L'anti-moine: nos numerus sumus & fruges consumere natis

Part 2

Chapter 2468 wordsPublic domain

199. Un Cénobite oisif. _Un quelqu'un a dit qu'il falloit se méfier d'une femme par devant, d'une mule par derriere, & d'un Moine de tous les côtés._

207. Qui par l'heureux talent. _Nos bons Gaulois craignoient la grillade, & trouvoient qu'il étoit doux de se sauver pour de l'argent. Les Moines leur faisoient accroire qu'ils posséderoient dans le Ciel le centuple du terrein qu'ils leur céderoient ici-bas. C'étoit apparemment fondé sur le droit d'échange, ces bonnes gens leur faisoient des dons considérables afin d'être en Paradis de grands Propriétaires; comme personne ne revenoit de l'autre monde se plaindre d'avoir été attrapé, & que d'ailleurs tout Donataire & Bienfaiteur étoit presque mis au rang des Saints, c'étoit à qui donneroit le plus._

220. Six Moines bien nourris. _Dans toutes Communauté fondée, chaque Moine jouit au moins de deux mille livres: est-ce là l'intention du Fondateur? & les richesses immenses qu'ils possédent ne seroient-elles pas bien mieux placées dans le sein des malheureux?_

224. Observe à leur acquit. _C'est la pensée d'un Curé, qui disoit un jour à un Moine: Mon Pere, à nous deux nous ferions un bon Religieux; vous avez fait voeu de pauvreté, & je l'observe._

_N'est-il pas ridicule que les Moines engloutissent tous les revenus des Cures, & cherchent encore mille chicane à un Curé? Dans tous les Parlemens où les Curés ont des procès contre les gros Décimateurs, les Curés sont presque toujours sur la défiance contre ces animaux insatiables, qui ne disent jamais: nous en avons assez. Ne seroit-il pas plus conforme à la raison & à la Religion qu'un Curé, qui a toute la peine & toutes les charges, jouît en entier du revenu de sa Cure, & que par la loi du Talion on mît tous les Moines à Portion congrue? Si, selon eux, cent écus suffisent à un Curé, pareille somme ne suffira-t-elle pas à des gens qui ont fait voeu de pauvreté? Le Curé ne sera-t-il pas plus en état de soulager ses pauvres, & de vivre suivant la décence de son état? L'on donne à un Évêque une Abbaye, parce qu'il faut, dit-on, qu'il tienne son rang; à la bonne heure, j'y consens de tout mon coeur; mais par la même raison le Curé doit le tenir également, & le mépris que les Paysans ont pour leur Curé ne vient d'ordinaire que de la dépendance nécessaire où ceux-ci sont du Paysan. Le Docteur Worner, dans son Appendix à l'Histoire Ecclésiastique, est surpris que sur dix mille Chapelles ou Églises qui peuvent être en Angleterre, il y en ait six mille qui ont tout au plus 40 livres sterling de revenu. Il seroit donc bien plus étonné si on lui démontrait qu'en France il y a plus de quinze mille Cures dont le revenu va tout au plus à 16 livres sterling, sur lesquelles 16 livres un Curé est obligé de payer ses Décimes, un Domestique, de faire les réparations de son Presbitere, & de donner l'aumône à ses Paroissiens._

FIN.