L'art d'aimer les livres et de les connaître: lettres à un jeune bibliophile
Part 10
Mais après 1830, la situation financière étant devenue meilleure, la haute bourgeoisie qui s'enrichissait, la noblesse qui avait conservé sa fortune ou en avait obtenu la restitution, se remirent à acquérir des objets de luxe. Une certaine rivalité excita l'émulation des amateurs, et, l'amour-propre s'en mêlant, chacun voulut avoir les plus beaux livres, ou les plus beaux tableaux, ou les plus beaux bronzes, ou les plus beaux marbres, etc... Les bibliophiles, dont le goût se formait au contact des beaux livres anciens, commencèrent à donner leur avis et ensuite à imposer leurs idées aux relieurs, lesquels firent de leur mieux pour contenter des clients devenus très sérieux et déjà difficiles.
Les progrès de la reliure ne se sont point arrêtés et de nos jours cet art est arrivé à atteindre une grande perfection.
Ce fut d'abord Purgold,--le contemporain de Simier et surtout de Thouvenin,--qui recommença à donner un plus grand soin au travail matériel, au «corps d'ouvrage», dans la reliure en maroquin. Bon ouvrier lui-même, il sut s'entourer de gens habiles, et c'est de son atelier que sortit Bauzonnet dont le nom devait faire époque dans les annales de la reliure, surtout accolé à celui de Trautz son successeur, qui dépassa encore le maître.
Les reliures de Purgold étaient «à dos plat» comme celles de ses prédécesseurs, mais elles offraient plus de solidité et plus de fini dans l'exécution. Son élève, Bauzonnet, réforma graduellement ces dos, qui manquaient peut-être de grâce, tout en étant très commodes et en facilitant l'ouverture des volumes. Il les arrondit peu à peu et en amincissant légèrement les cartons il donna aux reliures un cachet plus élégant.
Ce fut lui aussi qui commença à remettre à la mode l'emploi des petits fers pour l'exécution de la dorure, tandis que depuis de longues années on se servait presque toujours de plaques gravées frappant d'un seul coup l'ornementation de chaque plat, ce qui était plus expéditif mais moins gracieux. On n'a plus conservé l'habitude d'employer ces plaques que pour les livres d'étrennes ou de distributions de prix.
Lorsque Trautz devint chef de l'atelier de Bauzonnet, il accentua encore la forme ronde pour le dos des reliures, ce qui leur donna une consistance qu'elles n'avaient pas eu depuis Du Seuil, Boyet et Padeloup. Mais ce qui fut une grande qualité chez ces maîtres devint un défaut chez Trautz, car les volumes reliés par ce dernier, surtout ceux qui sont de petit format et épais, s'ouvrent difficilement, tant le dos est rond et serré, tandis que les reliures anciennes de ceux que nous venons de citer s'ouvrent très bien.--Il faut dire, non sans malice, que plusieurs amateurs bibliomanes ont attaché peu d'importance à ce défaut, qu'ils ont même considéré comme un progrès, n'éprouvant jamais, sans doute, le besoin d'ouvrir leurs livres.
Mais heureusement Trautz a eu un mérite autrement sérieux. Plus spécialement doreur que relieur, lorsqu'il était ouvrier dans l'atelier de Bauzonnet, il avait eu l'occasion de perfectionner son art, en exécutant l'ornementation de reliures de grand luxe, destinées à de riches amateurs. Devenu à son tour chef de maison, il continua à se réserver la dorure, en prenant des ouvriers habiles pour exécuter le travail matériel de la reliure, préparer ou plutôt _parer_ le maroquin, _endosser_ et _couvrir_. Mais l'œil du maître veilla toujours sur l'ensemble, et c'est grâce à ces soins minutieux donnés à tous les travaux sortant de son atelier, que ses reliures ne tardèrent pas à être fort prisées de la plupart des bibliophiles.
Plusieurs relieurs actuels, mais surtout Thibaron et Cuzin, procèdent immédiatement de Trautz; le premier fut son ouvrier et le second s'attacha à prendre ses bons principes, qu'il appliqua ensuite fort habilement. L'un et l'autre sont actuellement de très bons relieurs.
Je tiens à mentionner tout spécialement, à côté de Trautz, un artiste qui existe encore et dont le nom et les travaux vivront avec un certain éclat, quoi qu'en aient dit quelques amateurs trop exclusifs. Je veux parler de Lortic, à qui il serait injuste de ne pas attribuer une large part dans la renaissance de la reliure et surtout de la dorure. Contemporain de Trautz-Bauzonnet, quoique plus jeune, Lortic fut un rival sérieux, et il faut dire que si des bibliophiles lui préférèrent Trautz, il eut aussi un grand nombre de partisans. D'abord Lortic exécuta des reliures beaucoup plus importantes, dans lesquelles il fallut dépenser une bien plus grande science de composition et une bien plus grande habileté d'exécution que pour celles de Trautz.
Lortic, très bien secondé par ses fils (qui lui succèdent aujourd'hui), créa un grand nombre de dessins, souvent fort compliqués, et les exécuta avec succès. Si l'on a pu lui reprocher quelques incorrections de style, on aurait bien dû aussi mettre en balance la difficulté de trouver une ornementation essentiellement appropriée au genre du livre ou à son époque. On lui demanda des reliures très riches, très ornées, très brillantes, il trouva dans son imagination le modèle de ces reliures, tout en tenant compte autant que possible de la nature des volumes ou de leur âge. On voyait à l'Exposition universelle de 1878 plusieurs reliures d'une grande richesse, faites par lui et à l'exécution desquelles ses fils avaient largement collaboré.
La plupart de ses ornements à mosaïque sont des créations, et les dessins en sont nombreux. Reprochez-lui maintenant quelques fautes de goût, trouvez mauvais qu'il surcharge de dorure toutes ses œuvres, vous le pouvez. D'autres vous répondront que c'est là un genre à part, que ce genre plaît à beaucoup d'amateurs, et qu'en somme un artiste original est toujours plus méritant qu'un habile copiste.
Trautz a montré beaucoup de goût dans l'exécution de presque toutes ses reliures; sa manière de dorer était excellente et donna des résultats superbes; son ornementation avait un grand caractère; tout cela est vrai, soit; c'est bien à considérer, et les bibliophiles ont raison d'estimer des travaux aussi parfaits. Mais Trautz n'a rien ou presque rien créé; il a imité les meilleurs artistes anciens, dont il a su choisir les beaux échantillons. Il a composé ses grandes dorures en s'inspirant des superbes _compartiments_ à entrelacs du relieur de Jean Grolier, ou des ornements à volutes et à feuillages des Nicolas Ève et Clovis Ève. Ses belles dorures au pointillé ou au petit fer microscopique sont souvent copiées sur des reliures de Le Gascon. Il a pris à Padeloup et à Derome les modèles de ses plus importantes mosaïques. Et tout cela est arrangé avec une habileté remarquable; c'est ce qui fait son principal mérite, et c'est aussi sans doute pour cela que les grands bibliophiles, dont le goût est très classique, dont l'œil est habitué aux belles œuvres des anciens relieurs, ont accordé au disciple fidèle de ces artistes une telle préférence.
On peut encore citer comme bons relieurs, quelques-uns de l'époque de Trautz et de Lortic, par exemple Niedrée, Duru, Capé, et parmi les nouveaux, Motte, successeur de Trautz, Cuzin, Thibaron, Lortic frères, successeurs de leur père, Marius-Michel et fils, d'anciens doreurs qui se sont mis depuis quelques années à relier, Mme Reymann, Amand, Chambolle, successeur de Duru, David, etc. Quelques-uns font surtout de la demi-reliure d'amateur, avec dos et coins de maroquin, et ils excellent en ce genre; ce sont: David, Roussel, Raparlier, Affolter, Mme Brany, Smeers, etc ... Quel que soit le relieur que vous choisissiez entre tous ceux-là, vous aurez de bon travail, pourvu toutefois que vous ne le pressiez pas trop; car, chez de tels ouvriers, les reliures ne se font pas par douzaines ou par grosses, comme dans les ateliers spéciaux où les volumes sont reliés presque à la vapeur, par des moyens mécaniques.
En général il faut que vous ayez la patience d'attendre au moins six mois à un an pour des reliures pleines en maroquin, bien faites, et au moins deux mois pour des demi-reliures. En voici la raison: les bons relieurs n'ont pas autant d'ouvriers que les relieurs de commerce; ils n'en ont pas moins beaucoup de clients et des clients difficiles, ce qui les force à travailler lentement, pour soigner leurs œuvres. Ensuite ils commencent leurs reliures par séries d'un même genre, par _trains_, comme ils disent, de quarante ou cinquante, ou cent, suivant leur personnel. Chaque partie de la reliure de ces volumes s'exécute en même temps pour tous, et quand toute la série est terminée, on en commence une autre. Quand vous donnez des livres à relier, il est évident que plusieurs séries ont pris rang avant vous; vous devrez attendre le _train_ dans lequel passeront vos volumes. Et pour que les reliures soient réussies, il faut que le collage de chaque partie soit très sec avant de passer à une autre partie; c'est ce qui fait que l'ensemble du travail exige un temps assez long.
Un grand ennui, qu'il fallait subir quand on donnait un livre à relier chez Trautz-Bauzonnet, par exemple, c'était d'attendre souvent plusieurs années. Cet artiste n'avait qu'un ouvrier et par conséquent produisait peu, voulant tout voir et repasser par lui-même.
Voici, mon ami, quelques recommandations bonnes à vous rappeler, quand vous ferez relier un volume. Lorsque vous commandez une reliure pleine,--entièrement recouverte de maroquin ou de veau,--faites rogner légèrement les tranches, pas plus qu'il ne faut pour les dorer. Si c'est une demi-reliure que vous désirez, avec coins en maroquin comme le dos, ne faites rogner que la tranche supérieure, qui devra être aussi dorée, tandis que les autres tranches resteront à leur état naturel, avec marges intactes. Ceci est le grand genre de notre époque.
Il est de mode aussi de relier avec le livre la couverture entière de la brochure, de sorte que le volume reste sous le maroquin, tel qu'il a paru. J'approuve ce système, qui s'explique seul lorsqu'il s'agit de couvertures illustrées de gravures, lesquelles sont curieuses à conserver; et pour faire comprendre qu'on garde même des couvertures simplement imprimées, il faut dire qu'elles contiennent souvent des renseignements qu'on ne trouverait pas ailleurs. A notre époque de documents précis et méticuleux, quelques mots ou quelques lignes ont parfois de l'importance.
Faites relier en plein maroquin les ouvrages d'un réel mérite littéraire, soit anciens, soit modernes, et pour ces derniers choisissez autant que possible des exemplaires imprimés sur papier supérieur. Cela a été fait et se fait encore pour la plupart des volumes publiés de nos jours, comme cela se faisait autrefois pour quelques ouvrages les plus intéressants.
Les livres de travail demandent de bonnes et solides reliures, avec dos et coins de maroquin et plats en carton recouverts de papier. (La toile ou la percaline estampées à froid ou dorées, comme recouvrement des plats, n'ont aucun cachet et ne se mettent que sur les livres d'étrennes pour enfants ou de distributions de prix.) Les romans, les poésies, les critiques, les biographies, doivent être aussi reliés de la même façon. Cependant je vous engage, en ce qui concerne les volumes auxquels votre goût et le sentiment du public assignent un mérite hors ligne, qui sont destinés par cela même à acquérir une plus grande valeur, à les faire provisoirement cartonner d'une certaine façon, qui les conserve presque intacts. Cela vous permettra plus tard de leur donner la reliure qui leur convient, quand, l'opinion et le temps ayant consacré votre goût, vous serez décidé à en faire la dépense. Dans ce cas, je vous conseillerai de vous adresser à un relieur spécialiste, nommé Carayon, qui a trouvé le moyen de donner à des cartonnages de ce genre un caractère aussi gracieux qu'original. D'autres relieurs, par exemple Pierson, Lemardeley, Gayler-Hirou, Pouillet, Raparlier, les exécutent aussi avec soin.
Voici une anecdote sur la reliure, pour terminer cette lettre. Un relieur m'a raconté qu'ayant été autrefois appelé par M. Thiers, pour prendre un certain nombre de volumes de divers formats, le grand historien le conduisit devant un rayon de sa bibliothèque, dont il lui fit mesurer l'écartement, en lui disant: «Arrangez-vous pour que tous les volumes soient rognés de façon à entrer dans ce rayon.--Mais, Monsieur, les in-12 seuls pourront entrer ici, et pour les in-8 ce sera impossible.--Comment, impossible! s'écria l'homme d'État, je les ai mesurés, et en les réduisant à la taille des in-12 cela ira fort bien; il suffit qu'on puisse lire le texte; les marges ne signifient rien.»
Je ne vous engage pas, mon ami, à suivre l'exemple de cet illustre niveleur de volumes, qui faisait abattre des marges, comme le Grand Cardinal faisait abattre des têtes, quand elles étaient trop hautes et qu'elles le gênaient. Cela prouve qu'on peut être un écrivain éminent et un habile politicien sans être bibliophile; mais cela ne prouve pas qu'un bibliophile ne puisse être un grand homme. Jacques-Auguste de Thou, Richelieu, Colbert, le prince Eugène de Savoie, aimaient les livres et les faisaient relier avec luxe; ce n'étaient pas là des pygmées, je pense!
DERNIERS MOTS
VOILA mon premier recueil terminé. J'avoue que j'éprouve une grande émotion en le livrant au public spécial, délicat et pointilleux des bibliophiles. Sera-t-il lu seulement? Daignera-t-on y prendre un peu d'intérêt?
Si, par hasard, quelqu'un allait prétendre que ce volume ne renferme pas même trois bonnes pages, il aurait tort, car j'ai composé celles qui suivent avec quelques aphorismes tirés des meilleurs ouvrages écrits sur le goût des livres.
Richard de Bury, grand chancelier d'Angleterre au XVIe siècle, a laissé un fameux ouvrage, intitulé _Philobiblion_, dans lequel il se montrait déjà ardent bibliophile. J'en extrais ceci:
«Les livres nous charment lorsque la prospérité nous sourit, ils nous consolent lorsque la mauvaise fortune semble nous menacer; ils donnent de la force aux conventions humaines et sans eux les graves jugements ne se prononcent pas.
Les arts et les sciences résident dans les livres et aucun esprit ne suffirait à exprimer le profit que l'on peut en tirer.
En retournant ce que Sénèque nous apprend dans sa 84e lettre, «que l'oisiveté sans livres est la mort et la sépulture de l'homme vivant», nous conclurons incontestablement que le commerce des lettres et des livres constitue la vie...»
A côté de cette apologie enthousiaste des livres pour ce qu'ils contiennent, je place deux remarques plus sceptiques et tout aussi justes. La première est de d'Alembert:
«L'amour des livres, quand il n'est pas guidé par la philosophie et par un esprit éclairé, est une des passions les plus ridicules. Ce serait à peu près la folie d'un homme qui entasserait cinq ou six diamants sous un monceau de cailloux.»
L'autre est un peu le pastiche de celle-là, mais l'auteur, M. de Sacy, a eu soin de l'idéaliser, tout en accentuant encore le côté satirique:
«Le goût des livres, quand il n'est pas la passion d'une âme honnête, élevée et délicate, est le plus vain et le plus puéril de tous les goûts.»
Jules Janin, dans sa petite plaquette: _l'Amour des livres_,--que je regrette presque d'avoir jugée un peu cavalièrement en quelque endroit de mes lettres,--a écrit des pensées plus encourageantes:
«Les livres ont encore cela d'utile et de rare: ils nous lient d'emblée avec les plus honnêtes gens; ils sont la conversation des esprits les plus distingués, l'ambition des âmes candides, le rêve ingénu des philosophes dans toutes les parties du monde; parfois même ils donnent la renommée, une renommée impérissable, à des hommes qui seraient parfaitement inconnus sans leurs livres...
Accordez-nous, grands dieux, une provision suffisante de beaux livres, qui nous accompagnent dans notre vie, et nous servent de témoignage après notre mort.»
Et Jules Richard, dans l'_Art de former une bibliothèque_: «Après avoir profité de tous les biens de ce monde dans la juste mesure de mes moyens et de mes forces, je puis, sans hypocrisie, constater ici que, de toutes les jouissances, celles qui proviennent de l'amour des livres sont, sinon les plus vives, tout au moins les plus facilement et les plus longtemps renouvelables.»
C'est, en quelques phrases, le vrai code moral, philosophique et sensé de la bibliophilie.
TABLE
Pages.
PRÉFACE I
DÉCLARATION III
LETTRE I De la bibliophilie.--Du goût de la lecture.--Comment on devient bibliophile.--Il ne faut pas prêter ses livres.--Deux devises opposées sur ce sujet.--Il faut savoir discerner les bonnes éditions des mauvaises. 1
LETTRE II De la tendance à acquérir beaucoup de livres, sans choix raisonné.--Des goûts différents de chaque amateur.--Folie de ceux qui voudraient avoir tous les livres intéressants.--De l'urgence d'acheter des ouvrages de bibliographie.--Énumération des principaux ouvrages de ce genre. 9
LETTRE III Réflexions sentimentales et physiologiques sur la lecture et sur l'amour des livres.--Du goût des livres comme traitement des maladies de l'âme.--Un livre est un ami qui ne _trahit_ jamais. 19
LETTRE IV Nouveaux ouvrages de bibliographie à acquérir.--Variations du prix des livres et de la mode en bibliophilie.--Le goût des amateurs se modernise.--Livres du XVIIIe et du XIXe siècle.--Guides relatifs à ces ouvrages. 31
LETTRE V Des moyens de composer une bibliothèque.--Opinion de Jules Janin sur la manière d'acheter des livres.--Nécessité d'avoir des volumes dont le texte intéresse d'abord et contienne des documents.--Des volumes achetés pour leur reliure ou leur provenance.--De la vanité chez les bibliophiles.--Ouvrages littéraires anciens.--Éditions _princeps_ d'Homère et de Virgile.--Méthode pour dresser un catalogue de ses livres. 39
LETTRE VI Les éditions originales des grands classiques français du XVIIe siècle; leur valeur actuelle comparée à celle de 1845 environ; leur rareté.--Éditions originales du _Cid_, de _Sganarelle_ et des _Plaideurs_, rarissimes.--Les _Femmes savantes_, édition datée de 1672.--Éditions collectives des œuvres de Corneille, Molière, Racine, etc....--Premières éditions de tous les bons écrivains.--Les meilleurs auteurs du XVIIIe siècle.--Paul et Virginie, de 1789, avec figures de Moreau.--Petite collection Didot et Bleuet.--Ouvrages du XVIIIe siècle, souvent insipides, mais ornés de gracieuses vignettes.--Choix à faire dans les volumes de cette époque. 47
LETTRE VII Littérature du XIXe siècle.--Premières éditions de nos grands poètes.--Lamartine, Victor Hugo, Alfred de Musset, Alfred de Vigny.--Divers ouvrages de Stendhal et de Théophile Gautier.--Folies faites à propos de _Mademoiselle de Maupin_. 57
LETTRE VIII Charles Dovalle, le _Sylphe_; J.-G. Farcy, _Reliquiæ_.--Premières éditions de quelques ouvrages de Mérimée, de Balzac, George Sand, Jules Sandeau, Sainte-Beuve.--Écrivains contemporains: Alexandre Dumas fils, Octave Feuillet, Henri Murger, Charles Baudelaire, Gustave Flaubert, Théodore de Banville, Albert Glatigny, Alphonse Daudet, etc. 67
LETTRE IX Livres illustrés du XIXe siècle.--_Paul et Virginie._--Les _Contes_ de Perrault.--L'_Expédition des Portes de Fer_.--_Chants et chansons populaires de la France._--_Notre-Dame de Paris._--La _Peau de chagrin_.--_Chansons_ de Béranger.--Le _Livre des Orateurs_.--Le _Musée Dantan_.--Ouvrages illustrés par J.-J. Grandville.--La Pléiade.--Les _Français peints par eux-mêmes_.--Le _Diable à Paris_.--Ouvrages illustrés par Gavarni.--Œuvres de H. de Balzac.--Volumes illustrés par Gustave Doré.--La Caricature.--_Jérôme Paturot._--L'_Assemblée nationale comique_.--La _Revue Comique_, les _Robert Macaire_.--La _Correctionnelle_.--Ouvrages illustrés de gravures à l'eau-forte.--Volumes d'Alfred Delvau.--Collections Jouaust et Lemerre.--Œuvres de Molière, avec dessins de Leloir.--Divers ouvrages illustrés par Lalauze, Hédouin, Worms, etc....--Livres publiés par l'éditeur Conquet, avec gravures au burin et gravures sur bois.--Les reproductions d'anciennes gravures.--La _Bibliographie des ouvrages illustrés du XIXe siècle_. 75
LETTRE X Ouvrages antérieurs au XVIIe siècle.--Le _Roman de la Rose_; Les _Cent Nouvelles nouvelles_.--Éditions anciennes de Boccace.--Premières éditions de Gringoire, de Coquillart. Romans de chevalerie.--Œuvres de Villon, Clément Marot, Marguerite de France, reine de Navarre, Louise Labé, Pernette du Guillet, Bonaventure Des Périers.--Premières éditions des livres séparés de Rabelais; ses Œuvres complètes.--Poètes de la fin du XVIe siècle, jusqu'à Malherbe exclusivement. 93
LETTRE XI Les manuscrits enluminés, du XIIIe au XVe siècle.--Les manuscrits plus anciens.--Ceux qui sont les plus estimés.--L'école française.--Les écoles de Paris, de Bourgogne et de Touraine.--L'école flamande et l'école italienne.--Les peintures en grisaille, fort recherchées.--Quelques manuscrits de la collection Didot.--Le fameux «Évangéliaire» de Charlemagne.--L'écriture aux différents siècles.--L'art aux époques carlovingiennes, à l'époque gothique et à l'époque de la Renaissance.--Divers artistes du XVe siècle.--Nécessité d'apprendre à bien connaître les manuscrits.--Disette d'œuvres calligraphiques dans la seconde moitié du XVIe siècle.--Les écrivains sous Louis XIII et Louis XIV.--Jarry, la _Guirlande de Julie_, etc. 105
LETTRE XII Variations du goût des bibliophiles; relations des amateurs avec les libraires.--Anciens bibliophiles désintéressés.--Spéculateurs qui ont causé la hausse exagérée et ensuite la baisse du prix des livres.--Les amateurs nouveaux, acheteurs de livres modernes.--L'éclectisme en bibliophilie. 115
LETTRE XIII Idées bizarres des femmes sur le goût des livres; prétendue influence de ce goût sur les relations matrimoniales.--Réfutation de ces idées.--La bibliophilie bien ordonnée, au point de vue spéculatif, que les femmes ne dédaignent pas.--Agrément de lire un ouvrage dans un volume bien imprimé et de bel aspect.--Satisfaction de trouver immédiatement sous la main un livre qu'on veut relire.--Comparaison des bibliophiles avec les autres collectionneurs.--Anecdote positive et financière sur les avantages qu'on peut retirer d'une bibliothèque bien choisie.--Derniers conseils aux femmes.--Princesses et grandes dames bibliophiles, du temps passé et de nos jours. 123
LETTRE XIV Armoiries et provenances des volumes.--Armoiries anciennes fort recherchées, armoiries modernes dépréciées; motifs de cette différence.--Personnages dont les armoiries augmentent beaucoup le prix des livres.--Qualité des reliures armoriées, influant sur le prix.--Les _ex libris_. 137
LETTRE XV Annotations ou signatures des personnages célèbres.--Signature de Molière très précieuse; ses autographes introuvables.--Volumes annotés par les écrivains célèbres de diverses époques.--Dédicaces d'auteurs; autographes joints aux volumes.--Lettres de nos grands écrivains modernes; celles qui sont les plus recherchées.--Les dédicaces ou _ex dono_.--Quelques _ex dono_ curieux. 149