L'Abbé de l'Épée: sa vie, son apostolat, ses travaux, sa lutte et ses succès

Part 23

Chapter 233,441 wordsPublic domain

Mort du président de la commission, M. le marquis de Sémonville.--M. le baron de Fresquienne élu à sa place.--Demande d'autorisation au Ministre de l'instruction publique pour élever la statue sur l'axe de la grille de clôture du jardin de l'École normale.--Réponse favorable.--M. Michaut s'engage à ce que les frais de la statue ne dépassent pas dix mille francs, et demande à en commencer le modèle en argile plastique.--M. l'architecte Petit invité à dresser un devis estimatif des dépenses du piédestal et des grilles.--Autorisation du conseil municipal, émettant toutefois le vœu qu'on choisisse un emplacement plus convenable.--Projet d'une médaille en bronze, destinée à chaque souscripteur.

Chapitre XXXIII 270

M. Aubernon, préfet de Seine-et-Oise, avant de donner son approbation complète au projet de monument qu'on prépare à l'abbé de l'Épée, désire être mieux édifié sur diverses circonstances qui s'y rattachent.--Réponses de la commission aux différentes questions qui lui ont été soumises par M. le préfet.--Première pensée d'une entrevue de quelques membres du conseil municipal de Versailles avec quelques membres de la commission du monument, ayant pour but d'essayer de lever en commun ces obstacles.--Délibération favorable du conseil municipal en réponse aux objections soulevées par M. le préfet.--Rédaction d'un prospectus à répandre pour activer les souscriptions.

Chapitre XXXIV 276

Lettre d'envoi du prospectus.--Premières listes de souscriptions.--Empressement des évêques et du clergé.--Offrande de 300 francs de la part du roi Louis-Philippe.--Les membres de la commission invités à donner chacun son avis sur le modèle de la statue. --Le statuaire Michaut promet d'en profiter.--Souscriptions des sourds-muets, recueillies par le docteur Doumic.--Projet d'exposition du modèle de la statue dans la cour de l'Institution des sourds-muets de Paris.--Le préfet de Seine-et-Oise accepte les fonctions de président d'honneur de la commission.--MM. Molé, Lepelletier-d'Aunay, Bertin de Vaux et le duc de Luynes désignés pour en être membres d'honneur.--Le Ministre de la guerre regrette de ne pouvoir accorder le bronze qu'on lui demande pour la confection de la statue.

Chapitre XXXV 284

Exposition du modèle de la statue dans la cour de l'Institution des sourds-muets de Paris.--Description. Éloge.--Visite du préfet de Seine-et-Oise, du maire de Versailles, d'un de ses adjoints, de délégués du conseil municipal, de membres de la commission des souscripteurs.--Mes impressions en présence de la statue.--Engagement du fondeur.--Adoption de la statue par le conseil municipal, qui décide qu'elle sera placée à la croix des rues Royale et d'Anjou.--M. Michaut se soumet aux corrections indiquées. --L'architecte de la ville mis à la disposition de l'œuvre. --Nouveaux moyens à employer pour activer les souscriptions.

Chapitre XXXVI 298

Hommage, par la commission des souscripteurs, au conseil municipal de la statue de l'abbé de l'Épée.--Examen du bronze destiné à cette œuvre.--Déficit de 2,700 fr. sur la somme nécessaire à l'achèvement des travaux.--Le conseil municipal en vote 2,000.--Projet d'une plaque commémorative.--Inscription de la face principale du monument.--Travaux du fondeur surveillés par le statuaire.--Érection fixée au 3 septembre 1843.--Dernières dispositions. --Programme de la fête.--Décision du conseil municipal.--Je suis invité à adresser une allocution mimique aux sourds-muets qui assisteront à la cérémonie.

Chapitre XXXVII 310

Inauguration de la statue de l'abbé de l'Épée à Versailles, sa ville natale.--Autorités, garde nationale, les sourds-muets de Paris et d'Orléans.--Désintéressement du chemin de fer.--Absence regrettable du clergé.--Nombreuse affluence de spectateurs.--Discours du préfet, au nom de la commission des souscripteurs. Réponse du maire.--Notice sur la vie et les travaux de l'abbé de l'Épée, par M. de Sainte-James, secrétaire de la commission du monument.--Mon allocution mimique.--Salves d'artillerie. --Absence du vénérable Paulmier.--Discours qu'il devait prononcer.

Chapitre XXXVIII 322

Pièces de vers auxquelles donne naissance l'inauguration de la statue de l'abbé de l'Épée, à Versailles. Improvisation poétique du sourd-muet Pélissier, avec épigraphe du sourd-muet Lenoir.--Le conseil municipal autorise le maire à accepter le monument, et adresse des remercîments aux commissaires, aux souscripteurs et au statuaire.--La commission sollicite en vain de M. le Ministre de l'intérieur, par l'intermédiaire de M. le préfet, une dernière subvention pour solder ses comptes.--Relevé définitif des recettes et dépenses.--Tribut de regret de la commission à quatre de ses membres décédés.--Ses remercîments à M. le préfet Aubernon. --Elle décerne une médaille au statuaire Michaut.--Désir des souscripteurs sourds-muets de voir leurs noms imprimés dans les journaux, afin de constater leur reconnaissance pour l'abbé de l'Épée. La commission ne peut que faire lithographier des listes générales.--Conclusion: sept vœux émis; trois encore à exaucer, une statue dans l'Institution, berceau de l'art d'élever les sourds-muets; deux inscriptions, l'une, sur la maison modeste où il naquit, à Versailles, l'autre, sur la maison modeste où il commença à enseigner, à Paris.

Notes 335

* * * * *

Notes de bas de page:

[1] _Résumé des travaux_ de l'ex-Société centrale des sourds-muets de 1838 à 1843, par MM. Lenoir et Allibert, professeurs sourds-muets.--Rapports sur l'état des recettes et dépenses de cette Société dans le même intervalle de temps, par MM. Dubois et Imbert, le premier sourd seulement, le second sourd-muet.

[2] Toutefois, il y a apparence que ces infortunés étaient mieux traités chez les Romains, pourvu toutefois qu'ils montrassent de l'aptitude à une spécialité quelconque, puisque nous voyons Pline citer l'un d'eux, nommé Pedius, comme s'exerçant dans les beaux-arts.

[3] Extrait de l'_Annuaire de l'Institut des sourds-muets et des aveugles de Bruges_, 1841, par M. l'abbé Carton, directeur de cet établissement.

[4] Voyez la note A à la fin du volume.

[5] La maison qui fut son berceau n'existe plus. Elle était située sur le terrain actuel de l'hospice, à l'angle des rues de Bourbon et de l'Abbé-de-l'Épée (naguère de Clagny).

[6] Voyez la note B.

[7] Voyez la note C.

[8] Voyez la note D.--Copies authentiques de six pièces émanées des anciennes archives du diocèse de Troyes et déposées à la préfecture de l'Aube, précédées de la réponse de M. le chanoine Coffinet, secrétaire de cet évêché, à M. Sainte-James de Gaucourt, secrétaire de la Commission pour l'érection de la statue de l'abbé de l'Épée à Versailles.

[9] En 1743.

[10] _La Revue ecclésiastique_, 33e livraison, février.

[11] Voyez la note E.--Observations d'un ecclésiastique aussi tolérant qu'éclairé, M. l'abbé Bouchot, aumônier de l'institution des sourds-muets d'Orléans.

[12] Éloge de l'abbé de l'Épée, par Bébian, censeur des études de l'institution des sourds-muets de Paris.

[13] Chateaubriand a dit quelque part en parlant des sauvages de l'Amérique:

«La conversation devint bientôt générale, c'est-à-dire par quelques mots entrecoupés de ma part et par beaucoup de gestes, langage expressif que ces nations entendent à merveille et que j'avais appris parmi elles.»

[14] Lettre seconde de l'instituteur des sourds-muets à M. l'abbé *** en 1772 (_Institution des sourds-muets par la voie des signes méthodiques_).

[15] _Institution des Sourds-Muets, par la voie des signes méthodiques_. 1re partie. Page 89.

[16] La _Polygraphie_ ou _écriture universelle, cabalistique_, de Trithème.--L'ouvrage de Comenius intitulé: _Janua linguarum reserta_ (1601).--Bécher de Spire (1661). _Character pro notitiâ linguarum universale_.--John Wilkins, _an essay towards a real character and philosophical_.--La _Pasigraphie_, ou écriture universelle, du chevalier de Maimieux.--_L'anti-pasigraphie_ de Vater.--_Manuel polyglote_ de Cambry, d'après le plan de Bécher.--_Essai pasigraphique_ de Zacharie Nather.--_Cours de Pasigraphie_ de Schmid, ouvert en 1807 au lycée de Dilengen.

Ces citations sont extraites de l'_Investigateur_, journal de l'institut historique. Tome IX, 172e livraison.--Mars 1849.

[17] Une liste de leurs ouvrages serait ici bien longue. Contentons-nous donc de citer quelques-uns, de ceux qui ont été publiés en français:

_Essai sur l'articulation de la voix,_ par Laurent de Blois, 1831.

--_La parole rendue aux sourds-muets,_ par le même.--_Tableau des éléments de la parole artificielle et de la lecture sur les lèvres à l'usage des sourds et demi-sourds de naissance et par accident,_ par M. Piroux, directeur de l'institution des sourds-muets de Nancy, 1838.--_Méthode de phonologie et de labéologie,_ par le même, idem.--_Mécanisme de la parole mis à la portée des sourds de naissance,_ par M. Vaïsse, professeur de la classe de perfectionnement de l'institution nationale des sourds-muets de Paris.--Brochure de M. Valade-Gabel, ancien directeur de l'institution, nationale des sourds-muets de Bordeaux, 1839, intitulée: _Quel rôle l'articulation et la lecture sur les lèvres doivent-elles jouer dans l'enseignement des sourds-muets?--La parole enseignée aux sourds-muets, sans le secours de l'oreille,_ par J. B. Puybonnieux, professeur et archiviste-bibliothécaire à l'institution nationale des sourds-muets de Paris, 1843.--_Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et morales,_ par le même, 1846.

[18] Voyez à la note F. un _certificat délivré par l'abbé de l'Épée à Mademoiselle Blouïn,_ certificat publié par M. Piroux, directeur de l'institution des sourds-muets de Nancy dans son intéressant journal mensuel: _l'Ami des Sourds-Muets._ (2e année, 1839-1840.)

[19] Né le 11 avril 1715 à Péniche, ville de l'Estramadure portugaise, à 36 kilomètres de Lisbonne. D'autres placent son berceau à Berlango, dans l'Estramadure espagnole. On appelait alors indifféremment, a-t-on remarqué à cet égard, _juifs portugais_ ou _nouveaux chrétiens_ les premiers Israélites venus de la péninsule hispanique et admis légalement en France par les ordonnances de Henri II.

[20] Jacob Rodrigues Pereire, déjà cité.

[21] M. Bébian remarquait en 1827, dans son excellent _Manuel d'enseignement pratique des sourds-muets_, que plusieurs institutions d'Allemagne ne faisaient usage d'aucun alphabet manuel, mais qu'on y traçait en l'air la forme des lettres comme si on les écrivait. Selon cet instituteur éminent, les lettres ainsi tracées sont beaucoup trop fugitives; elles supposent d'ailleurs une grande habitude d'écrire sur le papier et ne peuvent être par conséquent d'aucune utilité pour les premières leçons.

[22] Voyez à la note G:--1º ma lettre au directeur de l'institution nationale des sourds-muets de Paris sur la _dactylologie _ de M. Leménager; 2º celle que j'ai adressée à la Commission consultative de cet établissement sur la _dactylographie_ de M. Ch. Wilhorgne.

[23] _Institution des Sourds-Muets_, chap. 1, pag. 9-10.

[24] C'est par ce moyen que le père Vanin avait commencé l'éducation des deux sœurs sourdes-muettes.

[25] Il a fait paraître un grand nombre de traductions d'ouvrages anglais qui lui étaient commandés par des éditeurs, des lettres sur la dactylologie et un mémoire publié par le _Journal de Physique_, en 1770.--Il avait, en outre, formé lui-même quelques élèves, parmi lesquels se distinguait une demoiselle de Rennes, dont Le Bouvier Desmortiers cite quelques écrits.--La _dactylologie_ était l'instrument favori de ce sourd-muet très-remarquable, auquel nous sommes redevables, dit-on, de l'adoption de ce mot grec.

[26] Ce moine anglo-saxon passe pour avoir composé le premier un travail méthodique ayant trait au langage doigté.--Il a pour titre _Loquela digitorum_, art d'exprimer les nombres par la position des doigts sur les mains ou des mains sur le corps. Il se compose d'un texte très-court et n'ayant guère que l'étendue d'une des pages du _Magasin pittoresque_ (16e année), et de 55 figures. Les 36 premières expriment les nombres avec les doigts seulement et constituent ainsi ce que l'on est convenu d'appeler la _dactylonomie_; les 19 autres, relatives à la _Chiromamie_, empruntent leur signification aux diverses positions des mains.

Des savants font remonter de pareils systèmes à une haute antiquité. Ils en citent pour preuves un assez grand nombre de passages des auteurs anciens, sacrés et profanes.

[27] _Paralipomenn_, lib. III, cap 3, tome XVI de la collection de ses œuvres, page 462.--_De utilitate ex advertis capiendâ_, lib. II, cap. 7, tome II de ses œuvres, pag. 73.

_De subtilitate_, lib XIV, pag. 425 (édition de Bâle, 1622).

[28] _Extrait de la vie de saint François de Sales_, par Marsollier. Paris, Dufour, 1826. Tome 1er, livre 5e, page 394.

[29] J'ai été induit en erreur, comme beaucoup d'autres, quand j'ai écrit autre part qu'il était muet de naissance.

[30] C'est ce que m'a assuré, du moins, M. Coquebert de Montbret, homme fort instruit, membre sourd-muet de la Société Asiatique, qui, en 1847, a, par son testament, légué non seulement sa fortune, mais sa riche bibliothèque à la ville de Rouen. Voyez la note H où il est parlé de ce legs d'après les _Annales de l'éducation des Sourds-Muets et des Aveugles_, publiées par M. Edouard Morel, 4e année, 4e volume, 1847.

[31] J'ai lu dans l'_Illustration_, 3 novembre 1849, nº 349, vol. XIV, que M. de Carignan, frère aîné du Comte de Soissons, qui était bègue, eut pour percepteur M. de Vaugelas. La grande occupation de ce dernier pendant quatre ans fut de lui enseigner les plus ingénieuses décompositions des mots pour lui en faciliter la prononciation. Le maître étant mort de chagrin de voir ses efforts échouer devant les organes rebelles de l'élève, un Italien nommé Vicenzio Barini prit sa place. Le nouvel instituteur imagina un moyen de lui faire prononcer et assembler quelques lettres on ne sait comment. D'après Armand de Barenta, à qui j'emprunte cette note, il ne paraît pas que M. de Carignan en ait mieux profité.

[32] Ce traité, dont Locke, Leibnitz, Fontenelle, dans son éloge de Leibnitz, et le célèbre philosophe écossais Dugald Stewart, faisaient un grand cas, était devenu si rare, en 1834, qu'une société de bibliophiles de Glascow, connue sous le nom de _club Maitland_, résolut d'en faire, à Edimbourg, tirer, au nombre de cent exemplaires seulement, une nouvelle édition réservée à ses membres. L'Institution nationale des Sourds-Muets de Paris, grâce aux soins éclairés de M. Edouard Morel, alors son secrétaire-bibliothécaire, est parvenu à s'en procurer un, malgré l'énormité du prix, 120 francs.

[33] Il comptait déjà treize ans, et avait reçu un commencement d'instruction de M. Lucas aîné, entrepreneur des bâtiments du Roi pour les ouvrages de plomberie, quand il fut mis en pension, le 26 octobre 1750, chez Pereire, quai des Augustins, par le duc de Chaulnes, son parrain.--Selon M. Coquebert de Montbret, ce sourd-muet, fils d'un maréchal des logis des chevau-légers de la garde, aurait été l'oncle de notre grand orateur Berryer.

[34] Voir son _Dictionnaire de Musique_, art. _Chant_.

[35] Voici le commencement de quelques vers de La Condamine, qu'une considération inconnue ne permit pas, dit-on, d'inscrire sur le tombeau de Pereire:

Pereire! ton génie et tes puissants secours Ont rendu la parole à des muets nés sourds! Des muets ont parlé!.......

Saboureux de Fontenay avait répondu par une dissertation remarquable aux questions de ce savant. Peu importe, d'ailleurs, l'époque précise! A quoi notre frère d'infortune devait-il d'être arrivé à cette supériorité de connaissances qui excitait l'admiration générale? L'abbé de l'Épée pense que c'était bien plus à la lecture qu'à l'habileté de son maître Pereire.

[36] Voir l'_Encyclopédie_ et ses _Lettres sur les Sourds-Muets_.

[37] Voir son _Traité des Sensations_.

[38] Voir sa _Dissertation sur la manière d'apprendre à parler aux muets_.

[39] C'est seulement comme instituteur et non pas comme savant que je considère ici Pereire.--Il mourut à Paris, en 1780, revêtu du titre de membre de la Société Royale de Londres, et fut enterré dans le cimetière des juifs portugais, à La Villette.

[40] L'abbé de l'Épée a supprimé, par modestie sans doute, quelques expressions de cette lettre qui s'adressaient à lui.

[41] Toutes les pièces furent fournies en latin de part et d'autre.

[42] Léopold Loustau a exposé au salon de 1839 un grand tableau qui représente saint Pierre guérissant un boiteux;--en 1840, le _Sermon de Jésus-Christ sur la Montagne_, dont le ministre de l'intérieur a fait l'acquisition;--en 1844, _Jésus enfant parmi les docteurs de la loi_, tableau donné par le ministre à la chapelle du lycée de Strasbourg et pour lequel le jeune artiste a obtenu une médaille d'or;--en 1842, _Jésus-Christ bénissant les petits enfants_, tableau commandé par le ministre pour servir de pendant à ce dernier;--en 1845, l'_Apparition de Saint-Nicolas devant Constantin le Grand_, tableau placé par ordre du ministre dans la cathédrale de Haguenau (département du Bas-Rhin), dont le saint est le patron;--en 1846, _Bonaparte quittant l'Égypte pour venir sauver la France_. Il est accompagné des généraux Murat, Lannes, Marmont, Berthier, Andréossy et de deux savants, Monge et Berthollet. Loustau excelle également dans les portraits, dont il reçoit chaque jour de nouvelles commandes.

[43] La comtesse de Courcel, sa nièce, ne l'évalue qu'à 7 ou 8,000 fr.

[44] _Revue ecclésiastique_, 33e livraison, février.

[45] Voyez la note 1.(44)

[46] Mlles Cornu, Trumeau, Vissera, Duhamel et Lefebure.

[47] Il était alors âgé de soixante-quatre ans.

[48] La date du 1er août n'a été connue de l'auteur de la note que depuis les informations faites par ordre du ministère.

[49] Voyez à la note J la différence entre les mots _sourd-et-muet_ et _sourd-muet_.

[50] Cette pièce a été donnée à M. Théodore Tarbé, par Mesd. Moreau de Vormes, ses parentes, petites-filles de M. Moreau de Vormes, avocat au Conseil, à qui elle était adressée.

Elle se trouve maintenant entre les mains de M. Amant, artiste aimé du public, du théâtre Montansier, qui possède une magnifique collection d'autographes des souverains qui ont régné sur différentes nations, des savants les plus illustres, des plus profonds génies, des hommes les plus vénérables, les plus remarquables, des célébrités féminines enfin qui ont brillé sur la scène du monde.

[51] Des témoins prétendaient avoir vu la lentille; c'étaient la nourrice de Joseph de Solar, la maîtresse de pension de l'île Saint-Louis et un maître d'école de Toulouse.

[52] Plus tard M. Tronçon-Ducoudray avoua à M. Bouilly, auteur du drame de _l'Abbé de l'Épée_, que l'instruction du procès, modifiant son opinion, avait achevé de le convaincre que l'élève du célèbre instituteur était bien véritablement l'unique rejeton mâle de la noble famille qui le reniait. Il l'entretenait même si souvent de cette cause, dans laquelle il n'avait pu qu'admirer l'ascendant irrésistible des plus douces vertus unies à la philanthropie la plus chrétienne, qu'il n'avait pas peu contribué à échauffer l'imagination si vive et l'âme si sensible de son interlocuteur dont il soutenait et affermissait les pas après l'avoir présenté lui-même, en 1787, au barreau français. On n'ignore pas que Tronçon-Ducoudray, déporté à la Guyane, paya, dans la suite, de sa liberté et de sa vie, la gloire d'avoir défendu la reine Marie-Antoinette au tribunal révolutionnaire.

[53] Ce maître d'école de Toulouse a été accusé d'avoir suborné ses écoliers pour les engager à ne pas reconnaître le sourd-muet en question.

Le 2 décembre 1772, il reçut Guillaume-Jean Joseph, sourd-muet, né à Clermont le 1er novembre 1762, et il marqua sur son registre la sortie de cet enfant au 2 septembre de l'année suivante.

[54] Extrait du rapport du procès Solar, fait le 5 juin 1792 et jours suivants à l'audience publique du second tribunal criminel, établi par la loi du 14 mars 1791, et séant à Paris, au Palais de Justice, par Jean-François Eude, juge à ce tribunal, sur l'appel de la sentence définitive rendue au Châtelet de Paris le 8 juin 1781.

C'est par le plus grand des hasards que cette pièce est tombée tout récemment entre mes mains. Sur ma demande, des recherches, relatives à ladite annulation, avaient été faites jusque-là, mais infructueusement, dans les minutes du greffe de la cour d'appel, au greffe du tribunal de première instance et aux archives nationales.

[55] Il n'est, selon le rapporteur, autre que Pierre-Hyacinthe-Joseph, fils de Matthias Pinchon de la Motte, employé dans les Pays-Bas aux travaux des mines.

[56] On a remarqué qu'elle a varié dans ses déclarations sur Joseph. Pour se justifier, elle disait que c'était sur la foi d'autrui qu'elle croyait qu'il était son frère, mais que, devant la justice, elle devait à la vérité de déclarer qu'elle ne le reconnaissait pas. C'est pour cette raison que, par l'organe de son tuteur, celui-ci a formé contre elle une demande en communication de l'inventaire fait après le décès de la comtesse de Solar. C'était, selon lui, un moyen d'arriver ainsi à faire reconnaître judiciairement l'état de Joseph et son identité avec le comte de Solar.

[57] Depuis lors, nous apprend le rapporteur par _post-scriptum_, Me Avril, défenseur de Cazeaux, lui fit donation, à sa mort, de tous ses biens, pour le dédommager du tort involontaire que sa compagnie lui avait fait éprouver. Cette donation, évaluée à 200,000 fr., et qui consistait principalement en une jolie maison, sise aux environs de Brunoy, donna lieu au mariage de Cazeaux avec Caroline de Solar.

[58] Voici la distribution des rôles:

L'ABBÉ DE L'ÉPÉE Monvel. JULES Mad. Vanhove-Talma. DARLEMONT Grandménil. SAINT-ALME Damas. FRANVAL Baptiste aîné. DOMINIQUE Dazincourt. MAD. FRANVAL Mad. Suin. CLÉMENCE, SŒUR DE FRANVAL Mlle Mézerai. MARIANNE Mad. Lachassaigne.

[59] L'abbé Sicard fut réintégré dans ses fonctions le 22 nivôse an VIII.

[60] Voyez à la note K un extrait de mon allocution au banquet anniversaire de la naissance de l'abbé de l'Épée, le 11 décembre 1842.

[61] Voyez à la note L la lettre de ce professeur, en date du 14 mai 1845.

[62] Une autre nièce de ce bienfaiteur de l'humanité est morte le 24 décembre 1844, à l'hôpital Necker, salle Sainte-Adélaïde, où elle occupait le lit nº 29. Elle était dans le plus complet dénûment.

[63] Roger Ducos, député des Landes, nous apprend dans son rapport et son projet de décret sur l'organisation de six établissements pour tous les sourds-muets de la république, à Paris, à Bordeaux, à Rennes, à Clermont, à Grenoble et à Nancy, d'après les décrets des 28 juin 1793 (vieux style) et 9 pluviôse, que le 23 pluviôse le statuaire de Seine, sourd-muet, avait offert à la Convention nationale, par l'organe d'une citoyenne, le buste de Mutius Scevola, par lui sculpté, et qu'il avait, en outre, fait don à la même assemblée de ceux de Lepelletier et de Marat.