L'Illustration, No. 0061, 27 Avril 1844

Part 7

Chapter 7626 wordsPublic domain

On conçoit aussitôt les conséquences de ce tracé. Les eaux des communes et des villages compris entre le mur d'octroi actuel et l'enceinte fortifiée ont leur écoulement naturel indiqué d'une manière irrésistible. Elles se dirigent toutes vers les bastions, dont le fossé se trouverait ainsi le réceptacle de tous les égouts de la banlieue.

Cet état de choses, dont nous ne pensons pas qu'on se soit encore occupé, présente une haute gravité. Il est impossible que le fossé des fortifications, qui manque déjà lui-même d'un écoulement suffisant, soit inondé de ces eaux croupissantes qui le rendraient un foyer d'infection. Cependant, emprisonnées comme elles le sont entre les hauteurs qui forment les boulevards de Paris, et, qui leur barrent nécessairement le chemin de la Seine, et le mur de fortification qui coupe la plaine, quel sort attend les communes rurales, puisque la voie naturelle d'écoulement leur est interceptée?

Il y a là une question d'une haute importance sur laquelle se fixera sans doute l'attention du gouvernement. Nous ne savons quels travaux d'assainissement il y aurait lieu d'exécuter; mais il semble au premier aspect que dans la plus grande partie de la ligne il serait indispensable d'établir un égout latéral qui conduise à la Seine les eaux que les fossés de l'enceinte ne peuvent ni ne doivent recevoir.

Modes.

Les premières toilettes du printemps semblent indiquer que les hautes garnitures auront encore la vogue; dans les promenades, au bois, au salon, nous voyons des robes de soie à deux grands volants, presque posés à plat, brodés en soie au point de chaînette à dents découpées; une seconde broderie semblable se trouve au-dessus, à un demi-doigt de distance; le corsage, très-peu ouvert, en coeur devant, a un revers brodé de même que les volants; les manches sont justes à jockeys en biais brodés.

Pour petite toilette de campagne, nous avons vu chez mademoiselle Clorinde Lelong cette robe en amazone fermée par une rangée de boutons.

Chez soi, pour les matinées qui sont encore fraîches, il faut avoir une robe de chambre en cachemire garnie de passementerie.

Les écossais sont délicieux de fraîcheur, on en fait des robes de promenade, soit à deux volants, couvrant presque entièrement la jupe, soit garnies de rubans devant ou des côtes. Souvent aussi, et cela est très-bien, on ne pose qu'un seul grand volant ayant au bas et à la tête une ruche de ruban assorti à l'étoffe de la robe.

On porte beaucoup de chapeaux de paille à jour, ainsi que des capotes de soie avec ornements de paille.

Les mantelets se portent toujours; mais jusqu'à présent leur coupe et leur garniture diffèrent peu de celles de l'année dernière. Les taffetas glacés sont préférés pour mantelet du matin; le mantelet du soir est joli en mousseline, doublé de soie, entouré d'une dentelle posée à plat en revers.

Les parures du soir n'offrent pas de grandes nouveautés, mais elles se complètent par de petits détails qui leur donnent un aspect tout neuf. La tunique, par exemple, emprunte tantôt une coupe à l'empire, tantôt une coquetterie au siècle dernier quelquefois elle est en gaze légère, relevée çà et là par des bouquets; une autre, à deux jupons fermés, aura sa seconde jupe relevée de côte par une guirlande de roses trémières variées de couleurs, qui viendra se terminer à la ceinture. Quant aux tuniques de satin et de pékin, la dentelle est leur plus bel ornement aussi est-elle souvent employée, et toujours avec succès; les dessins de dentelles gothiques font toujours mieux s'ils sont posés à plat, car de cette manière les yeux peuvent suivre la riche élégance d'une guirlande, et les merveilleux jours dont elle est ornée.

Rébus.

EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS.

On assure que les forts qui entourent Paris auront, l'un portant l'autre, trois cents pièces d'artillerie.

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