L'Illustration, No. 0050, 10 Février 1844
Part 7
La seconde condition de l'émotion dramatique, c'est de s'adresser à l'intelligence et non aux sens. L'art ne doit parler qu'à l'esprit; c'est à l'esprit seul qu'il doit donner du plaisir. S'il cherche à émouvoir les sens, il se dégrade. En outre, de toutes les émotions qui viennent des arts et qui procèdent de l'imitation de la nature humaine, l'émotion dramatique est la plus complète. Aucun art ne peut plus aisément approcher de la réalité que l'art dramatique, et cependant il se perd s'il s'en approche trop et s'il se confond avec elle. Le spectacle doit être la plus grande des illusions de l'art, mais il doit rester une illusion. Quand le théâtre fait prévaloir les émotions du corps sur les émotions de l'esprit, il se rapproche du cirque, et il en est aussitôt puni par une prompte décadence.
Ces principes posés et expliqués, M. Saint-Marc Girardin en fait immédiatement l'application. Sa méthode, préférable peut-être pour un cours que pour un livre, est aussi nouvelle qu'ingénieuse. Il ne suit aucune des classifications adoptées jusqu'alors. Prenant un sujet, le suicide ou l'amour maternel, par exemple, il le développe dans une longue et spirituelle conversation, sans s'inquiéter jamais d'aucune imite, passant tour à tour de l'antiquité aux temps modernes, rapprochant les Grecs ou les Romains des Français du dix-neuvième siècle, et tirant de ces comparaisons imprévues des aperçus pleins d'intérêt et de vérité.
Les passions dont M. Saint-Marc Girardin a étudié jusqu'à ce jour l'usage dans le drame, seul les émotions qui tiennent à la douleur physique et à la crainte de la mort, le suicide et la haine de la vie, l'amour paternel, l'égoïsme paternel, l'ingratitude des enfants, la clémence paternelle, et enfin l'amour maternel. Il lui reste encore, comme on le voit par cette énumération, un grand nombre de passions à étudier: mais ce premier volume doit être et sera bientôt, nous l'espérons, suivi de plusieurs autres. Alors seulement la haute critique, jugeant l'ensemble et les détails de cet important travail, pourra prononcer ses arrêts suprêmes en connaissance de cause.
Pour montrer comment M. Saint-Marc Girardin a compris et traite son sujet, nous analyserons le chapitre III, intitulé: De la lutte de l'Homme contre la douleur physique. Depuis le christianisme, le théâtre et la littérature sont essentiellement spiritualistes. De nos jours seulement la littérature, sans cesser de prendre la souffrance morale pour sujet, a poussé cette souffrance jusqu'à la douleur physique. Elle a, chose curieuse, matérialisé la douleur morale; tandis que les Grecs, qui représentaient volontiers la douleur physique, l'idéalisaient à l'aide du beau. Ils s'élevaient ainsi du corps à l'esprit; nous suivons la pente contraire. Ils s'avançaient peu à peu vers le spiritualisme chrétien; nous semblons redescendre vers le matérialisme païen.
Autrefois l'expression des sentiments tenait de la nature des sentiments mêmes; elle avait quelque chose de pur et d'élevé; souvent même elle était trop abstraite. Chaque sentiment de l'âme a, pour ainsi dire, une sensation qui y correspond. Mais jamais, autrefois, le mot qui désigne la sensation ne s'avisait de prendre la place du mot qui désigne le sentiment; c'était l'âme humaine enfin, et non le corps, que la littérature s'efforçait de mettre en relief. De nos jours on a voulu, non plus seulement dessiner les sentiments du coeur humain; on a voulu les sculpter si on peut dire ainsi, et comme, par la finesse de leur nature, ils échappaient au ciseau des Michel-Ange de la littérature, il a fallu, bon gré, mal gré, au lieu du sentiment, prendre la sensation. La sensation, en effet, est plus grosse et plus robuste; elle a plus de masse et plus de saillie; elle se prête mieux aux procédés de ce genre de style.
Cette prépondérance de la sensation sur le sentiment est un des plus singuliers effets du style moderne. Nous ne représentons, comme nos devanciers, que les passions de l'âme, la haine, la colère, la jalousie, l'amour, la tendresse maternelle, mais nous les représentons comme des passions du corps, nous les matérialisons, croyant les fortifier; nous les rendons brutales pour les rendre énergiques. C'était une des règles de l'ancien ne poétique d'aider à ce que les passions ont de pur et d'immatériel, et de résister à ce qu'elles ont de grossier et de terrestre. C'était ce que les anciens appelaient purifier les passions. Nous faisons le contraire; nous aimons à pousser la passion morale jusqu'à l'imitation de la passion matérielle; il semble que nous n'ayons foi qu'aux sentiments qui nous font faire un geste, ou plutôt une contorsion physique. Sans les convulsions du corps, nous refusons de croire aux émotions de l'âme.
A l'appui de ses réflexions, M. Saint-Marc Girardin cite divers passages du _Philoctète_ de Sophocle et du roman _Notre-Dame de Paris_, de M. Victor Hugo. Il nous fait admirer l'art du poète grec qui a laissé à son héros sa blessure, ses cris et le triste attirail de la douleur physique, mais qui a soin de lui donner des passions morales capables de compenser l'émotion causée par l'aspect de ses souffrances. Dans le Philoctète de Sophocle, dit-il ensuite, se combinent avec un art merveilleux les émotions morales et les souffrances matérielles; elles se font pour ainsi équilibre les unes aux autres, et c'est dans cet équilibre que consiste la beauté du personnage de Philoctète. Jamais le genre de pitié que nous inspirent ses souffrances, jamais cette pitié que j'appellerais volontiers la pitié du corps, n'y est poussée trop loin, parce qu'elle est relevée et remplacée à propos par une autre pitié plus douce et plus noble, celle de l'âme, et que nous inspirent ses émotions de joie et de reconnaissance, et même sa colère et sa haine. Avec cet art de tempérer les passions les unes par les autres, l'excès, et par conséquent la contorsion morale ou physique, devient impossible. Voyez, au contraire comment M. Victor Hugo peint le désespoir de Gudule la recluse, quand les sergents d'armes veulent lui enlever sa fille qu'elle vient à peine de retrouver.
«Lorsque la mère entendit les piques et les leviers saper sa forteresse, elle poussa un cri épouvantable, puis elle se mit à tourner avec une vitesse effrayante autour de sa loge, habitude de bête fauve que la cage lui avait donnée. Elle ne disait plus rien, mais ses yeux flamboyaient. Tout à coup elle prit un pavé et le jeta à deux poings sur les travailleurs. Le pavé mal lancé, car ses mains tremblaient, ne toucha personne et vint s'arrêter sous les pieds du cheval de Tristan; elle grinça des dents. Tout à coup elle vit la pierre s'ébranler, et elle entendit la voix de Tristan qui encourageait les travailleurs. Alors elle sortit de l'affaissement où elle était tombée depuis quelques instants et s'écria. Et, tandis qu'elle parlait, sa voix tantôt déchirait l'oreille comme une scie, tantôt balbutiait, comme si toutes les malédictions se fussent pressées sur ses lèvres pour éclater à la fois... «Ho! ho! ho! mais c'est horrible; vous êtes des brigands!... Est-ce que vous allez vraiment me prendre ma fille? Je vous dis que c'est ma fille! Oh! les lâches! oh! les laquais bourreaux! misérables goujats! Assassins! Au secours! au secours! au feu!--Mais est-ce qu'ils me prendront mon enfant comme cela? Qu'est-ce donc qu'on appelle le bon Dieu?» Alors, s'adressant à Tristan, écumante, l'oeil hagard, à quatre pattes comme une panthère, et tout hérissée...»
«Je m'arrête, s'écrie M Saint-Marc Girardin après avoir cité ce passage. Dans Ovide la métamorphose serait déjà commencée; car ce n'est plus une douleur humaine que cette rage de la panthère à qui le chasseur arrache ses petits; ce n'est plus ni une femme ni une mère que je vois, c'est une folle furieuse, c'est une bête féroce; la colère s'est changée en fureur, l'instinct a remplacé le sentiment, l'âme a cédé au corps. Éloignons-nous en répétant le beau vers de Terence:
Homo sum, atque humani nihil a me alienum puto.
«Je suis homme, et je ne me laisse toucher qu'à ce qui est humain.»
Nous avons exposé le plan et la méthode de M. Saint-Marc Girardin; nous avons dit quelles étaient les passions dont il avait étudié l'usage dans le drame; nous venons de montrer comment il appliquait sa méthode. Pour compléter cette analyse rapide, il ne nous reste plus qu'à citer les principaux ouvrages anciens et modernes qu'il a rapprochés comparés dans ce premier volume. Ce sont l'_Iphigénie_ d'Euripide l'_Angela_ de M. Victor Hugo; l'_Hamlet_ de Shakespere et la _Pamela_ de Richardson: le _Werther_ de Goethe et le _Chatterton_ de M. de Vigny; _Horace, le Cid_ et _le Menteur_ de Corneille et _le Roi s'amuse_ de M. Victor Hugo; _le Paria_ de Casimir Delavigne et _Dupuis et Desronais_ de Colle; l'_Oedipe à Colone_ de Sophocle, _le Roi Lear_ de Shakespere et _le Père Goriot_ de M. de Balzac: _l'Heauton Timorumenos_ de Terence et l' _Enfant Prodige_ de Voltaire; _le Père de Famille_ de Diderot; _le Fils Ingrat_ de Piron et _les deux gendres_ de M. Étienne; _Lucrèce Borgia_ de M. Victor Hugo et l'_Orphelin de la Chine_ de Voltaire, etc; la _Mérope_ de Torelli, de Maffei, de Voltaire et d'Alfieri; l'_Andromaque_ d'Homère, d'Euripide et de Racine.
Dans son dernier chapitre, M. Saint-Marc Girardin s'est efforcé de prouver que la littérature exprime souvent l'état de l'imagination d'un peuple plutôt que l'état de la société. La comparaison qu'il a faite lui semble défavorable à la société moderne, et il se demande si l'altération qu'a subie évidemment l'expression des sentiments généraux du coeur humain est un signe de l'altération de ces sentiments; en d'autres termes, si la littérature est aujourd'hui l'expression de la société.--Cette question, qu'il a traitée d'ailleurs trop brièvement, il la résout par la négative. Dans son opinion, la société écrit et parle d'une façon et agit de l'autre, et le plus sûr moyen de ne pas la connaître, c'est de la juger d'après ses paroles ou ses actions. Ainsi, loin que la littérature moderne soit faite à l'image de la société, on croirait qu'elle en a voulu prendre le contre-pied, tant la société la dément par ses moeurs par ses actions!... «Dirons-nous pour cela, se demande M. Saint-Marc Girardin, que la société n'a rien prêté à la littérature? Non, ces passions effrénées, ces caractères hideux, ces crimes insolents et goguenards qui composent le fond de la littérature, la littérature les a pris dans les pensées, sinon dans les moins de notre société, dans notre imagination, sinon dans notre caractère.»
M Saint-Marc Girardin résume ainsi en terminant les réflexions générales qui composent ce dernier chapitre: «Notre littérature ne représente pas notre société; elle n'en représente que les caprices d'esprit, elle n'en exprime que les fantaisies. Ce n'est donc pas condamner les moeurs de notre époque, que d'en attaquer les opinions morales, car les unes sont presque indépendantes des autres. Mais comme, avec le temps, ces opinions influent, soit sur la littérature, dont les créations deviennent moins pures, soit sur la conscience publique, qui devient aussi moins hardie à répudier le mal, il est du devoir de la critique et de la morake de signaler les altérations que la littérature fait subir à l'expression des sentiments principaux du coeur humain, de ces sentiments qui sont le sujet éternel de la littérature dramatique. Certes, quel que soit le travestissement et la dégradation qu'aient souffert dans les drames ou dans les romans, les grandes et simples affections de l'homme, telles que l'amour paternel et l'amour maternel, on est sûr de les retrouver toujours pures et fortes dans le coeur d'un père et d'une mère. Mais les nations chez lesquelles la littérature conserve à ces pensées toute leur pureté originelle, en même temps qu'elle en garde le dépôt inaltérable, ont la double gloire des beaux ouvrages et des bonnes moeurs.»
Modes
TRAVESTISSEMENTS.
AMUSEMENTS DES SCIENCES.
SOLUTION DES QUESTIONS PROPOSÉES DANS LE 18e Nº.
1. Quelque étrange que paraisse notre première question, elle n'en est, pas moins susceptible, d'une solution fort simple que voici:
Attachez l'une à l'autre les deux extrémités de votre corde de manière à faire une corde sans fin; enroulez-la sur la gorge de la poulie supérieure B à la bouche du puits, et, pour la maintenir dans un degré de tension convenable, enroulez, aussi la partie, inférieure de cette corde sur une seconde, poulie A mobile autour d'un axe fixe, et plongée dans l'eau, ainsi que le représente la figure. Imprimez ensuite un mouvement de rotation rapide à la poulie B au moyen de la manivelle M: la corde, en s'enroulant successivement autour des poulies A et B qui tournent autour de leurs axes, ramènera du fond du puits une quantité très notable d'eau, qui pourra être projetée et reçue dans un réservoir R placé à la partie supérieure du puits, un peu au-dessous du point le plus élevé qu'atteigne la corde.
Cette machine, si singulière par sa simplicité même, porte le nom de _Véra_, facteur de la poste aux lettres à Paris, qui en conçut l'idée en voyant la grande quantité d'eau qu'entraînait avec elle, entre ses aspérités, une corde qu'on tirait de la Seine. On conçoit qu'elle puisse rendre de bons services dans certaines circonstances particulières, notamment si l'on venait à manquer de vases convenables pour l'élévation de l'eau. Mais il est bien certain que son _effet utile_, que son rendement en eau, en égard à la force dépensée, doit être peu considérable.
Lalande raconte, dans l'édition qu'il a achevée de l'histoire des mathématiques de Montucla, que la machine de Véra ayant été employée aux casernes de Courbevoie, deux hommes élevaient en six minutes 271 litres à environ 27 mètres de hauteur. Mais ce résultat est évidemment exagéré, en ce sens qu'il provient d'une expérience de courte durée, où l'effort déployé était de beaucoup supérieur à ce qu'il serait pendant une journée entière. En effet, le travail de chacun de ces ouvriers aurait produit, dans une journée de huit heures, l'élévation de 295 920 litres à 1 mètre de hauteur, et ce nombre surpasse réellement de plus des deux tiers celui qui représente la force que peut dépenser un manoeuvre agissant pendant le même laps de temps sur une manivelle. Encore faudrait-il, en employant la meilleure machine à élever de l'eau, défalquer un bon tiers de la force consacrée à mettre cette machine en mouvement.
Une autre expérience citée par le même auteur, donne un résultat beaucoup plus rapproche de la vérité, quoique encore trop considérable pour le travail d'une journée entière. «Au bout de la rue de l'Arcade-Saint-Honoré, à la voirie de la Petite-Pologne, dit Lalande, seize chaînes en fer suffisaient à deux hommes pour élever à 6 mètres de hauteur environ 7 mètres cubes d'eau par heure.» On avait pu supprimer la poulie inférieure, qui ne sert qu'à maintenir la tension d'une corde ordinaire. Ce travail équivaut à l'élévation de 168 000 litres à 1 mètre de hauteur en huit heures; c'est encore un tiers environ de plus de ce que produirait un manoeuvre agissant d'une manière continue sur la meilleure machine hydraulique au moyen d'une manivelle.
L'invention de Véra valut à son auteur l'approbation universelle et une gratification de 2 400 fr. Elle fut appliquée à l'étranger, même en Angleterre. Le célèbre physicien Deluc en fit établir une au-dessus d'un puits du plus de 55 mètres de profondeur, près du château de Windsor. La corde s'enroulait à la partie supérieure sur une poulie en fer d'un mètre de diamètre, placée sur l'axe de la manivelle avec une roue plombée servant de volant; la poulie d'en bas était supprimée, parce que l'on avait reconnu qu'elle devenait inutile pour une certaine vitesse de rotation. L'eau montait en abondance.
Nonobstant toutes ces épreuves favorables, la machine de Véra paraît ne plus figurer aujourd'hui que dans les cours de physique et de machines, comme une curiosité rarement applicable.
II. La solution de ce problème est trop compliquée et trop longue pour qu'il soit possible d'en exposer le détail ici; nous devons nous contenter de donner les résultats auxquels est parvenu Montela, qui sont les suivants:
1° Ou peut payer 3 livres tournois en monnaies d'argent de 13 manières seulement; ci......... 13
2º On peut payer 6 sous en monnaies de cuivre de 155 manières; 12 sous, de 1 292; 18 sous, de 5 101; 24 sous, de 11 117; 30 sous, de 34 11; 36 sous, de 62 000; 42 sous, de 111 182; 45 sous, de 183 999; 54 sous, de 287 777; enfin, 60 sous ou 3 livres tournois, de ........... 430 261
3º En combinant les monnaies de cuivre avec celles d'argent, on peut payer cette même somme de 60 sous de 1 353 622 manières; ci..... 1 383 622
Ajoutant ces trois sommes, on a en tout 1 842 883 façons différentes de payer une somme de 3 livres en anciennes monnaies.
NOUVELLES QUESTIONS À RÉSOUDRE.
I. Trois objets ayant été distribués secrètement à trois personnes, deviner celui que chacune aura pris.
II. Déterminer par la géométrie la position la plus avantageuse des pieds pour se tenir solidement debout.
Correspondance.
_A M. A. F., à Brienne-l'Archevêque_.--Un rébus ne dit pas tout ce qu'il semble dire; mais votre lettre est une preuve qu'on peut trouver dans celui du 6 janvier, déjà diversement interprété, plus d'esprit que l'auteur n'y en avait voulu mettre. Cela s'est vu ailleurs qu'aux rébus. Les commentateurs n'en font pas d'autres. Quant à votre ami, qui n'a pas reconnu le sexe de la bête, il ne faut pas le laisser sortir seul: il prendrait la rivière pour une grande route. Ce serait dommage.
_A M. A. I., à Stutgart_.--On nous a souvent adressé cette question. Voici la réponse: le bois gravé qui sert de titre à _l'Illustration_ aura été tiré, à la fin de ce mois, à plus de 700,000 exemplaires. Il est vrai qu'il n'en vaut pas mieux, mais il sera renouvelé au 1er mars pour commencer la deuxième année de _l'Illustration_.
_A M. H., à Berlin._--Il faut le temps et l'occasion. Notre titre de _Journal Universel_ répond à votre question.
_A M. E. D., à Toul._--Votre avis est bon à suivre.
Rébus.
EXPLICATION DU DERNIER REBUS: Si un marchand vous vole, c'est ailleurs que l'on doit aller.