L'Illustration, No. 0013, 27 Mai 1843
Part 8
_Le Génie du dix-neuvième siècle_, ou Esquisse du progrès de l'Esprit humain depuis 1800 jusqu'à nos jours; par ÉDOUARD ALLETZ.--Un vol. in-18, format Charpentier--Paris, 1843. _Paulin_. 3 fr. 50.
Quel est l'esprit général du dix-neuvième siècle? se demande M. Ed. Alletz au début de son introduction. Dans son opinion, trois grands événements ont présidé à ses destinées et doivent déterminer la direction de ses moeurs et les tendances de son génie, savoir: une guerre presque universelle, la décadence des aristocraties européennes, la découverte de la vapeur. Ces trois faits établis. M. Édouard Alletz examine successivement leurs effets passés et présents et leurs conséquences futures. Il cherche à assigner au dix-neuvième siècle la vraie place qui lui semble réservée dans l'économie des âges; il lui décerne «sa part de gloire et de génie en l'envisageant dans ce qu'il a fait et promet de faire pour exécuter les grandes lois du monde,--le triomphe du christianisme et l'universalité de la civilisation; car lui aussi est appelé à construire quelques-uns des degrés de cette mystérieuse échelle qui monte de la terre au ciel.»
Ce nouvel ouvrage de M. Édouard Alletz se divise en six livres: le premier contient un aperçu rapide des principaux progrès des sciences et des arts dans la suite des temps, depuis l'antiquité grecque et latine jusqu'à nos jours. A ce précis sommaire de la marche de l'esprit humain succède un résumé des lois générales qui président au développement de la civilisation du monde.
Les livres II, III et IV ont pour but de nous faire connaître le génie du dix-neuvième siècle. M. Ed. Alletz a divisé toutes les connaissances humaine» en trois ordres de sciences: _la science de l'homme, la science de la société et la science de la nature_, c'est-à-dire les trois sciences qui ont pour objets respectifs l'âme, l'état social et le monde. Il a donc consacré à chacune d'elles un chapitre particulier.
Ce premier travail achevé, M. Édouard Alletz en tire lui-même la conclusion: «Depuis 1800 jusqu'en 1840, la France a eu, dit-il, la supériorité sur les autres nations dans les sciences naturelles, dans les mathématiques, dans l'histoire, dans l'éloquence et dans la philosophie politique; la palme appartient à l'Angleterre dans l'astronomie, la technologie, la géographie, la poésie et le roman; l'Allemagne marche la première dans la science du droit, la philologie, la métaphysique et la théologie, et l'Italie n'obtient la prééminence que dans l'art musical. La chimie, la géologie, la mécanique, la géographie, la philologie, parmi les sciences; le roman et la poésie lyrique, dans la littérature, sont les branches des connaissances humaines qui, dans cette période des quarante dernières années, portent l'empreinte du progrès le plus réel et de la création la plus féconde.»
Mais M. Édouard Alletz ne se borne pas à résumer en 200 pages environ le tableau des progrès des sciences et des arts depuis le commencement du siècle; dans le cinquième livre, il essaie d'indiquer leurs progrès futurs, il passe en revue toutes les questions importantes qui attendent une solution, tous les essais qui réclament un perfectionnement. Selon lui le seizième siècle a été grand par les beaux-arts, le dix-septième par les lettres, le dix-huitième par les sciences, le dix-neuvième sera grand par l'Industrie.
Le livre VI et dernier a pour titre: _Des Rapports de la religion chrétienne avec les progrès généraux de l'esprit humain_. Enfin, un appendice, destiné à servir à l'histoire de la littérature et des arts, termine cet important travail, qui ne pouvait pas être complet ni parfaitement exact, et qui ne nous semblerait mériter que des éloge?, si son auteur écrivait d'un style plus simple et plus net, et n'était pas souvent trop superficiel et surtout trop catholique.
_Cours élémentaire d'Histoire naturelle_, à l'usage des Collèges et des maisons d'Éducation, rédigé conformément au programme de l'Université, du 14 septembre 1840; par MM. MILNE EDWARDS, A. DE JUSSIEU ET BEUDANT.
_Minéralogie et Géologie_; par M. F.-S. BEUDANT. 1 gros vol. in-!8 de 600 pages environ, avec de nombreuses figures.--Paris, 1843. _Fortin-Masson._ 6 fr.
L'enseignement de l'histoire naturelle dans les collèges a été, pendant les dix dernières années, l'objet de deux règlements universitaires. Le programme de 1833 a dû être abandonné et remplacé par des dispositions d'un ordre plus élevé, mieux ordonnées, et restituant à cette partie de l'enseignement le rang et l'importance qui lui appartiennent dans le plan général des études: «Le nouveau programme, écrivait en 1840 M. le ministre de l'Instruction publique à MM. les recteurs, diffère de l'ancien en ce qu'il a pour but, non de faire des naturalistes, mais de donner aux élèves cette connaissance générale de la nature, sans laquelle il n'y a pas d'éducation libérale; aussi vous n'y trouverez, point les détails minutieux de la science, mais seulement des notions solides et incontestables sur les points les plus importants de l'histoire naturelle, sur des choses qui, une lois apprises, ne s'oublient plus.--Cet enseignement, qui comprend les questions les plus élevées, doit cependant revêtir une forme très-élémentaire, se recommander et par la simplicité de l'expression et un choix heureux dans les exemples, etc.» Le programme du 14 septembre 1840 imposait, comme on le voit, à ceux qui étaient chargés de l'appliquer, une tache difficile à remplir.--Comment les professeurs pouvaient-ils satisfaire à toutes ses exigences, s'ils n'avaient, pour les diriger et les soutenir dans leur marche, un guide fidèle et sûr! Heureusement trois membres de l'Institut, MM. Milne Edwards, A. de Jussieu et Beudant consentirent à rédiger un cours complet d'histoire naturelle conformément au programme de 1840, à peine eut-il paru, leur travail fut adopté par le Conseil royal de l'Instruction publique pour l'enseignement dans les collèges, car il réunissait toutes les conditions exigées.
M. F. S. Beudant s'était chargé de la minéralogie et de la géologie. Bien que publiées séparément, avec une pagination différente, ces deux parties ne forment cependant qu'un volume. Il s'adresse non-seulement aux jeunes gens, mais encore à tous les hommes faits qui ne possèdent que des notions vagues et incomplètes sur ces deux branches de l'histoire naturelle.--Un bon livre élémentaire est un trésor si rare et si précieux, et les gens du monde dont l'éducation a été la plus soignée connaissent si peu les éléments des sciences physiques, que l'ouvrage de M. Beudant, composé pour les collèges, formera désormais une des bases nécessaires de toutes les bibliothèques publiques et privées.--C'est un charmant volume imprimé avec luxe sur du beau papier satiné, et orné de plus de 600 gravures sur bois intercalées dans le texte et représentant tous les objets décrits qui sont susceptibles d'être illustrés.--La lecture en est aussi facile qu'agréable; mais pour s'instruire il suffirait, au besoin, de regarder avec attention ces dessins dont l'utilité ne saurait être contestée, même par les plus violents détracteurs de la gravure sur bois, cet indispensable auxiliaire de l'imprimerie.
_Exposition raisonnée de la Doctrine philosophique de M. de Lamennais_, par M. A. SEGRETAIN.--Joli vol. in-32, jesus.--Pagnerre, 1843.
Un système philosophique, quel qu'il soit et de quelque écrivain qu'il émane, est toujours une oeuvre complexe dont toutes les parties sont réunies entre elles par un lien si difficile à saisir, qu'il échappe souvent aux premières investigations des lecteurs, même les plus intelligents. «Dans le domaine de la philosophie, où tant de doctrines et d'idées se croisent et s'entrelacent, il faut avant tout qu'un cadastre exact en ait bien déterminé les divisions, pour que l'observateur y voyage en connaissance de cause et ne fasse pas fausse route à chaque pas. L'exposition d'un système philosophique, toujours utile, devient nécessaire s'il s'agit d'une de ces oeuvres du génie qui, par la profondeur de l'idée mère qu'elles renferment, et surtout par les préoccupations qu'elles soulèvent, échappent trop souvent à l'intelligence des contemporains. Quelques jugements, un peu hâtifs peut-être, qu'on ait portes sur l'_Esquisse d'une philosophie_ de M. de Lamennais, on ne peut contester son importance. D'un autre côté, des critiques, trop pressés de donner en quelques heures leur dernier mot sur l'oeuvre que l'illustre écrivain avait mis des années à élaborer, tombaient dans les méprises les plus évidentes, et combattaient des fantômes d'opinions qu'eux seuls avaient créés.» Frappé de ce fâcheux état de choses, qu'il signale lui-même, l'auteur de l'_Exposition_ a voulu résumer, dans un petit espace, la substance de la doctrine de M. de Lamennais, et livrer à la critique une analyse aussi nette que possible des opinions que l'auteur de l'_Esquisse d'une philosophie_ reconnaît et avoue, en même temps qu'il s'est efforcé d'en montrer le lien logique et la portée. Aussi recommanderons-nous à toutes les personnes qui désirent connaître le système philosophique de M. de Lamennais, de lire le petit ouvrage que vient de publier M. A. Segretain, car il en contient un exposé fait avec autant d'impartialité que d'exactitude.
_Impressions d'un touriste en Russie et en Allemagne_; par PIERRE ALBERT. 1 vol. in-8 de 163 pages. Paris, 1843. _J.-J. Dubochet et comp._, éditeurs.
M. Pierre Albert a raison de dire dans sa préface qu'on pourra lui reprocher l'incohérence de cet ouvrage; mais il se trompe, quand il croît avoir fait un guide du voyageur qui manquait jusqu'à ce jour. Ce ne sont pas des impressions que demandent les voyageurs aux guides qu'ils emportent avec eux; ce sont des renseignements exacts et surtout complets. On ne lit pas un itinéraire, on le consulte. Or, le petit volume que vient de publier M. Pierre Albert se compose de parties trop diverses qu'aucun lien ne rattache entre elles, et il se fait lire avec trop d'intérêt pour que la critique consente à le ranger parmi les ouvrages destinés à servir de guides aux voyageurs.
M. Pierre Albert intitule son premier chapitre: _la Russie_. «Chacun vante le pays, dit-il; les livres sont pleins de ces merveilles, et les étrangers se sont laissé éblouir par une politique réception ou des monuments gigantesques. J'ai repoussé les apparences séduisantes et dénigrantes pour chercher la vérité, et je soumets à mon tour mon opinion.» L'opinion de M. Pierre Albert n'est pas favorable à l'empire des Czars; il la résume en ces termes: «La Russie tient sur la carte une immense part du monde; son état est la barbarie et sa civilisation un raffinement de vice. Les arts et les sciences y sont nuls, et n'y pourront germer que sous les cendres du despotisme. Sa grandeur est son premier mal; elle garde avec peine ses voisins; son arme la plus forte est la langue venimeuse de ses diplomates. Désunion entre ses différentes parties, pauvreté et haine des seigneurs, richesse et égoïsme des marchands; inutile affection d'un peuple fanatique, inhabileté des chefs pour conduire une expédition, manque de fonds pour soutenir la guerre, marine mal servie et mal commandée; vaisseaux de peu de durée; tel est l'état de ce malheureux pays.»
A ces observations sur la puissance et la richesse de la Russie, succèdent des descriptions animées et vraies de Pétersbourg et de Moscou, de Berlin, de Dresde, de Prague, de Regensburg, de Nuremberg et de Munich. M. Pierre Albert a visité, en artiste éclairé, toutes ces villes dont il esquisse la physionomie, et dont il passe en revue les principales curiosités, Il termine ses Impressions par des réflexions pleines de sens sur la politique de l'Allemagne et de la Russie. «En résumant, dit-il, nous voyons que la Russie par une communauté de haines, l'Allemagne par un excès de grandeur, l'Espagne par un excès de faiblesse, ont toutes intérêt à s'allier ou à rester en paix avec la France. Or, la France est aujourd'hui alliée contre des communs amis avec son plus mortel ennemi. Il serait bien temps de remettre les choses à leur place; car je ne crois pas plus à l'amitié anglaise qu'à l'inimitié des puissances.
Modes.
Etrangères célèbres à Paris
MISTRESS FRY.
Nous nous proposons de donner quelquefois les biographies et les portraits des étrangers célèbres qui viennent visiter Paris. Parmi les personnes remarquables qui s'y trouvent en ce moment, nous ne saurions laisser en oubli l'illustre quakeresse, mistress Fry.
Mistress Fry est née en 1780, d'une famille originaire de la Normandie. Étant enfant, son père la conduisit un jour, à sa prière, dans une prison. L'impression que lui laissa cette visite ne s'effaça jamais de son esprit, et elle résolut de se consacrer à l'amélioration morale des femmes détenues.--Encore jeune fille, elle fonda dans la maison de son père une école pour quatre-vingts enfants pauvres. En 1809, elle épousa M. Fry, quaker dont la fortune égalait la charité. Peu d'années après, elle visita pour la première fois la prison de Newgate, à Londres. Malgré les conseils du directeur, elle pénétra hardiment dans ce repaire du vice et de la débauche, et y trouva des centaines de femmes entassées dans des salles infectes, sans distinction de condamnées ou de prévenues. Leur grossièreté et leur cynisme ne l'effrayèrent pas: elle leur parla avec douceur, s'informa avec sollicitude de leurs besoins, et finit par se faire religieusement écouter. Avant de les quitter, elle leur proposa de lire ensemble un chapitre de l'Écriture-Sainte: elle choisit le quinzième chapitre de l'Évangile selon saint Luc, et produisit un effet surprenant sur ces malheureuses qui, dès lors, prirent confiance en elle et la regardèrent comme une amie. Cette visite se renouvela plusieurs fois; le bien qu'elle faisait grandissait chaque jour, et madame Fry organisa un comité de dames qui s'engageront à se rendre alternativement dans la prison.
Le premier soin de ce comité fut d'établir une école pour les enfants. Persuadée que le sentiment de la tendresse maternelle est le dernier à s'éteindre dans le coeur de la femme la plus corrompue, madame Fry voulut prendre les mères elles-mêmes pour institutrices; mais, voulant en même temps éviter tout ce qui pourrait sentir l'autorité et éveiller la défiance des détenues, elle leur laissa le soin de choisir elles-mêmes la plus capable pour maîtresse d'école. Le gouvernement fit disposer un local convenable, et l'école fut fondée.
Un grand pas était fait; ce n'était pas encore assez: il fallait trouver les moyens d'arracher les détenues à la paresse. Le comité se réunit dans la prison: une des dames parla aux détenues des avantages de la tempérance et du travail, leur vanta les joies d'une vie consacrée à la religion et à la vertu; et, après leur avoir déclaré que le comité n'avait aucune autorité légale, qu'il ne voulait tenir ses pouvoirs que d'elles-mêmes, elle lut un projet de règlement qui fut discuté, mis aux voix et adopté par les détenues. Ce règlement statuait sur l'établissement d'une directrice, sur la division de plusieurs classes, sur le choix des monitrices, à raison d'une pour douze détenues, sur l'ordre du travail, sur la lecture périodique de l'Écriture-Sainte. Le jeu, l'ivresse, la mendicité, les mauvais livres, les jurements, étaient défendus.
La réforme ainsi commencée fut poursuivie avec la patience et la persévérance naturelles aux Anglais. Le succès dépassa toute attente: au tumulte, aux imprécations, à la paresse, succédèrent la paix, la décence, le travail. Pour compléter cette bonne oeuvre, madame Fry obtint du gouvernement d'établir des maisons de refuge pour soustraire au mauvais exemple que pourrait offrir la prison les détenues qui avaient donné des marques d'un sincère repentir. Etonnée du changement opéré parmi ces femmes, la ville de Londres voulut prendre à sa charge toutes les dépenses du comité, et donna à madame Fry des pouvoirs discrétionnaires de diminuer ou d'étendre l'emprisonnement.
Les soins de ce comité ne se bornent pas aux détenues de Newgate, ils suivent jusque sur les vaisseaux les condamnées à la déportation. Une chambre du navire est disposée pour leur servir d'école; une des déportées est choisie pour institutrice, et le comité lui accorde un salaire. Du travail est préparé pour toute la traversée, et les vêtements confectionnés sont distribués, au moment du débarquement, à celles qui se sont bien conduites. Ces mesures ont déjà produit les plus heureux résultats.
La sollicitude de mistress Fry a cherché les détenues même de la France: plusieurs fois elle est venue à Paris, et elle a visité la prison de Saint-Lazare. Ici comme à Newgate, les malheureuses détenues ont été étonnées de l'intérêt qu'on leur témoignait. Elle lit quelques versets de l'Écriture-Sainte et les accompagne de courtes réflexions. Son air de dignité, sa figure calme et douce, commandent le respect et l'amour, et ses paroles empruntent à la charité qui l'anime une expression irrésistible.
Assurément mistress Fry est un des plus beaux caractères de notre temps. Pleine de confiance en Dieu, on l'a vue jeune, belle, riche, dédaigner les plaisirs du monde pour aller s'enfermer dans les prisons avec le rebut de son sexe, et s'efforcer de ramener au bien ces âmes dégradées par le vice. L'âge même n'a pas ralenti son zèle. Malgré les soins qu'exige d'elle sa nombreuse famille, on la voit chaque vendredi aller porter des paroles de paix et de consolation aux prisonnières de Newgate.
Amusements des Sciences.
SOLUTION DES QUESTIONS POSÉES DANS LE DERNIER NUMÉRO.
I. Supposons qu'il s'agisse de trouver le poids d'un corps qui pèse 1,528 grammes. On prendra d'abord le poids 1,024, le plus grand de ceux de la série donnée qui soit contenu dans 1,528; puis le poids 256, le plus grand qui soit contenu dans le reste 504: ensuite le poids 128 qui, retranché du reste 218, donne pour nouveau reste 120; puis 64, reste 56; puis 32, reste 21, et enfin 16 et 8.
On trouvera d'une manière analogue, par le tâtonnement, avec la balance même, ou bien par le raisonnement direct, le moyen de peser ainsi, avec la série des poids doubles 1, 2, 4, 8, 16, 32, s'arrêtant à l,024 grammes, jusqu'à 2,047, c'est-à-dire jusqu'au double de 1,024 diminué de 1. C'est le plus grand poids que l'on puisse évaluer immédiatement à l'aide de l'assortiment des poids ainsi limité.
II. La solution de la première partie de la seconde question est donnée dans le petit tableau suivant.
Vase de 8 litres. Vase de 5 litres Vase de 3 litres.
1e 8 0 0 2e 3 5 0 3e 3 2 3 4e 6 2 0 5e 6 0 2 6e 1 5 2 7e 1 4 3
Voici l'explication de ce tableau. Vous avez d'abord le vase de 8 litres entièrement rempli (1e); vous versez dans le vase de 5, de manière 3 partager vos 8 litres en 3 et en 5 (2e); puis du vase de 5 vous versez dans te vase de 3, ce qui vous donne les 8 litres divisés en trois parties, 3, 2, 3 (3e); ayant reversé les 3 litres dans le vase de 8, vous avez 6, 2 et 0 (4e), et ainsi de suite jusqu'à la septième combinaison, qui satisfait pleinement à la première partie de la question, puisque 4 litres seulement se trouvent versés dans le vase de 5.
La solution de la seconde partie de la question est donnée dans cet autre tableau, qui n'a plus besoin d'explication.
Vase de 8 litres. Vase de 5 litres. Vase de 3 litres.
1e 8 0 0 2e 5 0 3 3e 5 3 0 4e 2 3 3 5e 2 5 1 6e 7 0 1 7e 7 1 0 8e 4 1 3
Ici ce n'est qu'à la huitième combinaison que le problème est résolu.
III. Nos lecteurs savent sans doute que l'on entend par _pôle_ les points P et P' situés aux extrémités de l'axe autour duquel tourne notre globe. L'_équateur_ EE' est un cercle détermine par un plan qui coupe la sphère perpendiculairement à la ligne du pôle. Les _cercles de longitude_ ou _méridiens_ PMP', PEP'E, passent tous par l'axe PP' et sont perpendiculaires à l'équateur. Les _cercles de latitude_, ou _parallèles_, sont des cercles parallèles à l'équateur, tels que KML, qui vont en diminuant jusqu'aux pôles. Enfin la _latitude_ d'un point quelconque M. est l'arc du méridien MN compris entre ce point et l'équateur, et la _longitude_ du même point est l'arc de l'équateur EN, compris entre le méridien PMNP et un premier méridien PEP' pris d'une manière arbitraire.
Cela posé, le bon sens, d'accord avec le calcul, indique que si l'on jette au hasard un globe bien sphérique et bien homogène, les points sur lesquels il se sera arrêté seront aussi répartis au hasard, c'est-à-dire qu'il n'y aura aucune raison pour qu'ils s'accumulent vers une région de la surface plutôt que vers une autre. Ils tendront donc à se répartir uniformément sur la surface. Or, si l'on se rappelle que par moyenne entre plusieurs quantités on doit entendre la somme de ces quantités divisée par leur nombre, on reconnaîtra facilement que la moyenne des longitudes, comptée de 0 à 360° tend vers 180°. Il faut un calcul d'un ordre plus élevé pour la détermination de la moyenne des latitudes, comptées de 0 à 90°. Cette moyenne tend vers 32° 42' 14", 4, ou vers le complément de l'arc dont la longueur est égale au rayon.
NOUVELLES QUESTIONS A RÉSOUDRE.
I. Quelle est la série des poids avec laquelle le plus petit nombre de poids possible permet de peser, jusqu'à une limite déterminée, dans une balance ordinaire? (Analogue à la première du numéro précédent.)
IL. Un frère quêteur se présente devant une ferme où l'on consent à lui donner 6 litres d'un vin qui est contenu dans un vase de 12 litres; mais on n'a, pour mesurer le liquide, que deux autres vases, l'un de 7, l'autre de 5 litres. Que doit-on faire pour avoir les 6 litres dans le vase de 7? (Analogue à la deuxième du numéro précédent.)
Rébus
EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS:
La boîte de Pandore a répandu sur la terre autant de mal que de bien.
End of Project Gutenberg's L'Illustration, No. 0013, 27 Mai 1843, by Various