L'Illustration, No. 0036, 4 Novembre 1843
Part 6
Il reçut des lettres de Buonvicino. Celui-ci, avec toute la chaleur de l'amitié, le suppliait de fuir, de s'éloigner le plus qu'il pourrait, de ne point se laisser aliéner par les trop faciles espérances des bannis. Il le conjurait de se souvenir que la vie de Margherita pouvait dépendre d'un de ses mouvements; de penser à son fils, qu'il avait avec lui, et qu'il devait conserver à l'amour de cette infortunée. Il lui apprenait ensuite les préparatifs de Luchino contre Muralto, et qui certainement écraseraient une poignée de révoltés, quelque courage qu'ils dussent déployer.
Cédant en partie aux conseils de l'amitié et de la prudence, en partie au dépit de se voir dédaigné, Pusterla quitta Locarno, où il devint le sujet d'autant de railleries qu'il avait naguère obtenu d'applaudissements. Toujours accompagné, de Pedrocco, il s'avançait à travers les Alpes, en suivant des routes marquées seulement par l'écoulement des eaux et par quelques croix qui marquaient les endroits où les voyageurs s'étaient engloutis dans le précipice. C'était un étrange spectacle pour nos bannis que cette suite de mulets qui, toujours suspendus sur le bord de l'abîme, gravissaient tortueusement, à pas lents et la tête basse, sans qu'au sein de cette vaste solitude ou entendu d'autre bruit que le battement de leurs sabots, le tintement des grelots de leurs colliers, les sifflets et les jurons des muletiers. Au centre de la caravane, Pusterla s'avançait sur un mulet robuste, tenant Venturino en croupe. Pedrocco cheminait à pied à ses cotés, courant çà et là pour donner les ordres nécessaires, puis revenant toujours à son poste, pour alléger, par son entretien, l'ennui du seigneur lombard.
«Oh! d'ici en France, il n'y a qu'un saut. Beau et riche pays que celui-là. La Lombardie n'en vaut pas la moitié.--Quel en est le gouvernement?--Mais ce sont des choses que je n'entends point.--Les routes?--Attendez-vous à les voir toutes pareilles à celle que nous suivons, qui, comme chacun sait, a été faite par le diable. Abîmes, précipices, ruines, éboulements dans les montagnes, bois, marécages dans les plaines, des voleurs partout. Mais les mules savent où elles mettent le pied, et, le plus souvent, le voyage s'accomplit sans qu'une seule périsse. Et puis, à quoi sert d'avoir peur? S'il faut mourir, bonne nuit, c'est une corvée qu'il faut faire au moins une fois. Je dis bien: le pire, ce sont les malandrins. Vous avez vu comme nous l'avons échappé belle avec ceux de là-bas. En l'an treize cents et je ne sais plus combien, nous revenions d'Avignon avec soixante mille florins d'or tout neufs. Je suis hors de moi rien qu'à me rappeler ce beau magot. Le saint-père me les avait confiés pour les porter au cardinal Poggello, son neveu, pour payer les troupes chargées de tenir en bride certaines factions et d'autres choses auxquelles je ne m'entends point. Le saint-père, parce que ses florins lui tenaient au coeur, me donna cent cinquante cavaliers pour convoyer mes trente mulets; des cavaliers, je puis le dire, que l'air en tremblait. On va, nous passons fleuves et monts sans faire une rencontre, lorsque, engagés dans une vallée du la Savoie je commençai à remarquer certaines figures qui ne promettaient rien de bien. «N'ayons pas peur, dirent les cavaliers français; nous ne faisons qu'une bouchée des Italiens.» Il faut dire qu'ils ne s'étaient pas bien recommandés à saint Christophe pour avoir un bon voyage, parce que les Français ont toutes les bonnes qualités, mais peu de dévotion. Pendant que nous vidions, non pas une bouteille, mais un tonneau, voici toute la bande, Dieu sait combien ils étaient! qui nous tombe sur le dos. Ferme, prends, frappe, laisse: ces Français paraissaient autant de paladins Roland. Mais il faut avouer qu'au jeu des mains, les Italiens n'ont pas leurs pareils au monde. En somme, ces gens, qui étaient de Pavie, démontèrent les Français, et après les avoir débarrassés du poids de leur armure et de leurs bagages de cavaliers, les renvoyèrent à Avignon à pied, comme des pèlerins; puis il m'enlevèrent juste la moitié de mon argent et de mes mules, chose qui n'était point encore arrivée depuis que les pedrocchi vont de Gallarate en France. Et je dus conduire au cardinal-légat ce qui me restait.»
Lorsque Pusterla arriva sur la cime des monts qui séparent les deux contrées, il s'arrêta, regarda de tous côtés le ciel et la terre. Les genoux semblaient lui manquer, et Pedrocco lui demanda s'il se trouvait mal. Il répondit en soupirant: «Ici finit l'Italie!
--L'Italie, s'écria Pedrocco, Votre excellence pourra la trouver dans Avignon. Là, cardinaux, serfs, camériers, poètes, bouffons, tout est Italien.
--Et connaissez-vous dans cette ville d'Avignon Guillaume Pusterla?
--Qui? l'archiprêtre de Moura? Je l'ai accompagné, moi-même.
--Et comment se trouve-t-il?
--Très bien; gras, triomphant; il est d'une santé à passer cent ans.
--Je le sais; mais je demande si le pape le favorise, s'il connaît les disgrâces de sa famille à Milan, s'il est bien vu à la cour.
--Ce sont des choses auxquelles je n'entends rien.» Après un court séjour à Paris, Pusterla vint dans cette partie tout italienne de la France, comme le lui avait dit Pedrocco, c'est-à-dire dans le comtat Venaissin. A peine arrivé à Avignon, il s'informa de la demeure de l'archiprêtre de Moura, Guillaume Pusterla, son oncle, et il fut reçu par le digne, prélat avec toute la joie imaginable. L'argent que Pusterla avait placé sur les principales maisons de commerce de la France, et qui s'élevait à des sommes très-considérables, lui permit de mener, malgré la confiscation de ses biens, un train convenable à son renom et à sa naissance. Son oncle le mit en rapport avec tous les dignitaires ecclésiastiques d'Avignon, et aussi avec les hommes qui se distinguaient le plus par leur science, entre autres avec Pétrarque.
Cependant Pusterla avait toujours espéré que le pape se prêterait tôt ou tard aux desseins qu'il avait formés contre Luchino, lorsqu'un événement inattendu détruisit tout à coup ses espérances. Des envoyés de Luchino vinrent à Avignon solliciter le pardon du saint-père; et le naturel bienveillant de Benoît XII, incapable de chicaner sur les conditions, rendit la réconciliation plus prompte et plus facile. L'interdit qui pesait sur les Milanais depuis vingt ans fut levé par le pape, et en retour Luchino reconnut la suprématie de la papauté sur l'empire, son droit de nommer au trône vacant, et son indépendance absolue de la puissance impériale. Il devait en outre payer au saint-siège un tribut annuel de soixante mille florins. Ce fut l'archiprêtre de Moura qui annonça cette nouvelle à Pusterla. «Et des exilés, des prisonniers, le traité n'en a-t-il pas fait mention? demanda celui-ci.
--Aucune, répondit l'archiprêtre. Le pape recommande aux seigneurs de Milan d'être pieux, généreux, plus prompts à récompenser qu'à punir, s'ils veulent que le Seigneur en fasse autant avec eux. Mais, mon neveu, à peine puis-je contenir ma joie en pensant aux contentements des Milanais et de mes bons habitants de Moura, lorsqu'ils vont apprendre l'heureuse nouvelle! Les églises ouvertes de nouveau, leurs morts ensevelis en terre bénite, les chants qui leur seront rendus, le bonheur de revoir les cérémonies solennelles qu'ils n'avaient pas vues depuis vingt ans.» En parlant ainsi, les larmes venaient aux yeux du bon archiprêtre; mais l'heureuse nouvelle, comme il disait, causa bien de mauvaises nuits à Pusterla, par la perte de ses espérances.
Sur ces entrefaites, Ramengo arriva à Avignon et se présenta à Pusterla comme un ami. En effet, c'était un ancien client de sa famille, et qu'il s'était lui-même attaché par des bienfaits. Il avait été l'époux de cette Rosalie qui lui avait inspiré tant de compassion, s'il ne l'avait point aimée d'amour. Ses crimes énormes, ses tentatives contre l'honneur de Marguerite, lui étaient inconnus. Quant à sa dernière trahison, Alpinolo, dans le premier moment, s'était jeté aux pieds de Pusterla avec l'intention de lui confesser sa propre faiblesse et la criminelle perfidie de Ramengo. Mais pour courir à la recherche de Marguerite, il avait interrompu sa confession, et si on ne fait point de tels aveux dans le premier élan d'un généreux repentir, la réflexion nous en ôte ensuite le courage.
Aussitôt qu'il vit Ramengo, notre exilé l'aborda avec cordialité, en lui demandant: «Êtes-vous venu de vous-même ou par contrainte?
--Moitié l'un, moitié l'autre,» répondit Ramengo; et il imagina autant de mensonges qu'il lui en fallait pour exciter la compassion et gagner la confiance de son seigneur. Voyant en lui un concitoyen exilé comme lui, comme lui persécuté et peut-être pour lui, Pusterla trouvait à Ramengo des titres suffisants pour qu'il l'accueillit à bras ouverts, le désirât pour son hôte, et se mit à entamer avec lui ces premiers sujets de la conversation du banni: la patrie et la famille.
Le traître avait trop beau jeu. Par un facile mélange du faux et de vrai, Ramengo sut non-seulement éloigner tout soupçon de l'âme du lombard, mais encore acquérir entièrement sa confiance. Avec une fougue d'autant plus grande que depuis longtemps elle n'avait point trouvé à s'assouvir, Francesco exposa au nouveau venu ses déceptions à cause du nouveau traité conclu par te saint-père avec Luchino, et du soupçon qu'il avait conçu que les ambassadeurs de ce prince avaient machiné de le prendre par violence, et de le traîner à Milan; soupçon, à vrai dire, fondé sur un trop grand nombre d'exemples d'une semblable déloyauté.
Nos lecteurs doivent se souvenir que Ramengo avait montré aux réfugiés de Pise certaines lettres de Martino della Scala, qu'il se disait chargé de remettre à Pusterla. C'était encore une de ses trame». Sachant que Franciscolo était dans les bonnes grâces de Scaliger, et comment il avait été excité à la vengeance pendant qu'il était à Vérone, d'accord avec Luchino, il feignit une lettre dans laquelle Martino annonçait qu'une rupture définitive allait éclater, par ses soins, entre lui et Luchino. Il invitait Pusterla à se rendre à sa cour, lui promettant de larges honoraires et une autorité égale au mérite d'un homme si généralement cher et révéré, qui entraînerait sous ses drapeaux tous ceux qui désireraient rendre la liberté à leur patrie et la recouvrer pour eux-mêmes.
C'était frapper un coup de maître sur une âme ambitieuse et inquiète comme celle de Pusterla. Ramengo, battant le fer pendant qu'il était chaud, lui exposa l'état de toute l'Italie, ce qu'il avait pu pénétrer des desseins des bannis pendant son séjour à Pise. Il raconta comment il s'était abouché et entendu avec ces derniers, et même qu'il venait de leur part le solliciter de prendre pitié de la patrie, qui lui demandait merci; de sortir d'un repos apathique; de se souvenir comment Matteo Visconti, après neuf années, était revenu au pouvoir, parce que les fautes des Porrian dépassaient les siennes.
Flottant entre son imagination, qui souriait à un avenir de vengeance et de tendresse, et les conseils de son oncle et ceux de Buonvicino; quelquefois résolu de tenter toute chose pour sortir de ce calme homicide; quelquefois ayant soif de paix, de ce repos dont il se sentait plus désireux que capable, il était dans la pire des conditions; celle de l'homme qui ne sait pas prendre un parti.
«Pourquoi ne recourez-vous pas à Pommaso Pezzano?» lui dit Ramengo. Le Pezzano était un astrologue de ce temps fort renommé dans Avignon; et c'était alors, et non pas seulement alors, un expédient excellent pour les esprits faibles et indécis, que de substituer aux calculs de la prudence les prophéties d'un imposteur. Le conseil plut à Francesco. L'astrologue, après avoir fait montre d'études et de connaissances mystérieuses, lorsqu'il eut observé pendant plusieurs jours la main de Pusterla et les étoiles, formé l'horoscope et trouvé _l'ascendant_, lui annonça alors que sa vie était en grand danger, et une quelqu'un, sous de gracieuses apparences, cherchait à le livrer à ses pires ennemis.
Il n'en fallut pas davantage pour confirmer Pusterla dans le doute qu'il avait déjà conçu que la cour pontificale voulait le livrer, comme une victime, à Visconti réconcilié. Il fit donc les préparatifs de son départ. Quelques raisons que lui apportât son oncle, quelques exhortations qu'il lui fit, les larmes aux yeux, d'écouter la divine sagesse, qui taxe de folie ceux qui dépensent leur argent à tenter la ruine des puissants, quelques assurances qu'il lui donnât qu'il n'avait point à craindre de trahison si noire des prêtres d'un Dieu de justice, Pusterla se confirmait d'autant plus dans son projet de revenir en Italie, «Enfin, disait-il, quel mal peut-il m'arriver? Je ne me livre point aux mains de mon persécuteur; je ne me confie point aveuglement à une indulgence, à une générosité mensongères. Non: je reverrai l'Italie.--Italie! qui peut proférer ton nom sans ajouter belle et infortunée! Je m'approcherai de mes amis, de Marguerite. De là, je pourrai comprendre et apprécier la situation de ma patrie; et mieux que dans Avignon, terre de prêtres, je trouverai un sûr et honorable asile dans Pise: Pise libre, souveraine des mers et ennemie des Visconti!»
Modes.
La fourrure et le velours commencent à dominer dans toutes les toilettes, et les plus merveilleux pardessus, paletots et même twines seront bordés de martre. La forme qui semble vouloir être adoptée par les femmes élégantes est celle dit kazadaveka, dont nous donnons aujourd'hui le modèle, pour la promenade, il doit être plus long. En velours garni de fourrure, il est charmant.
L'autre figurine porte un pardessus en satin avec collet et des manches qui s'ajustent à volonté; c'est presque l'ancien witchoura serrant la taille.
Pour les sorties de bal on fait de très-grands mantelets à capuchon bordé de cygne ou d'hermine.
Quant aux twines, puisque cette mode anglaise, déjà acceptée par les hommes, semble prendre aussi une place importante dans nos toilettes, et qu'ainsi elle devient française, disons que ces vêtements se font en drap-cachemire brodé en soutache et doublé en fourrures on en satin; le collet, fait a peu près comme le collet des habits, est recouvert de fourrures, et peut se dresser pour garantir le cou du froid; les manches sont aussi comme celles des homme, mais plus larges du haut, afin de laisser libre le passage de la robe; les parements en fourrures permettent aux mains de se cacher dessous en l'absence du manchon, qui souvent est gênant par un temps pluvieux.
Les jupes des robes conservent beaucoup d'ampleur, mais on a supprimé les tournures et les jupes crinolines. La taille gagne beaucoup de grâce à être entourée seulement des plis de la robe. Les manches des robes de sortie se finit plus souvent justes; la variété est dans l'arrangement des ornements; c'est une affaire de goût et d'intelligence.
Pour le matin, nous recommandons une redingote en satin, avec des chevrons en velours posés sur le devant de la jupe, et au bout de chaque chevron, un noeud en passementerie terminé par des glands;--le corsage montant est orné de la même garniture répétée en s'élargissant vers le haut.
Un chapeau de velours avec un grand voile en dentelle est simple, mais distingué.
Bientôt nous aurons à raconter les élégances du soir, car voici qu'on a quitté la vie de château pour la vie de salon. On se retrouve, on s'assemble, et la première, la plus importante affaire, c'est la toilette; il faut donc s'en occuper; ainsi ferons-nous.
Amusements de sciences
SOLUTION DES QUESTIONS PROPOSÉES DANS LE DERNIER
NUMÉRO.
I. Cette épitaphe est celle du célèbre Diophante, la voici en vers latins, telle qu'elle a été donnée dans l'anthologie grecque:
Hic Diophantus habet tumulum, qui tempora vitæ Illius mira denotat arte tibi: Egit sextantem juvenis; lanugine mala Vestire hinc coepit parte duodecima; Septante uxori post haec sociatur, et anno Formosus quinto nascitur inde puer. Semissem ætatis postquam attigit ille paternæ Infelix subita morte peremptus obit Quatuor æstates, genitor lugere superstes Cogitur, hinc annos illius assequere.
Pour trouver l'âge de Diophante à sa mort, il faut trouver un nombre dont le sixième, le douzième, le septième et la moitié, en y ajoutant 5 et 4, fassent le nombre lui-même. Ce nombre est 84.
II. La solution de ce problème est des plus faciles. La première personne a eu 160 fr.; la seconde, 125 fr.; la troisième, 95 fr., et la quatrième, 120 fr.
Il faut remarquer que, sans la dernière condition, ou une quatrième quelconque, le problème serait indéterminé, c'est-à-dire qu'on pourrait y satisfaire d'une infinité de manières. C'est cette dernière condition qui limite la solution à une seule.
III. Placez sur le tapis d'un billard une bille, et frappez-la, sur le côté, d'un coup perpendiculaire au billard et avec le tranchant de la main; vous la verrez, marcher quelques centimètres du côté où doit la porter ce coup; puis rétrograder en roulant, sans avoir remontré aucun obstacle et comme d'elle-même.
Cet effet n'est pas contraire à ce principe de mécanique si connu qu'un corps mis une fois en mouvement dans une direction, continue de s'y mouvoir tant qu'aucune cause étrangère ne l'en détourne; car, dans le cas proposé, voici comment les choses se passent:
Le coup imprimé, comme on vient de dire, à la bille, lui donne deux mouvements, un de rotation autour de son centre, et un autre direct, par lequel son centre se meut parallèlement au tapis, dans la direction du coup. Ce dernier mouvement ne s'exécute qu'en frottant le tapis, ce qui l'anéantit bientôt. Mais le mouvement de rotation autour du centre subsiste, et, le premier une fois cessé, il fait rouler la bille comme pour revenir sur elle-même. Ainsi il n'y a dans cet effet rien que de très-conforme aux lois connues de la mécanique.
IV. Il est aisé de voir que si le poids C était précisément au milieu de la barre AH, les deux personnes en porteraient chacune la moitié; mais si le poids n'est pas au milieu, on démontre, et il est aisé de le démontrer, que les parties du poids soutenu par les deux personnes sont en raison inverse de leur distance au poids. Il est donc question de le diviser en raison des distances, et la plus grande portion sera celle que soutiendra la personne la plus voisine du poids, et la moindre sera celle que soutiendra la plus éloignée. Le calcul se fera par la proportion suivante;
La longueur totale du levier AB est à la longueur AE comme le poids total est au poids soutenu par la puissance qui est à l'autre extrémité B; on AB est à BE comme le poids total est à la partie soutenue par la puissance placée en A.
Soient, par exemple, AB de trois mètres, le poids C de 150 k., AE de 2 m, et BE de 1 m.; vous aurez cette proportion: 3 est à 2 comme 150 est à un quatrième terme, qui sera 100. Ainsi, le porteur place à l'extrémité B portera 100 kilog.; conséquemment la puissance placée en A ne sera chargée que de 50 kilog.
La solution de ce problème donne le moyen de repartir un poids proportionnellement à la force des agents qu'on emploie à le soulever: car, si l'un des deux est, par exemple, de la moitié moins fort que l'autre, il n'y aura qu'à le placer à une distante du poids double de l'autre.
NOUVELLES QUESTIONS À RÉSOUDRE.
I. Quinze chrétiens et quinze Turcs se trouvent sur mer dans un même vaisseau; il survient une furieuse tempête. Après avoir jeté dans l'eau toutes les marchandises, le pilote annonce qu'il n'y a de moyen de se sauver que de jeter encore à la mer la moitié des personnes. Il les l'ait ranger de suite, et, en comptant de 9 en 9, on jette le neuvième à la mer, en recommençant à compter le premier du rang quand il est fini. Il se trouve qu'après avoir jeté quinze personnes, les quinze chrétiens sont restés. Comment le pilote a-t-il disposé les trente personnes pour sauver les chrétiens?
II. Comment peut-on distribuer commodément 4, 8, 16, 32 hommes pour porter un fardeau considérable sans s'embarrasser?
EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS.
Ainsi que la vertu, le crime a ses degrés.
TYPES DE L'ANCIENNE COMÉDIE [Nouveau rébus.]
RÉBUS COMMUNIQUÉ PAR UN JEUNE ABONNÉ A L'ILLUSTRATION [Nouveau rébus.]