3 pieds (0m974) environ de hauteur et de largeur, ne pouvant se dilater que d'une très-faible fraction de _ligne_ (0m00225) sur chacun de ses quatre côtés, cette augmentation de surface est rendue insensible par la disposition de chaque pièce à passer sous l'autre sans déranger celle qui l'avoisine.
[Note 2: Voici la formule de la dilatation linéaire du bronze--pour 1 degré dans l'intervalle de 0 à 100 degrés--que donne le Bureau des Longitudes, d'après Daniell:--0,000018492.]
Surcroît de précaution:--Chaque trou, dans les tenons, est légèrement oval pour se prêter au mouvement que pourrait occasionner au boulon la dilatation de la pièce.
Eh bien!--reconnaissez en cela les légèretés traditionnelles de la critique française!--il ne s'est pas moins rencontré des écrivains--et des plus sérieux--pour crier _haro sur le baudet_ qui, dans la conception de la colonne, avait négligé de tenir compte des coefficients de dilatation! Ce qu'ils prouvaient d'ailleurs le plus congrûment du monde--car, à les entendre, tous les soirs d'été, après les grandes chaleurs du jour, le bronze chantait, sur le fût, sa protestation contre l'incurie des constructeurs; craquements sonores d'un déplorable augure pour l'avenir de l'édifice!
Encore un peu, et la vieille renommée de la statue de Memnon n'aurait eu qu'à se bien tenir...
Bonne Critique Française!
* * *
Notons, au passage, toujours sur la foi du même colonel Coutelle, ce détail d'un tout autre ordre:
Pour prouver la perfection de l'équilibre, M. Lepère, pendant que l'échafaudage était encore en place, s'amusait parfois à imprimer, au moyen d'un fort levier, un mouvement d'oscillation sensible qui se terminait par un mouvement circulaire aboutissant à l'immobilité.....
Voilà certes un petit renseignement qui aurait bien eu son intérêt pour les auteurs de certaines tentatives ridicules dont la colonne devait être ultérieurement l'objet.
III.--L'emplacement.
Nous n'avons pas à refaire, après Dulaure et tant d'autres avant lui, l'historique de cette place dite tour à tour des _Conquêtes,_ par Louvois; _Louis-le-Grand_ par Pontchartrain; _des Piques_, par 1793, mais gardant, en dépit de tout, de par l'omnipotence souveraine de la routine, son nom de «place Vendôme».
En revanche, nous ne pouvons nous dispenser de consacrer quelques lignes à la statue de bronze qui la décorait dans l'origine.
C'était le portrait équestre de Louis XIV, portant sur une toge grecque l'immense perruque que l'on sait. Auteur: François Girardon. Fondeur: J. Balthazar Keller, celui-là même dont le nom est encore célèbre de nos jours, grâce à l'incroyable perfection de ses alliages.
Le piédestal, décoré de motifs de bronze exécutés sur des dessins de Coustou jeune, avait 9 m 14 d'élévation. Le groupe mesurait 7 m 14 et ne pesait pas moins de 33,286 kilogrammes.
L'inauguration avait eu lieu en grande pompe le 16 août 1699. C'est-à-dire dans un temps où le peuple, accablé d'impôts, commençait à comparer ses misères aux effroyables prodigalités de la couronne. Et le lendemain il se trouva que, sur l'épaule du roi de bronze, une main inconnue avait jeté une ignoble besace... Rude épigramme, dont la brutalité pourtant ne contrastait pas plus que la perruque avec l'atticisme du costume!
Quatre-vingt-treize ans plus tard, jour pour jour, la Révolution qui passait, précisant les colères du peuple, poussait dans le ruisseau l'image du royal besacier.
Dès lors et jusqu'en 1806, le milieu de la place resta vide.
On n'y voyait plus qu'une pierre carrée, rude et fruste, ayant 2m 76 de côté et 0m 81 de hauteur: dernier vestige de l'ancien monument dont elle était la première assise. Cela devint la scène où, devant la garde de Paris assemblée, se joua longtemps le triste spectacle des dégradations militaires.
Mais les fondations de la statue, construites sur pilotis et mesurant près de 10 mètres de profondeur, étaient demeurées intactes. On les jugea suffisantes, après mûr examen, pour supporter les douze cents pièces de canon étrangères qu'on avait à superposer les unes aux autres. Et de fait, à peine dut-on faire quelques travaux de réfection à l'arasement du sol, pour qu'il fût possible d'asseoir la colonne naissante sur ces substructions déjà plus que centenaires.
IV.--La Colonne.
Le 2 avril 1810, Napoléon épousait Marie-Louise, l'archiduchesse d'Autriche.
Le 15 août suivant, Napoléon inaugurait la colonne militaire destinée à perpétuer le souvenir de ses victoires sur le père de la nouvelle impératrice.
La nouvelle situation de l'empereur à l'égard de l'Autriche ne pouvait manquer, on le conçoit, de refroidir sensiblement l'enthousiasme qui s'était allumé, quatre années auparavant, au pied de la colonne.
Nous avons dit quel sacrifice à l'amour-propre d'Alexandre 1er avait inspiré au vainqueur d'Austerlitz son vague projet d'union avec la grande-duchesse de Russie.--A plus forte raison devait-il, à la suite de ce mariage effectif, une concession de même nature aux vanités de François II.
Aussi l'inauguration n'eût-elle ni l'éclat, ni le retentissement auxquels, dans d'autres circonstances, on aurait pu s'attendre. Les journaux du temps en parlent à peine et le font avec un luxe de discrétion, une pénurie de détails et un embarras d'expressions très-curieux à constater.
Autre fait topique:
Il avait été décidé que, le jour même où la colonne serait officiellement livrée aux regards du public, un grand ouvrage paraîtrait contenant jusqu'aux moindres détails d'exécution.--Dans ce but, tous les bas-reliefs et ornements avaient été recueillis, dessinés et gravés avec le soin le plus minutieux.
Au dernier moment, l'empereur donna l'ordre d'ajourner la publication (3).
[Note 3: En 1822, un graveur, M. Ambroise Tardieu, reprenant cette idée pour son compte, a publié un album très-intéressant qui résume l'oeuvre en trente-six planches, d'une exécution fort consciencieuse.--Il est d'autant plus regrettable que la même conscience n'ait pas présidé à la rédaction du texte, que cet ouvrier devait--par son caractère de sévérité particulière--accréditer un certain nombre d'erreurs aujourd'hui persistantes. J. D.]
* * *
Ferons-nous maintenant une description méticuleuse du monument? Il est difficile de passer outre dans une _Histoire de la colonne_, d'une part. D'autre part, c'est à cette description seule que se sont bornées toutes les publications spéciales, et il en a été tant édité, que nous risquons fort de fatiguer le lecteur en entrant dans cette voie. Fatigue qui nous serait pénible, au moment où nous atteignons la partie vraiment intéressante de notre travail.
Pour satisfaire à l'une et l'autre de ces objections, nous ne voyons qu'un parti à prendre:--c'est de donner aussi rapidement que possible, presque dans la forme d'un devis, les indications les plus caractéristiques. Par ce moyen nous en finirons vite.
Ajoutons que l'ennui de recommencer ces chiffres sera compensé, pour nous, par la satisfaction de redresser bon nombre de bévues qui menacent de s'éterniser. Car, il faut bien le dire, si l'on peut croire, au premier abord, que le monument de la place Vendôme a servi de prétexte à une centaine de brochures, on arrive bientôt à reconnaître qu'il n'en a jamais été fait en réalité plus d'une demi-douzaine. Toutes les autres ne sont que d'effrontées copies de celles-ci, dont elles reproduisent énergiquement jusqu'aux fautes d'impression!
Ainsi s'explique rationnellement le miracle de la «multiplication des erreurs.»
Jules Dementhe.
(_A suivre._)
Nous recevons la lettre suivante:
AU DIRECTEUR
«Dans l'article sur l'Éléphant fossile de Durfort, que vous avez publié le 26 juillet dernier, il s'est glissé une erreur que je viens vous prier de faire rectifier, s'il est possible, dans un prochain numéro. L'auteur de l'article dit: «Extrait en entier et remonté par les soins de la Société scientifique et littéraire d'Alais, etc.» Cette Société a déjà, bien que très-jeune, assez de bonnes choses à son actif pour que je puisse, sans crainte de la froisser, déclarer qu'elle n'a rien à voir dans cette affaire. Le champ dans lequel j'ai trouvé les ossements fossiles a été acquis par le Muséum d'histoire naturelle de Paris, aux frais duquel sont faites actuellement ces fouilles, et c'est dans les galeries de cet établissement que sera installé le squelette d'Éléphant fossile, lorsqu'il aura été restauré et remonté, opération qui sera faite prochainement dans ses laboratoires et par les soins de ses employés. Les caisses, au nombre de trente-trois contenant les ossements de ce fossile, ont été expédiées par moi sur Paris _directement._
«Veuillez agréer, etc.
«P. Cazalis Defondouce.»
BIGARRURES ANECDOTIQUES
L'ESPRIT DE PARTI
(Suite)
--En haine des partisans de Marat et de Robespierre, l'ordre public n'aurait-il pas fait un peu trop le _boucher_ dans la rue _au bris_?
--L'état de siège est un coup d'État? Non, c'est un coup de sang.
--Le peuple commence à s'apercevoir qu'un souverain et lui ça fait deux.
--Toujours son buste en plâtre! Quand nous le montrerez-vous en terre?
--Il y a mandat d'arrêt contre _le voeu de la nation_: s'il ne se rend pas on est décidé à l'arrêter par contumace.
--Le conseil de guerre se tient rue du _Cherche-Midi..._ à quatorze heures.
--Il y a des gens qui demandent où on nous mène. On ne nous mène pas, on nous traîne.
--Si l'on savait ce qu'il en coûte, par le temps qui court, à avoir le sens commun, vraiment on pardonnerait les graves bêtises qui se font dans les ministères.
--Encore si l'on disait: M. Thiers est une fraction... mais non, il est entier.
--Le libéralisme nous avait promis le règne des _capacités_; nous n'avons encore eu que le règne des _rapacités._
--L'homme de Platon était un coq plumé. Nous ne ressemblons pas mal à l'homme de Platon.
Jules Rohaut.
(_A suivre._)
Rébus
EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS:
Chacun fait des châteaux en Espagne.
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