L'ebook a 40 ans (1971-2011)

Part 5

Chapter 53,455 wordsPublic domain

Pierre explique à la même date: «La plus grande partie du patrimoine écrit existant est fixé dans des livres, sur du papier. Pour rendre ces oeuvres accessibles sur la toile, la numérisation en mode image est un moyen très efficace. Le projet Gallica en est la preuve. Mais il reste le problème de l'adaptation des fac-similés d'origine à nos écrans de lecture aujourd'hui: réduits brutalement à la taille d'un écran, les fac-similés deviennent illisibles. Sauf à manipuler les barres d'ascenseur, ce qui nécessite un ordinateur et ne permet pas une lecture confortable. La solution proposée par Mot@mot consiste à découper le livre, mot à mot, du début à la fin (enfin, les pages scannées du livre...). Ces mots restent donc des images, il n'y a pas de reconnaissance de caractères, donc pas d'erreur possible. On obtient une chaîne d'images-mots liquide, qu'on peut remettre en page aussi facilement qu'une chaîne de caractères. Il devient alors possible de l'adapter à un écran de taille modeste, sans rien perdre de la lisibilité du texte. La typographie d'origine est conservée, les illustrations aussi.»

# Le rêve de Pierre Schweitzer

Afin de développer le projet @folio et le logiciel Mot@mot, Pierre Schweitzer fait valider un brevet international en avril 2001, puis crée la start-up française iCodex en juillet 2002.

Cinq ans plus tard, en août 2007, Pierre poursuit patiemment sa croisade pour promouvoir son projet. «Il s'agit d'offrir un support de lecture efficace aux textes qui n'en ont pas, ceux qui sont accessibles sur le web. Avec @folio, je reste persuadé qu'un support de lecture transportable qui serait à la fois simple et léger, annotable et effaçable, à bas coût, respectueux de la page et de nos traditions typographiques, pourrait apporter un supplément de confort appréciable à tous les usagers du texte numérique. Une ardoise dont on pourrait feuilleter l'hypertexte à main nue, en lieu et place de l'imprimante...»

En quoi la technologie utilisée est-elle différente de celle des autres tablettes du marché? «La technologie d'@folio est inspirée du fax et du classeur à onglets. La mémoire flash est imprimée comme Gutenberg imprimait ses livres. Ce mode fac-similé ne nécessite aucun format propriétaire, il est directement lisible à l'oeil nu. Le fac-similé est un mode de représentation de l'information robuste, pérenne, adaptable à tout type de contenu (de la musique imprimée aux formules de mathématique ou de chimie) sans aucune adaptation nécessaire. C'est un mode de représentation totalement ouvert et accessible à tous: il supporte l'écriture manuscrite, la calligraphie, les écritures non alphabétiques, et le dessin à main levée, toutes choses qui sont très difficiles à faire à l'aide d'un seul outil sur un ordinateur ou un "ebook" classique. Cette conception technique nouvelle et très simplifiée permet de recueillir une grande variété de contenus et surtout, elle permet un prix de vente très raisonnable (100 euros pour le modèle de base) dans différentes combinaisons de formats (tailles d'écran) et de mémoire (nombre de pages) adaptées aux différentes pratiques de lecture.»

Outre cette technologie novatrice, quel serait l'avantage de la lecture sur @folio? «La simplicité d'usage, l'autonomie, le poids, le prix. Quoi d'autre? La finesse n'est pas négligeable pour pouvoir être glissé presque n'importe où. Et l'accès immédiat aux documents - pas de temps d'attente comme quand on "allume" son ordinateur portable: @folio ne s'allume jamais et ne s'éteint pas, la dernière page lue reste affichée et une simple pression sur le bord de l'écran permet de remonter instantanément au sommaire du document ou aux onglets de classement.»

À la même date, en août 2007, la revue en ligne anglophone TeleRead fait l'éloge du projet @folio en intitulant l'article «Pierre Schweitzer's Dream» (Le rêve de Pierre Schweitzer). Plusieurs spécialistes anglophones, et non des moindres (David Rothman, Mike Cook, Ellen Hage), rendent hommage à la persévérance de Pierre en espérant voir son projet commercialisé un jour.

1996 > LES ÉDITIONS DU CHOUCAS SUR LA TOILE

[Résumé] Basé en Haute-Savoie, le Choucas est une petite maison d'édition spécialisée dans les romans policiers, la littérature, la photographie et les livres d'art. Le Choucas voit le jour en 1992 sous la houlette de Nicolas et Suzanne Pewny. Au prix d'un grand nombre de nuits sans sommeil, Nicolas Pewny crée lui-même le site web du Choucas en novembre 1996. Les manuscrits affluent par courriel. Les corrections apportées aux livres, les illustrations et l'envoi des documents à l'imprimeur se font aussi par courriel. Le Choucas cesse malheureusement ses activités en mars 2001, une disparition de plus à déplorer chez les petits éditeurs indépendants. Nicolas Pewny devient ensuite consultant en édition électronique et met ses compétences au service d'autres organismes.

***

Né en 1992, le Choucas est une petite maison d'édition haut-savoyarde spécialisée dans les romans policiers, la littérature, la photographie et les livres d'art, avec un site web dès 1996.

Le Choucas voit le jour sous la houlette de Nicolas et Suzanne Pewny. En juin 1998, Nicolas raconte: «Le site des éditions du Choucas a été créé fin novembre 1996. Lorsque je me suis rendu compte des possibilités qu'internet pouvait nous offrir, je me suis juré que nous aurions un site le plus vite possible. Un petit problème: nous n'avions pas de budget pour le faire réaliser. Alors, au prix d'un grand nombre de nuits sans sommeil, j'ai créé ce site moi-même et l'ai fait référencer (ce n'est pas le plus mince travail). Le site a alors évolué en même temps que mes connaissances (encore relativement modestes) en la matière et s'est agrandi, et a commencé à être un peu connu même hors de France et de l'Europe.»

# Un changement considérable

Quels sont les atouts d'un site internet? «Le changement qu'internet a apporté dans notre vie professionnelle est considérable, explique Nicolas. Nous sommes une petite maison d'édition installée en province. Internet nous a fait connaître rapidement sur une échelle que je ne soupçonnais pas. Même les médias "classiques" nous ont ouvert un peu leur portes grâce à notre site. Les manuscrits affluent par le courrier électronique. Ainsi nous avons édité deux auteurs québécois [NDLR: Fernand Héroux et Liz Morency, auteurs de "Affaire de coeurs", paru en septembre 1997]. Beaucoup de livres se réalisent (corrections, illustrations, envoi des documents à l'imprimeur) par ce moyen. Dès le début du site nous avons reçu des demandes de pays où nous ne sommes pas (encore) représentés: États-Unis, Japon, Amérique latine, Mexique, malgré notre volonté de ne pas devenir un site "commercial" mais d'information et à "connotation culturelle". (Nous n'avons pas de système de paiement sécurisé, nous avons juste référencé sur une page les libraires qui vendent en ligne.)»

Comment Nicolas voit-il l'avenir? «J'aurais tendance à répondre par deux questions: Pouvez-vous me dire comment va évoluer internet? Comment vont évoluer les utilisateurs? Nous voudrions bien rester aussi peu "commercial" que possible et augmenter l'interactivité et le contact avec les visiteurs du site. Y réussirons-nous? Nous avons déjà reçu des propositions qui vont dans un sens opposé. Nous les avons mises "en veille". Mais si l'évolution va dans ce sens, pourrons-nous résister, ou trouver une "voie moyenne"? Honnêtement, je n'en sais rien.»

# D'éditeur à consultant en édition électronique

Le Choucas cesse malheureusement ses activités en mars 2001, une disparition de plus à déplorer chez les petits éditeurs indépendants.

Nicolas raconte en juin 2001: «Comme je le prévoyais, notre distributeur a déposé son bilan. Et malheureusement les éditions du Choucas (ainsi que d'autres éditeurs) ont cessé leur activité éditoriale. Je maintiens gracieusement le site web pour témoignage de mon savoir-faire d'éditeur on- et off-line. (...)

Je ne regrette pas ces dix années de lutte, de satisfactions et de malheurs passés aux éditions du Choucas. J'ai connu des auteurs intéressants dont certains sont devenus des amis... Maintenant je fais des publications et des sites internet pour d'autres. En ce moment pour une ONG [organisation non gouvernementale] internationale caritative; je suis ravi de participer (modestement) à leur activité à but non lucratif. Enfin on ne parle plus de profit ou de manque à gagner, c'est reposant.»

Fort de son expérience dans le domaine de la librairie, de l'édition, de l'internet et du numérique, Nicolas Pewny est maintenant consultant en édition électronique et met ses compétences au service d'autres organismes.

Il écrit en février 2003: «Je vois le livre numérique du futur comme un "ouvrage total" réunissant textes, sons, images, vidéo, interactivité: une nouvelle manière de concevoir et d'écrire et de lire, peut-être sur un livre unique, sans cesse renouvelable, qui contiendrait tout ce que l'on a lu, unique et multiple compagnon. Utopique? Invraisemblable? Peut-être pas tant que cela!»

1997 > LA CONVERGENCE MULTIMÉDIA

[Résumé] La convergence multimédia est la convergence de tous les secteurs liés à l'information (imprimerie, édition, presse, conception graphique, enregistrements sonores, films, radiodiffusion, etc.) suite à l'utilisation des techniques de numérisation. On peut également la définir comme la convergence de l'informatique, du téléphone, de la radio et de la télévision dans une industrie de la communication utilisant les mêmes canaux de distribution, avec accélération du processus matériel de production. La convergence multimédia a de nombreux revers, à savoir des contrats occasionnels et précaires pour les salariés, l'absence de syndicats pour les télétravailleurs, le droit d'auteur souvent mis à mal pour les auteurs, etc. La convergence multimédia amène-t-elle des emplois nouveaux ou bien est-elle source de chômage? Ce sujet est débattu dès janvier 1997 lors du Colloque sur la convergence multimédia organisé par l'Organisation internationale du travail (BIT) à Genève, avec des débats qui se poursuivent les années suivantes.

***

La convergence multimédia est la convergence de tous les secteurs liés à l'information (imprimerie, édition, presse, conception graphique, enregistrements sonores, films, radiodiffusion, etc.) suite à l'utilisation des techniques de numérisation.

On peut également la définir comme la convergence de l'informatique, du téléphone, de la radio et de la télévision dans une industrie de la communication utilisant les mêmes canaux de distribution, souvent dénommés autoroutes de l'information (ou inforoutes), avec accélération du processus matériel de production.

# Une approche plus concrète

La numérisation permet de créer, enregistrer, combiner, stocker, rechercher et transmettre des textes, sons et images par des moyens simples et rapides. Des procédés similaires permettent le traitement de l'écriture, de la musique et du cinéma alors que, par le passé, ce traitement était assuré par des procédés différents sur des supports différents (papier pour l'écriture, bande magnétique pour la musique, celluloïd pour le cinéma). De plus, des secteurs distincts comme l'édition (qui produit des livres) et l'industrie musicale (qui produit des disques) travaillent désormais de concert pour produire des CD-Rom.

Pour mémoire, ceci n'est pas le premier bouleversement affectant la chaîne de l'édition, loin de là. Dans les années 1970, l'imprimerie traditionnelle est d'abord ébranlée par les machines de photocomposition. Dans les années 1980 et 1990, le coût de l'impression continue ensuite de baisser avec les photocopieurs, les photocopieurs couleur, les ateliers de PAO (publication assistée par ordinateur) et le matériel d'impression numérique.

Tout contenu est désormais systématiquement numérisé pour permettre son transfert par voie électronique et pour accélérer la processus matériel de production. Dans l'édition, le rédacteur, le concepteur artistique et l'infographiste travaillent souvent simultanément au même ouvrage. Dans la presse, alors qu'auparavant le personnel de production devait dactylographier les textes du personnel de rédaction, les journalistes envoient désormais directement leurs textes pour mise en page.

# Un colloque international

Si la convergence multimédia entraîne de nouveaux emplois dans certains secteurs - par exemple ceux liés à la production de films ou de produits audio-visuels - d'autres secteurs sont soumis à d'inquiétantes restructurations ou même des licenciements en masse. Ces problèmes sont suffisamment préoccupants pour être débattus lors d'un colloque sur la convergence multimédia organisé en janvier 1997 par l'Organisation internationale du travail (OIT) à Genève.

Professeur associé en sciences sociales à l'Université d'Utrecht (Pays- Bas), Peter Leisink explique que la rédaction des textes et la correction des épreuves se font désormais à domicile, le plus souvent par des travailleurs ayant pris le statut d'indépendants à la suite de licenciements et de délocalisations ou fusions d'entreprises. «Or cette forme d'emploi tient plus du travail précaire que du travail indépendant, car ces personnes n'ont que peu d'autonomie et sont généralement tributaires d'une seule maison d'édition.»

Selon Michel Muller, secrétaire général de la FILPAC (Fédération des industries du livre, du papier et de la communication), les industries graphiques françaises ont perdu 20.000 emplois en dix ans, entre 1987 et 1996, avec des effectifs qui sont passés de 110.000 à 90.000 salariés. Les entreprises doivent mettre sur pied des plans sociaux très coûteux pour favoriser le reclassement des personnes licenciées, en créant des emplois souvent artificiels, alors qu'il aurait mieux fallu financer des études fiables sur la manière d'équilibrer créations et suppressions d'emplois lorsqu'il était encore temps.

Walter Durling, directeur du grand opérateur téléphonique AT&T (États- Unis), insiste sur le fait que les nouvelles technologies n'apporteront pas de changements fondamentaux à la situation des salariés au sein de leur entreprise. L'invention du film n'a pas tué le théâtre et celle de la télévision n'a pas fait disparaître le cinéma. Les entreprises devraient créer des emplois liés aux nouvelles technologies et les proposer à ceux qui sont obligés de quitter d'autres postes devenus obsolètes. Des arguments bien théoriques alors qu'il s'agit plutôt d'un problème de pourcentage. Combien de créations de postes pour combien de licenciements?

# Des suppressions massives d'emplois

À part quelques cas particuliers mis en avant par les organisations d'employeurs, la convergence multimédia entraîne des suppressions massives d'emplois. Partout dans le monde, des postes à faible qualification technique sont remplacés par des postes demandant des qualifications techniques élevées. Les travailleurs peu qualifiés sont licenciés. D'autres suivent une formation professionnelle complémentaire, parfois auto-financée sur leur temps libre, et cette formation professionnelle ne garantit pas pour autant le réemploi.

Les syndicats préconisent pour leur part la création d'emplois par l'investissement, l'innovation, la formation aux nouvelles technologies, la reconversion des travailleurs dont les emplois sont supprimés, des conventions collectives équitables, la défense du droit d'auteur, une meilleure protection des travailleurs dans le secteur artistique, et enfin la défense des télétravailleurs en tant que travailleurs à part entière.

Malgré tous les efforts des syndicats, la situation deviendra-elle aussi dramatique que celle décrite dans une note des actes du colloque, indiquant que «certains craignent un futur dans lequel les individus seront forcés de lutter pour survivre dans une jungle électronique. Les mécanismes de survie établis au cours des dernières décennies - tels que relations de travail relativement stables, conventions collectives, représentation des salariés, formation professionnelle procurée par les employeurs et régimes de sécurité sociale cofinancés par employeurs et employés - risquent d'être mis à rude épreuve dans un monde du travail qui franchit les frontières à la vitesse de la lumière.»

1997 > UN PORTAIL POUR LES BIBLIOTHÈQUES NATIONALES EUROPÉENNES

[Résumé] Mis en ligne en janvier 1997, Gabriel - acronyme de «Gateway and Bridge to Europe's National Libraries» - est un portail trilingue offrant un point d'accès unique aux services internet des bibliothèques nationales européennes. L'idée d'un tel site naît en 1994 lors de la réunion annuelle de la CENL (Conference of European National Librarians) à Oslo (Norvège). En mars 1995, une nouvelle réunion rassemble les représentants des bibliothèques nationales des Pays-Bas, du Royaume-Uni et de Finlande, qui dessinent un projet pilote et sont rejoints ensuite par les bibliothèques nationales d'Allemagne, de France et de Pologne, suite à quoi un premier site Gabriel est lancé en septembre 1995. Lors de la réunion annuelle de la CENL en 1996 à Lisbonne (Portugal), Gabriel devient un site officiel de la CENL, avec un nouveau portail trilingue (anglais, allemand, français) lancé en janvier 1997.

***

Mis en ligne en janvier 1997, Gabriel est un portail trilingue (anglais, allemand, français) offrant un point d'accès unique aux services internet des bibliothèques nationales européennes.

# Le site de Gabriel

Gabriel est l'acronyme de «Gateway and Bridge to Europe's National Libraries». On lit sur le site que le choix de ce nom «rappelle également les travaux de Gabriel Naudé, dont l'"Advis pour dresser une bibliothèque" (Paris, 1627) est le premier travail théorique en Europe sur les bibliothèques et qui constitue ainsi un point de départ sur les bibliothèques de recherche modernes. Le nom Gabriel est aussi employé dans de nombreuses langues européennes et vient de l'Ancien Testament, Gabriel étant l'un des archanges, ou messager céleste. Il est également présent dans le Nouveau Testament et dans le Coran.»

Plus prosaïquement, le site offre en 1998 des liens hypertextes vers les services internet des 38 bibliothèques nationales participantes (Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Malte, Norvège, Pays- Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, San Marino, Suède, Suisse, Turquie et Vatican).

Les services internet sont très divers d'une bibliothèque à l'autre, avec une liste complète disponible par bibliothèque. Ces services sont par exemple des catalogues en ligne appelés aussi OPAC (Online Public Access Catalogues), des bibliographies nationales, des catalogues collectifs nationaux, des index de périodiques, des serveurs web et des gophers (à savoir des systèmes d'information à base de menus textuels à plusieurs niveaux). Une rubrique spécifique informe des projets communs à plusieurs pays. La recherche sur Gabriel est possible par pays et par type de services.

# L'historique de Gabriel

Comment Gabriel voit-il le jour? L'idée d'un projet commun aux bibliothèques nationales européennes naît lors de la réunion annuelle de la CENL (Conference of European National Librarians) en 1994 à Oslo (Norvège). Le projet débute par un tableau d'affichage électronique commun qui est régulièrement actualisé avec les projets internet en cours.

En mars 1995, une nouvelle réunion rassemble les représentants des bibliothèques nationales du Pays-Bas (Koninklijke Bibliotheek), du Royaume-Uni (British Library) et de Finlande (Helsinki University Library), qui dessinent un projet pilote et sont rejoints ensuite par les bibliothèques nationales d'Allemagne (Die Deusche Bibliothek), de France (Bibliothèque nationale de France) et de Pologne (Biblioteka Narodowa). Gabriel décrirait leurs services et collections en tentant d'inciter d'autres bibliothèques nationales à participer au projet.

Lancé en septembre 1995, le premier site Gabriel est géré par la British Library, qui s'occupe de sa maintenance éditoriale, avec deux sites miroirs sur les serveurs des bibliothèques nationales des Pays- Bas et de Finlande.

La seconde étape se déroule entre octobre 1995 et septembre 1996. Les bibliothèques nationales n'ayant pas participé à la phase pilote sont invitées à se joindre au projet puisqu'elles ont débuté en parallèle leur propre site web et leur catalogue en ligne, si bien que le nombre de bibliothèques utilisant Gabriel en tant que portail commun s'accroît.

Pendant sa réunion annuelle en septembre 1996 à Lisbonne (Portugal), la CENL décide de prendre Gabriel sous son ombrelle et de lancer un portail officiel plus conséquent à compter de janvier 1997. Désormais trilingue (anglais, allemand, français), Gabriel est maintenu par la bibliothèque nationale des Pays-Bas (Koninklijke Bibliotheek), avec quatre sites miroir sur les serveurs des bibliothèques nationales du Royaume-Uni, de Finlande, d'Allemagne et de Slovénie.

Beaucoup plus tard, en été 2005, Gabriel fusionnera avec le site web de l'European Library (lancé par la CENL en janvier 2004) pour proposer un portail commun aux 43 bibliothèques nationales européennes. Europeana verra le jour trois ans après, en novembre 2008, en tant que bibliothèque numérique européenne.

# Les bibliothèques publiques

Qu'en est-il des bibliothèques publiques? Sur le site de la Commission européenne, le document «Internet and the Library Sphere» évalue à 1.000 environ le nombre de bibliothèques publiques disposant d'un site web en novembre 1998.

Ces bibliothèques sont réparties dans 26 pays. Les pays les plus représentés sont la Finlande (247 bibliothèques), la Suède (132 bibliothèques), le Royaume-Uni (112 bibliothèques), le Danemark (107 bibliothèques), l'Allemagne (102 bibliothèques), les Pays-Bas (72 bibliothèques), la Lituanie (51 bibliothèques), l'Espagne (56 bibliothèques) et la Norvège (45 bibliothèques). La Russie a un site commun pour 26 bibliothèques publiques de recherche. Les pays nouvellement représentés sont la République tchèque (29 bibliothèques) et le Portugal (3 bibliothèques).

Les sites sont hétérogènes. Certains se contentent de mentionner l'adresse postale de la bibliothèque et ses heures d'ouverture, tandis que d'autres proposent toute une gamme de services, y compris un accès direct à leur catalogue en ligne.

1997 > E INK, TECHNOLOGIE D'ENCRE ÉLECTRONIQUE

[Résumé] Les recherches sur le papier électronique sont en cours dès 1997, les deux projets les plus avancés étant ceux des sociétés E Ink et Gyricon Media. Ce support souple aura une densité comparable au papier plastifié ou au transparent. Il pourra être utilisé indéfiniment, avec un contenu changé à volonté via l'internet. Si le concept est révolutionnaire, le produit lui-même est le résultat d'une fusion entre trois sciences, la chimie, la physique et l'électronique. En avril 1997, des chercheurs du Media Lab du MIT (Massachusetts Institute of Technology) créent la société E Ink pour développer une technologie d'encre électronique. En juillet 2002, E Ink présente le prototype du premier écran utilisant cette technologie, commercialisé en 2004. Suivent des écrans pour diverses tablettes de lecture (Librié, Sony Reader, Cybook, Kindle, Nook, etc.), puis les prototypes des premiers écrans souples, qui annoncent le papier électronique de demain. Un deuxième projet est développé par la société Gyricon Media, émanation du centre Xerox de la Silicon Valley.

***

Les recherches sur le papier électronique sont en cours dès 1997, les deux projets les plus avancés étant ceux des sociétés E Ink et Gyricon Media.