Part 23
De fruits conservés, de provenance américaine, je n'en ai pu trouver nulle part. Des couteaux fort ordinaires, avec un manche en os, sans nom de fabricant, ou des couverts en fer, à manche d'os également, se vendent à raison de 15 francs la douzaine. Les seuls articles de fabrique américaine que j'aie rencontrés à Irkoutsk sont des machines à coudre; encore ne pourrais-je pas affirmer que ces machines n'auraient point été construites en Allemagne et vendues avec l'étiquette d'une maison américaine. Toute la coutellerie qu'on trouve ici semble provenir de Solingen, en Allemagne; elle est, d'ailleurs, d'un prix modéré et d'excellente qualité; les fabricants de lames de Sheffield n'auraient donc guère de chance ici. Tous les instruments, tels que: haches, scies, etc., portent des noms de fabricants allemands ou russes. Les vins portent d'ordinaire une belle étiquette française, mais viennent à peu près tous du Caucase ou de la Crimée. Là, ils sont payés à raison d'un franc la bouteille; mais à Irkoutsk, on les vend 3 ou 4 roubles. Un champagne très doux et très mauvais, qui cependant n'a jamais traversé l'Oural, est coté 7 roubles la bouteille. Je peux affirmer qu'il y aurait ici un débouché important pour les vins de Californie, pourvu qu'ils portassent une étiquette française; autrement ils ne seraient pas acceptés du public. Le _porter_ anglais coûte 4 roubles le quart de bouteille, et passe aux yeux des dandys irkoutskiens comme le breuvage du high life.
En outre des prix exorbitants que le voyageur est obligé de payer pour tous les objets dont il a besoin, celui-ci se trouve continuellement exposé à être victime des escroqueries et des vols les plus éhontés. Le lendemain de mon arrivée à Irkoutsk, j'eus à me rendre dans deux des plus grands magasins de la ville. Dans le premier, je voulais m'approvisionner de plumes, d'encre, de crayons, etc. J'y fis pour neuf roubles d'achat, que je soldai en remettant un billet de cent roubles. Quand on me rendit la monnaie, on ne me remit que quatre-vingt-un roubles. Quand l'employé me vit compter ma monnaie, il me présenta un billet de dix roubles, s'excusant de s'être trompé. Dans un autre magasin, j'allai pour acheter une demi-douzaine de cigares; là encore, le garçon voulut faire un petit profit en retenant vingt kopecks sur la monnaie qu'il devait me rendre, et il attendit que je lui fasse remarquer son erreur. Il me semble que ce genre de tromperie est assez en usage parmi les employés des magasins d'Irkoutsk. Mais comment pourrait-il en être autrement, au milieu d'une population formée, dans de larges proportions, de gens déportés dans cette contrée pour des crimes qu'ils ont commis en Europe? Une telle multitude de malfaiteurs ne suffirait-elle pas pour gangréner la population la plus probe et la plus vertueuse? A plus forte raison, elle ne peut que démoraliser celle d'Irkoutsk.
J'ignore à combien d'exilés Irkoutsk peut donner asile, mais je crois pouvoir affirmer, sans crainte d'être démenti, que les exilés forment au moins un cinquième de la population de cette ville. Les auteurs admettent, en général, que le nombre des exilés politiques est à celui des exilés pour crimes de droit commun comme 1 est à 10; or, on compte, au moment où j'écris, deux cent soixante-dix-neuf exilés politiques en cette ville. Si la proportion est juste, il est facile d'en déduire le nombre des exilés qui se trouvent dans la capitale de la Sibérie orientale. Presque tous ces exilés politiques et autres vont en liberté dans l'enceinte de la ville. Ils sont néanmoins soumis à une rigoureuse surveillance de la police.
Mon but n'est point de faire ici de la statistique au sujet des exilés envoyés en Sibérie par le gouvernement russe; ce n'est point, en effet, le motif qui m'amène dans cette contrée; toutefois, je me sens forcé, pour ainsi dire, d'appeler l'attention du public sur les renseignements absurdes publiés sur cette matière par le pasteur anglais Landrell, dans un livre intitulé _Through Siberia_. D'après cet auteur, quatre-vingts prisonniers politiques seulement ont été envoyés en Sibérie dans le courant de l'année 1880. Cette assertion est fort erronée, car les nihilistes déportés sont presque tous rangés dans la classe des exilés politiques, et ils sont fort nombreux. Des deux cent soixante-dix-neuf prisonniers politiques dont j'ai parlé, je crois pouvoir affirmer que les deux tiers sont des Polonais, qui ont vieilli en exil et qui ont fini, pour la plupart, par s'adonner au commerce et se créer des positions lucratives.
Les Polonais forment l'aristocratie des exilés: ce sont les hommes les plus instruits du pays, et tous sont dignes de sympathie. Plusieurs groupes de ces infortunés prenaient leurs repas à l'hôtel où j'étais descendu: ce sont de beaux spécimens de leur race, mais tous vieillis et cassés. Ils ont renoncé à tout jamais à l'espoir de retourner dans leur patrie, non pas parce qu'ils n'en pourraient obtenir la permission, mais parce qu'ils manquent des moyens de transport nécessaires. Ces vieux patriotes songent toujours à la grandeur future de la Pologne, mais avec le désespoir de se sentir aussi inoffensifs que des enfants, et incapables de travailler à cette grande œuvre. L'arrêt qui a frappé ces hommes, qui les a arrachés à la patrie et au foyer qu'ils chérissaient, et pour lesquels ils ont vaillamment combattu, les a condamnés à une vie plus qu'inutile au milieu des solitudes de la Sibérie, semble terriblement cruel. Personne ne peut saisir l'exacte, mais terrible signification des mots: exil en Sibérie, à moins d'avoir vu ces hommes devenus vieux et désespérés dans ces régions lointaines, ou d'avoir considéré leurs corps usés et desséchés par la douleur de se sentir à des milliers de milles du lieu où ils ont laissé leur cœur et leur âme. Ah! je maudirais le ciel et la terre, si j'étais condamné à finir mes jours dans ce pays de la mort, loin de tout ce qui est beau, de ce qui est bon, de ce qui est sain dans l'univers; loin du monde où la tendresse et l'amour règnent en douces maîtresses près du foyer domestique.
Cependant il n'existe point d'autres portes pour sortir de ce pays maudit que le pardon, qui souvent vient trop tard, ou la mort qui, le plus souvent, délivre l'exilé de ses maux, et, en échange, lui donne une tombe dans un sol glacé qui ne dégèle jamais.
Telles sont les pensées qui assaillent mon esprit, quand je songe au sort des exilés Polonais qui restent encore dans ce pays.
Je n'ai aucune sympathie pour les criminels ordinaires, pas plus que pour les nihilistes, et me borne à plaindre toute une contrée, quelque inhospitalière qu'elle soit, mais cependant digne d'un avenir meilleur, de se sentir souillée par leur présence. Cependant chaque jour ici on peut voir, le long des routes, des convois de criminels qui se rendent à l'endroit qui leur a été assigné comme lieu d'exil. Le 6 mars, le fameux docteur Weimar, qui s'est trouvé impliqué dans les complots des nihilistes contre la vie du dernier czar, passa à Irkoutsk se rendant dans quelque localité encore plus reculée, mais dont je ne pus savoir le nom. Sans doute on le conduisait dans quelque village perdu de la province d'Amour, où il pourra faire d'intéressantes études au milieu des populations pourries de cette contrée.
Un des plus intéressants parmi les exilés que j'aie rencontrés à Irkoutsk, est, vous serez surpris en l'apprenant, un Américain, mais celui-là, est un exilé volontaire, c'est un dentiste du nom de Ledyard, qui est venu s'établir en cette ville, amenant avec lui sa femme et son enfant. Il y a deux mois seulement que le docteur Ledyard est venu de Chine pour s'installer ici et chercher fortune dans la Sibérie orientale. Je crains bien que cet exilé d'un nouveau genre ne reste pas longtemps sur les bords de l'Angara, car il a hérité de ses ancêtres d'un goût trop prononcé pour les voyages pour songer à s'installer à poste fixe dans un endroit quelconque. Le docteur Ledyard, originaire des bords du Pacifique, de San-José, je crois, est, en effet, un petit-fils de John Ledyard, l'un des officiers du capitaine Cook, lequel professa pendant toute sa vie un tel amour pour les aventures que sous ce rapport il ne fut surpassé par aucun de ses contemporains.
Ayant conçu le projet de traverser à pied l'Europe, l'Asie et l'Amérique, et d'aller en un mot aussi loin qu'il lui serait possible, il partit de Londres avec cinquante livres sterling (1,250 francs) dans sa poche. Il arriva ainsi jusqu'à Yakoutsk, où il rencontra le capitaine Billings, autre voyageur anglais, qui, après avoir, comme lui, navigué sous les ordres de Cook, était entré au service de l'impératrice Catherine II, laquelle l'avait envoyé explorer le nord-est de la Sibérie et les îles de l'Océan oriental, afin d'y faire des découvertes au nom de la Russie. Cette rencontre n'empêcha point cependant Ledyard d'être arrêté à Yakoutsk comme espion français et ensuite renvoyé sous escorte jusqu'en Europe. Plus tard il fut envoyé en Afrique par la Société de géographie de Londres, qui le chargea d'explorer cette contrée. Le docteur Ledyard, son descendant est aussi un vrai nomade, et j'ai bon espoir d'apprendre un jour qu'avant de quitter la Sibérie il a descendu la Léna jusqu'à Yakoutsk pour y étudier la merveilleuse dentition des Yakoutes, dont il sera question plus tard...
Je ne crois pas, continue M. Jackson, qu'il me reste beaucoup à dire sur Irkoutsk et sur ses habitants, car mes observations n'ont pu nécessairement être complètes, la majeure partie du temps que j'ai passé dans cette ville ayant été consacrée au lieutenant Danenhower et aux autres survivants de _la Jeannette_. Pour faire comprendre l'impression générale produite sur moi par Irkoutsk, je ne peux mieux faire que de la comparer à un homme qui serait mû par une machine qui pourrait vivre, marcher et parler, mais auquel manquerait la chose la plus essentielle, l'âme. Pour moi, cette ville n'est qu'un assemblage de maisons admirablement alignées. Elles sont habitées; mais quelque chose semble manquer à leurs habitants; ils paraissent soupirer après le jour où commencera leur développement moral, intellectuel et commercial. Ils aspirent après le moment où la contrée où ils vivent aura ouvert ses portes au développement qui s'achemine vers eux à travers le Pacifique et où toutes les barrières naturelles et artificielles qui se trouvent sur le chemin de celui-ci auront disparu. Leur rêve, en un mot, est de voir s'ouvrir la grande ère qui leur a été prophétisée à l'époque de l'annexion des territoires de l'Amour, dont leur arc de triomphe est chargé de perpétuer le souvenir, c'est-à-dire de voir le temps où le Pacifique sera comme une autre Méditerranée.
Cependant il existe à Irkoutsk des gens qui aiment cette ville; témoin cette belle irkoutskienne dont un auteur allemand raconte la légende. On lui demandait si elle n'était pas fatiguée de la ville de l'Angara: «Il me plairait beaucoup, répondit-elle, de visiter les cités historiques de l'Europe; cependant je ne pourrais jamais être complétement heureuse que dans la capitale de la Sibérie orientale.»
A mon avis, la seule chose digne d'être vantée à Irkoutsk c'est l'hiver. A la vérité il m'est impossible de parler du printemps sur les bords de l'Angara; cependant je ne peux admettre que cette saison y soit bien agréable, quand, en été, on y est encore importuné par la pluie, les tempêtes et la boue. Alors la nation semble se réveiller; mais au bout de quelques semaines surviennent les terribles chaleurs du mois d'août, le seul mois agréable de l'été sibérien. En septembre les nuits deviennent froides, et il faut abandonner le jardin d'été. Avec octobre commence l'hiver. Pendant un mois il fait un froid rigoureux et la neige tombe continuellement. Enfin, à cette période désagréable, succède le véritable hiver, saison qu'à New-York même on considérerait comme délicieuse. C'est l'époque des promenades en traîneau et de tout le cortège des distractions de l'hiver. Ajoutez à cela que jour par jour le soleil apparaît dans un ciel sans nuage. Ici point de ces vents qui vous glacent jusqu'à la moelle des os, point de ces tempêtes furieuses qui se succèdent dans les contrées plus méridionales; non, l'hiver sibérien, sur les bords de l'Angara, est une saison réellement délicieuse.
TABLE DES MATIÈRES
AVANT-PROPOS.
PREMIÈRE PARTIE.
Le Voyage de «la Jeannette».
CHAPITRE PRÉLIMINAIRE.
LE BAPTÊME DE «LA JEANNETTE».
M. James Gordon Bennett.--Son caractère dépeint par le _Figaro_.--Après l'exploration de l'Afrique centrale, la découverte du pôle nord.--Plan général de cette dernière expédition.--De Long.--Baptême de _la Jeannette_. 1
CHAPITRE II.
«LA JEANNETTE».--SON ÉQUIPAGE.
Portrait de _la Jeannette_.--Réparations qu'elle subit avant d'entreprendre son voyage.--De Long.--Chipp.-- Melville.--Danenhower.--Ambler.--Collins.--Newcomb.-- Dunbar.--Les hommes de l'équipage. 15
CHAPITRE III.
DÉPART DE SAN FRANCISCO.
Triste état de l'atmosphère pendant les jours qui précèdent le départ de _la Jeannette_.--Baie de San Francisco.--Aspect du port et des jetées au moment du départ.--Ce qui se passe à bord du navire.--Adieux du capitaine de Long et de sa femme.--Courage de cette dernière. 33
CHAPITRE IV.
TRAVERSÉE DE SAN FRANCISCO A OONALACHKA.
État des esprits à bord de _la Jeannette_ quand on eut perdu de vue les forts de San Francisco.--Le mal de mer.--Le calme.--Superbes couchers de soleil.--Occupations du naturaliste.--Les Albatros.--Aménagement à bord.--La cabane de M. Collins.--Ah Sam, le chef chinois, et ses talents culinaires.--Le steward.--Long Sing.--Qualités et défauts de _la Jeannette_.--La vie à bord.--Les attributions de chacun.--Un courant.--Les brouillards.--L'île d'Ougalgo.--Description de cette île par MM. Collins et Newcomb.--Illiouliouk à Oonalachka. 41
CHAPITRE V.
ILLIOULIOUK.
Arrivée à Illiouliouk.--Description de cette station.--Les magasins de la Compagnie commerciale de l'Alaska.--Ce qu'ils contiennent.--M. Greenbaum.--Le député collecteur Smith; ses attributions.--Trafic du whisky dans l'Alaska et les îles Aléoutiennes.--Un bal à Illiouliouk.--Le pope et sa famille.--Les mariages.--Baie d'Oonalachka et ses environs. 65
CHAPITRE VI.
SAINT-MICHEL DE L'ALASKA.
Départ d'Illiouliouk.--Traversée de ce port à Saint-Michel, sur la côte d'Alaska.--Commencement des observations météorologiques.--Arrivée à Saint-Michel.--Description de cette station.--Son commerce.--Nous y trouvons nos chiens.--Caractère de ces animaux.--Un chef indien menace le fort de Saint-Michel.--Un baril de whisky est cause de sa mort.--Description géologique des environs de Saint-Michel.--Une chasse aux canards.--La chaloupe en danger de sombrer.--Les bains russes à Saint-Michel de l'Alaska.--Arrivée de la goëlette _Fanny A. Hyde_ avec un supplément de provisions pour _la Jeannette_.--Départ de Saint-Michel.--Les chiens à bord.--Les Indiens Alexis et Anequin, nos conducteurs de chiens.--Les adieux d'Alexis et de sa femme.--Entrée dans la mer de Behring.--Une tempête.--Arrivée à la baie Saint-Laurent.--Premières nouvelles de Nordenskjold.--Plan de l'expédition de _la Jeannette_. 79
CHAPITRE VII.
DERNIÈRES NOUVELLES DE «LA JEANNETTE».
_La Jeannette_ quitte la baie Saint-Laurent pour continuer sa route au nord.--Dernières nouvelles de l'expédition.--Elle est rencontrée par la _Sea Breeze_.--Rapport du capitaine de ce navire sur l'état de la mer glaciale à cette époque.--Le _Mount Wollaston_ et _le Vigilant_ sont pris dans les glaces peu de jours après la disparition de _la Jeannette_. 103
DEUXIÈME PARTIE.
«La Jeannette» est perdue.
CHAPITRE VIII.
PLANS DE RECHERCHES.
Quiétude du gouvernement des États-Unis au sujet de _la Jeannette_ pendant la première année qui suivit le départ de ce navire.--Le _Corwin_ est envoyé à la Terre de Wrangell en 1880.--Inutilité de ses recherches.--Plan du voyage de de Long, d'après ses lettres.--L'opinion publique s'émeut de ne pas recevoir la moindre nouvelle.--La Société de géographie charge son président de s'adresser au gouvernement pour demander qu'on envoie un navire sur les traces de _la Jeannette_.--Adresse de M. Daily au président des États-Unis.--Les Chambres votent un premier crédit de 175,000 dollars.--Achat du _Rodgers_.--Seconde expédition du _Corwin_ à la Terre de Wrangell.--Il arrive à accoster cette terre, où personne n'avait encore mis le pied.--Équipement du _Rodgers_.--Son départ de San Francisco.--Sa croisière.--Immenses résultats de celle-ci.--_L'Alliance_ part le même jour de Newport pour le nord de l'Atlantique.--Voyage de ce navire.--L'_Eira_ et le _Barentz_.--Le _Proteus_.--La station du cap Barrow.--Immensité du plan de recherches.--Résultats nuls au point de vue de _la Jeannette_.--Fausses nouvelles.--Nouveaux préparatifs.--Plan du lieutenant Hogaard.--Une prophétie.--Melville et treize autres marins de _la Jeannette_ à l'embouchure de la Léna. 113
CHAPITRE IX.
Dépêche adressée d'Irkoutsk au bureau du _New-York Herald_, de Londres, le 21 décembre, et signée Melville.--M. Melville demande de l'argent.--Réponse télégraphique de M. Bennett, contenant une dépêche du général Ignatieff annonçant envoi de fonds.--Réponse du secrétaire d'État des États-Unis.--Réponse du secrétaire de la marine.--De tous côtés on envoie de l'argent.--Nouvelle dépêche de M. Bennett.--Où ont été trouvés M. Melville et ses compagnons?--Par qui?--Par quelle route les canots de _la Jeannette_ sont-ils arrivés à l'embouchure de la Léna?--La _tundra_.--Fausses nouvelles démenties aussitôt.--Dépêche du général Anoutchine.--Danenhower et Melville reçoivent l'ordre de rester à l'embouchure de la Léna.--Résumé succinct du voyage de _la Jeannette_.--Arrivée du canot no 3 à l'embouchure de la Léna.--Il entre dans un des bras latéraux du fleuve.--Difficultés qu'il rencontre.--Envoi de Kusmah à Boulouni.--Nouvelles que ce dernier en rapporte.--M. Melville part pour cette localité.--Il croise en route Bieshoff, le commandant de la place.--Noros et Ninderman.--Ninderman, le héros de l'expédition. 141
CHAPITRE X.
Histoire du parti du lieutenant de Long jusqu'à l'envoi de Ninderman et de Noros à la recherche de secours.--Voyage de ces derniers.--Arrivée de M. Melville à Boulouni.--Ce qui arriva au canot no 1 après la séparation des trois embarcations.--Arrivée sur la côte de Sibérie.--Efforts de de Long pour y aborder.--Il y parvient enfin, mais dans quelles conditions.--Marche vers le sud.--Détresse des naufragés.--Mort d'Erickson.--De Long se décide à envoyer chercher des secours.--Ses instructions à Ninderman.--Il lui donne l'ordre de partir avec Noros.--Scène des adieux.--Départ.--Noros et Ninderman aperçoivent un troupeau de rennes.--Tentative inutile pour tuer un de ces animaux.--Une cavité dans le flanc d'un monticule leur sert d'abri pour la première nuit.--Ils se croient dans l'île Titary.--Leur erreur.--Une effroyable bourrasque.--Une nuit dans la neige.--La hutte de Matoch.--Accès de désespoir.--Hutte des Deux-Croix.--Deux jours dans cette hutte.--Noros et Ninderman continuent leur marche vers le Sud.--Ni feu ni abri.--Une infusion d'écorce de _saule arctique_ et des morceaux de peau de phoque pour nourriture pendant plusieurs jours.--Faiblesse des voyageurs.--Leur courage.--Distance parcourue.--Arrivée à Bulcour.--Cette station est déserte, mais ils y trouvent du poisson.--Arrivée d'un Tongouse.--Ils se sentent sauvés.--Le Tongouse part chercher du renfort.--Regret de Ninderman de l'avoir laissé partir.--Les deux voyageurs sont emmenés à un campement de Tongouses nomades.--Ninderman essaie de faire comprendre à ses hôtes que le capitaine et leurs camarades sont restés plus au nord, et meurent de faim.--Il ne peut décider les Tongouses à le suivre.--Son désespoir.--Kumah-Surka.--Arrivée de l'exilé Kusmah.--Ninderman le prend pour le commandant de Boulouni et cherche à lui faire comprendre la situation de de Long.--Kusmah confond de Long avec Melville.--Ninderman lui donne une dépêche pour le ministre des États-Unis à Saint-Pétersbourg.--Kusmah la porte à Melville.--Les Tongouses conduisent les deux voyageurs à Boulouni.--Arrivée de Melville.--Son entrevue avec Noros et Ninderman.--Ce qu'il fait pour eux avant de partir à la recherche de de Long. 165
CHAPITRE XI.
PREMIÈRES RECHERCHES DE M. MELVILLE.
Mémoire remis par Ninderman à Bieshoff, commandant de Boulouni pour le ministre américain à Saint-Pétersbourg.--Bieshoff emporte le mémoire à Semenowelak pour le remettre à Melville.--Celui-ci étant parti, Bieshoff remet le mémoire à Danenhower, qui l'expédie immédiatement à Melville.--Arrivée de Bartlett à Boulouni et départ de Melville.--Entrevue de ce dernier avec Bieshoff à Burulak.--Son départ définitif pour le delta.--Kumah-Surka.--Bulcour.--Matvaïh.--Melville se croit sur les traces de de Long.--Plus de vivres.--Départ pour Upper-Boulouni.--On apporte à Melville trois notes de de Long.--Voyage à Bellock.--Première _cache_.--Son contenu.--Plus de vivres.--Nouvelles recherches.--Osoktock.--Usterda.--On perd les traces de de Long.--Les indigènes refusent d'avancer.--Retour.--Bulcour.--Boulouni.--Melville y rencontre encore une partie de sa troupe.--Il part pour Yakoutsk.--Extraits de son rapport au secrétaire de la marine des États-Unis.--Éloge de Danenhower, de Bartlett et de Leach.--_Records_ de de Long.--Dépêche de Melville au secrétaire de la marine.--Melville commence ses préparatifs pour une seconde campagne.--Ses instructions à l'ispravnik de Verchoyansk.--Son nouveau plan de recherches.--Départ.--Dépêches annonçant la découverte de de Long et du reste de sa troupe.--Tous morts. 199
TROISIÈME PARTIE.
Premières recherches.
CHAPITRE XII.
VOYAGE DE M. JACKSON, _Correspondant_ du New-York Herald.
Départ de Londres.--Arrivée à Saint-Pétersbourg.--Visite au général Ignatieff.--Visite au général Anoutchine, gouverneur général de la Sibérie orientale.--Une _podoroschnaya de la couronne_.--Témoignages de bienveillance du général Anoutchine.--M. Hoffman, notre chargé d'affaires à Saint-Pétersbourg.--Départ de Saint-Pétersbourg pour Moscou et Orenbourg.--Les chemins de fer russes.--Arrivée à Orenbourg.--Le propriétaire de l'hôtel de l'Europe.--Visite au gouverneur d'Orenbourg.--Le général Anoutchine a mis son propre traîneau à ma disposition pour faire le voyage jusqu'à Irkoutsk. 233
CHAPITRE XIII.
SUITE DU VOYAGE DE M. JACKSON.
DE ORENBOURG A OMSK.