L'Illustration, No. 0035, 28 Octobre 1843
Part 7
Cependant la société romaine ne pouvait pas rester éternellement opprimée parce droit si esclave de la lettre et si rebelle à l'esprit. Partout l'équité se posa à côté du droit civil, la philosophie brise le cercle inflexible tracé par ce patriciat. Du siècle de Cicéron date la période philosophique du droit romain. Le stoïcisme imprime ensuite une impulsion nouvelle à cette révolution qu'avaient en partie commencée la doctrine d'Épicure et la philosophie de Platon. Il donne aux jurisconsultes postérieurs à Cicéron des règles sévères et précises de conduite entre les hommes. S'élevant à des formes plus pures et plus belles, moins intolérant, moins âpre, dégagé des superstitions que la raison lui reprochait lors de ses premières conquêtes à Rome, il devient de plus en plus une philosophie spiritualiste qui proclame le gouvernement de la Providence divine la parente de tous les hommes, la puissance de l'équité naturelle. Mais le droit civil se défend si énergiquement dans son inflexible formulaire, dans son originalité jalouse, que la philosophie n'osa pas procéder avec lui par voie de révolution, elle y aurait échoué. L'équité demanda donc sa part d'influence, non comme une souveraine qui veut déposséder un usurpateur, mais comme une compagne qui radie sous des dehors timides ses vues de domination. «Toutefois, il ne faut pas s'y tromper, dit M. Troplong, sous ces dehors de conciliation et de bon ménage se cachait une antithèse redoutable pour le droit civil; ce qu'on voulait au fond, c'était de réduire à l'impuissance tout en lui prodiguant les témoignages de respect. Aussi le droit, depuis l'époque de Cicéron, est-il en lutte incessante; les deux éléments sont aux prises. Mais le droit civil se trouve tout d'abord réduit au plus mauvais rôle, à celui de la défensive; c'est chez lui, dans ses propres foyers, que la guerre est sourdement portée, et l'équité aspire à y réaliser l'apologue de la lice et ses petits.» Ces prémisses posées, M. Troplong montre par quels efforts ingénieux l'équité continue à agrandir son domaine tout en groupant ses innovations autour de l'ancien droit civil, si restreint dans ses conceptions, si matériel dans ses applications. «Le droit, ajoute-t-il, tend à simplifier dans le fond, et il se complique; dans ses rouages; deux éléments hétérogènes sont juxtaposés; quelquefois ils se rapprochent et se confondent; le plus souvent ils se séparent et se jalousent. L'harmonie manque dans ce majestueux travail; on aperçoit à chaque, pas qu'il est le prix de concessions pénibles, de combats opiniâtres. Le chef-d'oeuvre eut été de pouvoir amener entre ces deux éléments une fusion complète; mais le plus ancien avait été trop fortement trempé pour se laisser effacer si vite, et le droit de l'époque impériale, qu'on a coutume s'appeler l'époque classique, porte la marque profonde de son passage; aussi laisse-t-il de grands, d'immenses progrès à désirer. On sent qu'il est loin d'être le dernier mot d'une science complète: il est plutôt l'expression d'une situation transitoire, d'un état transactionnel.»
Pendant la période philosophique, le christianisme avait déjà exercé une influence immense, quoique latente et indirecte, sur les moeurs, les idées, et par une conséquence nécessaire, sur les lois de la société romaine. Dès le règne de Néron, la vérité évangélique avait pris racine dans la capitale du monde; elle y était à côté de Sénèque, levant son front serein sur les calomnies par lesquelles on préludait aux persécutions, à ces supplices d'une persécution raffinée qui étaient aussi un moyen de faire connaître le christianisme et d'appeler sur lui l'intérêt et la sympathie. Depuis lors, elle avait germé, elle s'était développée, elle avait porté ses fruits, elle avait modifié, épuré, à son insu et peut-être malgré elle, l'esprit et le langage de la philosophie du Portique. «Epitecte n'était pas chrétien, a dit M. Villemain, mais l'empreinte du christianisme était déjà sur le monde.» Marc Aurèle, qui persécutait les chrétiens, était plus chrétien qu'il ne croyait dans ses belles méditations. Le jurisconsulte Alpien, qui les faisait crucifier, parlait leur langue en croyant parler celle du stoïcisme dans plusieurs de ses maximes philosophiques. Pour ne citer qu'un seul exemple, les idées avaient fait un si grand chemin sur la question de l'esclavage depuis Platon et Aristote, qu'Alpien lui-même écrivait: «En ce qui concerne le droit naturel, tous les hommes sont égaux.» (L. 32. D. _de veg. juris._) Et ailleurs: «Par le droit naturel, tous les hommes naissent libres. (L. A. D. _de just. et jure._) N'était-ce pas au christianisme que l'humanité devait cet immense progrès?
La période chrétienne date de Constantin. Avant ce prince, le mouvement marchait avec lenteur par la philosophie stoïcienne, indirectement influencée depuis Tibère par la religion chrétienne. L'avènement de Constantin plaça son point d'appui principal, ostensible, direct, dans le christianisme. Ce furent les évêques, les pères de l'Église et les conciles qui donnèrent l'impulsion réformatrice et accélérèrent sa marche. La jurisprudence dut moins ses perfectionnements à elle-même qu'à la théologie.
Toutefois, l'erreur serait grande de s'imaginer que la révolution religieuse qui porta sur le trône le premier empereur chrétien eut pour conséquence immédiate d'opérer une refonte radicale et absolue des institutions. Constantin réforma beaucoup, mais il ne nivela pas; il ne l'aurait pas pu. Si l'empereur était chrétien, l'empire était encore à demi païen. Avant de convertir les institutions, il fallait s'attacher surtout à convertir les coeurs. Il y avait en outre des intérêts positifs à ménager. Enfin l'Église, ayant été déchirée de bonne heure par les hérésies, s'occupa plus activement de formuler les dogmes fondamentaux sur lesquels reposait l'unité de la foi, que de reformer les moeurs à l'aide des lois civiles.--Cette dualité qui avait développé la philosophie, le christianisme, ne la transforma donc pas en unité. Ce fut toujours la lutte du droit strict et de l'équité, et le difficile arrangement de leurs prétentions contraires.--Il est vrai que l'équité, secondée immédiatement par le christianisme, gagna sur-le-champ un terrain considérable. Bien des choses que la philosophie païenne avait considérées comme étant de droit naturel, la philosophie chrétienne, partant d'un point plus large les considéra comme de droit strict. Les éléments du combat se trouvèrent ainsi souvent déplacées. En cela consista le progrès. Mais le combat resta l'âme de son développement, et tout le poids du christianisme porté d'un seul côté ne put le faire cesser.
Les réformes, opérée et commencées par Constantin, furent maintenue et continuées par ses successeurs. Un moment la réaction polythéiste de Julien l'Apostat arrêta ces progrès du droit. Cette tentative rétrograde ayant avorté, et les idées nouvelles ayant repris leur libre cours, le polythéisme, d'abord toléré, devint l'objet d'une proscription générale sous Théodose le Grand. Cependant tous les empereurs chrétiens acceptèrent le poids du passé et s'efforcèrent seulement de l'alléger. Le code Théodosien fut une oeuvre précipitée, mal faite et pleine de lacunes. L'effroi d'une société tremblante à l'approche des Huns pouvait-il produire autre chose que le chaos? Du reste, il est intéressant d'étudier, dans cette défectueuse compilation, le dualisme de l'élément romain jetant ses dernières lueurs, et de l'équité associée désormais à la fortune du christianisme. La sagesse italique se débat encore pour conserver ce qui lui reste de ses antiques privilèges. L'équité, ne connaissant pas toutes ses forces, consent à transiger; elle fait des concessions; mais ses traités de paix ressemblent à ceux qu'Attila arrache au faible Théodose; tous enlèvent au vieux droit quelques-uns de ses lambeaux, et préparent la crise qui, renversant l'idole de son piédestal, ne laissera sur la terre que des débris.
Dans l'opinion de M. Troplong, Justinien fut un grand législateur. La mobilité de ses idées, les jactances orientales de ses conseillers, leur ignorance des antiquités historiques du droit, leur style ampoulé et diffus, ont été l'objet de vives censures. On a critiqué aussi la forme de leurs compilations, l'emploi malhabile des matériaux, l'impitoyable dissection des chefs d'oeuvre du troisième siècle, consommée par Tribonien avec l'orgueil d'un novateur et l'infidélité d'un faussaire. Tous ces reproches, M. Troplong les accorde, mais il l'avoue, le droit dont Justinien a été l'interprète lui paraît bien supérieur à celui qu'on admire dans les écrits des jurisconsultes classiques du siècle d'Alexandre Sévère. Qu'importe la forme, si le fond est excellent Or, il surpasse le droit de l'époque classique autant que le génie du christianisme surpasse le génie du stoïcisme. Presque toujours Justinien a rapproché le droit du type simple et pur que lui offrait le christianisme: il a fait pour la philosophie chrétienne ce que les Labeon et les Caius avaient fait pour la philosophie du Portique. Sans doute, il l'a fait avec moins d'art; mais il y a mis autant et plus de persévérance et de fermeté. C'est là son mérite immortel.
«Justinien fut un novateur résolu, continua M. Troplong; en lui le génie grec éclipsait le génie romain, et le théologien dominait le jurisconsulte; de là ses défauts et ses qualités. Il était subtil, verbeux, disputeur; mais un bon sens naturel, puisé aux sources de la philosophie chrétienne, prévenait les écarts du sophiste: la vieille originalité romaine et son matériel lourd et composé provoquèrent de sa part d'amères railleries. L'homme de Constantinople, le représentant du sixième siècle, ne comprenait rien à des systèmes usés et dépourvus de convenance avec les habitudes contemporaines. Constantin ne les avait respectés que parce que le christianisme n'en avait pas encore vu l'esprit; mais les mêmes motifs de ménagements n'existaient plus. Deux siècles écoulés depuis la fondation de Constantinople avaient décomposé l'élément de la cité romaine. Le monde n'appartenait plus à Rome; il était acquis à la foi catholique. Le temps était donc venu d'en finir avec le fétichisme du droit strict, si contraire à l'esprit chrétien, et qui n'avait que trop retardé le développement du droit naturel. Justinien l'attaqua corps à corps, le pourchassa dans tous les replis de la jurisprudence au profit de l'équité. Sa noble ambition de législateur fut de l'amener de sa chaise curule, comme sa petite vanité d'homme avait fait descendre Théodose de sa colonne d'argent: c'est ce qui explique son travail de démolition des livres des Papinien, des Ulpien, et autres grands interprètes du troisième siècle. Il prit en eux tout ce qui lui parut de droit cosmopolite, et rejeta tout ce qui portait un caractère trop romain. Il les accommoda bon gré mal gré, et même par des altérations de texte, à des idées plus avancées que les leurs, à un droit plus simple, plus équitable, plus philosophique que celui qu'ils avaient expliqué. Peut-être méconnut-il en cela le respect dû à de grands génies; mais son but fut bon et louable. Il voulut affranchir la jurisprudence du sixième siècle d'une tutelle rétrograde. Chrétien et homme de son époque, il osa trancher dans le vif les racines d'un passé aristocratique et païen. Alors s'assoupit sur presque tous les points le long antagonisme qui avait partagé la jurisprudence... Quoi qu'on en puisse dire, Justinien a épuré, rationalisé le droit; il l'a élevé à un niveau que le Code civil a pu seul dépasser après treize siècles de préparations et d'épreuves Or, tandis que, sous tant de rapports, la société convergeait vers la barbarie, il a fait marcher en avant l'une des branches les plus importantes du gouvernement des hommes. C'est que le christianisme était l'âme de ses travaux, et qu'avec cette grande lumière il n'y a pas d'éclipse centrale à redouter pour la civilisation...»
Le Mémoire _De l'influence du christianisme sur le droit civil des Romains_, a pour but la démonstration des idées fondamentales que nous venons d'analyser. Il se divise en deux parties. Dans la première, M. Troplong expose les vérités qu'il a découvertes, et il les appuie sur un certain nombre d'exemples.--Il suit, comme on l'a vu, le christianisme dans ses influences générales tantôt obliques, tantôt directes. La seconde comprend l'histoire des faits particuliers qui ont été plus spécialement soumis à son action. Les onze chapitres sont consacrés à l'esclavage, au mariage, aux secondes noces, aux empêchements pour parenté, au divorce, à la célébration, au concubinage, à la puissance paternelle, à la condition des femmes et à la succession _ab intestat_.--Enfin, la conclusion de son travail est celle-ci: le droit romain a été meilleur sous l'époque chrétienne que dans les âges antérieurs les plus brillants; tout ce qu'on a dit de contraire n'est qu'un paradoxe ou un malentendu. Mais il a été inférieur aux législations modernes nées à l'ombre du christianisme et mieux pénétrées de son esprit.
M. Troplong s'arrêtera-t-il à Justinien? Ne complétera-t-il pas ce beau travail? Ne montrera-t-il pas, dans un second mémoire, quelle influence la Révolution française a eue sur le droit civil de la France, et quelle influence la Révolution française et le christianisme doivent exercer un jour, lorsqu'ils auront reçu tous leurs développements, sur la législation beaucoup trop romaine et féodale qui nous régit aujourd'hui? Ne nous fera-t-il pas assister aux dernières victoires de l'équité sur le droit strict, ou, en d'autres termes, de l'égalité future sur le privilège actuel?
Modes.
Dans un trousseau que nous avons eu occasion de voir ces jours derniers, il y avait un kakzavadeka pour la chambre, charmant vêtement en velours, garni de ganses d'or, qui ressemble assez, à la veste turque; puis un plus grand en satin, destiné à la promenade, que l'on nomma kazaveka; ce dernier avait un collet de velours formant la pointe par derrière, et des bandes pareilles garnissant les devants. Mais ce qui nous paraît prendre chaque jour plus d'importance dans les modes, c'est la dentelle: il n'est pas aujourd'hui un coffret de mariage qui ne contienne de superbes points d'Alençon, des dentelles anciennes, des barbes, des écharpes, des voiles d'une grande finesse de travail. La robe de mariage est toujours garnie de deux volants d'Angleterre, et quelquefois couverte en dentelle de manière à figurer une tunique; ainsi était celle du splendide trousseau dont nous parlions tout à l'heure et dont nous avons admiré la recherche.
Une toilette qui a paru l'autre jour un instant au Théâtre-Italien, et sans doute s'est montrée ensuite dans quelque brillante réunion, a été dessinée, pour _l'Illustration_. La voici.
La robe est lacée sur les côtés, au corsage et sur le milieu de la petite manche. Quant à la coiffure, nous pouvons affirmer son origine, car nous l'avions vue la veille chez Lucy Hocquet, avec d'autres coiffures d'une grâce tout à fait remarquable.
Nous citerons d'abord la coiffure Élizabeth, velours et petite tête de plume; puis la coiffure Anne Boleyn, en velours épinglé bleu, orné de franges d'or et d'argent avec tête de plume posée très-coquettement; ensuite, un petit bonnet _douairière_ en blonde tuyautée et chaperon du coque en ruban, dont les grands bouts retombent derrière la tête; et enfin le chapeau _comtesse_ en lacet d'or orné de plumes et d'une torsade en velours grenat, coiffure de jeune châtelaine.
Le costume d'homme élégant sort toujours de chez Humann; pour habit habillé, les basques sont larges et le collet tombe assez sur l'épaule.
L'habit demi-habillé est peu échancré sur les devants, les basques sont larges, l'échancrure est carrée.
Les cravates de satin noir reprennent la faveur qu'elles doivent à l'hiver; on les porte longues, et de petits bouquets ou de petites guirlandes viennent égayer un peu la sombre couleur.
Les gilets se font toujours à chaste et très-longs; les étoffes sont riches; c'est le satin broché, le velours brodé et souvent broché d'or et de soie.
Pour le matin, le tweed est plus en faveur que jamais; ou y met des collets et des parements en velours, afin du le rendre nouveau.
Amusements des Sciences.
SOLUTIONS DES QUESTIONS PROPOSÉES DANS L'AVANT-DERNIER NUMÉRO.
I. Ce problème n'a de difficulté que celle de reconnaître la volonté du testateur. Or, on a coutume de l'interpréter ainsi: puisque ce testateur a ordonné que, dans le cas où sa femme accoucherait d'un garçon, cet enfant aura les deux tiers de son bien et la mère un tiers, il s'ensuit que son dessein a été de faire à son fils un avantage double de celui de la mère; et puisque, dans le cas où celle-ci accouchera d'une fille, il a voulu que la mère eût les deux tiers de son bien et la tille l'autre tiers, on en doit conclure que son dessein a été que la part de la mère fût double de celle de la fille. Pour allier ces deux conditions, il faut partager la succession de manière que le fils ait deux fois autant que la mère et la mère deux fois autant que la fille. Ainsi, en supposant que le bien à partager soit de 30,000 fr. la part du fils serait de 17 142 fr. 6/7, celle de la mère de 8 571 fr. 3/7 et celle de la fille de 4 285 fr. 5/7.
On propose ordinairement, à la suite de ce problème, une autre difficulté; on suppose que cette mère accouche de deux garçons et d'une fille, et l'on demande quel sera, dans ce cas, le partage de la succession?
Il n'y a d'autre réponse à faire que celle que feraient les jurisconsultes; savoir, que le testament serait nul dans ce cas; car, y ayant un enfant d'omis dans le testament, toutes les lois connues en prononceraient la nullité, attendu 1° que la loi est précise; 2º qu'il est impossible de démêler quelles auraient été les dispositions du testateur s'il avait eu deux garçons, ou s'il avait prévu que sa femme en eut mis deux au monde.
II. Ou trouvera que le vin de Bourgogne leur a coûté 50 c. la bouteille, et celui de Champagne 75 c. Il est aisé de le prouver.
III. On voit aisément que, pour résoudre ce problème, il est question de trouver un nombre qui, divisé par 7, ne laisse aucun reste, et, étant divisé par 2, par 3, par 5, laisse toujours 1.
Plusieurs méthodes plus ou moins savantes peuvent y conduire, mais voici la plus simple.
Puisque, le nombre des pièces étant compté sept à sept, il ne reste rien, ce nombre est évidemment un multiple de 7; et puisqu'en les comptant deux à deux, il reste l, ce nombre est un multiple impair; il est donc compris dans la suite des nombres 7, 21, 35, 48, 65, 77, 91, 105, etc.
De plus ce nombre doit, étant divisé par 3, laisser l'unité pour reste. Or, dans la suite des nombres ci-dessus, on trouve que 7, 48, 91, qui croissent arithmétiquement, et dont la différence est 42, ont la propriété demandée. On trouve de plus que le nombre 91 étant divisé par 5 il reste 1; d'où on conclut que le premier nombre qui satisfait à la question est 91, car il est multiple de 7; et, étant divisé par 2, par 3. et par 5, il reste toujours 1.
Le nombre 91 est le premier qui satisfait à la question, car il y en a plusieurs autres qu'on trouvera par le moyen suivant: combinez, la progression ci-dessus, 7, 49, 91, 133, 175, 217, 259, 301, jusqu'à ce que vous trouviez un autre terme divisible par 5, en laissant l'unité, ce terme sera 301, qui satisfera encore à la question. Or, la différence avec 91 est 210; d'où on conclut que, formant cette progression,
91, 301, 511, 721, 951, 1 161, etc.,
tous ces nombres remplissent également les conditions du problème.
Il serait donc incertain quelle somme était dans la bourse perdue, à moins que son maître ne sût à peu près quelle somme elle contenait. Ainsi, s'il disait savoir qu'il y avait environ 500 pièces, on lui répondrait que le nombre des pièces était de 511.
Supposons maintenant que l'homme à qui appartient la bourse eût dit que, comptant son argent deux à deux pièces, il en restait une; qu'en les comptant trois à trois, il en restait deux; que, comptées quatre à quatre, il en restait trois; que, comptées cinq à cinq, il en restait quatre; que, comptées six à six, il en restait cinq, et enfin, qu'en les comptant sept à sept, il n'en restait aucune. On demande ce nombre.
Il est évident que ce nombre est, comme ci-dessus, un multiple impair de 7 et conséquemment un de ceux de la suite
7, 21, 35, 49, 65, 77, 91, 105, etc.
Or, dans cette suite, les nombres 35, et 77 satisfont à la condition d'avoir 2 pour reste quand on les divise par 3; leur différence est 42. C'est pourquoi on forme une nouvelle progression arithmétique dont la différence est 42, savoir:
35, 77, 119, 161, 203, 245, 287, etc.
On y cherche deux nombres qui, divisés par 4, laissent 3 pour reste, et on trouve que ce sont les nombres 35, 119, 203, 287.
C'est pourquoi ou forme cette nouvelle progression, où la différence des termes est 84:
35, 119, 203, 287, 371, 455, 539, 623, etc.
On cherche encore ici deux termes qui, divisés par 5, laissent un reste égal à 4, et on aperçoit bientôt que ces deux nombres sont 119 et 539, dont le différence est 420. Ainsi la suite des termes répondant à toutes les conditions du problème, hors une, est
119, 539, 959, 1 379, 1 799, 2 219, 2 639, etc.
Or, la dernière condition du problème est que, le nombre trouvé étant divisé par 6, il reste 5. cette propriété confient à 119, 959, 1 799, etc., en ajoutant toujours 840. Conséquemment le nombre cherché est un des termes de cette progression. C'est pourquoi, aussitôt qu'on saura dans quelles limites à peu près il est contenu, on sera en état de le déterminer.
Si donc le maître de la bourse perdue dit qu'il y avait environ 100 pièces, le nombre cherche sera 119; s'il disait qu'il y en avait à peu près 1 000, ce serait 959, etc.
Ce problème serait résolu imparfaitement par la méthode que donne M. Ozanam; car, ayant trouve le plus petit nombre 119, qui satisfait aux conditions du problème, il se borne à dire que, pour avoir les autres nombres qui y satisfont, il faut multiplier de suite les nombres 2, 3, 4, 5, 6, 7 et ajouter leur produit 5, 040 au premier nombre trouvé, 119 et qu'on aura par là le nombre 5,159, qui remplit aussi les conditions proposées. Or, il est aisé de voir qu'il y a plusieurs autres nombres entre 119 et 5159, qui remplissent ces conditions, savoir: 959, 1 799, 2 639, 3 479, 4 519.
NOUVELLES QUESTIONS A RÉSOUDRE.
I. Diophante passa la sixième partie de sa vie dans la jeunesse et la douzième dans l'adolescence; après un septième de sa vie et cinq ans, il eut un fils qui mourut après avoir atteint la moitié de l'âge de son père, et ce dernier mourut quatre ans après. Combien Diophante a-t-il vécu de temps?
II. La somme de 500 francs ayant été partagée entre quatre personnes, il se trouve que les deux premières ensemble ont eu 285, fr., la seconde et la troisième, 220 fr.; enfin la troisième et la quatrième, 215; de plus, le rapport de la part de la première à celle de la derrière est de 1 à 5. Ou demande combien chacune a eu?
III. Faire qu'une boule rétrograde sans aucun obstacle apparent.
IV. Trouver les parties d'un poids que deux personnes soutiennent à l'aide d'un levier ou d'une barre qu'elles portent par les extrémités.
Logogriphe musical
EXPLICATION DU LOGOGRIPHE MUSICAL.--M. B... nous écrit que le logogriphe musical de notre dernière livraison est «_la récompense_ LA RE _qu'on pense_.» M. B... ayant deviné, nous lui donnons la récompense honnête (LA RE qu'on pense au net)
Rébus
EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS. Le nègre aura beau faire, il aura la peau noire.