Journal de Eugène Delacroix, Tome 3 (de 3) 1855-1863
Part 26
_Samedi_ 21 _juillet._--Pluie toute la journée. Après avoir essayé de reproduire l'effet de soleil couchant que j'ai vu hier soir, je fais une promenade sous les arcades pendant la pluie; je me hasarde à gagner la jetée pendant une éclaircie. J'y trouve les dames Rivet et leurs maris. Une pluie affreuse me chasse, et je rentre trempé.
Je pensais, en déjeunant en face de cette famille anglaise, le mari, la femme et les trois grands dadais de fils, tous plus laids et ressemblants les uns que les autres à leur auteur, à la morgue singulière de ces automates à argent, et à leur orgueil stupide de cette fameuse constitution qui ne leur garantit pas plus de liberté qu'à nous autres, qu'ils regardent comme de véritables esclaves. Il faut absolument, dans un pays d'égalité, de partage égal de fortune entre les enfants, un gouvernement fort et centralisateur pour faire les grandes choses. Les fortunes particulières sont trop divisées. L'aristocratie anglaise permet de grands efforts qui n'ont pas toutefois, sous une infinité de rapports, l'ensemble qu'on peut obtenir d'un gouvernement qui veille plus particulièrement et avec plus de puissance aux grands objets qui honorent les nations, aux grandes entreprises, aux expéditions subites, etc.
Les bons bourgeois anglais ont la bonté d'être très fiers de leurs grands seigneurs, qui ne les saluent pas, tirent à eux toute la substance, et exercent dans toute la plénitude le gouvernement.
*
22 _juillet._--Je suis décidément enrhumé; j'ai des moments d'ennui profond où je veux partir pour Paris. La nuit, je me figure que tout est perdu. Il faut avouer qu'il est dur au mois de juillet de grelotter dans sa chambre. J'ai demandé avant-hier qu'on me fît du feu; mais Mme Gibbon, mon hôtesse, se défiant de ses cheminées qui n'ont jamais été destinées à cet objet, m'a donné une chaufferette, qui m'a rendu tolérable le séjour de ma chambre pendant que je lisais.
J'ai loué des livres pour huit jours. J'ai mis le nez dans un livre de Dumas intitulé: _Trois mois au Sinaï_[540]. C'est toujours ce ton cavalier et de vaudeville, qu'il ne peut dépouiller, en parlant même des Pyramides; c'est un mélange du style le plus emphatique, le plus coloré, avec les lazzi d'atelier qui seraient tout au plus de mise dans une partie d'ânes à Montmorency. C'est fort gai, mais fort monotone, et je n'ai pu aller à la moitié du premier volume.
J'ai pris _Ursule Mirouet_, de Balzac; toujours ces tableaux d'après des pygmées dont il montre tous les détails, que le personnage soit le principal ou seulement un personnage accessoire. Malgré l'opinion surfaite du mérite de Balzac, je persiste à trouver son genre faux d'abord et faux ensuite ses caractères. Il dépeint les personnages, comme Henry Monnier, par des dictons de profession, par les dehors, en un mot; il sait les mots de portière, d'employé, l'argot de chaque type. Mais quoi de plus faux que ces caractères arrangés et tout d'une pièce? Son médecin et les amis de son médecin, ce vertueux curé Chaperon dont la vie sage et jusqu'à la forme de son habit, dont il ne nous fait pas grâce, reflète la vertu, cette Ursule Mirouet, merveille de candeur dans sa robe blanche et avec sa ceinture bleue, qui convertit à l'église son incrédule d'oncle?
Personne n'est parfait, et les grands peintres de caractères montrent les hommes comme ils sont.
--Hier, tristesse et ennui extrême; probablement je me portais plus mal. Samedi soir, j'ai fait au Pollet une promenade plus triste encore. J'ai été hier du côté du cours Bourbon. Pourquoi ne me suis-je pas trouvé heureux de m'y voir quand dans le moment même il me semblait que, lorsque j'y suis venu dans un autre voyage, je m'y suis trouvé très heureux? Le souvenir fait complètement illusion.
Aujourd'hui, après déjeuner, j'ai été voir Mme Manceau, qui m'a chanté très bien des morceaux d'_Orphée._ Ensuite au rocher au bas du château. Revenu par la plage et regardé les exercices des soldats, la formation du carré, la marche en carré, etc.
*
25 _juillet._--Aujourd'hui, très souffrant. Je reçois une lettre de Jenny et de Mme de Forget: je récris.
*
_Champrosay_, 27 _juillet._--Je pars à midi moins un quart; arrivé à Paris à quatre heures vingt minutes. J'ai le temps d'arriver au plus vite pour partir à cinq heures un quart par le chemin de Corbeil.
La jeune dame que je croyais sous la tutelle de l'homme silencieux et désagréable du coin, en face d'elle. La langue de la jeune personne se dénoue, à ma grande surprise, dans la salle de la douane, pour s'adresser à moi avec une amabilité extrême; mon âge et le chemin de fer de Corbeil m'empêchent de donner suite à cette charmante aventure. Elle ressemblait à Mme D...
J'arrive à six heures, enchanté de me trouver chez moi.
*
31 _juillet._--Je commence à aller mieux. Je dîne chez Baÿvet avec M. Darblay[541] qui me fait politesse. Legendre et Féray[542] s'y trouvent. Je rencontre aussi le maire Renoux et sa femme.
[535] _Charles Nègre_, photographe fort habile qui exécutait des reproductions pour les artistes par des procédés scientifiques qui ont abouti à l'héliogravure.
[536] Voir _Catalogue Robaut_, n° 296.
[537] Voir _Catalogue Robaut_, nos 298 à 308.
[538] Voir _Catalogue Robaut_, nos 1202 à 1204.
[539] Delacroix, en écrivant cette note, a dû interposer les noms des deux églises de Dieppe, dans un moment de confusion; car rien n'est plus massif que Saint-Remy avec ses énormes colonnes, trois fois plus grosses que celles de Saint-Jacques.
[540] Le véritable titre de cet ouvrage en deux Volumes, paru en 1838, est: _Quinze jours au Sinaï_, nouvelles impressions de voyage.
[541] _Stanislas Darblay_, grand industriel qui se consacra d'abord au commerce des grains et entreprit ensuite de relever dans la vallée d'Essonnes l'industrie du papier. M. Darblay était alors député de Seine-et-Oise.
[542] _Ernest Féray_, manufacturier; ancien maire d'Essonnes, fut envoyé en 1871 par le département de Seine-et-Oise à l'Assemblée nationale.
* * * * *
1er _août._--Je lis toujours Voltaire avec délices.
À propos d'un article sur _Hamlet_ dans le volume des _Mélanges_ de littérature. À travers les obscurités de cette traduction scrupuleuse, qui ne peut rendre le mot propre en anglais, on retrouve son naturel qui ne craint pas les idées les plus basses ni les plus gigantesques, son énergie que les autres nations croiraient dureté, ses hardiesses que des esprits accoutumés aux tours étranges prendraient pour du galimatias. Mais sous ces voiles on découvrira de la vérité, de la profondeur, et je ne sais quoi qui attache et qui remue beaucoup plus que ne ferait l'élégance... C'est un diamant brut qui a des taches; si on le polissait, il perdrait de son poids. Ne semble-t-il pas qu'on peut dire la même chose du Puget? Voyez-le au Louvre, entouré de tous les ouvrages de son temps, conçus dans le style de la correction classique et irréprochable, si cette correction et une certaine élégance froide sont un mérite. Au premier abord, il vous choque par quelque chose de bizarre, de mal conçu dans l'ensemble et de confus; si vous attachez vos yeux sur une des parties comme un bras, une jambe, un torse, aussitôt toute cette force vous gagne; il écrase tout, vous ne pouvez vous en détacher.
*
6 _août._--Je dois rendre justice à Dumas et à Balzac. Il y a, dans la peinture des remords de son maître de poste (c'est dans la dernière partie d'_Ursule Mirouet)_, des traits d'une grande vérité. J'écris ceci à Champrosay après la mort de la mère Bertin. L'agitation que j'ai remarquée dans un de ses héritiers m'a rappelé certains mouvements du _Mirouet_ de Balzac, et, chose singulière, m'a fait faire plus que jamais des réflexions sur l'avantage d'être honnête, quand cet avantage, qui consiste dans la paix de la conscience, ne viendrait qu'après cette nécessité pour une âme noble de ne pas se dégrader par des bassesses intéressées. Ces sentiments m'ont rappelé ce que j'ai lu ces jours-ci dans Voltaire, et dont il faut que je recherche les termes précis, à savoir, quand un livre vous élève, inspire des sentiments d'honneur et de vertu, ce livre est jugé, il est bon, etc.
Il y aurait pourtant des restrictions: celui de Balzac, faux dans une foule de parties, est mauvais par là; il est bon par la peinture vraie de cette grossière nature qui, toute dépourvue quelle est de délicatesse native, ne peut porter le poids du remords.
Dumas m'a plu aussi avec ses _Mémoires d'Horace_ insérés dans le _Siècle_[543]. C'est une idée heureuse, et le peu que j'en ai lu m'a paru finement et singulièrement arrangé.
*
9 _août._--Je retourne chez Mme Barbier, qui m'invite. Elle était seule avec son fils, et j'ai passé une agréable soirée.
Elle m'avait promis de venir chez moi avec la duchesse Colonna; c'est ce qu'elle a fait deux jours après, c'est-à-dire le dimanche, pendant que j'étais chez M. Darblay.
*
12 _août._--Chez M. Darblay avec M. et Mme Baÿvet vers trois heures, malgré de grandes craintes de pluie à cause de celle du matin. Cependant, nous avons eu un temps admirable. Dîner avec Baÿvet en revenant à sept heures et demie; je mourais de faim depuis trois heures.
*
14 _août._--Promenade vers deux heures par la route de Soisy, le derrière du parc de la Folie; remonté par un petit bois délicieux; traversé les carrières et trouvé en face l'allée verte qui m'a mené au chemin de l'Ermitage.
Je lis en rentrant dans Voltaire (_Mélanges d'histoire et de philosophie_, tome II) son article de la _Chimère du souvenir._
[543] Le _Siècle_ publiait alors en feuilleton cette fantaisie sur Rome ancienne, soi-disant tirée d'un manuscrit trouvé à la bibliothèque du Vatican.
* * * * *
2 _octobre._--J'écris à M. Lamey: «Que dites-vous de tout ce qui se passe? Le hasard et les passions des hommes ne cesseront-ils pas d'amener les combinaisons les plus étranges, pour faire damner ceux qui en sont victimes, et pour occuper les loisirs des gobe-mouches au nombre desquels je me range, par l'avidité avec laquelle je dévore ces journaux impertinents et menteurs qui se jouent de notre soif pour les nouvelles?»
*
13 _octobre._--Je voyage avec M. G..., de Juvisy. Il dit que M. Magne disait qu'il avait appris à raisonner et à se conduire d'après Condillac.
*
21 _octobre._--Ce Rubens est admirable; quel enchanteur! Je le boude quelquefois, je le querelle sur ses grosses formes, sur son défaut de recherche et d'élégance. Qu'il est supérieur à toutes ces petites qualités qui sont tout le bagage des autres! Il a du moins, lui, le courage d'être lui; il vous impose ces prétendus défauts qui tiennent à cette force qui l'entraîne lui-même et nous subjugue en dépit des préceptes qui sont bons pour tout le monde excepté pour lui. Bayle faisait profession d'estimer les anciens ouvrages de Rossini plus que les derniers, qui sont pourtant regardés comme supérieurs parla foule; il donne cette raison que, dans sa jeunesse, il ne cherchait pas à faire de la _musique forte_, et c'est vrai. Rubens ne se châtie pas, et il fait bien. En se permettant tout, il vous porte au delà de la limite qu'atteignent à peine les plus grands peintres; il vous domine, il vous écrase sous tant de liberté et de hardiesse.
Je remarque aussi que sa principale qualité, s'il est possible qu'il en faille préférer quelqu'une, c'est la prodigieuse saillie, c'est-à-dire la prodigieuse vie. Sans ce don, point de grand artiste; c'est à réaliser le problème de la saillie et de l'épaisseur qu'arrivent seulement les plus grands artistes. J'ai dit ailleurs, je crois, que, même en sculpture, il se trouvait des gens qui avaient le secret de ne point faire saillant; cela deviendra évident pour tout homme doué de quelque sentiment qui comparera le Puget à toutes les sculptures possibles, je n'en excepte pas même l'antique. Il réalise la vie par la saillie comme personne n'a pu le faire; de même pour Rubens à l'égard des peintres. Titien, Véronèse sont plats à côté de lui; remarquons en passant que Raphaël, malgré le peu de couleur et de perspective aérienne, est en général très saillant dans les figures individuellement. On n'en dirait pas autant de ses modernes imitateurs. On ferait une bonne plaisanterie sur la recherche du plat, si estimé dans les arts à la mode, y compris l'architecture.
*
22 _octobre._--Le don d'inventer puissamment qui est le génie.
_Beati mites, quoniam ipsi possidebunt terram._
* * * * *
13 _novembre._--Je fais pour la centième fois cette réflexion en lisant Rémusat, homme de mérite d'ailleurs: la littérature moderne met de la sensiblerie partout; ce style imagé à tout propos, mêlé à un sérieux pédantesque et attendri que vous ne trouvez jamais dans Voltaire, et dont, par parenthèse, Rousseau est l'inventeur, donne à un traité sur la centralisation (c'est le cas pour Rémusat) le ton d'une ode ou d'une élégie.
*
_Paris_, 25 _novembre._--Je poursuis toujours mon travail; ma résolution et ma santé se soutiennent. Que je bénirais le ciel d'achever d'ici à un mois ou six semaines, comme je le calcule, mon travail de l'église! Il y a une dizaine de jours que je suis revenu de Champrosay avec un gros rhume que j'y avais attrapé, non pas au milieu de mes voyages continuels, bien propres à me le donner, mais pour avoir dîné chez l'excellente Mme Moutié, laquelle étant sourde, j'ai été obligé de crier à ses oreilles toute la soirée, de sorte que ma gorge fatiguée s'est trouvée saisie à ma sortie de chez elle par le froid qu'il faisait.
--Nous avons nommé hier à l'Institut l'insipide Signol[544]. Meissonier a été jusqu'à seize voix. Il ne lui restait plus pour adversaires que ledit Signol et l'antique Hesse, tous deux représentants ou nourrissons de l'_École._ Les deux factions, frémissant de voir entrer à l'Académie un talent original, se sont réunies pour l'accabler. En le faisant sur la tête de Signol, elles ont accompli un acte encore plus funeste que si elles l'eussent fait sur Hesse, qui est un vieillard et ne laisse pas d'élèves après lui pour perpétuer le goût de l'école de David, que je préfère d'ailleurs à ce goût mêlé d'antique et de Raphaël, genre bâtard qui est celui d'Ingres et de ceux qui le suivent.
*
26 _novembre._--J'écris à M. Lamey:
«Nous avons en nous comme une roue qui fait tout mouvoir comme dans un moulin. Il faut absolument la faire tourner, sans cela elle se rouille, et tout s'arrête dans notre machine, corps et esprit. Votre excellent régime vous entretient dans cette bonne disposition; moi, il me faut exercice et travail.
«Vous me demandez des nouvelles du bon Guillemardet: il est de sa personne d'une mauvaise et bien chancelante santé, et il vient d'éprouver un malheur de famille. Il a perdu sa nièce, Mme Coquille, qui vient de mourir après une maladie qui a duré plus de quinze ans et dans un âge où elle pouvait encore se promettre de vivre. Il y a vraiment des existences condamnées à des souffrances particulières, ce qui ne les garantit pas des chagrins et des souffrances qui affligent tous les hommes en général. Le pauvre Félix que vous avez connu, l'oncle de cette même Coquille, s'est vu, avant trente ans, assassiné lentement par une maladie implacable qui le retranchait du nombre des vivants, de son vivant même, en lui interdisant toute espèce de plaisir et en l'accablant de maux incessants.
«Tenons-nous bien, cher et respectable ami. Que dans trente ans nous puissions nous revoir encore tantôt à Paris, tantôt à Strasbourg!
«Je lisais dernièrement l'histoire du vieux Law, mort sous Charles II à cent quarante et quelques années. Il se portait comme un charme et n'observait aucun régime particulier. Le roi voulut le voir: on l'accabla de prévenances et, entre autres, d'excès de nourriture auxquels il n'était nullement accoutumé; une indigestion l'emporta. À l'ouverture de son corps, on ne trouva pas un organe malade ou affaibli.
«Voilà de beaux exemples à se proposer. Vous voyez que vous avez le temps de faire des projets, pourvu toutefois que les rois ne vous donnent pas d'indigestions.»
J'écris sous la même inspiration à Mme Sand:
«Sachez, ma bien chère amie, que quelques années de trop, qui délient dans I intelligence certains ressorts, rendent singulièrement lourds ceux qui nous font mouvoir et digérer. Je crois certainement au perfectionnement de notre esprit par le fait de l'âge; je parle d'un bon esprit, sain naturellement et juste surtout. Mais, ô condition cruelle de l'implacable nature! il n'y a bientôt plus ni corps, ni circulation dans ce corps pour aider cet esprit; l'homme de bien s'en va quand il commence à bien faire, disait Thémistocle. Bref, vous voilà hors d'affaire avec un renouvellement de santé.
«Quel bonheur, comme vous le dites si justement, de revoir autour de soi tout ce qu'on aime et de revenir à cette lumière qui vous montre de si belles choses! Que trouverons-nous au delà? La nuit, l'affreuse nuit. Il n'y aura pas mieux; c'est du moins mon triste pressentiment: ces tristes limbes dans lesquels Achille, qui n'était plus qu'une ombre, se promenait en regrettant, non pas de n'être plus un héros, mais l'esclave d'un paysan pour endurer le froid et la chaleur sous ce soleil dont grâce au ciel nous jouissons encore (quand il ne pleut pas).»
[544] Émile Signol (1804-1892) se présentait à l'Institut depuis 1849, année où il se trouvait en concurrence avec Delacroix.
* * * * *
4 _décembre._--«Monsieur, malgré toutes les sympathies que je ne puis manquer d'avoir pour les idées émises dans votre mémoire, je ne puis, en ma qualité de membre du conseil municipal, me joindre à votre protestation. C'est dans le sein du conseil seulement que je puis faire valoir les raisons qui, au nom du goût, militent en faveur de la conservation de la belle fontaine[545] et de l'allée; mais il ne m'est pas interdit de faire des vœux sincères pour que le président du Sénat et les sénateurs adressent à l'Empereur des demandes, et, s'il le faut, des supplications, pour que le projet de la Ville soit modifié dans le sens de celui de M. de Gisors.»
*
23 _décembre.--Sujets des Mille et une Nuits_:
_Le sultan Shariar_, revenant pour dire adieu à sa femme, _la trouve dans les bras d'un de ses officiers._ Il tire son sabre, etc.
_Shahzenan et Shariar montés sur l'arbre_; la jeune dame assise au bas, ayant sur ses genoux la tête du géant endormi, leur fait signe de descendre (leur frayeur).
_L'histoire du médecin Douba_: la tête coupée qui parle, le corps par terre, le bourreau son sabre à la main, les assistants effrayés et le roi grec avec le livre empoisonné sur ses genoux, dont il sent déjà les effets, et qui chancelle sur son trône.
_Le roi des îles Noires_ (dans l'histoire du pêcheur) furieux de la tendresse de sa femme pour le noir, son amant, qu'il avait lui-même blessé et qui est là couché, tire son sabre pour la tuer: elle l'arrête par son geste et le rend moitié homme, moitié marbre.
_Histoire du premier calender._ Ayant été visiter le roi son oncle, son cousin le mène dans un tombeau qu'il fait bâtir avec plâtre, truelle, etc. (avec la dame de sa foi). Il ouvre une trappe, y fait descendre la dame, et, en y descendant, la congédie.
Après que le calender s'est réfugié près de son oncle, ils cherchent ensemble le tombeau: ils y pénètrent dans une grande salle souterraine et trouvent sur un lit, dont les rideaux étaient fermés, les deux corps carbonisés du fils et de la sœur. Colonnes, lampes, provisions, etc.
*
29 _décembre.--Sujets de Roméo_:
_La scène du bal_: Roméo en pèlerin baise la main de Juliette; promeneurs, musiciens, etc. Au moment où les invités se retirent, Tybalt, qui a reconnu Roméo, veut l'insulter, Capulet le retient. On voit les invités se retirer; vases et flambeaux, etc.
_Juliette et la nourrice_: celle-ci s'assied et diffère de répondre aux questions impatientes de Juliette.
_Mercutio tué par Tybalt_; ses malédictions. Roméo présent, il a voulu se jeter entre eux.
La scène qui doit précéder celle-ci, celle du commencement, où une bagarre, commencée par la querelle des domestiques, dégénère en bataille générale des partisans des Capulets et des Montaigus. Le prince arrive au milieu du tumulte; Capulet et Montaigu, etc., etc.
_Roméo au désespoir chez le Père Laurence._ Il veut se tuer; la nourrice est présente.
Autre _scène du bal_, pendant qu'on reconduit les invités; Juliette demande à la nourrice qui est le cavalier qui lui a parlé.
_Adieux de Roméo et de Juliette sur le balcon._
_Juliette, seule dans sa chambre_, boit le poison (la fiole).
_Roméo demandant du poison à l'apothicaire famélique._
_Roméo contemple Juliette couchée dans le tombeau ..._ Autrement, il la tire du monument comme dans le petit tableau. En adoptant le dénouement de Shakespeare, on peut le faire contemplant Juliette avant de boire le poison. Le corps de Paris, alors étendu par terre, ajoute au pittoresque.
_Juliette réveillée se jette sur Roméo mourant ou mort._ Le corps de Paris, pareillement étendu un peu plus loin. On pourrait voir le Père Laurence, descendant par un escalier au fond, qui vient tout alarmé.
Dernière scène: _Les parents réunis autour des corps des deux jeunes gens_; le prince, assistants, etc.
_Juliette à son balcon_, Roméo au bas; il lui envoie un baiser.
_Sujets d'Ivanhoë_:
_Le pèlerin introduit près de lady Rowena_; elle est sur une espèce de trône; des femmes arrangent ses cheveux pour la nuit. Le pèlerin, un peu couvert d'un capuchon, s'agenouille devant elle. Elle fait apporter par ses femmes du vin et une coupe. Elle y trempe ses lèvres et la lui passe. C'est le moment où les femmes présentent le vin qu'il faut prendre. Dans le fond, d'autres femmes et un serviteur avec un flambeau qui attend. Il y a de grands flambeaux allumés dans l'appartement.
_Ivanhoë couronné par lady Rowena au tournoi._ Il s'évanouit presque, les juges courent retirer son casque. Dans le fond d'un côté, le duc voit avec étonnement ce qui se passe. On peut aussi voir le prince Jean.
_L'ermite de Copmanhurst_[546].
_Les écuyers viennent conduire à Ivanhoë tes chevaux et les armes de leur maître._ Il est devant sa tente.
_La scène dans la forêt_, où Cédric, Athelstas, Rowena et leurs gens s'arrêtent en entendant les gémissements d'Isaac et de Rebecca. Celle-ci vient baiser le bas de la robe de Rowena encore à cheval, ainsi que les autres (Walter Scott les faisait descendre). On voit au bord de la route la litière où se trouve Ivanhoë qu'on peut apercevoir.
_Gurth attaché sur un cheval_, etc.
_Isaac dans le caveau avec Front de Bœuf._
_Le Templier vient enlever Rebecca_ dans la chambre d'Ivanhoë; fureur impuissante de celui-ci.
_Front de Bœuf brûlant dans son lit._
_Le pèlerin éveillant le Juif._
_Gurth et Wamba voyant venir la caravane._
_Le chevalier dans la cabane de l'ermite._
_Isaac devant Beaumanoir et Conrad présentant la lettre._
_Ulrique racontant son histoire à Cédric._
_Rebecca enlevée par les Africains_; Boisguilbert les suit, etc.
La scène du _Jugement de la Juive_: un témoin dépose.
_L'apparition d'Athelstas en fantôme devant Cédric_, Richard, les dames.
_Athelstas sortant du caveau et trouvant à table le sacristain et l'ermite._
_Mort de Boisguilbert._ Le grand maître descendu de son siège. Rebecca un peu plus loin et son père près d'elle. Gardes, trompettes, peuple, échafauds.
_Isaac et sa fille chez eux_; flambeaux, ameublement. On introduit Gurth, qui compte l'argent, ou plutôt le Juif le compte. Rebecca sur un sofa.
_Rebecca le fait venir dans sa chambre_; elle lui donne une bourse; elle le congédie; le domestique juif l'éclairé. Wamba et Athelstas devant Front de Bœuf.
_Le Templier et Rebecca dans la tour._
*
31 _décembre._--Sous ce titre: _Cours de dessin_, mettre les _Études d'après nature, d'après les maîtres. Études d'animaux de toutes sortes. Études d'après l'antique.--Anatomie_ et même _paysage_, le tout _photographie._