Journaux intimes

Chapter 3

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Ces habitudes de métaphores militaires dénotent des esprits, non pas militants, mais faits pour la discipline, c'est-à-dire pour la conformité, des esprits nés domestiques, des esprits belges, qui ne peuvent penser qu'en société.

XXIV 42.

Le goût du plaisir nous attache au présent. Le soin de notre salut nous suspend à l'avenir.

Celui qui s'attache au plaisir, c'est-à-dire au présent, me fait l'effet d'un homme roulant sur une pente, et qui voulant se raccrocher aux arbustes, les arracherait et les emporterait dans sa chute.

_Avant tout_, Etre _un grand homme_ et _un Saint_ pour soi-même.

43.

De la haine du peuple contre la beauté.

Des exemples.

Jeanne et Mme Muller.

XXV 44.

POLITIQUE.

En somme, devant l'histoire et devant le peuple français, la grande gloire de Napoléon III aura été de prouver que le premier venu peut, en s'emparant du télégraphe et de l'Imprimerie nationale, gouverner une grande nation.

Imbéciles sont ceux qui croient que de pareilles choses peuvent s'accomplir sans la permission du peuple, - et ceux qui croient que la gloire ne peut être appuyée que sur la vertu!

Les dictateurs sont les domestiques du peuple, - rien de plus, - un foutu rôle d'ailleurs, - et la gloire est le résultat de l'adaptation d'un esprit avec la sottise nationale.

45.

Qu'est-ce que l'amour?

Le besoin de sortir de soi.

L'homme est un animal adorateur.

Adorer, c'est se sacrifier et se prostituer.

Aussi tout amour est-il prostitution.

[fragment non numéroté]

L'être le plus prostitué, c'est l'être par excellence, c'est Dieu, puisqu'il est l'ami suprême pour chaque individu, puisqu'il est le réservoir commun, inépuisable, de l'amour.

[Fragment non numéroté]

PRIÈRE

Ne me châtiez pas dans ma mère et ne châtiez pas ma mère à cause de moi. - Je vous recommande les âmes de mon père et de Mariette. - Donnez-moi la force de faire immédiatement mon devoir tous les jours et de devenir ainsi un héros et un Saint.

XXVI 46.

Un chapitre sur l'indestructible, éternelle, universelle et ingénieuse férocité humaine.

De l'amour du sang.

De l'ivresse du sang.

De l'ivresse des foules.

De l'ivresse du supplicié (Damiens).

47.

Il n'y a de grand parmi les hommes que le poète, le prêtre et le soldat, l'homme qui chante, l’homme qui bénit, l'homme qui sacrifie et se sacrifie.

Le reste est fait pour le fouet.

Défions-nous du peuple, du bon sens, du coeur, de l'inspiration, et de l'évidence.

XXVII 48.

J'ai toujours été étonné qu'on laissât les femmes entrer dans les églises. Quelle conversation peuvent-elles tenir avec Dieu?

L'éternelle Vénus (caprice, hystérie, fantaisie) est une des formes séduisantes du Diable.

Le jour où le jeune écrivain corrige sa première épreuve, il est fier comme un écolier qui vient de gagner sa première vérole.

Ne pas oublier un grand chapitre sur l'art de la divination, par l'eau, les cartes, l'inspection de la main, etc.

49.

La femme ne sait pas séparer l'âme du corps. Elle est simpliste, comme les animaux. - Un satirique dirait que c'est parce qu'elle n'a que le corps.

Un chapitre sur

La _Toilette_.

Moralité de la Toilette

Les bonheurs de la Toilette.

XXVIII 50.

De la cuistrerie.

des professeurs des juges des prêtres

et des ministres.

Les jolis grands hommes du jour.

Renan. Feydeau. Octave Feuillet. Scholl.

Les directeurs de journaux, François Buloz, Houssaye, Rouy, Girardin, Texier, de Calonne, Solar, Turgan, Dalloz.

- Liste de canailles, Solar en tête.

51.

Être un grand homme et un saint _pour soi-même_, voilà l'unique chose importante.

XXIX 52.

Nadar, c'est la plus étonnante expression de vitalité. Adrien me disait que son frère Félix avait tous les viscères en double. J'ai été jaloux de lui à le voir si bien réussir dans tout ce qui n'est pas l'abstrait.

Veuillot est si grossier et si ennemi des arts qu'on dirait que toute la Démocratie du monde s'est réfugiée dans son sein.

Développement du portrait.

Suprématie de l'idée pure, chez le chrétien comme chez le communiste babouviste.

Fanatisme de l'humilité. Ne pas même aspirer à comprendre la Religion.

53. Musique.

De l'esclavage.

Des femmes du monde.

Des filles.

Des magistrats.

Des sacrements.

L'homme de lettres est l'ennemi du monde.

Des bureaucrates.

XXX 54.

Dans l'amour comme dans presque toutes les affaires humaines, l'entente cordiale est le résultat d'un malentendu. Ce malentendu, c'est le plaisir. L'homme crie: «O! mon ange!» La femme roucoule: «Maman! maman! Et ces deux imbéciles sont persuadés qu'ils pensent de concert. - Le gouffre infranchissable, qui fait l'incommunicabilité, reste infranchi.

55.

Pourquoi le spectacle de la mer est-il si infiniment et si éternellement agréable?

Parce que la mer offre à la fois l'idée de l'immensité et du mouvement. Six ou sept lieues représentent pour l'homme le rayon de l'infini. Voilà un infini diminutif. Qu'importe s'il suffit à suggérer l'idée de l'infini total? Douze ou quatorze lieues (sur le diamètre), douze ou quatorze de liquide en mouvement suffisent pour donner la plus haute idée de beauté qui soit offerte à l'homme sur son habitacle transitoire.

XXXI 56.

Il n'y a rien d'intéressant sur la terre que les religions.

Qu'est-ce que la Religion universelle? (Chateaubriand, de Maistre, les Alexandrins, Capé).

Il y a une Religion Universelle faite pour les Alchimistes de la Pensée, une Religion qui se dégage de l'homme, considéré comme mémento divin.

57.

Saint-Marc Girardin a dit un mot qui restera: _Soyons médiocres_.

Rapprochons ce mot de celui de Robespierre: Ceux qui ne croient pas à l'immortalité de leur être se rendent justice».

Le mot de Saint-Marc G[irardin] implique une immense haine contre le sublime.

Qui a vu S[ain]t-M[arc] G[irardin] marcher dans la rue a conçu tout de suite l'idée d'une grande oie infatuée d'elle-même, mais effarée et courant sur la grande route, devant la diligence.

XXXII 58.

Théorie de la vraie civilisation.

Elle n'est pas dans le gaz, ni dans la vapeur, ni dans les tables tournantes, elle est dans la diminution des traces du péché originel.

Peuples nomades, pasteurs, chasseurs, agricoles et même anthropophages, _tous_ peuvent être supérieurs par l'énergie, par la dignité personnelles, à nos races d'Occident.

Celles-ci peut-être seront détruites.

Théocratie et communisme.

59.

C'est par le loisir que j'ai, en partie, grandi.

A mon grand détriment; car le loisir, sans fortune, augmente les dettes, les avanies résultant des dettes.

Mais à mon grand profit, relativement à la sensibilité, à la méditation, et à la faculté du dandysme et du dilettantisme.

Les autres hommes de lettres sont, pour la plupart, de vils piocheurs très ignorants.

XXXIII 60.

La jeune fille des éditeurs.

La jeune fille des rédacteurs en chef.

La jeune fille épouvantail, monstre, assassin de l'art.

La jeune fille, ce qu'elle est en réalité.

Une petite sotte et une petite salope; la plus grande imbécillité unie à la plus grande dépravation.

Il y a dans la jeune fille toute l'abjection du voyou et du collégien.

61.

Avis aux non-communistes:

Tout est commun, même Dieu.

XXXIV 62.

Le Français est un animal de basse-cour, si bien domestiqué qu'il n'ose franchir aucune palissade. Voir ses goûts en art et en littérature.

C'est un animal de race latine; l'ordure ne lui déplaît pas dans son domicile, et en littérature, il est scatophage. Il raffole des excréments. Les littérateurs d'estaminet appellent cela le _sel gaulois_.

_Bel exemple de la bassesse française, de la nation qui se prétend indépendante avant toutes les autres._

L'extrait suivant du beau livre de M. de Vaulabelle suffira pour donner une idée de l'impression que fit l'évasion de Lavalette sur la portion la moins éclairée du parti royaliste: «L'emportement royaliste, à ce moment de la seconde Restauration, allait pour ainsi dire, jusqu'à la folie. La jeune Joséphine de Lavalette faisait son éducation dans l'un des principaux couvents de Paris (l'Abbaye-aux-Bois); elle ne l'avait quitté que pour venir embrasser son père. Lorsqu'elle rentra après l'évasion et que l'on connut la part bien modeste qu'elle y avait prise, une immense clameur s'éleva contre cette enfant; les religieuses et ses compagnes la fuyaient, et bon nombre de parents déclarèrent qu'ils retireraient leurs filles si on la gardait. Ils ne voulaient pas, disaient-ils, laisser leurs enfants en contact avec une jeune personne qui avait tenu une pareille conduite et donné un pareil exemple. Quand Mme de Lavalette, six semaines après, recouvra la liberté, elle fut obligée de reprendre sa fille».

XXXV 63.

_Princes et générations._

Il y a une égale injustice à attribuer aux princes régnants les mérites et les vices du peuple actuel qu'ils gouvernent.

Ces mérites et ces vices sont presque toujours, comme la statistique et la logique le pourraient démontrer, attribuables à l'atmosphère du gouvernement précédent.

Louis XIV hérite des hommes de Louis XIII.. Gloire.

Napoléon Ier hérite des hommes de la République. Gloire.

Louis-Philippe hérite des hommes de Charles X. Gloire.

Napoléon III hérite des hommes de Louis-Philippe. Déshonneur.

C'est toujours le gouvernement précédent qui est responsable des moeurs du suivant, en tant qu'un gouvernement puisse être responsable de quoi que ce soit.

Les coupures brusques que les circonstances font dans les règnes ne permettent pas que cette loi soit absolument exacte, relativement au temps. On ne peut pas marquer exactement où finit une influence - mais cette influence subsistera dans toute la génération qui l'a subie dans sa jeunesse.

XXXVI 64.

De la haine de la jeunesse contre les citateurs. Le citateur est pour eux un ennemi.

Je mettrai l'orthographe même sous la main du bourreau. (Th. Gautier).

Beau tableau à faire: la Canaille Littéraire.

Ne pas oublier un portrait de Forgues, le Pirate, l'Ecumeur de Lettres.

Goût invincible de la prostitution dans le coeur de l'homme, d'où naît son horreur de la solitude. - Il veut être _deux_. L'homme de génie veut être _un_, donc solitaire.

La gloire, c'est rester _un_, et se prostituer d'une manière particulière.

C'est cette horreur de la solitude, le besoin d'oublier son _moi_ dans la chair extérieure, que l'homme appelle noblement _besoin d'aimer_.

Deux belles religions, immortelles sur les murs, éternelles obsessions du peuple: une pine (le phallus antique) - et «Vive Barbès!» ou «A bas Philippe!» ou «Vive la République!».

XXXVII 65.

Étudier dans tous ses modes, dans les oeuvres de la nature et dans les oeuvres de l'homme, l'universelle et éternelle loi de la gradation, du _peu à peu_, du _petit à petit_, avec les forces progressivement croissantes, comme les intérêts composés, en matière de finances.

Il en est de même dans _l'habileté artistique et littéraire_, il en est de même dans le trésor variable de la _volonté_.

66.

La cohue des petits littérateurs, qu'on voit aux enterrements, distribuant des poignées de mains, et se recommandant à la mémoire du faiseur de _courriers_.

De l'enterrement des hommes célèbres.

67.

Molière. Mon opinion sur _Tartuffe_ est que ce n'est pas une comédie, mais un pamphlet. Un athée, s'il est simplement un homme bien élevé, pensera, à propos de cette pièce, qu'il ne faut jamais livrer certaines questions graves à la canaille.

XXXVIII 68.

Glorifier le culte des images (ma grande, mon unique, ma primitive passion).

Glorifier le vagabondage et ce qu'on peut appeler le Bohémianisme, culte de la sensation multipliée, s'exprimant par la musique. En référer à Liszt.

De la nécessité de battre les femmes.

On peut châtier ce que l'on aime. Ainsi les enfants. Mais cela implique la douleur de mépriser ce que l'on aime.

Du cocuage et des cocus.

La douleur du cocu.

Elle naît de son orgueil, d'un raisonnement faux sur l'honneur et sur le bonheur, et d'un amour niaisement détourné de Dieu pour être attribué aux créatures.

C'est toujours l'animal adorateur se trompant d'idole.

69.

Analyse de l'imbécillité insolente. Clément de Ris et Paul Pérignon.

XXXIX 70.

Plus l'homme cultive les arts, moins il bande.

Il se fait un divorce de plus en plus sensible entre l'esprit et la brute.

La brute seule bande bien, et la fouterie est le lyrisme du peuple.

Foutre, c'est aspirer à entrer dans un autre, et l'artiste ne sort jamais de lui-même.

J'ai oublié le nom de cette salope... ah! bah! je le retrouverai au jugement dernier. ----------

La musique donne l'idée de l'espace.

Tous les arts, plus ou moins; puisqu'ils sont _nombre_ et que le nombre est une traduction de l'espace.

_Vouloir tous les jours être le plus grand des hommes!!!_

71.

Étant enfant, je voulais être tantôt pape, mais pape militaire, tantôt comédien.

Jouissances que je tirais de ces deux hallucinations.

XL 72.

Tout enfant, j'ai senti dans mon coeur deux sentiments contradictoires, l'horreur de la vie et l'extase de la vie.

C'est bien le fait d'un paresseux nerveux.

73.

Les nations n'ont de grands hommes que malgré elles.

A propos du comédien et de mes rêves d'enfance, un chapitre sur ce qui constitue, dans l'âme humaine, la vocation du comédien, la gloire du comédien, l'art du comédien, et sa situation dans le monde.

La théorie de Legouvé. Legouvé est-il un farceur froid, un Swift, qui a essayé si la France pouvait avaler une nouvelle absurdité? Son choix. Bon, en ce sens que Samson n'est pas un comédien.

De la vraie grandeur des parias.

Peut-être même, la vertu nuit-elle aux talents des parias.

XLI 74.

Le commerce est, par son essence, _satanique_.

- Le commerce, c'est le prêté-rendu, c'est le prêt avec le sous- entendu: _Rends-moi plus que je ne te donne_. - L'esprit de tout commerçant est complètement vicié. - Le commerce est _naturel_, _donc_ il est _infâme_. - Le moins infâme de tous les commerçants, c'est celui qui dit: Soyons vertueux pour gagner beaucoup plus d'argent que les sots qui sont vicieux. - Pour le commerçant, l'honnêteté elle-même est une spéculation de lucre. - Le commerce est satanique, parce qu'il est une des formes de l'égoïsme, et la plus basse et la plus vile.

75.

Quand Jésus-Christ dit: «Heureux ceux qui sont affamés, car ils seront rassasiés», Jésus-Christ fait un calcul de probabilités.

XLII 76.

Le monde ne marche que par le Malentendu.

- C'est par le Malentendu universel que tout le monde s'accorde. - Car si, par malheur, on se comprenait, on ne pourrait jamais s'accorder.

L'homme d'esprit, celui qui ne s'accordera jamais avec personne, doit s'appliquer à aimer la conversation des imbéciles et la lecture des mauvais livres. Il en tirera des jouissances amères qui compenseront largement sa fatigue.

77.

Un fonctionnaire quelconque, un ministre, un directeur de théâtre ou de journal, peuvent être quelquefois des êtres estimables, mais ils ne sont jamais divins. Ce sont des personnes sans personnalité, des êtres sans originalité, nés pour la fonction, c'est-à-dire pour la domesticité publique.

XLIII 78.

Dieu et sa profondeur.

On peut ne pas manquer d'esprit et chercher dans Dieu le complice et l'ami qui manquent toujours. Dieu est l'éternel confident dans cette tragédie dont chacun est le héros. Il y a peut-être des usuriers et des assassins qui disent à Dieu: «Seigneur, faites que ma prochaine opération réussisse!» Mais la prière de ces vilaines gens ne gâte pas l'honneur et le plaisir de la mienne.

79.

Toute idée est, par elle-même, douée d'une vie immortelle, comme une personne.

Toute forme créée, même par l'homme, est immortelle. Car la forme est indépendante de la matière, et ce ne sont pas les molécules qui constituent la forme.

Anecdotes relatives à Émile Douay et à Constantin Guys, détruisant ou plutôt croyant détruire leurs oeuvres.

XLIV 80.

Il est impossible de parcourir une gazette quelconque, de n'importe quel jour ou quel mois ou quelle année, sans y trouver à chaque ligne les signes de la perversité humaine la plus épouvantable, en même temps que les _vanteries_ les plus surprenantes de probité, de bonté, de charité, et les affirmations les plus effrontées relatives au progrès et à la civilisation.

Tout journal, de la première ligne à la dernière, n'est qu'un tissu d'horreurs. Guerres, crimes, vols, impudicités, tortures, crimes des princes, crimes des nations, crimes des particuliers, une ivresse d'atrocité universelle.

Et c'est de ce dégoûtant apéritif que l'homme civilisé accompagne son repas de chaque matin. Tout, en ce monde, sue le crime: le journal, la muraille et le visage de l'homme.

Je ne comprends pas qu'une main puisse toucher un journal sans une convulsion de dégoût.

XLV 81.

La force de l'amulette démontrée par la philosophie. Les sols percés, les talismans, les souvenirs de chacun.

Traité de Dynamique morale. De la vertu des sacrements.

Dès mon enfance, tendance à la mysticité. Mes conversations avec Dieu.

82.

De l'Obsession, de la Possession, de la prière et de la Foi.

Dynamique morale de Jésus.

(Renan trouve ridicule que Jésus croie à la toute-puissance, même matérielle, de la Prière et de la Foi).

Les sacrements sont les moyens de cette Dynamique.

De l'infamie de l'imprimerie, grand obstacle au développement du Beau.

Belle conspiration à organiser pour l'extermination de la Race Juive.

Les Juifs, _Bibliothécaires_ et témoins de la _Rédemption_.

XLVI 83.

Tous les imbéciles de la Bourgeoisie qui prononcent sans cesse les mots: «immoral, immoralité, moralité dans l'art» et autres bêtises me font penser à Louise Villedieu, putain à cinq francs, qui m'accompagnant une fois au Louvre, où elle n'était jamais allée, se mit à rougir, à se couvrir le visage, et me tirant à chaque instant par la manche, me demandait, devant les statues et les tableaux immortels, comment on pouvait étaler publiquement de pareilles indécences.

Les feuilles de vigne du sieur Nieuwerkerke.

XLVII 84.

Pour que la loi du progrès existât, il faudrait que chacun voulût la créer; c'est-à-dire que quand tous les individus s'appliqueront à progresser, alors, et seulement alors, l'humanité sera en progrès.

Cette hypothèse peut servir à expliquer l'identité des deux idées contradictoires, liberté et fatalité. - Non seulement il y aura, dans le cas de progrès, identité entre la liberté et la fatalité, mais cette identité a toujours existé. Cette identité c'est l'_histoire_, histoire des nations et des individus.

XLVIII 85.

Sonnet à citer dans _Mon coeur mis à nu_.

Citer également la pièce sur _Roland_.

_Je songeais cette nuit que Philis revenue,_ _Belle comme elle était à la clarté du jour,_ _Voulait que son fantôme encore fît l'amour,_ _Et que, comme Ixion, j'embrassasse une nue._

_Son ombre dans mon lit se glisse toute nue,_ _Et me dit: «Cher Damon, me voici de retour;_ _Je n'ai fait qu'embellir en ce triste séjour_ _Où depuis mon départ le Sort m'a retenue._

_»Je viens pour rebaiser le plus beau des amants;_ _Je viens pour remourir dans tes embrassements!»_ _Alors, quand cette idole eut abusé ma flamme,_

_Elle me dit: «Adieu! Je m'en vais chez les morts._ _Comme tu t'es vanté d'avoir foutu mon corps,_ _Tu pourras te vanter d'avoir foutu mon âme.»_

Parnasse satyrique.

Je crois que ce sonnet est de Maynard.

Malassis prétend qu'il est de Racan.