L'Illustration, No. 0031, 30 Septembre 1843

Part 8

Chapter 83,536 wordsPublic domain

«N'allons-nous pas avoir un combat de première qualité».... Point de gladiateurs du commun: des affranchis en masse. Titus, mon maître, a le coeur grand et la tête chaude. Avec lui, point de quartier: le fer sera de bonne trempe; pas moyen de lâcher pied. Les viandes à distribuer au peuple seront au centre, pour que l'amphithéâtre voie. Le patron a de quoi: il vient de recueillir 30 millions de sesterce... Il a déjà quelques petits chevaux barbes, une conductrice de chars à la gauloise, et le trésorier de Glycon qui fut surpris en fêtoyant la femme de son maître. Qu'il supplante donc tout à fait Norbanus dans la faveur politique! Au fond qu'est-ce que ce Norbanus a fait de bien pour nous? Il nous a donné des gladiateurs à 1 sesterce pièce, tout décrépit que d'un souffle on eût jetés à bas. J'en ai vu de meilleurs mangés par les bêtes aux flambeaux. Enfin, on eût dit un combat de coqs. L'un était lourd à ne se pouvoir traîner, l'autre avait des jambes de basset; le troisième, qui était mort d'avance, eut les jarrets coupés... tous, enfin de compte, furent passé aux lanières tant ils s'étaient montrés de purs rebuts de pacotille....

«Nos tables, desservie au son des instruments, trois cochons blancs sont amenés dans la salle, ornés de jolies muselières et de grelots... Je pensais que c'était des porcs acrobates... Trimalchion mit fin à notre attente: «Lequel voulez-vous, nous dit-il, qu'on vous apprête à l'instant.» Un malappris vous servira un coq, un faisant, quelques misères pareilles, mes cuisiniers, à moi, font cuire des veaux entiers dans leurs chaudières.. Si vous n'êtes pas contents du vin, je le changerai... Grâce aux dieux, je ne l'achète pas, et tout ce qui vous fait venir l'eau à la bouche est le produit d'un bien que j'ai près de la ville et que je ne connais pas encore. On le dit limitrophe de Terracine et de Tarente. Je veux joindre la Sicile à mes petites possessions, pour que, si l'envie me prend de voir l'Attique, la traversée se fasse par mes domaines. Mais écoutez-en, Agamemnon quelle controverse vous avez déclamée aujourd'hui. Ne croyez pas que j'aie dédaigné la littérature: j'ai trois bibliothèques, une grecque, les autres latines. Agamemnon ayant commencé: «Un pauvre et un riche étaient ennemis...--Trimalchion demande: Qu'est-ce qu'un pauvre?--Ah! charmant!» reprend l'orateur...

«Survient l'archiviste de Trimalchion qui, du même ton que s'il s'agissait du journal des actes de Rome, fait la lecture suivante: Le 7 des calendes de sextilis, dans le domaine de Cumes, sont nés trente garçons et quarante filles. On a porté des granges dans les greniers cinq cent mille boisseaux de froment; on a accouplé cinq cents boeufs. Dudit jour: mise en croix de l'esclave Mithridate, pour avoir maudit le génie de notre doux maître. Dudit jour: report dans la caisse de ce qui n'a pu être placé, 100,000 sesterces. Dudit jour: incendie dans les jardins de Pompée...--Comment! demande Trimalchion, quand m'a-t-on acheté les jardins de Pompée?--L'an dernier, répond l'annaliste; c'est pourquoi ils ne sont pus encore portes en compte.» Trimalchion, bouillant de colère, s'écrie; «Quelque soient les biens que l'on m'achètera, si dans six mois je n'ai pas avis, je défends qu'on me les porte en compte.» Ensuite on lut des ordonnances d'édiles, des testaments de maîtres des forêts qui s'excusent de ne pas faire Trimalchion leur héritier. «Le pauvre homme!»

Les danseurs de corde commencent leurs exercices. «Il n'y a que deux choses monde, dit le satrape, qui me fasse grand plaisir à voir: les danseurs de corde et les corneilles. Les autres bêtes, chanteurs ou acteurs, suit vraiment des attrape-nigauds. Par exemple, j'avais aussi acheté des comédiens; eh bien! j'ai préfère leur faire représenter des farces altellunes.»

Trimalchion est interrompu dans son panégyrique des funambules par l'un d'eux, qui lui tombe sur le bras. L'offensé magnanime déclare l'offenseur libre, pour qu'il ne soit pas dit qu'un tel personnage a été contusionné par un esclave.

Un des coaffranchis de Trimalchion, mécontent d'un convive, lui crie: «Es-tu chevalier romain? moi je suis fils de roi. Tu veux, savoir pourquoi j'ai été en service? Parce que j'ai bien voulu m'y mettre, et que j'ai mieux aimé être citoyen romain que roi tributaire.»

Ce mot cornélien rappelle celui de ce sergent français, qui disait à Berlin, en 1806: «J'aime mieux être sergent au 1re de ligne que roi de Prusse.

Les homéristes arrivent, frappant de leurs piques sur leurs boucliers. Ils discourent en vers grecs, et Trimalchion les accompagne en lisant, d'un ton musical, un livre latin. Pendant qu'il estropie Homère et la mythologie pour expliquer le sujet du récit à l'auditoire, «un veau sur un énorme plat est apporté bouilli et le casque en tête. Il est suivi d'Ajax, qui, brandissant son glaive en furieux, tranche sans pitié, joue d'estoc et de taille, et ramasse à la pointu du sabre les morceaux qu'il présente aux convives ébahis.»

Il faut lire dans Petrone l'interminable menu de ce festin pour se faire une idée de la magnificence, de la sensualité et de la gloutonnerie latines. Tout est mesquin dans nos banquets modernes, comparé à ces orgies du peuple-roi. Le dessert n'est pas moins mémorable que les premiers services:

«Tout à coup le plafond vint à craquer, et la Salle entière trembla. Tout alarmé, je me lève, et comme moi les autres convives... Or, voilà que du lambris entr'ouvert un cercle, aussi vaste que la coupole dont il se détachait s'abaisse sur nos têtes, et offre dans tout son contour des couronnes d'or suspendues et des vases d'albâtre remplis de parfums. C'étaient les présents d'usage. Comme on nous invite à les prendre, nous reportons nos yeux sur la table: elle était déjà couverte d'un plateau chargé de quelques pièces du four. Au centre s'élevait Priape, en pâtisserie, qui, dans son ample giron, présentait des raisins et des fruits de toute espèce... pas un gâteau, pas un fruit qui ne fit jaillir à la moindre pression une liqueur safrancée dont l'incommode rosée arrivait jusqu'à nous. Persuadés qu'il y avait quelque chose de sacré dans cette aspersion traîtreusement solennelle, nous nous levâmes le plus droit que nous pûmes, et nous criâmes: _A Augustus César, père de la patrie, longue prospérité!..._ Sur ces entrefaites, trois esclaves, vêtus de tuniques blanches, entrent dans la salle. Deux d'entre eux posent sur la table les lares du logis avec leurs bulles d'or; le troisième, tenant une patère vin, fait le tour de la table, en criant: _Soyez nos dieux propices!_ Or, disait-il, ces lares s'appelaient, le premier. _Industrie_; le second. _Bonheur_; le troisième, _Profit_. Puis vint le buste authentique de Trimalchion lui-même, et chacun le baise à la ronde...

«Trimalchion, attendri par le vin et devenu philanthrope: «Mes amis, s'écrie-t-il, les esclaves aussi sont des hommes, ils ont suce le même lait que nous, quoiqu'un mauvais destin ait pesé sur eux; mais, de mon visant, et bientôt, ils boiront l'eau des hommes libres. En un mot, je les affranchis tous dans mon testament.»

Ce passage est remarquable; il montre le progrès des idées correspondant à la corruption des moeurs. Il y a là un formidable problème.

Séance tenante, Trimalchion distribue des legs à ses amis et à ses serviteurs; puis il commande son tombeau et dicte lui-même son épitaphe, qui mérite l'attention de ce siècle _positif_:

C. POMPEIUS TRIMALCHION, NOUVEAU MECÈNE REPOSE ICI. LE TITRE DE SERVIR LUI FUT DÉCERNÉ EN SON ABSENCE. PIEUX, BRAVE, LOYAL. PARTI DE RIEN, IL PROSPÉRA, LAISSA TRENTE MILLIONS DE SESTERCES, ET N'ASSISTA JAMAIS AUX LEÇONS DES PHILOSOPHES. PASSANT, IL TE SOUHAITE PAREILLE CHANCE.

Laissons cet homme de bien pleurer sur son tombeau avec tous ses hôtes avinés; laissons-le changer d'humeur, crier qu'il crève de prospérité, proposer le bain, le souper, des libations nouvelles en l'honneur de la première barbe d'un esclave favori, injurier et battre l'aimable Fortunata, sa moitié, qui s'oppose à cette fantaisie conjugale; sauvons-nous à travers la pompe funèbre de ce Charles-Quint grotesque qui s'étend sur une pile d'oreillers, comme sur un lit de parade, et dit à des donneurs de cor: «Supposez, que je suis mort: jouez-moi quelque chose de gentil.»

Eumolpe, poète raté, recueille le principal héros du Satyricon. Cet Eumolpe est bien le plus infortuné des improvisateurs; il ne peut hasarder un vers sans risquer d'être assommé ou lapidé. Ses mésaventures sont racontées avec infiniment gaieté et de grâce. C'est dans la bouche de cet effronté parasite que Petrone a placé les deux morceaux poétiques les plus étendus du _Satyricon_, à savoir la _Prise de Troie_ et la _Guerre Civile_. Ces petits poèmes ne manquent ni d'élégance ni d'énergie, mais ils sont déparés par l'affectation, l'enflure et les puérilités descriptives, tristes indices du déclin littéraire. En général, la prose de Petrone me parait supérieure à ses vers, bien que son livre en offre de fort jolis. Après un naufrage raconté dans le goût de Sénèque, mais égayé toutefois des traits les plus comiques, Eumolpe débarque en mugissant des hexamètres aux environs de Crotone. Dans cette ville, et dans la plupart de celles de la Grande-Grèce, l'industrie principale est celle de la chasse aux héritages; la population «'y divise en deux catégories: les courtisés et les courtisans. A Crotone, personne n'élève de famille; car quiconque a des héritiers naturels se voit exclu et des soupers et des spectacles..... il reste perdu dans la canaille. Ceux au contraire qui n'ont jamais pris femme, ou qu'aucune proche parenté ne lie, parviennent aux plus hautes dignités: ils ont seuls des talents, ils sont seuls innocents devant la justice.»--Quels traits de lumière sur les causes de la disparition de la race romaine!

Eumolpe fit dans cette ville, vouée au célibat, en se faisant passer pour un marchand naufragé, mais encore riche à millions de sesterces. Toutes les bourses furent aussitôt ouvertes à cette bande d'escrocs. Le texte de Petrone, mutilé par le temps, les abandonne au milieu de cette aventure; mais les dernières lignes indiquent suffisamment qu'Eumolpe, convaincu de fraude, périt de mort violente, et que ses complices prirent la fuite.

Ce dénouement moral fait quelque honneur à l'auteur du _Satyricon_, qui n'abuse pas généralement de la Providence. Les idées de Petrone, en matière de religion positive, paraissent en effet se résumer dans les deux mots suivants, qui lui inspire des vers très-connus à Voltaire et à Louis Racine:

«Notre pays est si plein de divinités, qu'un dieu peut s'y rencontrer plus facilement qu'un homme.»

Le héros du roman ayant commis un sacrilège en tuant une oie consacrée à Priape, se tire d'ailleurs on ne peut plus philosophiquement. Il dit à la prêtresse:

«Tenez: voici deux pièces d'or: avec cela vous pourrez acheter des oies et des dieux.»

La traduction de M. Baillard lui a coûté vingt ans d'études et de labeurs, c'est-à-dire deux ou trois épopées et une douzaine de tragédies, d'après les procédés de la fabrique contemporaine. Adoucir sans infidélité les crudités de la débauche latine, éclaircir les obscurités d'un texte incomplet, rendre avec précision, netteté et élégance une foule de détails si étrangers à nos habitudes et à nos moeurs, ce n'était pas une tâche facile. L'oeuvre de M. Baillard est celle d'un humaniste consommé, d'un savant antiquaire et d'un littérateur aussi consciencieux qu'habile. De pareils travaux sont d'autant plus recommandables, que les suffrages de quelques hommes instruits doivent leur tenir lieu de vogue et de popularité. Dans un temps ou dans un pays plus favorable aux fortes études, il y aurait quelque gloire à avoir rendu ainsi accessible au public un des monuments les plus intéressants de l'antiquité. Mais n'exigeons pas trop de notre époque si affairée; souhaitons au nouveau, et trés-probablement dernier traducteur de Petrone, une portion du succès que des versions extrêmement inférieures à la sienne ont obtenu près des plus grands esprits du siècle de Louis XIV: jamais succès n'aura été plus juste ou plus agréable aux amis des lettres.

M. MAILLEFER.

Coffret donné par le roi

A LA REINE VICTORIA.

Ce coffret, offert en présent par lu roi à la reine Victoria, pendant son séjour au château d'Eu, est l'une des oeuvres les plus délicates sorties depuis longtemps de la manufacture de Sèvres; il a 40 centimètres de long sur 26 de large et 27 de hauteur; sur chacune des faces est une peinture de M. Devilly représentant des toilettes de femme dans les cinq parties du monde. Sur le couvercle, c'est l'Europe avec de riches ornements et une parure de bal; la face antérieure représente la toilette d'une mariée dans l'Inde française; l'un des côtés rappelle la traite, des objets de toilette en Sénégambie; le côté opposé donne une idée de la parure des femmes dans l'Océanie et de l'opération du tatouage à Nonkahiva; sur la face postérieure enfin, l'artiste, dans une composition très-gracieuse, a groupé des femmes américaines, naturelles et métis, parées de leurs plus beaux vêtements; c'est en Bolivie, je crois, qu'il a placé le sujet de cette scène. Cette description très-incomplète, et notre dessin lui-même, ne peuvent donner qu'une idée imparfaite de ce petit meuble, dont les ornements et la composition générale, dessinés et exécutés par M. Huart, l'un de nos meilleurs artistes, sont d'un fini et d'un goût admirables.

Nécrologie.

LE COMTE DE TORÉNO.

Le comte de Toréno est né à Oviédo, dans la principauté des Asturies, le 26 novembre 1788, d'une famille noble et renommée par ses services. Jeune encore, il vint à Madrid pour y terminer son éducation. Il avait vingt ans à peine quand Napoléon commit en Espagne la faute irréparable qui fut le premier degré de sa perte et de nos malheurs. Entraîné par les événements, Toréno quitta Madrid, se rendit à Oviédo, rassembla autour de lui ses concitoyens, exalta leur patriotisme, organisa et dirigea leurs efforts avec une habileté qu'on n'eût pas attendue de son extrême jeunesse.

Ces premiers efforts attirèrent sur lui l'attention de ses compatriotes, qui n'hésitèrent pas à lui donner une haute preuve de confiance. Il fut envoyé à Londres chargé d'une mission diplomatique qui avait pour objet l'alliance des deux cabinets de Saint-James et de Madrid. Un pareil résultat, il est vrai, était peu difficile à obtenir: à cette époque, l'Angleterre se serait alliée avec l'empereur de la Chine lui-même, pourvu que c'eût été contre la France. Les négociations du jeune diplomate furent donc couronnées de succès, et il rapporta de ce voyage une telle réputation de talent, d'activité et de patriotisme, qu'il se trouva, à son retour, l'un des chefs de l'opinion populaire. En 1812, la province de Léon le nomma député à Cadix pour demander la convocation des cortès. Il s'y fit remarquer par l'énergie de sa parole et la hardiesse de ses résolutions. Les cortès s'assemblèrent; Toréno, député de la province des Asturies, n'avait pas encore atteint l'âge de rigueur, vingt-cinq ans. Une décision spéciale créa en sa faveur une exception fondée sur les services rendus par le jeune député à la cause de l'indépendance nationale.

Le comte de Toréno prit part à tous les travaux de cette assemblée fameuse. La restauration de Ferdinand VII l'obligea à se réfugier en Angleterre, d'où il ne tarda pas à passer en France. Arrêté à Paris en 1816, la police attribua à l'effet d'une méprise cette arrestation, qui, en effet, ne fut pas de longue durée Bientôt la révolution de 1820 ouvrit aux exilés les portes de leur pairie; Toréno fut de nouveau envoyé aux cortès; mais, soit que la maturité de l'âge, soit que les leçons de l'exil eussent modifié les idées du comte, sa conduite aux cortès de 1820 fut loin de répondre aux espérances qu'avaient fait concevoir ses opinions de 1812. Débordé par le flot populaire, il abandonna les rangs de la démocratie, dont il avait été l'un des plus ardents apôtres, et essaya de lutter contre les principes dont il avait lui-même favorisé et provoqué le développement. Il fut l'un de ceux qui constituèrent en Espagne le parti moyen. Mais ces demi-concessions ne purent apaiser le ressentiment de ce roi que sa mère appelait Ferdinand coeur du tigre et tête de mulet.

Le flot qui avait porté le comte de Toréno aux cortès le ramena dans l'exil. Mieux éclairé sur ses intérêts, Ferdinand ne tarda pas à rappeler auprès de lui les hommes qui avaient quitté l'opinion démocratique pour se rapprocher de la royauté. Toréno rentra alors en Espagne, et l'ambassade de Berlin lui fut offerte; mais M. de Toréno était meilleur diplomate encore que Ferdinand ne le croyait: il refusa cette preuve de la confiance royale, prétextant la nécessité d'aller revoir ses domaines longtemps abandonnés, de s'occuper de ses intérêts personnels. Ce ne fut guère en effet qu'après la mort du roi, lorsque Marie-Christine prit, au nom de sa fille, les rênes de l'État, que le comte de Toréno revint aux armures et se dévoua à la reine régente, dont il devint le ministre et l'ami. L'opinion dont il avait été l'un des plus fervents apôtres n'eut pas lieu de se louer de son administration, et sa probité même fut exposée à de graves imputations.

M. de Toréno partagea le sort de la reine Christine après le triomphe d'Espartéro, et vint de nouveau chercher en France l'hospitalité qu'il était habitué à y trouver. On assure qu'il était, hors des affaires, plein d'érudition, de science et de goût. Il laisse, dit-on, des mémoires qui promettent plus d'une révélation piquante sur les événements si nombreux dont l'Espagne a, depuis un quart de siècle, été le théâtre, et sur les hommes qui ont tour à tour dirigé les affaires de ce beau et malheureux pays.

Le comte de Toréno est mort à la suite d'une douloureuse maladie. Son corps, déposé provisoirement dans les caveaux de l'église Saint-Philippe-de-Roule, doit être transporté en Espagne, dans la sépulture de la famille Toréno.

Amusements des Sciences.

SOLUTIONS DES QUESTIONS PROPOSÉES DANS LE 28e NUMÉRO.

I. Pour résoudre ce problème, on observera que puisque le lion, jetant l'eau par la gueule, remplit le bassin dans six heures, il en remplira un sixième dans une heure; et puisque, la jetant par l'oeil droit il le remplit en deux jours, dans une heure il en remplira 1/48. On trouvera de même qu'il en remplira 1/72 dans une heure, en jetant l'eau par l'oeil gauche, et 1/96 en la jetant par le pied. Donc, la jetant par les quatre ouvertures à la fois, il en fournira dans une heure 1/4+1/48+1/72+1/96. c'est-à-dire, en ajoutant toutes ces fractions, les **/***. Qu'on fasse donc cette proportion; Si les **/*** ont été fournis en une heure, ou soixante minutes, combien la totalité du bassin, ou les???/????, exigeront-ils de minutes? Et l'on trouvera quatre heures quarante-trois minutes et!@@/@@, ou environ quarante-deux tierces.

[Note du transcripteur: Les fractions du document original sont microscopiques et n'ont pu être résolues par le logiciel ROC. Plutôt que de faire des erreurs, le transcripteur laisse le soin au lecteur de calculer les fractions représentées par *, ? et @. A noter qu'il sera peut-être plus facile de convertir l'addition de départ en fractions décimales et de continuer le raisonnement.]

II. Ce problème est très-connu. Le batelier commencera par laisser la chèvre, puis il retournera prendre le loup; après avoir passé le loup, il ramènera la chèvre, qu'il laissera sur l'autre bord pour passer le chou; enfin, il retournera à vide chercher la chèvre qu'il passera.

Ainsi le loup ne se trouvera jamais avec la chèvre, ni la chèvre avec le chou, qu'en présence du batelier.

III. Élevez perpendiculairement, sur un plan bien horizontal, un bâton dont vous mesurerez avec soin la hauteur au-dessus de ce plan: nous le supposerons de deux mètres exactement.

Prenez ensuite, lorsque le soleil commence à baisser après midi, sur le terrain qui vous est accessible, un point d'ombre C du sommet de la tour à mesurer, et en même temps, un point d'ombre _c_ du sommet du bâton implanté perpendiculairement, sur le même plan; attendez une couples d'heures, plus ou moins et prenez avec promptitude les deux points d'ombre D et _d_ du sommet de la cour et du sommet du bâton; vous tirerez ensuite une ligne droite qui joindra les deux points d'ombre du sommet de la tour, et vous la mesurerez; vous mesurerez de même la ligne qui joint les deux points d'ombre _c_ et _d_ appartenant au bâton. Il ne restera plus qu'à faire cette proportion: La longueur de la ligne qui joint les deux points d'ombre du bâton est à la hauteur de ce bâton comme la longueur de la ligne qui joint les deux points d'ombre de la tour est à la hauteur de cette tour.

Il ne faut qu'avoir la connaissance des premiers éléments de la géométrie pour reconnaître, à la première inspection de la fugure, que les pyramides BADC, _badc_, sont semblables, et conséquemment que _cd_ est à _ab_, comme CD est à AB, qui est la hauteur recherchée.

NOUVELLES QUESTIONS A RÉSOUDRE.

I. Trois Amours versent l'eau dans un bassin, mais inégalement: l'un le remplit en un sixième de jour, l'autre en quatre heures, et le troisième en une demi-journée. On demande combien de temps il faudra pour le remplir lorsqu'ils verseront tous trois de l'eau.

II. Trois maris jaloux se trouvent, avec leurs femmes, au passage d'une rivière. Ils rencontrent un bateau sans batelier. Ce bateau est si petit, qu'il ne peut porter que deux personnes à la fois. On demande comment les six personnes passeront deux à deux, en sorte qu'aucune femme ne demeure en la compagnie d'un ou de deux hommes, si son mari n'est présent.

III. Construire une boîte où l'on voie des objets tout différent de ceux qu'on aurait vus par une autre ouverture, quoique les uns et les autres paraissent occuper toute la boîte.

Rébus.

EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS.

C'est encore demain la fête à Saint-Cloud.