L'Illustration, No. 0003, 18 Mars 1843

Part 7

Chapter 73,635 wordsPublic domain

Enfin nous étions sous la préoccupation constante d'une idée importune; il manquait à notre compte plus de quatre cents tableaux, et nous nous demandions, en voyant la nudité des galeries, si l'on avait aussi voulu faire une exposition de serge verte. En serions-nous à ce point de pénurie, que, pour composer désormais un salon, il faillit, comme dans les expositions de sous-préfectures, faire appel aux tableaux de famille, aux plâtres domestiques, et combler les lacunes avec les cadres glorieux de nos prix de dessin? Grâce à Dieu, notre pauvreté ne vient que du sévère caprice de MM. les académiciens: quatre mille tableaux ont été, comme d'ordinaire, soumis à leur jugement; mais il n'y a eu que douze cents élus; aussi, ne pouvions-nous considérer sans attendrissement toutes ces places vides, y plaçant par la pensée, tantôt ces chers absents, la grande toile de Boulanger, le beau portrait d'H. Flandrin, tantôt les oeuvres d'artistes inconnus, les imaginations nouvelles de pauvres jeunes peintres, tous refusés au bénéfice des tableaux de MM. les académiciens. (Voir, sous le numéro 89, un inqualifiable tableau de M. Bidault, membre du jury; on assure que ledit tableau a été reçu à l'unanimité.)

De tout cela il suit que nous avons encore bien peu de choses à dire du nouveau Salon. Deux toiles seulement nous ont semblé tout à fait hors de ligne; d'abord le _Tintoret_ de M. Léon Coigniet, admirable composition, malgré la réminiscence de l'Empire qu'on y croit apercevoir; puis un excellent portrait d'_H. Flandrin_, que l'administration du Musée a eu grand soin de placer à contre-jour, dans une encoignure. Nous ne faisons que citer aujourd'hui ces deux véritables chefs-d'oeuvre, sur lesquels nous reviendrons à loisir. Les honneurs de l'exposition sont ensuite pour la marine d'Isabey, le _Jérémie prophète_, d'Henri Lehmann, la _Vendangeuse_, de son frère Rodolphe; les portraits de Couture et de Guignet, les tableaux de genre de Meissonnier et de Leleux, le paysage de Lessieux, les sculptures de Simart et de Maindron. Le grand tableau si vanté de M. Papety est en possession d'attirer tous les regards et de diviser toutes les opinions; il est certain, d'ailleurs, qu'il ne révolutionnera pas la peinture, comme on l'avait pompeusement dit; le siècle ne croit plus désormais aux révolutions, et, quel que soit d'ailleurs le mérite du tableau de M. Papety, il n'est pas destiné à détruire ce légitime scepticisme.

Et puis, toujours du Biard et du Dubufe. Dimanche prochain commencera le triomphe de ces deux peintres _dominicaux_ «bien connus par la ville.»

Et maintenant, dirons-nous comme la plupart: l'exposition est plus faible que celle de l'an dernier? Il importe de remarquer que depuis un temps immémorial, la critique place toujours chaque exposition immédiatement au-dessous de celle qui l'a précédée.--De même depuis des siècles, on dit que le commerce va mal.--Il est certain que les maîtres n'exposant plus, les toiles supérieures se raréfient singulièrement; mais il arrive, en peinture comme dans les lettres, qu'au lieu d'un artiste éminent, nous ayons vingt artistes distingués; ce que perdent les individus, la masse le regagne, le génie se fait rare, le talent abonde, et l'on est tout surpris de trouver dans des tableaux de débutants un savoir-faire déjà remarquable, qui aurait beaucoup promis à toute autre époque; mais aujourd'hui les hommes de talent demeurent ce qu'ils sont, et les habiles deviennent rarement des maîtres.

Bibliographie

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGER.

_Report and Appendices of the children's employment commission presented to both houses of Parliament, by command of Her Majesty_.--Rapport et Appendices de la commission du travail des enfants dans les manufactures, présentés aux deux Chambres du Parlement, par l'ordre de Sa Majesté (non traduits). Mars, 1843.

Le rapport de la commission chargée de faire une enquête sur le travail des enfants dans les manufactures a été présenté la semaine dernière aux deux Chambres du Parlement. Il passe successivement en revue les diverses industries de Londres et des comtés de l'Angleterre. Est-il nécessaire d'ajouter qu'il révèle une foule de faits inconnus jusqu'alors et tellement horribles, que s'ils n'étaient attestés solennellement par les membres de la commission d'enquête, personne n'oserait y ajouter foi? La veille du jour fixé pour le dernier bal de la cour, un pair d'Angleterre avait lu la partie de ce rapport qui concerne les marchandes de modes, les fabricantes de dentelles et les couturières. Un de ses amis le pressait de l'accompagner: «Je n'irai pas à ce bal, répondit-il, je n'y aurais aucun plaisir; à chaque pas je croirais voir sortir de leurs cercueils les cadavres de tous les infortunés qui sont morts à la peine en fabricant les divers objets de luxe dont se compose la toilette des femme.»

Il nous est impossible, on le conçoit, d'analyser un pareil travail. Toutefois, afin de prouver son importance, nous citerons quelques faits choisis au hasard.

--Un deuil de coeur rend toujours aveugles au moins trente jeunes filles, déclare M. Tyrrell, médecin de l'hôpital ophthalmique.

--A Nottingham, M. Grainger, le rapporteur, visita une maison assez propre et confortable d'ailleurs, où il trouva quatre petites filles occupées à la fabrication de la dentelle. L'aînée avait huit ans, la cadette deux ans, les deux autres six et quatre ans. Elles gagnaient chacune environ 10 centimes par semaine.

--Dans la même ville, certaines mères ont l'habitude d'administrer du laudanum à leurs petits enfants, pour les forcer à rester tranquilles pendant qu'elles travaillent; car si elles étaient obligées de s'en occuper, elles ne gagneraient plus de quoi vivre. On augmente la dose de jour en jour; aussi la plupart des enfants meurent-ils avant d'avoir atteint l'âge de deux ans. «Depuis l'âge de six ans, disait une jeune ouvrière, je travaille quatorze à quinze heures par jour. Je gagne 5 shellings par semaine. Si je ne faisais pas boire du _cordial_ à mon enfant, il m'empêcherait de travailler et je mourrais de faim.»

--A Willenhall, un enfant dépose en ces termes: «Je suis bien traité, mon maître ne me bat pas beaucoup; il ne me frappe jamais qu'avec un bâton ou un fouet, ou le manche d'un marteau.» Un autre enfant se montre également satisfait, parce que son maître ne le bat jamais plus de cinq minutes à la fois.

Ces enfants, qu'on fait travailler dès l'âge de deux ans, ou auxquels on donne chaque jour une portion de laudanum pour les endormir, ne reçoivent aucune instruction, et ne deviennent jamais des hommes, alors même qu'ils ont la force de supporter ce terrible régime. Leur ignorance égale leur faiblesse physique. Comment ne serait-il pas, en outre, cruels et débauchés? Dès leur bas-âge, ils n'ont sous les yeux que de mauvais exemples, et ils se trouvent très-bien traités lorsque leur maître ne les bat qu'avec un bâton.

Le rapport de la commission du travail des enfants dans les manufactures intéresse non-seulement l'Angleterre, mais les autres pays manufacturiers. Nous en recommandons la lecture à tous les hommes qui s'occupent encore de l'amélioration physique, intellectuelle et morale des classes ouvrières.

_Geschichte Polens, von_ Dr RICHARD ROEPELL _ersler Theil, Hamburg._--Histoire de la Pologne, par le Dr RICHARD ROEPELL. 1ère partie (non traduite).

Le docteur Roepell fait partie d'une société de savants allemands, dont chaque membre s'est engagé à écrire l'histoire spéciale d'un état européen. Lorsqu'ils seront terminés, tous ces ouvrages particuliers doivent former une collection qui sera éditée sous les auspices de deux historiens célèbres, A. H. L. Heeren et F. A Ukert. Le docteur Roepell, chargé d'écrire l'Histoire de la Pologne au Moyen Age, s'était d'abord rendu à Varsovie, pour y apprendre la langue polonaise et se mettre en état de consulter avec fruit les archives nationales. Il vient de publier à Hambourg la première partie de son travail.

Cette première partie s'ouvre par une description géographique de la Pologne, suivie d'un essai historique, malheureusement incomplet, sur la race slave.

Le docteur Roepell considère ensuite le duché de Posen comme la patrie primitive des Polonais; mais il ne remonte pas dans ses recherches au-delà de la moitié du sixième siècle. A la chute de Rome, les Polonais commencent à se faire connaître en Europe. En 540, leur chef, Lech, fonde Gnesen, la première capitale de leur empire A la dynastie de Lech, qui règne jusqu'en 850, succède celle de Piast Ce fut après l'accession de Mieczyslaus 1er, en 965, un des souverains de cette dynastie, que la Pologne prit rang parmi les états indépendants de l'Europe, en adoptant le christianisme L'auteur de _l'Historga naroda polskiego bandtkie_ (l'Histoire de la nation polonaise), avait déclaré que Mieczyslaus était un vassal de l'empereur d'Allemagne, pour une partie de la Pologne, située entre l'Oder et la Warta. Le docteur Roepell réfute cette assertion et prouve par une série de faits historiques, que le vasselage des rois de Pologne était purement personnel et même nominal.

Outre ces considérations préliminaires, la première partie de l'ouvrage du docteur Roepell renferme l'histoire détaillée des règnes de Boleslaus le Grand, le véritable fondateur du royaume de Pologne, et de ses successeurs, jusqu'à l'assassinat de Przemyslaus, par le marquis de Brandebourg, en 1295.

_Storia della Colonna Infâme_ di ALESSANDRO MANZANI. Milano, 1840; à Paris, chez Baudry. Un vol. in-12, avec les remarques de Pietro Verri sur la torture. 3 fr. 50 c. _La Colonne Infâme_, traduction française de M. DE LATOUR. _Processo originale degli untori della peste del 1630_. Milano. 1839. Un vol. in-8 (non traduit). Procès original des _untori_ pendant la peste de 1630. _Della Storia Lombarda del secolo XVII, ragionamenti_ di CESARE CANTI per commente ai promessi Sposi di ALESSANDRO MANZANI. Juin, 1832.

L'histoire tragique de la _Colonne Infâme_ était toujours demeurée enfouie dans les archives manuscrites du dix-septième siècle, lorsqu'on imprima à Milan, en 1836, toutes les pièces originales du procès des _untori_. Alessando Manzani se rappela alors la promesse qu'il avait faite aux lecteurs de son beau roman des _Promessi Sposi_, à la fin du XXXVe chapitre; il se décida à écrire la _Storia della Colonna Infâme_. Publié à Milan en 1810 ce petit livre a été réimprimé récemment à Paris par le libraire Baudry, et M. de Latour en annonce une traduction enrichie de notices et d'appendices.

Rien de plus triste que cette histoire. Pendant la peste de 1630, dont les _Promessi Sposi_ renferment une description si détaillée, les murs des maisons de Milan furent, à certaines époques, enduits, par des mains inconnues, d'une espèce d'onguent jaunâtre. Le peuple s'imagina que c'était cet onguent qui répandait la peste dans la ville. On arrêta divers individus désignés sous le nom d'_untori_, parce qu'on les accusa d'avoir fabriqué cet onguent _(untorio)_ avec l'intention de faire périr tous les habitants de Milan. Interrogés par les magistrats, ils déclarèrent qu'ils étaient innocents. On les appliqua à la torture, et non-seulement ils s'avouèrent coupables, mais ils dénoncèrent de prétendus complices. Condamnés à mort, ils subirent un supplice effroyable, et on éleva sur l'emplacement de la maison de l'un d'eux, nommé Mora, une colonne dite _Infâme_, avec une inscription qui devait rappeler à la postérité le triste souvenir de ce procès. Ainsi, au dix-septième siècle, la justice milanaise élevait avec un stupide orgueil le monument de son déshonneur futur. En 1759, le président Charles de Brosses partageait encore les absurdes préjugés du siècle précédent. «La colonne que l'on appelle _Infâme_ est élevée, dit-il dans ses _Lettres sur l'Italie_, sur la place où était la maison d'un malheureux que l'on _surprit s'efforçant, par les moyens de certaines drogues, de mettre la peste dans la ville._» Cette colonne subsista pendant cent quarante-huit ans; en 1778, elle s'écroula, et personne ne songea dès lors à la relever.

Ce nouvel ouvrage de l'auteur des _Fiancés_ sera lu avec un intérêt d'autant plus vif, qu'il renferme d'utiles leçons Si Manzani n'eût pas tardé tant d'années à tenir sa promesse, peut-être, instruit par l'exemple des Milanais du dix-septième siècle, le peuple de Paris se fût montré moins déraisonnable et plus humain à l'époque fatale où, refusant de croire à l'existence d'un fléau dont il ne pouvait nier cependant les terribles effets, il se persuada que l'eau des fontaines était empoisonnée, et frappa, dans son aveugle fureur, de malheureux ouvriers aussi innocents que les _untori de la Colonne Infâme._

_The Court of England under the house of Nassau and Hanover_.--La cour d'Angleterre sous les maisons de Nassau et de Hanovre; par M. JOHN HENEAGE JESSE. Esq., auteur des _Mémoires de la cour d'Angleterre sous le règne des Stuarts_. 3 vol. in-8 (non traduite).

_La Cour d' Angleterre sous les maisons de Nassau et de Hanovre_, publiée par M. Jesse, n'est autre chose qu'une série de notices biographiques sur les principaux hommes d'État qui se sont succédé en Angleterre durant la triste période qui commence à la révolution de 1688, et qui se termine à la mort de Georges II, en 1760. On peut louer l'impartialité de l'auteur, bien qu'il laisse trop deviner parfois ses opinions conservatrices, la clarté et l'élégance de son style et d'autres qualités secondaires: mais M. Jesse manque en général d'élévation et de profondeur. Il aime trop les anecdotes; il se contente de raconter les faits intéressants sans en rechercher les causes, sans en calculer les conséquences; il n'apprend pas à ses lecteurs quelle a été l'influence morale, sociale et politique qu'ont exercée, pendant leur vie, les principaux hommes d'État du dix-huitième siècle. Enfin, on ne comprend pas pourquoi il a omis de parler de l'évêque Burnet, du général Wolfe, de lord Clive, de l'amiral Byng, de lord Carteret, de Pulteney et surtout de lord Chatham, qui remporta cependant ses plus beaux triomphes avant la mort de Georges II.

Malgré ces critiques, peut-être sévères, le nouvel ouvrage de M. Jesse obtiendra, nous n'en doutons pas, le même succès que les _Mémoires de la Cour d'Angleterre sous le règne des Stuarts_, car il contient des biographies bien écrites et remplies de faits nouveaux, de Malborongh, de Bolingbroke, de Walpole, de Harley, du duc de Sommerset, et des _beaux_ célèbres de cette époque. Fielding et Wilson.

Die Verantwortlichkeit der Minister.--La Responsabilité ministérielle, par M. B,. MOHL, in-8, 726 pages, non traduite.

M Mohl pose d'abord les principes généraux sur lesquels la responsabilité ministérielle est fondée, puis il se demande quels sont les individus qui doivent y être soumis, et dans quels cas il faut l'appliquer. Il examine alors, outre la procédure à suivre, la nature et les divers degrés des peines qu'entraîne nécessairement une condamnation. Enfin, il termine ce traité par une analyse historique de tous les principaux procès intentés jusqu'à ce jour à des ministres, en vertu de la loi constitutionnelle qui les rend responsables des actes de leur administration. La publication de cet ouvrage, estimable d'ailleurs, mérite d'être signalée comme un heureux symptôme du mouvement politique qui commence à se manifester sur plusieurs points de l'Allemagne.

_The Addresses and Messages of the presidents of the United States_.--Discours et Messages des présidents, des Etats-Unis. New-York, Walker. London, Wiley and Putnam (non traduits).

La collection des discours des présidents des États-Unis fournira d'importants matériaux aux écrivains et aux hommes d'État qui voudront étudier l'histoire de la grande république de l'Amérique du Nord, depuis la déclaration de l'indépendance jusqu'à l'époque actuelle. Elle commence par le premier discours, ou le discours d'inauguration de Washington, et se termine avec celui que le président Tyler prononça dans la session dite spéciale, lorsqu'il remplaça Harrisson, en vertu de la section VI de l'article 11 de la constitution, qui, en cas de mort du président, confère ses fonction» au vice-président. On y trouve aussi, outre une notice sur Harrisson, la déclaration d'indépendance et la constitution actuelle des États-Unis.

_Storia della Pittura italiana_. Pise. 1842.--Histoire de la Peinture en Italie (non traduite).

Cette nouvelle histoire illustrée de la peinture italienne doit se publier en cinquante-six livraisons. La première livraison renfermait les quatre dessins suivants: 1 Une miniature de Pise de 1242.--2 Un bas-relief de Nicolas Pisano.--3 Le Christ de Giunta Pisano.--4 La Vierge de Guido de Sienne, peinte en 1221, et la Vierge de Cimabue, peinte vers 1276.

_Neuere Geschichte der poetischen national Literatur der Deutschen, von_ G.-G. GERVINUS ZWEI BANDE.. _Leipsig._ 1842.-Histoire moderne de la Littérature poétique de l'Allemagne, par G.-G. GERVINUS. 2 vol. (non traduite).

Ces deux volumes forment le complément de l'ouvrage en trois volumes que le professeur Gervinus avait déjà publié sur les progrès de la littérature allemande. Ils embrassaient la période de temps qui s'étend depuis Gottsched jusqu'à la chute de Napoléon. Les opinions littéraires du professeur Gervinus sont, il est vrai, entièrement opposées à celles des meilleurs écrivains actuels de l'Allemagne; mais alors même qu'on n'adopte pas ses conclusions, on est forcé de rendre justice à son talent et à son indépendance. Son livre a un grand mérite, il fait penser; il s'adresse par conséquent à un public d'élite. N'y cherchez pas des renseignements positifs sur la vie d'un écrivain, vous n'y trouverez que des théories plus ou moins ingénieuses, plus ou moins vraies sur ses ouvrages et sur les moeurs de son époque; c'est un recueil d'idées et non de faits. Le professeur Gervinus n'a pas cru devoir continuer son ouvrage jusqu'à nos jours, par des raisons peu flatteuses pour ses contemporains. «Notre littérature, dit-il en terminant, est devenue un marais stagnant tellement rempli de matières nuisibles, que nous devons appeler de tous nos voeux quelque tempête étrangère. Notre littérature a eu son temps, et si nous ne pouvons vivre en paix, nous devons appliquer désormais à la vie positive et à la politique l'activité dont nous sommes doués, et qui maintenant n'a plus d'objet. Quant à moi, je suis autant que je le puis cet avertissement de l'époque.»

_The history of Woman in England._-L'Histoire de la Femme en Angleterre; par HANNAH LAWRANCE. Londres, 1843 (non traduite).

Le premier volume de cet ouvrage vient de paraître. Il commence avec les plus anciennes chroniques, et se termine à la fin du douzième siècle. Mistriss Lawrance n'a pas la prétention de soutenir que la femme est non-seulement égale, mais supérieure à l'homme; elle se contente d'écrire son histoire, et de montrer quelle influence elle a exercée sur les institutions, la religion, la littérature et le caractère de la nation anglaise. Dès qu'elle sera terminée, nous reparlerons plus longuement de cette nouvelle compilation de l'auteur _of the historical Memoirs of the Queens of England._

_The Xanthian marbles, discovered in Asia-Minor, their acquisition and transmission in England_ (ouvrage non traduit).--Les Marbres de Xanthe, découverts dans l'Asie-Mineure par CHARLES FELLOWS, leur acquisition et leur transport en Angleterre. 1842, 5 schel.

Au printemps de 1838, un voyageur anglais, nommé Charles Fellows, visitait l'Asie-Mineure; frappé de la beauté des ruines éparses le long des côtes de la Lycie, il s'enfonça dans les terres et y découvrît, sur les bords de la rivière Xanthe, des sculptures précieuses qu'il résolut de transporter en Angleterre. Dès cette époque, des négociations s'ouvrirent entre la Porte et le cabinet de Saint-James; elles durèrent plus de trois années. Ce ne fut qu'au mois d'octobre 1841 que le consul de Smyrne reçut le firman demandé. A cette nouvelle, l'amirauté fit partir un navire chargé de ramener en Angleterre les sculptures découvertes par M. Charles Fellows. L'ouvrage anglais que vient de publier le libraire Murray contient une relation détaillée de cette curieuse expédition. Les marbres de Xanthe, appelées aussi marbres de Fellows, sont aujourd'hui déposés au _British Museum_.

_The rural and domestic Life of Germany with characteristic sketches of its cities and scenery_, collected in a general tour, and during a residence in the country in the years 1840, 1841 and 1842. London, 1842 (ouvrage non traduit).--La vie rurale et privée de l'Allemagne, suivie d'esquisses caractéristiques de ses villes et de ses paysages, etc., par WILLIAM HOWITT; in-8.

Ainsi que son titre l'indique, ce nouveau livre de M. Howitt se divise en deux parties distinctes: la première est consacrée à la peinture de la vie rurale et privée des Allemands; dans la seconde, l'auteur a raconté ses impressions de voyage; il se promène de Heidelberg à Londres, en passant par Baden-Baden, Stuttgart, Tubingen, Ulm, Augsbourg. Munich, Salzbourg, Linz, Vienne, Prague, Dresde, Leipsig, Berlin, Weimar, Iena, Erfurth, Francfort et le Rhin. Ces deux parties ne se ressemblent d'ailleurs sous aucun rapport; l'une est remplie de détails intéressants, l'autre reste toujours bien au-dessous du _Hand-Book_ de M. Murray _(Manuel du voyageur.)_ M. Howitt a décrit avec une vérité touchante les moeurs, les travaux et les plaisirs de la classe moyenne et de la classe pauvre pendant les diverses saisons de l'année: la moisson, la vendange, les fêtes de village, la chasse, les parties de traîneaux, les pèlerinages, les fêtes de Noël et du jour de l'an, le carnaval, etc., etc. On prend plaisir à contempler quelque temps ces esquisses légères faites d'après nature par un peintre souvent trop consciencieux, mais qui ne manque pas d'une certaine habileté. Si l'impression qu'on éprouve n'est jamais vive, en revanche, elle est toujours pure et douce; chez M. Howitt, le coeur l'emporte évidemment sur l'intelligence. Est-ce donc un défaut qu'il faille lui reprocher? Ne devons-nous pas, au contraire, nous estimer heureux de trouver un livre moral et simple, écrit sans prétention, et dont la lecture, instructive d'ailleurs, repose agréablement l'esprit?

_The Negroland of the Arabs, or an Inquiry into the early history and geography of central Africa._-La Nigritie des Arabes, ou Recherches sur l'Histoire et la Géographie primitives de l'Afrique centrale; par WILLIAM DESBOROUGH COOLEY. 8 sch. 6 den., avec une carte.

M. Desborough Cooley est l'auteur d'une excellente histoire des découvertes maritimes et continentales, qui a été traduite en français par MM. Adolphe Joanne et Old Nick, et publiée à la librairie Paulin, en 5 volumes. (Prix et format de la collection Charpentier.)

_The annual Biography_, being lives of eminent or remarkable persons, who have died within the year 1842; by CHARLES DODD, esq., author of the Peerage, the Parliamentary companion, etc.--Chapman and Hall.--London.

_L'Annuaire biographique_, ou Vies des personnes éminentes ou remarquables qui sont mortes pendant l'année 1842; par _Charles Dodd_.

Cet annuaire, dont le premier volume vient d'être mis en vente, paraîtra régulièrement chaque année, au commencement de février.

EXTRAIT DU CATALOGUE GÉNÉRAL DU COMPTOIR CENTRAL DE LA LIBRAIRIE.

Économie Politique, Commerciale et Industrielle _(suite)_.

COLONIES FRANÇAISES (des), abolition immédiate de l'esclavage; par M. V. SCHOELCHER. 1 beau vol. in-8, 1842. (_Pagnerre_, éd.) 6 fr.

CRÉDIT DE LA BANQUE (le), contenant un exposé de la constitution des banques américaines, écossaises, anglaises, françaises, par M. COURCELLE-SENEUIL, in-8. (_Pagnerre_, éd.) 2 fr.

ESPRIT D'ASSOCIATION (de l'); par A. DE LA BODER, 5e édit. 1834. 1 vol. in-8. (_Gide_, éd.) 8 fr.