Part 8
John Mark Ockerbloom explique en août 1999: «À mon avis, il est important que les internautes comprennent que le copyright est un contrat social conçu pour le bien public - incluant à la fois les auteurs et les lecteurs. Ceci signifie que les auteurs doivent avoir le droit d'utiliser de manière exclusive et pour un temps limité les oeuvres qu'ils ont créées, comme ceci est spécifié dans la loi actuelle sur le copyright. Mais ceci signifie également que leurs lecteurs ont le droit de copier et de réutiliser ce travail autant qu'ils le veulent à l'expiration de ce copyright. Aux États-Unis, on voit maintenant diverses tentatives visant à retirer ces droits aux lecteurs, en limitant les règles relatives à l'utilisation de ces oeuvres, en prolongeant la durée du copyright (y compris avec certaines propositions visant à le rendre permanent) et en étendant la propriété intellectuelle à des travaux distincts des oeuvres de création (comme on en trouve dans les propositions de copyright pour les bases de données).»
# Dans l'Union européenne
Un durcissement similaire touche les pays de l'Union européenne. La règle générale est désormais un copyright de 70 ans après le décès de l'auteur, alors qu'il était auparavant de 50 ans, suite aux pressions exercées par les éditeurs de contenu sous prétexte d'«harmoniser» les lois nationales régissant le droit d'auteur pour répondre à la mondialisation du marché.
À ceci s'ajoute la législation sur le copyright des éditions numériques en application des traités internationaux de l'OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle). Ces traités sont signés en 1996 dans l'optique de contrôler la gestion des droits numériques, à la suite de quoi le Digital Millenium Copyright Act (DMCA) est entériné en octobre 1998 aux États-Unis et la directive EUCD (European Union Copyright Directive) est entérinée en mai 2001 par la Communauté européenne.
La directive EUCD s'intitule très précisément «Directive 2001/29/EC du Parlement européen et du Conseil sur l'harmonisation de certains aspects du droit d'auteur et des droits voisins dans la société de l'information». Elle fait suite à la directive de février 1993 (Directive 93/98/EEC) qui visait à harmoniser les législations des différents pays en matière de protection du droit d'auteur. La directive EUCD entre peu à peu en vigueur dans tous les pays de l'Union européenne, avec mise en place de législations nationales, le but officiel étant de renforcer le respect du droit d'auteur sur l'internet et de contrer ainsi le piratage. En France, par exemple, la loi DADVSI (Droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information) est promulguée en août 2006, et n'est pas sans susciter de nombreux remous.
1998 > LES PREMIÈRES TABLETTES DE LECTURE
[Résumé] Les premières tablettes de lecture sont développées dans la Silicon Valley, en Californie. Le Rocket eBook est lancé en 1998 par NuvoMedia, société financée par la chaîne de librairies Barnes & Noble et le géant des médias Bertelsmann. Peu après, le SoftBook Reader est lancé par SoftBook Press, société financée par les deux grandes maisons d'édition Random House et Simon & Schuster. Ces tablettes de lecture fonctionnent sur batteries et disposent d'un écran à cristaux liquides (ou écran LCD: Liquid Cristal Display) noir et blanc, avec une capacité de stockage d'une dizaine de livres. L'usager se connecte à l'internet soit par le biais d'un ordinateur (comme le Rocket eBook) soit directement grâce à un modem intégré (comme le SoftBook Reader) pour télécharger des livres à partir des librairies numériques présentes sur les sites des sociétés. D'autres modèles suivent, comme l'EveryBook Reader de la société EveryBook ou le Millennium eBook de la société Librius.
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Développées dans la Silicon Valley, en Californie, et commercialisées en 1998, les premières tablettes de lecture sont le Rocket eBook et le SoftBook Reader.
Alors qu'elles étaient jusque-là l'apanage des films de science- fiction, ces tablettes électroniques dédiées ont la taille d'un (gros) livre et sont souvent appelées ebooks, livres électroniques, tablettes de lecture ou même liseuses.
Elles suscitent un engouement certain, même si peu de gens vont jusqu'à les acheter, vu leur prix prohibitif - plusieurs centaines de dollars - et un choix de titres restreint, le catalogue de livres numériques étant encore ridicule par rapport à la production imprimée. Les éditeurs commencent tout juste à produire des livres en version numérique et se demandent encore comment les commercialiser, la plupart étant tétanisés par les risques de piratage.
Ces tablettes fonctionnent sur batteries et disposent d'un écran à cristaux liquides (écran LCD: Liquid Cristal Display) noir et blanc rétro-éclairé ou non, avec une capacité de stockage d'une dizaine de livres. L'usager se connecte à l'internet soit par le biais d'un ordinateur (comme le Rocket eBook) soit directement grâce à un modem intégré (comme le SoftBook Reader) pour télécharger des livres à partir de librairies numériques présentes sur les sites des sociétés.
# Le Rocket eBook
Premier modèle du marché, le Rocket eBook est lancé en 1998 par NuvoMedia, société créée en 1997 à Palo Alto, dans la Silicon Valley, et financée par la chaîne de librairies Barnes & Noble et le géant des médias Bertelsmann. NuvoMedia souhaite devenir «la solution pour distribuer des livres électroniques en procurant une infrastructure réseau aux éditeurs, distributeurs et usagers afin de publier, distribuer, acheter et lire un contenu électronique de manière sécurisée et efficace sur l'internet» (extrait du site web). La connexion entre le Rocket eBook et l'ordinateur (PC ou Macintosh) se fait par le biais du Rocket eBook Cradle, un périphérique à deux câbles, d'une part un câble pour se connecter à une prise électrique par le biais d'un adaptateur, d'autre part un câble série pour se connecter à l'ordinateur.
# Le SoftBook Reader
Deuxième modèle du marché, disponible peu après le Rocket eBook, le SoftBook Reader est lancé par SoftBook Press, société financée par les deux grandes maisons d'édition Random House et Simon & Schuster. Le SoftBook Reader s'appuie sur le SoftBook Network, «un service de distribution de contenu basé sur l'internet». Selon son site web, cette tablette permet aux lecteurs de «télécharger facilement, rapidement et de manière sécurisée un large choix de livres et de revues grâce à sa connexion internet intégrée». Contrairement à l'ordinateur, le SoftBook Reader possède «une ergonomie conçue pour la lecture de longs documents et de livres».
# D'autres modèles suivent
D'autres tablettes de lecture sont lancées en 1999, par exemple l'EveryBook Reader et le Millennium eBook (le nouveau millénaire approche).
L'EveryBook Reader est un appareil à double écran lancé par la société EveryBook, ou encore «une bibliothèque vivante dans un simple livre» pouvant stocker 50 livres numériques, avec un modem intégré permettant l'accès à l'EveryBook Store, afin de «consulter, acheter et recevoir le texte intégral de livres, magazines et partitions de musique».
Le Millenium eBook est une tablette de lecture «petite et bon marché» lancée par la société Librius, «une société de commerce électronique procurant un service complet». Sur le site de la société, un World Bookstore propose «des copies numériques de milliers de livres» disponibles via l'internet.
Toutes ces tablettes pèsent entre 700 grammes et deux kilos. Il faudra attendre le tournant du millénaire pour voir apparaître de nouveaux modèles ayant une durée de vie légèrement plus longue, par exemple le Gemstar eBook lancé en novembre 2000 aux États-Unis et le Cybook (première génération, celui de Cytale) lancé en janvier 2001 en Europe.
1999 > DU BIBLIOTHÉCAIRE AU CYBERTHÉCAIRE
[Résumé] Piloter les usagers sur l'internet, filtrer et organiser l'information à leur intention, créer et gérer un site web, rechercher des documents dans des bases de données spécialisées ou actualiser des catalogues en ligne, telles sont désormais les tâches de nombreux bibliothécaires. Bruno Didier, webmestre de la bibliothèque de l'Institut Pasteur (Paris), explique en août 1999: «Nous devenons de plus en plus des médiateurs, et peut- être un peu moins des conservateurs. Mon activité actuelle est typique de cette nouvelle situation: d'une part dégager des chemins d'accès rapides à l'information et mettre en place des moyens de communication efficaces, d'autre part former les utilisateurs à ces nouveaux outils. Je crois que l'avenir de notre métier passe par la coopération et l'exploitation des ressources communes. C'est un vieux projet certainement, mais finalement c'est la première fois qu'on dispose enfin des moyens de le mettre en place.»
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Piloter les usagers sur l'internet, filtrer et organiser l'information à leur intention, créer et gérer un site web, rechercher des documents dans des bases de données spécialisées ou actualiser des catalogues en ligne, telles sont désormais les tâches de nombreux bibliothécaires.
C'est le cas par exemple de Peter Raggett à la bibliothèque centrale de l'OCDE et de Bruno Didier à la bibliothèque de l'Institut Pasteur à Paris.
# À la bibliothèque centrale de l'OCDE
Peter Raggett est sous-directeur (puis directeur) de la bibliothèque centrale de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) à Paris. Réservée aux fonctionnaires de l'organisation, la bibliothèque comprend 60.000 monographies et 2.500 périodiques imprimés en 1998, et permet aussi la consultation de microfilms, de CD-Rom et de bases de données telles que Dialog, Lexis-Nexis et UnCover. La bibliothèque lance en 1996 ses pages intranet, qui deviennent rapidement une source d'information majeure pour les chercheurs.
Peter explique en août 1999: «Je dois filtrer l'information pour les usagers de la bibliothèque, ce qui signifie que je dois bien connaître les sites et les liens qu'ils proposent. J'ai sélectionné plusieurs centaines de sites pour en favoriser l'accès à partir de l'intranet de l'OCDE. Cette sélection fait partie du bureau de référence virtuel proposé par la bibliothèque à l'ensemble du personnel. Outre de nombreux liens, ce bureau de référence contient des pages recensant les articles, monographies et sites web correspondant aux différents projets de recherche en cours à l'OCDE, l'accès en réseau aux CD-Rom et une liste mensuelle des nouveaux livres achetés par la bibliothèque.»
En ce qui concerne la recherche d'informations, «l'internet offre aux chercheurs un stock d'informations considérable. Le problème pour eux est de trouver ce qu'ils cherchent. Jamais auparavant on n'avait senti une telle surcharge d'informations, comme on la sent maintenant quand on tente de trouver un renseignement sur un sujet précis en utilisant les moteurs de recherche disponibles sur l'internet. Lorsqu'on utilise un moteur de recherche comme Lycos ou AltaVista ou un répertoire comme Yahoo!, on voit vite la difficulté de trouver des sites utiles sur un sujet donné. La recherche fonctionne bien sur un sujet très précis, par exemple si on veut des informations sur une personne au nom inhabituel, mais elle donne un trop grand nombre de résultats si on veut des informations sur un sujet assez vaste. Par exemple, si on lance une recherche sur le web pour "Russie ET transport", dans le but de trouver des statistiques sur l'utilisation des trains, des avions et des bus en Russie, les premiers résultats qu'on trouve sont les compagnies de transport de fret qui ont des relations d'affaires avec la Russie.»
Comment Peter voit-il l'avenir de la profession? «À mon avis, les bibliothécaires auront un rôle important à jouer pour améliorer la recherche et l'organisation de l'information sur le réseau. Je prévois aussi une forte expansion de l'internet pour l'enseignement et la recherche. Les bibliothèques seront amenées à créer des bibliothèques numériques permettant à un étudiant de suivre un cours proposé par une institution à l'autre bout du monde. La tâche du bibliothécaire sera de filtrer les informations pour le public. Personnellement, je me vois de plus en plus devenir un bibliothécaire virtuel. Je n'aurai pas l'occasion de rencontrer les usagers, ils me contacteront plutôt par courriel, par téléphone ou par fax, j'effectuerai la recherche et je leur enverrai les résultats par voie électronique.»
# À la bibliothèque de l'Institut Pasteur
Bruno Didier est bibliothécaire à l'Institut Pasteur à Paris. L'Institut Pasteur est une fondation privée spécialisée dans la prévention et le traitement des maladies infectieuses, avec plusieurs instituts dans le monde. Séduit par les perspectives qu'offre l'internet pour la recherche documentaire, Bruno crée le site web de la bibliothèque en 1996 et devient son webmestre.
Il explique en août 1999: «Le site web de la bibliothèque a pour vocation principale de servir la communauté pasteurienne. Il est le support d'applications devenues indispensables à la fonction documentaire dans un organisme de cette taille: bases de données bibliographiques, catalogue, commande de documents et bien entendu accès à des périodiques en ligne (un peu plus d'une centaine actuellement). C'est également une vitrine pour nos différents services, en interne mais aussi dans toute la France et à l'étranger. Il tient notamment une place importante dans la coopération documentaire avec les instituts du réseau Pasteur à travers le monde. Enfin j'essaie d'en faire une passerelle adaptée à nos besoins pour la découverte et l'utilisation d'internet. (...) Je développe et maintiens les pages du serveur, ce qui s'accompagne d'une activité de veille régulière. Par ailleurs je suis responsable de la formation des usagers, ce qui se ressent dans mes pages. Le web est un excellent support pour la formation, et la plupart des réflexions actuelles sur la formation des usagers intègrent cet outil.»
Son activité professionnelle a changé de manière radicale, tout comme celle de ses collègues. «C'est à la fois dans nos rapports avec l'information et avec les usagers que les changements ont eu lieu, explique-t-il. Nous devenons de plus en plus des médiateurs, et peut- être un peu moins des conservateurs. Mon activité actuelle est typique de cette nouvelle situation: d'une part dégager des chemins d'accès rapides à l'information et mettre en place des moyens de communication efficaces, d'autre part former les utilisateurs à ces nouveaux outils. Je crois que l'avenir de notre métier passe par la coopération et l'exploitation des ressources communes. C'est un vieux projet certainement, mais finalement c'est la première fois qu'on dispose enfin des moyens de le mettre en place.»
1999 > LA LIBRAIRIE ULYSSE SUR LE WEB
[Résumé] Fondée par Catherine Domain en 1971 au coeur de Paris, dans l'île Saint-Louis, la librairie Ulysse est la plus ancienne librairie au monde uniquement consacrée au voyage, avec plus de 20.000 livres, cartes et revues, neufs et anciens, qui recèlent des trésors introuvables ailleurs. En 1999, Catherine crée elle-même le site de sa librairie, en s'initiant en même temps à l'informatique. Elle raconte en novembre 2000: «Mon site est embryonnaire et en construction. Il se veut à l'image de ma librairie, un lieu de rencontre avant d'être un lieu commercial. Il sera toujours en perpétuel devenir! Internet me prend la tête, me bouffe mon temps et ne me rapporte presque rien mais cela ne m'ennuie pas... Internet tue les librairies spécialisées. En attendant d'être dévorée, je l'utilise comme un moyen d'attirer les clients chez moi, et aussi de trouver des livres pour que ceux qui n'ont pas encore internet chez eux! Mais j'ai peu d'espoir...» Dix ans plus tard, en avril 2010, elle est beaucoup plus optimiste puisque l'internet lui permet d'être éditrice de livres de voyages.
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Fondée par Catherine Domain en 1971 au coeur de Paris, la librairie Ulysse est la plus ancienne librairie au monde uniquement consacrée au voyage. Ulysse crée son site web en 1999 et sa maison d'édition en 2010.
Nichée dans l'île Saint-Louis, entourée par la Seine, la librairie propose 20.000 livres, cartes et revues neufs et d'occasion, qui recèlent des trésors introuvables ailleurs.
# Les débuts
Catherine raconte sur le site de la librairie: «Au terme de dix années de voyages sur tous les continents, je me suis arrêtée et me suis dit: "Que vais-je bien pouvoir faire pour vivre?" Consciente de la nécessité de m'insérer dans une société d'une façon ou d'une autre, j'ai procédé à un choix par déduction et par le refus d'avoir patron et employé.
Me souvenant de mes grands-pères, l'un navigateur au long cours, l'autre libraire en Périgord, et constatant que j'étais obligée de visiter une quinzaine de librairies avant de trouver la moindre documentation sur un pays aussi proche que la Grèce, une "librairie de voyage" s'est imposée à mon esprit entre Colombo et Surabaya, au cours d'un tour du monde.
De retour à Paris - j'habitais déjà l'Île Saint-Louis - je cherche un local, me renseigne sur le métier de libraire, fais des stages, prépare des fiches et cherche un nom pour cette future entreprise.
Un matin, en allant chercher le journal, je lève le nez sur la librairie "Ulysse", référence à Joyce, au 35 de la rue Saint-Louis-en- l'Île. "Voilà un nom!", me dis -je. Je gravis les deux marches et entre dans cette boutique de 16m2 à poutre unique. Quatre types jouent au poker. "Elle est mignonne votre librairie, " [dis-je]. "Elle est à vendre", me rétorque l'un des joueurs sans lever le nez. 48 heures après, j'étais libraire. C'était en septembre 1971. La première librairie spécialisée dans les voyages au monde était née.
Vingt ans plus tard, victime de la promotion immobilière comme beaucoup, j'ai dû déménager. Fort heureusement, mon côté entêté - je suis taureau ascendant taureau - m'a permis de transporter la librairie à quelques mètres dans un local plus vaste, 26 rue Saint-Louis-en- l'Île, dans un immeuble peu anodin puisque c'est non seulement là où j'ai commencé par habiter dans l'Île Saint-Louis mais aussi parce que, anciennement succursale de banque, ce local fut le théâtre du très célèbre casse de Spaggiari.»
# En 1999
À la fois libraire et grande voyageuse - elle continue de voyager tous les étés pendant que son compagnon tient la librairie - Catherine est membre du Syndicat national de la librairie ancienne et moderne (SLAM), du Club des explorateurs et du Club international des grands voyageurs. Elle navigue souvent sur la Méditerranée, l'Atlantique ou le Pacifique.
Début 1999, elle décide de se lancer dans un voyage autrement plus ingrat, virtuel cette fois, à savoir la réalisation d'un site web en autodidacte alors que ses connaissances en informatique sont très sommaires.
Elle raconte fin 1999 lors d'un entretien par courriel: «Mon site est embryonnaire et en construction. Il se veut à l'image de ma librairie, un lieu de rencontre avant d'être un lieu commercial. Il sera toujours en perpétuel devenir! Internet me prend la tête, me bouffe mon temps et ne me rapporte presque rien, mais cela ne m'ennuie pas... »
Elle est toutefois pessimiste sur l'avenir des librairies comme la sienne. «Internet tue les librairies spécialisées. En attendant d'être dévorée, je l'utilise comme un moyen d'attirer les clients chez moi, et aussi de trouver des livres pour ceux qui n'ont pas encore internet chez eux! Mais j'ai peu d'espoir...»
# En 2005
En 2005, Catherine crée toutefois une deuxième librairie de voyage à Hendaye, sur la côte sud de l'Atlantique, avec une vue imprenable sur l'océan. Ouverte du 20 juin au 20 septembre, cette librairie est située le long de la plage dans un bâtiment mauresque qui se trouve être l'ancien casino et qui est classé monument historique. À marée haute, la librairie est «comme un paquebot de livres qui va prendre la mer, qu'elle prend quelquefois d'ailleurs.»
# En 2010
Dix ans après la mise en ligne de son site web, Catherine est beaucoup moins critique à l'égard de l'internet puisque le réseau lui permet de lancer sa propre maison d'édition en avril 2010 pour publier des livres de voyage.
Elle écrit à la même date: «Internet a pris de plus en plus de place dans ma vie! Il me permet d'être éditeur grâce à de laborieuses formations Photoshop, InDesign et autres.
C'est une grande joie de constater que la volonté politique de garder le pékin devant son ordinateur afin qu'il ne fasse pas la révolution peut être mise en échec par des apéros géants et spontanés de milliers de personnes [organisés via Facebook] qui veulent se voir et se parler en vrai.
Décidément il y aura toujours des rebondissements inattendus aux inventions, entre autres. Quand j'ai commencé à utiliser l'internet, je ne m'attendais vraiment pas à devenir éditeur.»
1999 > L'INTERNET, PERSONNAGE DE ROMAN
[Résumé] Alain Bron est consultant en systèmes d'information et écrivain. L'internet est l'un des personnages de son deuxième roman, «Sanguine sur toile», disponible en version imprimée aux éditions du Choucas en 1999, puis en version numérique (au format PDF) aux éditions 00h00 en 2000, et qui reçoit le prix du Lions Club International la même année. Quel est le thème de ce roman? L'auteur raconte en novembre 1999 : «La "toile", c'est celle du peintre, c'est aussi l'autre nom d'internet: le web - la toile d'araignée. "Sanguine" évoque le dessin et la mort brutale. Mais l'amour des couleurs justifierait-il le meurtre? "Sanguine sur toile" évoque l'histoire singulière d'un internaute pris dans la tourmente de son propre ordinateur, manipulé à distance par un très mystérieux correspondant qui n'a que vengeance en tête.»
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L'internet est l'un des personnages de «Sanguine sur toile», deuxième roman d'Alain Bron, publié en version imprimée par le Choucas en 1999, puis en version numérique par 00h00 en 2000, et qui reçoit le prix du Lions Club International la même année.
# Au sujet du roman
Quel est le thème de ce roman? L'auteur raconte en novembre 1999: «La "toile", c'est celle du peintre, c'est aussi l'autre nom d'internet: le web - la toile d'araignée. "Sanguine" évoque le dessin et la mort brutale. Mais l'amour des couleurs justifierait-il le meurtre? "Sanguine sur toile" évoque l'histoire singulière d'un internaute pris dans la tourmente de son propre ordinateur, manipulé à distance par un très mystérieux correspondant qui n'a que vengeance en tête. J'ai voulu emporter le lecteur dans les univers de la peinture et de l'entreprise, univers qui s'entrelacent, s'échappent, puis se rejoignent dans la fulgurance des logiciels.
Le lecteur est ainsi invité à prendre l'enquête à son propre compte pour tenter de démêler les fils tressés par la seule passion. Pour percer le mystère, il devra répondre à de multiples questions. Le monde au bout des doigts, l'internaute n'est-il pas pour autant l'être le plus seul au monde? Compétitivité oblige, jusqu'où l'entreprise d'aujourd'hui peut-elle aller dans la violence? La peinture tend-elle à reproduire le monde ou bien à en créer un autre? Enfin, j'ai voulu montrer que les images ne sont pas si sages. On peut s'en servir pour agir, voire pour tuer. (...)
Dans le roman, internet est un personnage en soi. Plutôt que de le décrire dans sa complexité technique, le réseau est montré comme un être tantôt menaçant, tantôt prévenant, maniant parfois l'humour. N'oublions pas que l'écran d'ordinateur joue son double rôle: il montre et il cache. C'est cette ambivalence qui fait l'intrigue du début à la fin. Dans ce jeu, le grand gagnant est bien sûr celui ou celle qui sait s'affranchir de l'emprise de l'outil pour mettre l'humanisme et l'intelligence au-dessus de tout.»
# Au sujet de l'auteur