L'Étourdi ou les contre-temps

Part 6

Chapter 6 420 words Public domain Markdown

(19) Le "teston" valait dix sous tournois, le marc d'argent étant à douze livres dix sous ; il était appelé "teston" à cause de la tête de Louis XII qui y était représentée. Cette monnaie, fabriquée en 1513, subsista jusqu'à Henri III. (B.)

(20) Le mot "robin" signifiait autrefois un "bouffon", un "sot", un "facétieux". (B.) - On avait donné le nom de "robin" au mouton, à cause de sa robe de laine. Or le mouton étant, au dire d'Aristote, cité par Rabelais, le plus sot des animaux, le nom de "robin" est devenu par extension celui des hommes sans esprit. (Le Duchat.)

(21) "Momon", somme d'argent que des masques jouaient aux dés. (B.) - On donnait aussi ce nom aux personnes masquées qui s'introduisaient dans les maisons pour jouer ou pour danser. Suivant Ménage, ce mot vient de "Momus", dieu de la folie.

(22) "Tarare", expression burlesque, imaginée, suivant Richelet, pour imiter le son de la trompette, et dont on se sert pour exprimer qu'on ne veut rien entendre, qu'on n'ajoute aucune foi à la chose qu'on nous dit.

(23) On dit proverbialement, "brider l'oison", "brider la bécasse", pour "tromper quelqu'un", "le conduire à sa guise". Molière a fait passer dans son vers toute l'énergie de ce proverbe.

(24) On disait autrefois, pour exprimer la voracité d'un homme : "C'est un avaleur de pois gris". Il est probable que le proverbe tire son origine des charlatans qui étaient dans l'usage d'avaler, avec dextérité, devant le public, une grande quantité de ces pois. On trouve un exemple de ce proverbe dans la "Prison" d'Assoucy, page 45.

(25) On prononce "fillol" à la ville, dit Vaugelas, et "filleul" à la cour ; et il ajoute : L'usage de la cour doit prévaloir sur l'usage de la ville, sans y chercher d'autre raison. Cette décision de Vaugelas s'est accomplie malgré l'autorité de Molière.

(26) "Tirez, tirez", est ici pour "fuyez, éloignez-vous". On dit proverbialement, "il a tiré au large", pour "il s'est enfui".

(27) Les Espagnols disent encore : "Dar para guantes" : c'est-à-dire, "donner pour les gants", dont nous avons fait le mot "paraguante". (Ménage.) - On donne ce nom au présent qu'on fait à une personne dont on a reçu quelques bons offices.

(28) Vieux mot qui signifiait "malheur", par corruption du mot "bissexte", parce que anciennement l'année bissextile était réputée malheureuse. (Lav.)

(29) "Escoffions", nom ancien d'une coiffe de femme. On disait également "escoffions" ou "scoffions".

(30) "Décharpir", expression basse et populaire, mais énergique, et qui ne se trouve pas dans le "Dictionnaire de l'Académie" : elle signifie séparer avec effort des personnes acharnées l'une contre l'autre.