L'Illustration, No. 0020, 15 Juillet 1843

Part 7

Chapter 71,182 wordsPublic domain

Qui vous a dit, Monsieur, que j'appartenais à cette classe de poètes qui sacrifieraient au plaisir de rimer, leur pain, celui du leur famille et même une position acquise? Que vous importent, qu'importent au public mon caractère, ma situation privée? Qu'y a-t-il dans tout cela de commun avec _les Derniers Jours de l'Empire?_ Est-ce donc une témérité si étrange, si compromettante, que la réimpression, en 1843, d'un volume in-8 publié pour la première fois en 1827, d'un poème qui, dès lors, n'a coûté à son auteur qu'une simple révision, qui, de plus, lui a fait ouvrir les portes de deux sociétés savantes, sans toutefois lui fermer celles de son bureau? Peut-on bien arguer d'un tel acte que cet auteur serait homme à abandonner une position _acquise_, et cela non pas en vue d'une position meilleure, ce qui apparemment serait trop prosaïque, mais uniquement pour se procurer le temps de faire des vers?

Je me devais à moi-même, Monsieur, je devais à la position administrative que j'occupe, de repousser de semblables suppositions. J'espère que cette lettre remplira ce but: veuillez donc, je vous prie, la publier.

CHARLES DE MASSAS, Membre de l'Académie de Lyon et de la Société Philotechnique de Paris.

Modes

Nous avons tout dit sur les modes d'été; les nouveautés ne se montrent plus que comme de rares et fugitives apparitions. Nous n'avons donc presque rien à dire sur le présent, rien encore sur l'avenir. Il faut parler seulement de ce qu'on voit porter aux femmes qui font autorité dans le monde élégant.

Les costumes dont nous donnons les dessins aujourd'hui nous paraissent présenter toutes les phases de la toilette.

La robe de coutil de fil à raies blanches, à corsage lacé, qui laisse voir une chemisette montante en mousseline, le chapeau de paille à jour, n'est-ce pas un costume d'une simplicité toute champêtre?

L'autre figurine porte une robe de soie: le corsage est à revers garni d'un plissé à la vieille;--un chapeau de paille de riz;--c'est la toilette du matin à la ville.

Enfin la troisième, avec sa robe de mousseline tarlatane et son fichu à la paysanne;--c'est le costume du soir pour danser à la campagne.

Et, avec tout cela, il faut le mantelet de soie, le mantelet de dentelle, l'écharpe légère, ou, ce qui est mieux encore, un grand châle de dentelle noire enveloppant entièrement la taille sous ses réseaux transparents.

Nous nous occuperons incessamment du complément indispensable de toute dégante toilette; nous voulons parler de la bijouterie.

Amusements des sciences.

SOLUTION DES QUESTIONS PROPOSÉES DANS L'AVANT-DERNIER NUMÉRO.

I. Réglez votre papier avec le crayon et le carrelet, de manière que les différents traits que vous y tracerez soient bien équidistants. Projetez au hasard, un très grand nombre de fois, sur le papier, la petite aiguille, qui, tantôt rencontrera un des traits, tantôt sera couchée entre deux lignes consécutives de manière à n'en couper aucune. Comptez le nombre total de jets, notez le nombre de fois où l'aiguille a rencontré l'une quelconque des parallèles, et prenez le rapport de ces deux nombres; puis multipliez-le par le double du rapport de la longueur de l'aiguille à l'intervalle des droites équidistantes; le produit exprimera le rapport de la circonférence au diamètre avec d'autant plus d'approximation que vous aurez fait un plus grand nombre de coups.

A--B

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Prenons un exemple, que nous avons représenté au dixième de grandeur naturelle dans la figure ci-dessus. Les parallèles sont tracées à une distance de 63 millimètres et 6/10 les unes des autres; l'aiguille a 50 millimètres de longueur. Le double du rapport de la longueur de l'aiguille à l'intervalle des parallèles est 1000/636. Supposons que sur un nombre total de 10,000 jets, l'aiguille soit tombée 5,009 fois sur une des parallèles. On fera le produit de 1000/636 par 1000/5009, lequel est 3,1421. Comme les cinq premiers chiffres du véritable rapport de la circonférence au diamètre 3,1415, il s'ensuit que l'expérience aurait ainsi fait connaître à 6/10000 d'unie près l'expression de ce rapport.

Pour que l'expérience réussisse, il suffit que la longueur de l'aiguille soit moindre que l'intervalle entre deux parallèles consécutives, quels que soient d'ailleurs cette longueur et cet intervalle; mais les proportions de notre figure sont celles qui conduisent le plus exactement possible au résultat pour un même nombre de jets. Nous conseillons donc à ceux de nos lecteurs qui voudront répéter cette expérience, de les adopter et de prendre, comme dans l'exemple cité, une aiguille de 50 millimètres et des parallèles équidistantes de 63 millimètres 6/10.

II. Il y a trois solutions représentées dans les trois petits tableaux ci-dessous:

Tonneaux Tonneaux Tonneaux pleins. vides. demi-pleins.

1re Solution. 1re Personne. 3 3 2 2e Personne. 3 3 2 3e Personne. 2 2 4 2e Solution. 1e Personne. 2 2 4 2e Personne. 2 2 1 3e Personne. 4 4 0 3e solution. 1e Personne. 1 1 0 2e Personne. 3 3 2 3e Personne. 4 4 0

Si l'on avait 27 tonneaux à partager, il y aurait aussi trois solutions.

NOUVELLES QUESTIONS A RÉSOUDRE.

I. On donne une bille d'ivoire, et on demande d'en déterminer le diamètre sans l'endommager.

II. Un Français doit à un Hollandais 31 francs; mais il n'a, pour s'acquitter, que des pièces de 5 francs, et le Hollandais n'a que des demi-ducats, valant 6 francs. Comment s'arrangeront-ils, c'est-à-dire combien le français donnera-t-il au Hollandais de pièces de 5 francs, et combien celui-ci lui rendra-t-il de demi-ducats pour que la différence soit de 31 francs, en sorte que cette dette soit acquittée?

Correspondance.

A M. D. L.--Les portraits de Santa-Anna et de la nouvelle impératrice du Brésil, les rebeccaïtes et les autres sujets que M. D. L. veut bien nous signaler, sont gravés, et nous les publierons prochainement. L'espace nous manque souvent. Il faudrait la rapidité d'une feuille quotidienne pour suivre à la course les événements de chaque jour. Le public, en nous continuant ses encouragements, nous pourra permettre de satisfaire plus activement sa curiosité.

A M. Ad. M.--L'anecdote est intéressante, mais elle a déjà inspiré une chanson et trois vaudevilles.

Madame H. G.--Si nous pouvons faire partager à nos lecteurs le vif plaisir que nous a causé la lecture du 10 juillet, _l'Illustration_ aurait sans aucun doute l'un des succès littéraires les plus remarquables de notre temps; mais le sujet est bien intime et bien personnel pour admettre aucune publicité. Peut-être aussi pourrait-on reprocher aux développements un peu d'obscurité.

A M. L. R., d'Arpajon.--Il faudrait consulter le professeur du Muséum qui s'est consacré à cette spécialité. Les monstruosités de cette espèce sont moins rares que ne paraît le croire M. L. B. Nous ajouterons qu'elles seraient un spectacle peu agréable pour nos lectrices.

A madame G. de R., près Nantes.--Sous sommes préparés; nous attendons.

A M. Al. R., de Péronne.--La phrase se trouve textuellement dans le troisième chapitre des _Mémoires de Gibbon_.

A M. P., de La Rochelle.--On craint d'offenser des scrupules qui seraient cependant exagérés. On consultera.

A M. Th. Gom., d'Épernon.--Un seul journal a fait allusion à l'événement, et son autorité ne serait point suffisante.

Rébus.

EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS:

La fortune, hélas! mille et mille fois a corrompu le coeur humain; restons pauvres, mais honnêtes.