L'ebook a 40 ans (1971-2011)

Part 12

Chapter 123,653 wordsPublic domain

Quelle est exactement l'activité de Cytale? «Conception et commercialisation d'un livre électronique, conception, développement et gestion d'un site internet de diffusion de livres numériques, préparation et formatage de livres numériques.»

Quelles sont les perspectives? «L'utilisation d'internet pour le transport de contenu est un secteur de développement majeur. La société a pour vocation de développer une base de contenu en provenance d'éditeurs, et de les diffuser vers des supports de lecture sécurisés.»

Plus généralement, «le livre électronique, permettant la lecture numérique, ne concurrence pas le papier. C'est un complément de lecture, qui ouvre de nouvelles perspectives pour la diffusion de l'écrit et des oeuvres mêlant le mot et d'autres médias (image, son, image animée...). Les projections montrent une stabilité de l'usage du papier pour la lecture, mais une croissance de l'industrie de l'édition, tirée par la lecture numérique, et le livre électronique. De la même façon que la musique numérique a permis aux mélomanes d'accéder plus facilement à la musique, la lecture numérique supprime, pour les jeunes générations commme pour les autres, beaucoup de freins à l'accès à l'écrit.»

Les ventes du Cybook sont très inférieures aux pronostics et forcent la société à cesser ses activités en juillet 2002. La commercialisation du Cybook est reprise par la société Bookeen, créée en 2003 à l'initiative de Michael Dahan et Laurent Picard, deux ingénieurs de Cytale. Le Cybook 2e génération est lancé en avril 2004. Bookeen dévoile en juillet 2007 une nouvelle version de sa tablette, baptisée Cybook Gen3 (3e génération), avec un écran utilisant la technologie E Ink.

2001 > UNE MEILLEURE BANDE PASSANTE

[Résumé] Henk Slettenhaar est spécialiste des systèmes de communication, avec une longue carrière à Genève et en Californie. En 1992, il crée la Silicon Valley Association (SVA), une association suisse qui organise des voyages d'étude dans des pôles de haute technologie, à commencer par la Silicon Valley et San Francisco. Henk mentionne en juillet 2001 «le changement considérable apporté par le fait que j'ai maintenant une connexion à débit rapide chez moi. Le fait d'être constamment connecté est totalement différent du fait de se connecter de temps à autre par la ligne téléphonique. Je reçois maintenant mes messages dès leur arrivée dans ma messagerie. Je peux écouter mes stations radio préférées où qu'elles soient. Je peux écouter les actualités quand je veux. Et aussi écouter la musique que j'aime à longueur de journée. (...) La seule chose qui manque est une vidéo de bonne qualité en temps réel. La largeur de bande est encore insuffisante pour cela.» Dix ans plus tard, Henk peut visionner des vidéos en temps réel et lire des livres numériques sur le Kindle et l'iPad.

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Henk Slettenhaar est spécialiste des systèmes de communication, avec une longue carrière à Genève et en Californie.

En 1958, Henk rejoint le CERN (Laboratoire européen pour la physique des particules) à Genève pour travailler sur le premier ordinateur numérique et participer au développement des premiers réseaux numériques.

Son expérience californienne débute en 1966 lorsqu'il rejoint pendant dix-huit mois une équipe du SLAC (Stanford Linear Accelerator Center) pour créer un numérisateur de film. De retour au SLAC en 1983, il conçoit un système numérique de contrôle qui sera utilisé pendant dix ans.

Henk est ensuite professeur en technologies de communication à la Webster University de Genève pendant 25 ans. Il est l'ancien directeur du Telecom Management Program créé à l'automne 2000. Il travaille également en tant que consultant auprès de nombreuses organisations internationales.

# En 1992

En 1992, fort de son expérience en Suisse et en Californie, Henk crée la Silicon Valley Association (SVA), une association suisse qui organise des voyages d'étude dans des pôles de haute technologie, à commencer par la Silicon Valley et San Francisco. Outre des visites de sociétés, de start-up, d'universités et de centres de recherche, ces voyages comprennent des conférences, des présentations et des discussions sur les technologies de l'information (internet, multimédia, télécommunications, etc.), les derniers développements de la recherche et de ses applications, et les méthodes les plus récentes en matière de stratégie commerciale et de création d'entreprise.

# En 1998

Henk raconte en décembre 1998: «Je ne peux pas imaginer ma vie professionnelle sans l'internet. Cela fait vingt ans que j'utilise le courrier électronique. Les premières années, c'était le plus souvent pour communiquer avec mes collègues dans un secteur géographique très limité. Depuis l'explosion de l'internet et l'avènement du web, je communique principalement par courriel, mes conférences sont en grande partie sur le web et mes cours ont tous un prolongement sur le web. En ce qui concerne les visites que j'organise dans la Silicon Valley, toutes les informations sont disponibles sur le web, et je ne pourrais pas organiser ces visites sans utiliser l'internet. De plus, l'internet est pour moi une fantastique base de données disponible en quelques clics de souris.»

# En 2000

Quoi de neuf en août 2000? «L'explosion de la technologie du mobile. Le téléphone mobile est devenu pour beaucoup de gens, moi y compris, le moyen de communication personnel vous permettant d'être joignable à tout moment où que vous soyiez. Toutefois l'internet mobile est encore du domaine du rêve. Les nouveaux services offerts par les téléphones GSM sont extrêmement primitifs et très chers, si bien que le WAP a reçu le sobriquet de "Wait And Pay".»

# En 2001

Quoi de neuf un an après, en juillet 2001? «Ce qui me vient à l'esprit est le changement considérable apporté par le fait que j'ai maintenant une connexion à débit rapide chez moi. Le fait d'être constamment connecté est totalement différent du fait de se connecter de temps à autre par la ligne téléphonique. Je reçois maintenant mes messages dès leur arrivée dans ma messagerie. Je peux écouter mes stations radio préférées où qu'elles soient. Je peux écouter les actualités quand je veux. Et aussi écouter la musique que j'aime à longueur de journée. (...) La seule chose qui manque est une vidéo de bonne qualité en temps réel. La largeur de bande est encore insuffisante pour cela.

Mon domicile est maintenant équipé d'un réseau local avec et sans fil. Je peux utiliser mon ordinateur portable partout à l'intérieur et à l'extérieur de la maison, et même chez les voisins, tout en restant connecté. La même technologie me permet maintenant d'utiliser la carte de réseau local sans fil de mon ordinateur lorsque je voyage. Par exemple, lors de mon dernier voyage à Stockholm, je pouvais être connecté à l'hôtel, au centre de conférences, à l'aéroport et même au pub irlandais!»

# En 2011

Dix ans plus tard, en juin 2011, Henk raconte: «J'ai toujours suivi le développement des ebooks avec beaucoup d'intérêt, étant professeur de systèmes de communication et organisateur de voyages dans la Silicon Valley. Mon utilisation était très limitée pendant près de quarante ans, à cause du manque de progrès des appareils de lecture. Je n'ai jamais aimé lire un livre sur un ordinateur ou sur un PDA. Maintenant, avec l'arrivée de tablettes comme le Kindle et l'iPad, je suis finalement devenu un lecteur de livres numériques. Je vois un expansion énorme avec l'arrivée de tablettes faciles a utiliser et avec un choix considérable de livres grâce au commerce électronique et à des sociétés comme Amazon.»

Sur quoi travaille-t-il ces temps-ci? «Je suis un "serial entrepreneur" actuellement en train de créer une start-up dans le domaine de la mobilité. J'utilise l'internet tout le temps pour trouver des partenaires et des idées. Nous utilisons également des livres en ligne pour apprendre l'art de l'innovation!»

2001 > CREATIVE COMMONS, LE COPYRIGHT REVISITÉ

[Résumé] Créée en 2001 à l'initiative de Lawrence «Larry» Lessig, professeur de droit à la Stanford Law School, en Californie, la licence Creative Commons a pour but de favoriser la diffusion d'oeuvres numériques tout en protégeant le droit d'auteur. Des contrats flexibles de droit d'auteur compatibles avec une diffusion sur l'internet sont proposés pour tout type de création: texte, film, photo, musique, site web, etc. L'auteur peut par exemple choisir d'autoriser ou non la reproduction et la rediffusion de ses oeuvres. Finalisée en février 2007, la version 3.0 de la Creative Commons instaure une licence internationale et la compatibilité avec d'autres licences similaires, dont le copyleft et la GPL (General Public License). La Creative Commons est utilisée pour un million d'oeuvres en 2003, 4,7 millions d'oeuvres en 2004, 20 millions d'oeuvres en 2005, 50 millions d'oeuvres en 2006, 90 millions d'oeuvres en 2007, 130 millions d'oeuvres en 2008 et 350 millions d'oeuvres en avril 2010.

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Créée en 2001, la licence Creative Commons a pour but de favoriser la diffusion d'oeuvres numériques tout en protégeant le droit d'auteur.

Des créateurs souhaitent en effet respecter la vocation première de l'internet, réseau de diffusion à l'échelon mondial. De ce fait, les adeptes de contrats flexibles sont de plus en plus nombreux, à commencer par le copyleft, qui apparaît bien avant la licence Creative Commons.

# Le copyleft et la GPL

L'idée du copyleft est lancée dès 1984 par Richard Stallman, ingénieur en informatique et défenseur du mouvement Open Source au sein de la Free Software Foundation (FSF). Conçu à l'origine pour les logiciels, le copyleft est formalisé par la GPL (General Public License) et étendu par la suite à toute oeuvre de création. Il contient la déclaration normale du copyright affirmant le droit d'auteur, mais son originalité est de donner au lecteur le droit de librement redistribuer le document et de le modifier. Le lecteur s'engage toutefois à ne revendiquer ni le travail original, ni les changements faits par d'autres personnes. De plus, tous les travaux dérivés de l'oeuvre originale sont eux-mêmes soumis au copyleft.

# La Creative Commons

Lancée en 2001 à l'initiative de Lawrence «Larry» Lessig, professeur de droit à la Stanford Law School, en Californie, la licence Creative Commons a elle aussi pour but de favoriser la diffusion d'oeuvres numériques tout en protégeant le droit d'auteur. L'organisme du même nom propose des licences-type, qui sont des contrats flexibles de droit d'auteur compatibles avec une diffusion sur l'internet. Simplement rédigées, ces autorisations non exclusives permettent aux titulaires des droits d'autoriser le public à utiliser leurs créations tout en ayant la possibilité de restreindre les exploitations commerciales et les oeuvres dérivées et d'autoriser ou non la reproduction et la rediffusion de leurs oeuvres, par exemple. Ces contrats peuvent être utilisés pour tout type de création: texte, film, photo, musique, site web, etc. Finalisée en février 2007, la version 3.0 de la Creative Commons instaure une licence internationale et la compatibilité avec d'autres licences similaires, dont le copyleft et la GPL.

# Qui utilise la licence Creative Commons?

O'Reilly Media par exemple. Fondé par Tim O'Reilly en 1978, O'Reilly Media est un éditeur réputé de manuels informatiques et de livres sur les technologies de pointe. L'éditeur offre d'abord une formule de «copyright ouvert» pour les auteurs qui le souhaitent ou pour des projets collectifs. En 2003, il privilégie le Creative Commons Founders' Copyright permettant d'offrir des contrats flexibles de droit d'auteur à ceux qui veulent également diffuser leurs oeuvres sur le web.

La Public Library of Science (PLoS) utilise la licence Creative Commons pour les articles de ses périodiques scientifiques et médicaux en ligne gratuits, lancés à partir de 2003. Les articles peuvent être librement diffusés et réutilisés ailleurs, y compris pour des traductions, la seule contrainte étant la mention des auteurs et de la source.

Wikipédia utilise une licence Creative Commons pour les articles de cette grande encyclopédie collaborative en ligne lancée en 2001 et rédigée par des milliers de contributeurs.

Une licence Creative Commons est utilisée pour un million d'oeuvres en 2003, 4,7 millions d'oeuvres en 2004, 20 millions d'oeuvres en 2005, 50 millions d'oeuvres en 2006, 90 millions d'oeuvres en 2007, 130 millions d'oeuvres en 2008 et 350 millions d'oeuvres en avril 2010.

2003 > LA PUBLIC LIBRARY OF SCIENCE

[Résumé] Fondée en octobre 2000, la Public Library of Science (PLoS) devient en janvier 2003 un éditeur de périodiques scientifiques et médicaux en ligne gratuits de haut niveau. Une équipe éditoriale est constituée pour lancer les deux premiers titres - PLoS Biology en octobre 2003 puis PLoS Medicine en 2004 - selon un nouveau modèle d'édition en ligne basé sur la diffusion libre du savoir. Trois nouveaux titres voient le jour en 2005: PLoS Genetics, PLoS Computational Biology et PLoS Pathogens. PLoS Clinical Trials est lancé en mai 2006. PLoS Neglected Tropical Diseases voit le jour à l'automne 2007 en tant que première publication scientifique consacrée aux maladies tropicales négligées. Tous les articles peuvent être diffusés et réutilisés ailleurs, y compris pour des traductions, selon les termes de la licence Creative Commons, la seule contrainte étant la mention des auteurs et de la source.

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Fondée en octobre 2000, la Public Library of Science (PLoS) devient en janvier 2003 un éditeur de périodiques scientifiques et médicaux en ligne gratuits de haut niveau.

Quel est le constat de départ? À l'heure de l'internet, il paraît assez scandaleux que le résultat de travaux de recherche - travaux originaux et demandant de longues années d'efforts - soit «détourné» par des éditeurs spécialisés s'appropriant ce travail et le monnayant au prix fort. L'activité des chercheurs est souvent financée par les deniers publics, et de manière substantielle en Amérique du Nord. Il semblerait donc normal que la communauté scientifique et le grand public puissent bénéficier librement du résultat de ces recherches. Dans le domaine scientifique et médical par exemple, 1.000 nouveaux articles sont publiés quotidiennement, en ne comptant que les articles révisés par les pairs.

# PLoS en tant qu'«agitateur»

Se basant sur ce constat, la Public Library of Science (PLoS) est fondée en octobre 2000 à San Francisco (Californie) à l'initiative de Harold Varmus, Patrick Brown et Michael Eisen, chercheurs dans les Universités de Stanford et de Berkeley. Le but est de contrer les pratiques de l'édition spécialisée en regroupant tous les articles scientifiques et médicaux au sein d'archives en ligne en accès libre. Au lieu d'une information disséminée dans des milliers de périodiques en ligne ayant chacun des conditions d'accès différentes, un point d'accès unique permettrait de lire le contenu intégral de ces articles, avec moteur de recherche multicritères et système d'hyperliens entre les articles.

Pour ce faire, PLoS fait circuler une lettre ouverte demandant que les articles publiés par les éditeurs spécialisés soient distribués librement dans un service d'archives en ligne, et incitant les signataires de cette lettre à promouvoir les éditeurs prêts à soutenir ce projet. La réponse de la communauté scientifique internationale est remarquable. Au cours des deux années suivantes, la lettre ouverte est signée par 30.000 chercheurs dans 180 pays. Bien que la réponse des éditeurs soit nettement moins enthousiaste, plusieurs éditeurs donnent leur accord pour une distribution immédiate des articles publiés par leurs soins, ou alors une distribution dans un délai de six mois. Mais, dans la pratique, même les éditeurs ayant donné leur accord formulent nombre d'objections au nouveau modèle proposé, si bien que le projet d'archives en ligne ne voit finalement pas le jour.

# PLoS en tant qu'éditeur

Un autre objectif de la Public Library of Science est de devenir elle- même éditeur. PLoS fonde donc une maison d'édition scientifique non commerciale qui reçoit en décembre 2002 une subvention de 9 millions de dollars US de la part de la Moore Foundation. Une équipe éditoriale de haut niveau est constituée en janvier 2003 pour lancer des périodiques de qualité selon un nouveau modèle d'édition en ligne basé sur la diffusion libre du savoir.

Le premier numéro de PLoS Biology est disponible en octobre 2003, avec une version en ligne gratuite et une version imprimée au prix coûtant (couvrant uniquement les frais de fabrication et de distribution). PLoS Medicine est lancé en octobre 2004. Trois nouveaux titres voient le jour en 2005: PLoS Genetics, PLoS Computational Biology et PLoS Pathogens. PLoS Clinical Trials est lancé en 2006. PLoS Neglected Tropical Diseases voit le jour à l'automne 2007 en tant que première publication scientifique consacrée aux maladies tropicales négligées.

Tous les articles de ces périodiques sont librement accessibles en ligne, sur le site de PLoS et dans PubMed Central, le service d'archives en ligne public et gratuit de la National Library of Medicine (États-Unis), avec moteur de recherche multicritères. Les versions imprimées sont abandonnées en 2006 pour laisser place à un service d'impression à la demande géré par la société Odyssey Press. Les articles peuvent être librement diffusés et réutilisés ailleurs, y compris pour des traductions, selon les termes de la licence Creative Commons, la seule contrainte étant la mention des auteurs et de la source. PLoS lance aussi PLoS ONE, un forum en ligne permettant la publication d'articles sur tout sujet scientifique et médical.

Le succès est total. Trois ans après les débuts de la Public Library of Science en tant qu'éditeur, PLoS Biology et PLos Medicine ont la même réputation d'excellence que les grandes revues Nature, Science ou The New England Journal of Medicine. PLoS reçoit le soutien financier de plusieurs fondations tout en mettant sur pied un modèle économique viable, avec des revenus émanant des frais de publication payés par les auteurs, et émanant aussi de la publicité, des sponsors et des activités destinées aux membres de PLoS. PLoS souhaite en outre que ce modèle économique d'un genre nouveau inspire d'autres éditeurs pour créer des revues du même type ou pour mettre des revues existantes en accès libre.

2003 > HANDICAPZÉRO, L'INTERNET POUR TOUS

[Résumé] Un enjeu important est l'information accessible à tous. Mis en ligne en septembre 2000, le site Handicapzéro devient en février 2003 un portail généraliste offrant un accès adapté à l'information pour les francophones ayant un problème visuel, à savoir plus de 10% de la population. Les aveugles peuvent accéder au site au moyen d'une plage braille ou d'une synthèse vocale. Les malvoyants peuvent paramétrer sur la page d'accueil la taille et la police des caractères ainsi que la couleur du fond d'écran pour une navigation confortable. Les voyants peuvent correspondre en braille avec des aveugles par le biais du site. Plus de 2 millions de visiteurs utilisent les services du portail au cours de l'année 2006. Handicapzéro entend ainsi démontrer «que, sous réserve du respect de certaines règles élémentaires, l'internet peut devenir enfin un espace de liberté pour tous.»

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Un enjeu important est l'information accessible à tous. Le site Handicapzéro devient en février 2003 un portail généraliste offrant un accès adapté à l'information pour les francophones ayant un problème visuel.

Depuis sa création en 1987, l'association Handicapzéro a pour but d'améliorer l'autonomie de ces personnes, à savoir plus de 10% de la population francophone. En France par exemple, une personne sur mille est aveugle, une personne sur cent est malvoyante et une personne sur deux a des problèmes de vue.

Mis en ligne en septembre 2000, le premier site web de l'association devient rapidement le site adapté le plus visité de France, avec 10.000 requêtes mensuelles.

En février 2003, l'association lance un portail offrant en accès libre l'information nationale et internationale en temps réel (en partenariat avec l'Agence France-Presse), l'actualité sportive (avec L'Équipe), les programmes de télévision (avec Télérama), la météo (avec Météo France) et un moteur de recherche (avec Google), ainsi que toute une gamme de services dans les domaines de la santé, de l'emploi, de la consommation, des loisirs, des sports et de la téléphonie.

Les aveugles peuvent accéder au site au moyen d'une plage braille ou d'une synthèse vocale. Les malvoyants peuvent paramétrer sur la page d'accueil la taille et la police des caractères ainsi que la couleur du fond d'écran pour une navigation confortable, en créant puis modifiant leur profil selon leur potentiel visuel. Ce profil est utilisable aussi pour la lecture de n'importe quel texte situé sur le web, en faisant un copier-coller dans la fenêtre prévue à cet effet. Les voyants peuvent correspondre en braille avec des aveugles par le biais du site, Handicapzéro assurant gratuitement la transcription et l'impression braille des courriers ainsi que leur expédition par voie postale en Europe.

Plus de 2 millions de visiteurs utilisent les services du portail au cours de l'année 2006. Handicapzéro entend ainsi démontrer «que, sous réserve du respect de certaines règles élémentaires, l'internet peut devenir enfin un espace de liberté pour tous.»

Qu'en est-il pour l'accès aux livres? Patrice Cailleaud, directeur de la communication de Handicapzéro, explique en janvier 2001 que, si le livre numérique est «une nouvelle solution complémentaire aux problèmes des personnes aveugles et malvoyantes, (...) les droits et autorisations d'auteurs demeurent des freins pour l'adaptation en braille ou caractères agrandis d'ouvrage. Les démarches sont saupoudrées, longues et n'aboutissent que trop rarement.»

D'où la nécessité impérieuse de lois nationales suite à une loi internationale du droit d'auteur pour les personnes atteintes de déficience visuelle. Dans l'Union européenne, la directive 2001/29/CE de mai 2001 sur «l'harmonisation de certains aspects du droit d'auteur et des droits voisins dans la société de l'information» insiste dans son article 43 sur la nécessité pour les États membres d'adopter «toutes les mesures qui conviennent pour favoriser l'accès aux oeuvres pour les personnes souffrant d'un handicap qui les empêche d'utiliser les oeuvres elles-mêmes, en tenant plus particulièrement compte des formats accessibles». Il reste à appliquer cet article à large échelle.

2003 > LE MATÉRIEL D'ENSEIGNEMENT DU MIT

[Résumé] En septembre 2003, le MIT (Massachusetts Institute of Technology) lance officiellement le MIT OpenCourseWare pour mettre le matériel d'enseignement de ses cours à la disposition de tous, avec accès libre et gratuit. Ce matériel comprend des textes de conférences, des travaux pratiques, des exercices et corrigés, des bibliographies, des documents audio et vidéo, etc. Le site donne accès au matériel d'une centaine de cours en septembre 2003, 500 cours en mars 2004, 1.400 cours en mai 2006 et 1.800 cours en novembre 2007, à savoir la totalité des cours dispensés par le MIT. Le matériel de ces cours est ensuite régulièrement actualisé. Certains cours sont traduits en espagnol, en portugais et en chinois avec l'aide d'autres organismes. En décembre 2005 est lancé en parallèle l'OpenCourseWare Consortium (OCW Consortium) pour proposer le matériel d'enseignement d'autres universités, avec cent universités participantes un an plus tard.

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Le MIT (Massachusetts Institute of Technology) décide de mettre le matériel d'enseignement de ses cours à la disposition de tous dans un OpenCourseWare, avec accès libre et gratuit.

Qu'est-ce qu'un OpenCourseWare? Un OpenCourseWare peut être défini comme la publication électronique en accès libre du matériel d'enseignement d'un ensemble de cours.