Part 4
Tout détenteur d'un site web peut vendre des livres appartenant au catalogue d'Amazon et toucher un pourcentage de 15% sur les ventes. L'«associé(e)» sélectionne les titres du catalogue qui l'intéressent, en fonction de ses centres d'intérêt, et rédige ses propres résumés. Amazon reçoit les commandes par son intermédiaire, expédie les livres, rédige les factures et lui envoie un rapport hebdomadaire d'activité avec le règlement correspondant.
Le réseau d'Amazon compte 30.000 sites affiliés au printemps 1998 et 60.000 sites en juin 1998, qui sont autant de vitrines supplémentaires pour la librairie en ligne. Les affiliés sont aussi des sociétés telles que Adobe, InfoBeat, Kemper Funds, PR Newswire, Travelocity, Virtual Vineyards et Xoom.
# L'expansion
Outre les livres, Amazon propose également des CD, des DVD, des jeux informatiques, etc. On peut consulter le catalogue à l'écran, lire le résumé des livres choisis ou même des extraits, puis passer sa commande en ligne. Le contenu éditorial du site change quotidiennement et se veut un magazine littéraire en ligne, avec des conseils de lecture, des articles émanant de journalistes connus (qui travaillaient auparavant dans la presse imprimée), des entretiens avec des auteurs et des commentaires de lecteurs. En juillet 1998, Amazon compte 1,5 million de clients dans 160 pays, le public s'habituant peu à peu aux achats en ligne.
En novembre 2000, Amazon compte 7.500 salariés, 28 millions d'articles, 23 millions de clients et quatre filiales au Royaume-Uni (filiale ouverte en octobre 1998), en Allemagne (octobre 1998), en France (août 2000) et au Japon (novembre 2000). Amazon ouvre plus tard une cinquième filiale en juin 2002, cette fois au Canada, puis une sixième filiale (dénommée Joyo) en Chine en septembre 2004.
# L'eBookStore
Amazon ouvre son eBookStore en novembre 2000 avec un catalogue de 1.000 livres numériques. Avant ce lancement, la librairie en ligne signe deux partenariats en août 2000, l'un avec Microsoft pour proposer des livres lisibles sur le Microsoft Reader, et l'autre avec Adobe pour proposer des titres lisibles sur l'Acrobat Reader.
Amazon conclut ensuite un deuxième partenariat avec Adobe en avril 2001 pour la mise en vente de 2.000 livres numériques lisibles sur l'Acrobat eBook Reader (le nouveau logiciel d'Adobe gérant les livres sous droits). Ces livres sont notamment des titres de grands éditeurs, des guides de voyages et des livres pour enfants.
Présent dans sept pays et devenu une référence mondiale du commerce en ligne (avec eBay), Amazon fête ses dix ans d'existence en juillet 2005, avec 41 millions de clients et 9.000 salariés.
# Barnes & Noble
Le principal concurrent d'Amazon est Barnes & Noble, qui lance sa librairie en ligne en mai 1997. Celle-ci est financée en partenariat avec le géant des médias Bertelsmann pendant six ans, avant que Barnes & Noble ne rachète la part détenue par Bertelsmann (36,8%) en juillet 2003 pour 164 millions de dollars US.
Contrairement à Amazon, librairie uniquement «virtuelle», le site Barnes & Noble.com s'appuie sur une chaîne de librairies qui, en 1997, comprend 480 librairies réparties dans 48 des 50 États que compte le pays. Dès les débuts du site, Barnes & Noble se livre à une guerre des prix avec Amazon, à la plus grande joie des clients qui profitent de cette course aux rabais pour faire une économie de 20 à 40% sur certains titres.
Barnes & Noble.com ouvre ensuite son eBookStore en août 2000, trois mois avant Amazon, pour y proposer des livres numériques, suite à un partenariat avec Microsoft en janvier 2000 pour la vente de livres lisibles sur le Microsoft Reader puis un partenariat avec Adobe en août 2000 pour la vente de livres lisibles sur l'Acrobat Reader et le Glassbook Reader, Adobe ayant racheté la société Glassbook à la même date.
1996 > L'INTERNET ARCHIVE, POUR LES GÉNÉRATIONS FUTURES
[Résumé] Fondée en avril 1996 par Brewster Kahle à San Francisco (Californie), l'Internet Archive a pour but de constituer, stocker, préserver et gérer une archive de l'internet en sauvegardant et stockant la totalité du web tous les deux mois. L'objectif est d'offrir un outil de travail aux universitaires, chercheurs et historiens, et de préserver un historique de l'internet pour les générations futures. L'Internet Archive se présente donc comme «une bibliothèque de l'internet» puis, dans un deuxième temps, comme «une bibliothèque numérique à but non lucratif destinée à procurer un accès universel au savoir humain». En octobre 2001, avec 30 milliards de pages archivées, l'Internet Archive met ses archives en accès libre sur le web grâce à la Wayback Machine, qui permet à tout un chacun d'avoir accès à l'historique d'un site. Les archives du web représentent 65 milliards de pages web (provenant de 50 millions de sites web) en décembre 2006, 85 milliards de pages web en mai 2007 et 150 milliards de pages web en mars 2010.
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L'Internet Archive est fondée en avril 1996 par Brewster Kahle à San Francisco (Californie) pour préserver un historique de l'internet.
L'Internet Archive a pour but de constituer, stocker, préserver et gérer une archive de l'internet, en sauvegardant et stockant la totalité du web tous les deux mois, afin d'offrir un outil de travail aux universitaires, chercheurs et historiens, et de préserver un historique de l'internet pour les générations présentes et futures.
L'Internet Archive se présente donc comme «une bibliothèque de l'internet» puis, dans un deuxième temps, comme «une bibliothèque numérique à but non lucratif destinée à procurer un accès universel au savoir humain».
# L'importance d'un archivage du web
Comme expliqué à l'époque sur le site, de tout temps les sociétés ont voulu préserver leur culture et leur héritage pour les générations présentes et futures. Les bibliothèques ont donc eu pour vocation de conserver les traces écrites de ces cultures et de ces héritages, et d'en procurer l'accès au grand public et aux chercheurs. Il paraît donc essentiel qu'elles étendent leur mission aux nouvelles technologies. Paradoxalement, le travail de sauvegarde a souvent été mal fait au début du 20e siècle. Nombreux ont été les premiers films qui ont été recyclés - et donc définitivement perdus - pour récupérer la couche d'argent présente sur la pellicule. Nombre d'émissions de radio et de télévision n'ont pas été conservées. Il importe donc de ne pas reproduire la même erreur pour l'internet, et particulièrement pour le web, un nouveau médium dont la portée, immense, est encore méconnue en 1996. C'est la raison d'être de l'Internet Archive.
# La Wayback Machine
En octobre 2001, avec 30 milliards de pages archivées, l'Internet Archive met ses archives en accès libre grâce à la Wayback Machine, qui permet à tout un chacun de voir l'historique d'un site web - à savoir la présentation et le contenu d'un site web donné - théoriquement tous les deux mois depuis avril 1996, date de la création de l'Internet Archive.
En 2004, les archives du web représentent plus de 300 To (téraoctets) de données, avec une croissance de 12 To par mois. Le nombre de pages web visibles avec la Wayback Machine est de 65 milliards (provenant de 50 millions de sites web) en décembre 2006, 85 milliards de pages web en mai 2007 et 150 milliards de pages web en mars 2010.
# Des collections numériques
En 2000, l'Internet Archive débute la constitution de collections numériques, en hébergeant notamment une partie du Million Book Project (10.520 livres en avril 2005), tout comme des archives de films de la période 1903-1973, des archives de concerts live récents, des archives de logiciels, des archives d'images et de vidéos, les sites relatifs au 11 septembre (2001), les sites relatifs aux élections de 2000 (présidentielles) et 2002 (élection du Congrès et des gouverneurs des États), les sites relatifs aux pionniers du web, etc. Toutes ces collections sont en consultation libre.
Qu'est-ce exactement que le Million Book Project? Lancé en janvier 2000 par la Carnegie Mellon University (Pennsylvanie, États-Unis), le Million Book Project - appelé aussi Universal Library ou Universal Digital Library (UDL) - a pour but de numériser un million de livres dans un grand nombre de langues, en axant ses efforts sur les livres disponibles en Inde et en Chine. En 2007, un million de livres sont disponibles sur le site de l'université, sous forme de fichiers image aux formats DjVu et TIFF, avec trois sites miroirs (Inde, Chine du Nord, Chine du Sud).
Par ailleurs, en réaction au projet Google Books, l'Internet Archive pense qu'une bibliothèque numérique à vocation mondiale ne doit pas être liée à des enjeux commerciaux. En octobre 2005, elle lance l'Open Content Alliance (OCA) dans l'optique de fédérer un grand nombre de partenaires pour créer une bibliothèque planétaire publique respectueuse du copyright et sur un modèle ouvert, avec des collections consultables sur tout moteur de recherche.
1996 > CYLIBRIS, ÉDITEUR ÉLECTRONIQUE
[Résumé] Fondé en août 1996 à Paris par Olivier Gainon, CyLibris (de Cy, cyber et Libris, livre) est la première maison d'édition à utiliser l'internet et le numérique pour publier de nouveaux auteurs littéraires. Vendus uniquement sur le web, les livres sont imprimés à la commande et envoyés directement au client, ce qui permet d'éviter le stock et les intermédiaires. Au printemps 2000, CyLibris devient membre du Syndicat national de l'édition (SNE). En 2001, certains titres sont également vendus en version imprimée par un réseau de librairies partenaires, notamment la Fnac, et en version numérique par Mobipocket et Numilog. En 2003, le catalogue de CyLibris comprend une cinquantaine de titres. CyLibris met fin à cette belle aventure en 2007.
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Fondé à Paris en août 1996 par Olivier Gainon, CyLibris (de Cy, cyber et Libris, livre) est le pionnier francophone de l'édition électronique commerciale.
CyLibris est en effet la première maison d'édition à utiliser l'internet et le numérique pour publier de nouveaux auteurs littéraires et quelques auteurs confirmés, dans divers genres: littérature générale, policiers, science-fiction, théâtre et poésie.
Vendus uniquement sur le web, les livres sont imprimés à la commande et envoyés directement au client, ce qui permet d'éviter le stock et les intermédiaires. Des extraits sont disponibles en téléchargement libre.
# Une maison d'édition spécialisée
Pendant son premier trimestre d'activité, CyLibris signe des contrats avec treize auteurs. Fin 1999, le site compte 15.000 visites individuelles et 3.500 livres vendus tous exemplaires confondus, avec une année financièrement équilibrée.
Olivier Gainon explique en décembre 2000: «CyLibris a été créé d'abord comme une maison d'édition spécialisée sur un créneau particulier de l'édition et mal couvert à notre sens par les autres éditeurs: la publication de premières oeuvres, donc d'auteurs débutants. Nous nous intéressons finalement à la littérature qui ne peut trouver sa place dans le circuit traditionnel: non seulement les premières oeuvres, mais les textes atypiques, inclassables ou en décalage avec la mouvance et les modes littéraires dominantes. Ce qui est rassurant, c'est que nous avons déjà eu quelques succès éditoriaux: le grand prix de la SGDL [Société des gens de lettres] en 1999 pour "La Toile" de Jean-Pierre Balpe, le prix de la litote pour "Willer ou la trahison" de Jérôme Olinon en 2000, etc. Ce positionnement de "défricheur" est en soi original dans le monde de l'édition, mais c'est surtout son mode de fonctionnement qui fait de CyLibris un éditeur atypique.
Créé dès 1996 autour de l'internet, CyLibris a voulu contourner les contraintes de l'édition traditionnelle grâce à deux innovations: la vente directe par l'intermédiaire d'un site de commerce sur internet, et le couplage de cette vente avec une impression numérique en "flux tendu". Cela permettait de contourner les deux barrières traditionnelles dans l'édition: les coûts d'impression (et de stockage) et les contraintes de distribution. Notre système gérait donc des flux physiques: commande reçue par internet, impression du livre commandé, envoi par la poste. Je précise que nous sous-traitons l'impression à des imprimeurs numériques, ce qui nous permet de vendre des livres de qualité équivalente à celle de l'offset, et à un prix comparable. Notre système n'est ni plus cher, ni de moindre qualité, il obéit à une économie différente qui, à notre sens, devrait se généraliser à terme.»
# Une double activité
En quoi consiste l'activité d'un éditeur électronique? «Je décrirais mon activité comme double. D'une part celle d'un éditeur traditionnel dans la sélection des manuscrits et leur re-travail (je m'occupe directement de la collection science-fiction), mais également le choix des maquettes, les relations avec les prestataires, etc. D'autre part, une activité internet très forte qui vise à optimiser le site de CyLibris et mettre en oeuvre une stratégie de partenariat permettant à CyLibris d'obtenir la visibilité qui lui fait parfois défaut. Enfin, je représente CyLibris au sein du SNE [NDLR: Syndicat national de l'édition, dont CyLibris fait partie depuis le printemps 2000]. CyLibris est aujourd'hui une petite structure. Elle a trouvé sa place dans l'édition, mais est encore d'une économie fragile sur internet. Notre objectif est de la rendre pérenne et rentable et nous nous y employons.»
# Un éditeur présent sur tous les fronts
Le site web se veut aussi un carrefour de la petite édition. Il procure des informations pratiques aux auteurs en herbe: comment envoyer un manuscrit à un éditeur, ce que doit comporter un contrat d'édition, comment protéger ses manuscrits, comment tenter sa chance dans des revues ou concours littéraires, etc.
En 2001, certains titres sont également vendus en version imprimée par un réseau de librairies partenaires, notamment la Fnac, et en version numérique par Mobipocket et Numilog, pour lecture sur ordinateur ou PDA. En 2003, le catalogue de CyLibris comprend une cinquantaine de titres.
Par ailleurs, l'équipe de CyLibris lance en mai 1999 CyLibris Infos, une lettre d'information électronique gratuite dont l'objectif n'est pas tant de promouvoir les livres de l'éditeur que de présenter l'actualité de l'édition francophone. Volontairement décalée et souvent humoristique sinon décapante, la lettre, d'abord mensuelle, paraît deux fois par mois à compter de février 2000, avec 565 abonnés en octobre 2000. Elle change de nom en février 2001 pour devenir Édition-actu, qui compte 1.500 abonnés en 2003 avant de laisser place au blog de CyLibris.
Olivier Gainon met fin à toutes ces activités éditoriales en 2007 pour passer à d'autres projets.
1996 > VERS UN SAVOIR NUMÉRIQUE
[Résumé] Vinton Cerf, père de l'internet et fondateur de l'Internet Society (ISOC), explique en janvier 1998 lors d'un entretien avec le quotidien Libération: «Le réseau fait deux choses (...): comme les livres, il permet d'accumuler de la connaissance. Mais, surtout, il la présente sous une forme qui la met en relation avec d'autres informations. Alors que, dans un livre, l'information est maintenue isolée.» De plus, l'information contenue dans les livres reste la même, alors que l'internet privilégie les informations récentes et régulièrement actualisées. Lors d'une conférence organisée en septembre 1996 par l'IFIP (International Federation of Information Processing), Dale Spender, professeure et chercheuse, propose une communication sous le titre «Creativity and the computer education industry» en tentant de cerner les changements apportés par l'internet dans l'acquisition du savoir et les méthodes d'enseignement.
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L'information contenue dans les livres reste la même, alors que l'internet privilégie les informations récentes et régulièrement actualisées. Il faut donc complètement repenser notre relation au savoir.
Vinton Cerf, père de l'internet et fondateur de l'Internet Society (ISOC), explique en janvier 1998 lors d'un entretien avec le quotidien Libération: «Le réseau fait deux choses (...): comme les livres, il permet d'accumuler de la connaissance. Mais, surtout, il la présente sous une forme qui la met en relation avec d'autres informations. Alors que, dans un livre, l'information est maintenue isolée.»
# Une nouvelle manière d'enseigner
Lors d'une conférence organisée en septembre 1996 par l'IFIP (International Federation of Information Processing), Dale Spender, professeure et chercheuse, propose une communication sous le titre «Creativity and the computer education industry» en tentant de cerner les changements apportés par l'internet dans l'acquisition du savoir et les méthodes d'enseignement. Voici son argumentation résumée en deux paragraphes.
Pendant plus de cinq siècles, l'enseignement est principalement basé sur l'information donnée par les livres. Or les habitudes liées à l'imprimé ne peuvent être transférées au monde numérique. L'enseignement en ligne offre des possibilités tellement nouvelles qu'il n'est guère possible d'effectuer les distinctions traditionnelles entre enseignant et enseigné. Le passage de la culture imprimée à la culture numérique exige d'entièrement repenser le processus d'enseignement, puisque nous avons maintenant l'opportunité sans précédent de pouvoir influer sur le genre d'enseignement que nous souhaitons.
Dans la culture imprimée, l'information contenue dans les livres restait la même pendant un certain temps, ce qui nous a encouragé à penser que l'information était stable. La nature même de l'imprimé est liée à la notion de vérité, stable elle aussi. Cette stabilité et l'ordre qu'elle engendre ont été l'un des fondements de l'âge industriel et de la révolution scientifique. Les notions de vérité, de loi, d'objectivité et de preuve ont été les éléments de référence de nos croyances et de nos cultures. Mais la révolution numérique change tout ceci. Soudain l'information en ligne supplante l'information imprimée pour devenir la plus fiable et la plus utile, et l'usager est prêt à la payer en conséquence. C'est cette transformation radicale dans la nature de l'information qui doit être au coeur du débat relatif aux méthodes d'enseignement.
# Trois expériences
En témoigne l'expérience de Patrick Rebollar, professeur de français et de littérature française à Tokyo (Japon), qui raconte en juillet 1998: «Mon travail de recherche est différent, mon travail d'enseignant est différent, mon image en tant qu'enseignant-chercheur de langue et de littérature est totalement liée à l'ordinateur, ce qui a ses bons et ses mauvais côtés (surtout vers le haut de la hiérarchie universitaire, plutôt constituée de gens âgés et technologiquement récalcitrants). J'ai cessé de m'intéresser à certains collègues proches géographiquement mais qui n'ont rien de commun avec mes idées, pour entrer en contact avec des personnes inconnues et réparties dans différents pays (et que je rencontre parfois, à Paris ou à Tokyo, selon les vacances ou les colloques des uns ou des autres). La différence est d'abord un gain de temps, pour tout, puis un changement de méthode de documentation, puis de méthode d'enseignement privilégiant l'acquisition des méthodes de recherche par mes étudiants, au détriment des contenus (mais cela dépend des cours). Progressivement, le paradigme réticulaire l'emporte sur le paradigme hiérarchique.»
Robert Beard, professeur à la Bucknell University (États-Unis), écrit en septembre 1998: «En tant que professeur de langue, je pense que le web présente une pléthore de nouvelles ressources disponibles dans la langue étudiée, de nouveaux instruments d'apprentissage (exercices interactifs Java et Shockwave) et de test, qui sont à la disposition des étudiants quand ceux-ci en ont le temps ou l'envie, 24 heures / 24 et 7 jours / 7. Aussi bien pour mes collègues que pour moi, et bien sûr pour notre établissement, l'internet nous permet aussi de publier pratiquement sans limitation. (...) L'internet nous offrira tout le matériel pédagogique dont nous pouvons rêver, y compris des notes de lecture, exercices, tests, évaluations et exercices interactifs plus efficaces que par le passé parce que reposant davantage sur la notion de communication.»
Russon Wooldridge, professeur au département des études françaises de l'Université de Toronto (Canada), explique en février 2001: «Mes activités de recherche, autrefois menées dans une tour d'ivoire, se font maintenant presque uniquement par des collaborations locales ou à distance. (...) Tout mon enseignement exploite au maximum les ressources d'internet (le web et le courriel): les deux lieux communs d'un cours sont la salle de classe et le site du cours, sur lequel je mets tous les matériaux des cours. Je mets toutes les données de mes recherches des vingt dernières années sur le web (réédition de livres, articles, textes intégraux de dictionnaires anciens en bases de données interactives, de traités du 16e siècle, etc.). Je publie des actes de colloques, j'édite un journal, je collabore avec des collègues français, mettant en ligne à Toronto ce qu'ils ne peuvent pas publier en ligne chez eux. (...) Je me rends compte que sans internet mes activités seraient bien moindres, ou du moins très différentes de ce qu'elles sont actuellement. Donc je ne vois pas l'avenir sans.»
1996 > LE PROJET @FOLIO, BALADEUR DE TEXTES
[Résumé] Conçu dès octobre 1996 par Pierre Schweitzer, architecte designer à Strasbourg (Alsace, France), le projet @folio se définit comme un baladeur de textes ou encore comme un support de lecture nomade permettant de lire des textes glanés sur l'internet. De petite taille, il cherche à mimer, sous forme électronique, le dispositif technique du livre, afin d'offrir une mémoire de fac-similés reliés en hypertexte pour faciliter le feuilletage. Pierre est aussi l'auteur du logiciel Mot@mot, un logiciel permettant de découper mot à mot les pages scannées du livre. Le but est d'obtenir une chaîne d'images-mots liquide qu'on peut remettre en page aussi facilement qu'une chaîne de caractères pour lire le texte sur un écran de petite taille. Afin de développer @folio et Mot@mot, Pierre fait valider un brevet international en avril 2001 puis crée la start-up française iCodex en juillet 2002.
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Conçu dès octobre 1996 par Pierre Schweitzer, le projet @folio se définit comme un baladeur permettant de lire des textes glanés sur l'internet.
De petite taille, ce support de lecture nomade cherche à mimer, sous forme électronique, le dispositif technique du livre, afin d'offrir une mémoire de fac-similés reliés en hypertexte pour faciliter le feuilletage.
# Les débuts du projet
Pierre Schweitzer, architecte designer à Strasbourg (Alsace, France), explique en janvier 2001: «@folio est un baladeur de textes, simple, léger, autonome, que le lecteur remplit selon ses désirs à partir du web, pour aller lire n'importe où. Il peut aussi y imprimer des documents personnels ou professionnels provenant d'un CD-Rom. Les textes sont mémorisés en faisant: "imprimer", mais c'est beaucoup plus rapide qu'une imprimante, ça ne consomme ni encre ni papier. Les liens hypertextes sont maintenus au niveau d'une reliure tactile. (...)
Le projet est né à l'atelier Design de l'École d'architecture de Strasbourg où j'étais étudiant. Il est développé à l'École nationale supérieure des arts et industries de Strasbourg avec le soutien de l'ANVAR-Alsace. Aujourd'hui, je participe avec d'autres à sa formalisation, les prototypes, design, logiciels, industrialisation, environnement technique et culturel, etc., pour transformer ce concept en un objet grand public pertinent.»
# Le logiciel Mot@mot
Pierre est aussi l'auteur du logiciel Mot@mot, un logiciel permettant de découper mot à mot les pages scannées du livre. Le but est d'obtenir une chaîne d'images-mots liquide qu'on peut remettre en page aussi facilement qu'une chaîne de caractères pour lire le texte sur un écran de petite taille.