Part 3
En dix ans, entre 1993 et 2003, l'Acrobat Reader aurait été téléchargé 500 millions de fois. En 2003, ce logiciel est désormais disponible dans de nombreuses langues et pour toute plateforme (Windows, Mac, Linux, Palm OS, Pocket PC, Symbian OS, etc.). 10% des documents présents sur l'internet seraient au format PDF. Des millions de fichiers PDF sont présents sur le web pour lecture et téléchargement ou bien transitent par courriel. Le format PDF est également le format de livre numérique le plus répandu.
En mai 2003, l'Acrobat Reader (version 5) fusionne avec l'Acrobat eBook Reader (version 2) pour devenir l'Adobe Reader, qui débute à la version 6 et permet de lire aussi bien les fichiers PDF standard que les fichiers PDF sécurisés des livres numériques sous droits.
Fin 2003, Adobe ouvre sa librairie en ligne, le Digital Media Store, avec les titres au format PDF de grands éditeurs tels que HarperCollins Publishers, Random House et Simon & Schuster, ainsi que les versions électroniques de journaux et magazines comme le New York Times et Popular Science. Adobe lance aussi Adobe eBooks Central, un service permettant de lire, publier, vendre et prêter des livres numériques, et l'Adobe eBook Library, qui se veut un prototype de bibliothèque de livres numériques.
Après avoir été un format propriétaire, le format PDF devient un standard ouvert en juillet 2008. Il est publié en tant que norme ISO (Organisation internationale de normalisation) sous l'appellation ISO 32000-1:2008.
1994 > L'INTERNET COMME OUTIL DE MARKETING
[Résumé] Aussi bizarre que cela puisse paraître, des livres numériques en accès libre favorisent la vente des mêmes livres imprimés. La National Academy Press (NAP) décide en 1994 de mettre en accès libre sur le web le texte intégral de plusieurs centaines de livres, avec l'accord de leurs auteurs, afin que les lecteurs puissent les «feuilleter» à l'écran, comme ils l'auraient fait dans une librairie. L'éditeur utilise l'internet comme nouvel outil de marketing, avec un pari gagné, puisque la présence de ces livres sur le web entraîne une augmentation de la vente des mêmes livres imprimés. La solution choisie par la NAP est adoptée dès 1995 par la MIT Press (MIT: Massachusetts Institute of Technology), avec un succès similaire. Les autres maisons d'édition hésitent à se lancer dans l'aventure, pour trois raisons: le coût excessif qu'entraîne la mise en ligne de milliers de pages, les problèmes liés au droit d'auteur, et enfin la peur d'une «concurrence» entre les versions numériques gratuites et les versions imprimées payantes, qu'ils estiment nuisible aux ventes.
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Aussi bizarre que cela puisse paraître, des livres numériques en accès libre favorisent la vente des mêmes livres imprimés. La National Academy Press (NAP) est la première à tenter l'expérience, dès 1994, avec un pari gagné.
La publication en ligne d'un livre à titre gratuit nuit-elle aux ventes de la version imprimée ou non? «À première vue, cela paraît illogique», écrit Beth Berselli, journaliste au Washington Post, dans un article repris par le Courrier international de novembre 1997. «Un éditeur de Washington, la National Academy Press (NAP), qui a publié sur internet 700 titres de son catalogue actuel, permettant ainsi à tout un chacun de lire gratuitement ses livres, a vu ses ventes augmenter de 17% l'année suivante. Qui a dit que personne n'achèterait la vache si on pouvait avoir le lait gratuitement?»
# La politique atypique de la NAP
Une politique atypique porte donc ses fruits. Éditeur universitaire, la National Academy Press (qui devient ensuite la National Academies Press) publie environ 200 livres par an, surtout des ouvrages scientifiques et techniques et des ouvrages médicaux. En 1994, l'éditeur choisit de mettre en accès libre sur le web le texte intégral de plusieurs centaines de livres, afin que les lecteurs puissent les «feuilleter» à l'écran, comme ils l'auraient fait dans une librairie, avant de les acheter ensuite si utile.
Ce sont les auteurs eux-mêmes qui, pour mieux faire connaître leurs livres, demandent que ceux-ci soient mis en ligne sur le site, avec succès, puisque les ventes augmentent pour leurs correspondants imprimés.
Pour l'éditeur, l'internet est un nouvel outil de marketing face aux 50.000 ouvrages publiés chaque année aux États-Unis. Une réduction de 20% est accordée pour toute commande effectuée en ligne. La présence de ces livres sur le web entraîne aussi une augmentation des ventes par téléphone. En 1998, le site de la NAP propose le texte intégral d'un millier de titres.
# La MIT Press lui emboîte le pas
La solution choisie par la NAP est adoptée en 1995 par la MIT Press (MIT: Massachusetts Institute of Technology). À cette date, la MIT Press publie 200 livres par an et 40 périodiques, dans divers domaines: sciences et technologies, architecture, sciences sociales, économie, sciences cognitives et informatique. Nombre de livres sont mis en ligne gratuitement sur le site, afin de marquer «un engagement à long terme pour une utilisation efficace et créative des nouvelles technologies». La MIT Press voit rapidement les ventes de livres imprimés augmenter pour les titres disponibles gratuitement en version intégrale sur le web.
Ces initiatives sont saluées par d'autres maisons d'édition, qui hésitent cependant à se lancer dans l'aventure, pour trois raisons: le coût excessif qu'entraîne la mise en ligne de milliers de pages, les problèmes liés au droit d'auteur, et enfin la peur d'une «concurrence» entre les versions numériques gratuites et les versions imprimées payantes, concurrence qu'ils estiment nuisible aux ventes, même si les expériences menées par la NAP et la MIT Press démontrent le contraire.
1994 > ATHENA, BIBLIOTHÈQUE NUMÉRIQUE
[Résumé] Les premières bibliothèques numériques francophones débutent avec la saisie patiente de livres imprimés ligne après ligne sur le clavier d'un ordinateur. C'est le cas d'Athena (Genève), précédée par ABU (Paris) et suivie de la Bibliothèque électronique de Lisieux (Normandie), entre autres. ABU: la bibliothèque universelle (ABU: Association des bibliophiles universels) voit le jour en avril 1993, à l'initiative de l'association du même nom. Ses membres bénévoles dactylographient eux-mêmes des oeuvres francophones du domaine public ou bien les scannent. Athena est une bibliothèque numérique à la fois francophone et multilingue créée en 1994 par Pierre Perroud, professeur à Genève. La Bibliothèque électronique de Lisieux est créée en juin 1996 par Olivier Bogros, directeur de la médiathèque municipale de Lisieux, avec 370 textes courts numérisés en juillet 1999.
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Les premières bibliothèques numériques francophones débutent avec la saisie patiente de livres imprimés ligne après ligne sur le clavier d'un ordinateur.
C'est le cas d'Athena (Genève), précédée par ABU (Paris) et suivie de la Bibliothèque électronique de Lisieux (Normandie), entre autres.
# ABU: la bibliothèque universelle
La toute première bibliothèque numérique française à voir le jour est ABU: la bibliothèque universelle. Elle est créée en juin 1993 à l'initiative de l'Association des bibliophiles universels (ABU) et hébergée sur le site du CNAM (Conservatoire national des arts et métiers) à Paris. Ses membres bénévoles dactylographient eux-mêmes des oeuvres francophones du domaine public ou bien les scannent. En janvier 2002, les collections comprennent 288 textes de 101 auteurs. Il ne semble pas que d'autres textes aient été ajoutés depuis.
# Athena, francophone et plurilingue
Athena est une bibliothèque numérique fondée en 1994 par Pierre Perroud, professeur au collège Voltaire à Genève (Suisse), et hébergée sur le site de l'Université de Genève. Elle propose à la fois des oeuvres numérisées par Athena (200 oeuvres depuis 1994) et des liens vers des oeuvres en accès libre sur le web.
En 1997, le site bilingue français-anglais donne accès à 3.500 textes électroniques dans des domaines aussi variés que la philosophie, les sciences, la période classique, la littérature, l'histoire, l'économie, etc. En décembre 1998, la bibliothèque offre des liens vers 8.000 textes électroniques en plusieurs langues.
Un des objectifs d'Athena est de mettre en ligne des textes de langue française (French Authors and Texts) puisque Genève est la capitale de la Suisse francophone. Une section spécifique regroupe les auteurs et textes suisses (Swiss Authors and Texts). On trouve aussi un répertoire mondial de ressources littéraires en ligne (Athena Literature Resources). Par ailleurs, Athena propose une table de minéralogie qui est l'oeuvre de Pierre Perroud et qui est consultée dans le monde entier.
Dans un article de la revue Informatique-Informations (Genève) daté de février 1997, Pierre Perroud insiste sur la complémentarité du texte électronique et du livre imprimé. Selon lui, «les textes électroniques représentent un encouragement à la lecture et une participation conviviale à la diffusion de la culture», notamment pour l'étude de ces textes et la recherche textuelle. Ces textes électroniques «sont un bon complément du livre imprimé - celui-ci restant irremplaçable lorsqu'il s'agit de lire.» Mais le livre imprimé reste «un compagnon mystérieusement sacré vers lequel convergent de profonds symboles: on le serre dans la main, on le porte contre soi, on le regarde avec admiration; sa petitesse nous rassure autant que son contenu nous impressionne; sa fragilité renferme une densité qui nous fascine; comme l'homme il craint l'eau et le feu, mais il a le pouvoir de mettre la pensée de celui-là à l'abri du Temps.»
# La Bibliothèque électronique de Lisieux
La Bibliothèque électronique de Lisieux est créée en juin 1996 par Olivier Bogros, directeur de la médiathèque municipale de Lisieux (Normandie), qui l'héberge pendant deux ans sur les pages de son compte personnel CompuServe avant d'enregistrer un nom de domaine en juin 1998.
En juillet 1999, la bibliothèque électronique comprend 370 textes courts, numérisés en mode texte à partir des collections de la médiathèque. On y trouve des oeuvres littéraires, des brochures et des opuscules documentaires, ainsi que des manuscrits, livres et brochures sur la Normandie.
Lancé en août 2000, LexoTor est une base de données fonctionnant avec le logiciel TACTweb (TACT: Text Analysis Computing Tools) et permettant l'interrogation en ligne des oeuvres de la bibliothèque, ainsi que des analyses et comparaisons textuelles. Les collections comprennent 930 oeuvres et 20 galeries d'images en décembre 2006.
1995 > ÉDITEL, ÉDITEUR LITTÉRAIRE NÉ SUR LA TOILE
[Résumé] Éditel est le premier éditeur électronique francophone non commercial. Le site est lancé en avril 1995 sous la houlette de Pierre François Gagnon, poète et essayiste québécois. Pierre François relate en juillet 2000: «En fait, tout le monde et son père savent ou devraient savoir que le premier site d'édition en ligne commercial fut CyLibris [créé en août 1996 à Paris par Olivier Gainon, ndlr], précédé de loin lui-même, au printemps de 1995, par nul autre qu'Éditel, le pionnier d'entre les pionniers du domaine, bien que nous fûmes confinés à l'action symbolique collective, faute d'avoir les moyens de déboucher jusqu'ici sur une formule de commerce en ligne vraiment viable et abordable.» D'abord site pionnier de l'édition littéraire francophone, puis premier site web d'auto-édition collective de langue française, Éditel devient au fil des ans un site de cyberédition non commerciale, en partenariat avec quelques auteurs «maison», ainsi qu'un webzine littéraire. Un blog lui succède quelques années plus tard.
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Éditel, premier éditeur électronique francophone non commercial, apparaît sur la toile en avril 1995 sous la houlette de Pierre François Gagnon, poète et essayiste québécois.
Pierre François décide d'utiliser le numérique pour la réception des textes, leur archivage et leur diffusion. Il relate en juillet 2000: «En fait, tout le monde et son père savent ou devraient savoir que le premier site d'édition en ligne commercial fut CyLibris [créé en août 1996 à Paris par Olivier Gainon, ndlr], précédé de loin lui-même, au printemps de 1995, par nul autre qu'Éditel, le pionnier d'entre les pionniers du domaine, bien que nous fûmes confinés à l'action symbolique collective, faute d'avoir les moyens de déboucher jusqu'ici sur une formule de commerce en ligne vraiment viable et abordable (...). Nous sommes actuellement trois mousquetaires [Pierre François Gagnon, Jacques Massacrier et Mostafa Benhamza, ndlr] à développer le contenu original et inédit du webzine littéraire qui continuera de servir de façade d'animation gratuite, offerte personnellement par les auteurs maison à leur lectorat, à d'éventuelles activités d'édition en ligne payantes, dès que possible au point de vue technico-financier. Est-il encore réaliste de rêver à la démocratie économique?»
Quant à l'avenir, «tout ce que j'espère de mieux pour le petit éditeur indépendant issu, comme Éditel, directement du net et qui cherche à y émerger enfin, c'est que les nouveaux supports de lecture, ouverts et compatibles grâce au standard OeB (Open eBook), s'imposeront d'emblée comme des objets usuels indispensables, c'est-à-dire multifonctionnels et ultramobiles, intégrant à la fois l'informatique, l'électronique grand public et les télécommunications, et pas plus dispendieux qu'une console de jeux vidéo.»
Quel est son meilleur souvenir lié à l'internet? «La découverte de quelques amitiés affinitaires, indéfectibles, m'enchante encore, tandis que l'étroitesse de vision, le scepticisme négatif qu'affichait la vaste majorité des auteurs de science-fiction et de fantastique vis-à- vis du caractère pourtant immanent et inéluctable de ce qui n'est après tout qu'un fantasme à la Star Trek, qui hante depuis longtemps l'imaginaire collectif, soit l'e-book tout communicant qui tienne dans le creux de la paume, ne cesse pas de m'étonner et de me laisser pantois rétrospectivement.»
Une conclusion? «Je dirai, pour conclure, que je me trouve vraiment fait pour être "éditeur en ligne, poète et essayiste, et peut-être même un jour, romancier"! Fait à noter, c'est curieusement de la part des poètes, toujours visionnaires quand ils sont authentiques, que le concept de livre numérique a reçu le meilleur accueil!»
Après avoir été le premier site web d'auto-édition collective de langue française, Éditel devient un site de cyberédition non commerciale, en partenariat avec quelques auteurs «maison», ainsi qu'un webzine littéraire. Un blog lui succède quelques années plus tard. Le blog prend ensuite la forme d'une vitrine de diffusion web pour quelques livres.
1995 > LA PRESSE IMPRIMÉE SE MET EN LIGNE
[Résumé] La mise en ligne de la presse imprimée à partir de 1995 préfigure la mise en ligne des livres imprimés quelques années plus tard, d'où l'intérêt de ce chapitre. Au début des années 1990, les premières éditions électroniques de journaux sont d'abord disponibles par le biais de services commerciaux tels que America OnLine (AOL) ou CompuServe. Les grands titres de la presse imprimée lancent ensuite leurs propres sites web. En février 1995 est mis en ligne le site web du mensuel Le Monde diplomatique, premier site d'un périodique imprimé français, suivi des sites web de Libération fin 1995 et du Monde et de L'Humanité en 1996. Au Royaume-Uni, le Times et le Sunday Times font web commun sur un site dénommé Times Online. Aux États-Unis, la version en ligne du Wall Street Journal est payante tandis que celle du New York Times est disponible sur abonnement gratuit. Le Washington Post est librement disponible en ligne, tout comme le mensuel Wired.
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La mise en ligne de la presse imprimée à partir de 1995 préfigure la mise en ligne des livres imprimés quelques années plus tard, d'où l'intérêt de ce chapitre.
Au début des années 1990, les premières éditions électroniques de journaux sont disponibles par le biais de services commerciaux tels que America OnLine (AOL) ou CompuServe. Suite à l'apparition du premier navigateur fin 1993 et à la croissance rapide du web qui s'ensuit, les grands titres de la presse imprimée lancent leurs propres sites web en 1995 et 1996.
# Aux États-Unis
Aux États-Unis, la version en ligne du Wall Street Journal est payante, avec 100.000 abonnés en 1998. Celle du New York Times est disponible sur abonnement gratuit. Le Washington Post propose l'actualité quotidienne en accès libre ainsi que de nombreux articles archivés, le tout avec images, sons et vidéos. Pathfinder (rebaptisé ensuite Time) est le site web du groupe Time-Warner, éditeur de Time Magazine, Sports Illustrated, Fortune, People, Southern Living, Money, Sunset, etc. On peut y lire les articles de ces magazines et les rechercher par date ou par sujet. Lancé en 1992 en Californie, Wired, premier magazine imprimé entièrement consacré à la culture cyber, est bien évidemment présent sur le web.
Au Royaume-Uni, le Times et le Sunday Times font web commun sur un site dénommé Times Online, avec possibilité de créer une édition personnalisée.
# En France
Mis en ligne en février 1995, le site web du mensuel Le Monde diplomatique est le premier site d'un périodique imprimé français. Monté dans le cadre d'un projet expérimental avec l'Institut national de l'audiovisuel (INA), ce site est inauguré lors du forum des images Imagina. Il donne accès à l'ensemble des articles depuis janvier 1994, par date, par sujet et par pays. L'intégralité du mensuel en cours est consultable gratuitement pendant deux semaines suivant sa parution. Un forum de discussion permet au journal de discuter avec ses lecteurs.
Fin 1995, le quotidien Libération met en ligne son site web, peu après le lancement du Cahier Multimédia, un cahier imprimé hebdomadaire inclus dans l'édition du jeudi. Le site propose la Une du quotidien, la rubrique Multimédia (qui regroupe les articles du Cahier Multimédia et les archives des cahiers précédents), le Cahier Livres complété par Chapitre Un (le premier chapitre des nouveautés retenues par le quotidien) et bien d'autres rubriques. La rubrique Multimédia est ensuite rebaptisée Numériques.
Le site du quotidien Le Monde est lancé en 1996. On y trouve des dossiers en ligne, la Une en version graphique à partir de 13 heures, l'intégralité du journal avant 17 heures, l'actualité en liaison avec l'AFP (Agence France-Presse) et des rubriques sur la Bourse, les livres, le multimédia et le sport. En 1998, le journal complet en ligne coûte 5 FF (0,76 euros) alors que le journal imprimé coûte 7,50 FF (1,15 euros). S'ils concernent le multimédia, les articles du supplément imprimé hebdomadaire Télévision-Radio-Multimédia sont disponibles gratuitement en ligne dans la rubrique Multimédia, rebaptisée ensuite Nouvelles technologies.
L'Humanité est le premier quotidien français à proposer la version intégrale du journal en accès libre. Classés par rubriques, les articles sont disponibles entre 10 heures et 11 heures du matin, à l'exception de L'Humanité du samedi, disponible en ligne le lundi suivant. Tous les articles sont archivés sur le site.
# L'internet, «à la fois une menace et une chance»
Quelles sont les retombées de l'internet pour les journalistes? Bernard Boudic, le responsable éditorial du site web du quotidien Ouest-France (site lancé en juillet 1996), explique en juin 1998: «Elles sont encore minces. Nous commençons seulement à offrir un accès internet à chacun (rédaction d'Ouest-France: 370 journalistes répartis dans soixante rédactions, sur douze départements... pas simple). Certains utilisent internet pour la messagerie électronique (courrier interne ou externe, réception de textes de correspondants à l'étranger, envoi de fichiers divers) et comme source d'informations. Mais cette pratique demande encore à s'étendre et à se généraliser. Bien sûr, nous réfléchissons aussi à tout ce qui touche à l'écriture multimédia et à sa rétro-action sur l'écriture imprimée, aux changements d'habitudes de nos lecteurs, etc. (...)
Internet est à la fois une menace et une chance. Menace sur l'imprimé, très certainement (captation de la pub et des petites annonces, changement de réflexes des lecteurs, perte du goût de l'imprimé, concurrence d'un média gratuit, que chacun peut utiliser pour diffuser sa propre info, etc.). Mais c'est aussi l'occasion de relever tous ces défis, de rajeunir la presse imprimée.»
Tous sujets que l'on retrouve quelques années plus tard dans les débuts du livre numérique: rapport accru de l'auteur avec ses lecteurs, version payante et/ou version gratuite, version numérique et/ou version imprimée, etc.
1995 > AMAZON, PIONNIER DU CYBERCOMMERCE
[Résumé] Un nouveau type de librairie naît sur l'internet, avec un site web comme vitrine et des transactions uniquement en ligne, la plus connue étant Amazon. Amazon.com est lancé en juillet 1995 par Jeff Bezos à Seattle, sur la côte ouest des États-Unis. La librairie en ligne débute avec dix salariés et trois millions d'articles. Les vitrines de la librairie sont ses pages web, et toutes les transactions se font via l'internet. Les livres sont stockés dans de gigantesques hangars avant d'être directement envoyés aux clients par courrier postal. En novembre 2000, Amazon compte 7.500 salariés, 28 millions d'articles, 23 millions de clients et quatre filiales au Royaume-Uni (filiale ouverte en octobre 1998), en Allemagne (octobre 1998), en France (août 2000) et au Japon (novembre 2000). Une cinquième filiale est ouverte au Canada (juin 2002), suivie d'une sixième filiale, Joyo, en Chine (septembre 2004). Présent dans sept pays et devenu une référence mondiale du commerce en ligne (avec eBay), Amazon compte 9.000 salariés et 41 millions de clients en juillet 2005.
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Un nouveau type de librairie naît sur l'internet, avec un site web comme vitrine et des transactions uniquement en ligne, la plus connue étant Amazon.
Sous la houlette de Jeff Bezos, Amazon.com ouvre ses portes «virtuelles» en juillet 1995 avec un catalogue de trois millions de livres - à savoir l'ensemble de la production imprimée disponible à la vente aux États-Unis - et dix salariés basés à Seattle, sur la côte ouest. Les livres sont stockés dans de gigantesques hangars avant d'être directement envoyés aux clients par courrier postal.
# Les débuts
Quinze mois auparavant, au printemps 1994, Jeff Bezos fait une étude de marché pour décider du meilleur produit à vendre sur l'internet. Dans sa liste de vingt produits marchands, qui comprennent entre autres les vêtements et les instruments de jardinage, les cinq premiers du classement se trouvent être les livres, les CD, les vidéos, les logiciels et le matériel informatique.
Jeff Bezos relate en 1997 dans le kit de presse d'Amazon: «J'ai utilisé tout un ensemble de critères pour évaluer le potentiel de chaque produit. Le premier critère a été la taille des marchés existants. J'ai vu que la vente des livres représentait un marché mondial de 82 milliards de dollars US. Le deuxième critère a été la question du prix. Je voulais un produit bon marché. Mon raisonnement était le suivant: puisque c'était le premier achat que les gens allaient faire en ligne, il fallait que la somme à payer soit modique. Le troisième critère a été la variété dans le choix. Il y avait trois millions de titres pour les livres alors qu'il n'y avait que 300.000 titres pour les CD, par exemple.»
# Les «associés»
Au printemps 1997, Amazon.com - que tout le monde appelle désormais Amazon - décide de s'inspirer du système d'«associés» en ligne lancé quelques mois plus tôt par l'Internet Bookshop (Royaume-Uni), qui est la plus grande librairie en ligne européenne.